Histoire de la Bavière

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La Bavière, plus vaste Land fédéral allemand, a une histoire millénaire qui prend racine dans le passé romain puis germanique de la région. De la période franque, naît en 1180 une entité politique dont la destinée est liée à celle de la Maison de Wittelsbach qui lui donne ses armes et dont sont issus ses souverains jusqu'au terme de la Première Guerre mondiale. La Bavière est un sujet et un acteur important sinon majeur du Saint-Empire et des entités allemandes y succédant jusqu'à l'État fédéral actuel.

Des origines au Xe siècle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Premier duché de Bavière.

La Bavière était peuplée par les Celtes Boïens et Volques au IIIe siècle avant Jésus-Christ avant de devenir une province romaine au Ier siècle. La Bavière devient une province frontière qui sépare la culture romaine de la Barbarie.

Les Romains créent des villes en Bavière comme Ratisbonne sous l'autorité du gouverneur de la province de Germanie supérieure. Les Francs et les Alamans, deux peuples germaniques fusionnent à la fin du Ve siècle et deviennent les Bavarois[réf. nécessaire]. Ils imposent la langue germanique aux populations romanisées installées sur le territoire depuis des siècles. Les barbares forment une communauté basée sur le sang commun dirigée par les princes de la dynastie des Agilolfing. les villes sont désertées et avec elle l'idéal romain de culture et de civilités[Quoi ?]. Au VIe siècle, les paysans partent à la reconquête des terres dépeuplées. Aux VIIe et VIIIe siècles, la Bavière est christianisée par saint Emmeran à Ratisbonne et de saint Ruprecht à Salzbourg vers 700, deux missionnaires travaillant sous la direction de saint Colomban et de saint Gall. En 739, l'organisation de la Bavière avec la création des diocèses de Salzbourg, de Freising, de Ratisbonne et de Passau était en place. Ils s'appuient sur les monastères de Altaich, Wessobrunn, Kremsmünster et Innichen.

Le duc Béranger de Bavière. La dignité ducale est abolie[pas clair]. Lors du partage de Verdun en 843, la Bavière est incluse dans la Francie orientale de Louis le Germanique. À sa mort en 876, son fils Carloman reçoit la Bavière. Le dernier Carolingien duc de Bavière meurt en 911[1].
La conquête franque se traduit par un transfert de propriétés vers les fonctionnaires royaux, les membres du haut clergé et les monastères. Sous les Carolingiens, les paysans commencent à coloniser les vallées alpines et dans les régions slaves peu peuplées de la Carantanie jusqu’au Frioul et en Istrie. Mais le duc Liutfold, battu par les Hongrois en 907, perd la plupart de ces territoires du Sud-Est.

La Bavière du Saint Empire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Électorat de Bavière.

Maître à la fois de la Saxe et de la Bavière, Henri le Lion, partisan du pape lors de la Lutte du sacerdoce et de l'Empire, se brouille avec son cousin l'empereur Frédéric Barberousse. Ce dernier donne alors le duché au comte palatin Othon de Wittelsbach dont les descendants régneront jusqu'en 1918. En 1214, ils acquièrent le Palatinat rhénan. En 1255, les Wittelsbach construisent dans Munich un premier château résidentiel, l'Alter Hof. Munich devient la capitale de la Bavière et la résidence ducale.

En 1329 la dynastie des Wittelsbach se sépare en deux branches, la palatine à Heidelberg et la bavaroise à Munich, jusqu'à l'extinction de la branche de Munich (1777).

Au XIVe siècle, Louis IV le Bavarois (1314-1347) est élu empereur du Saint Empire contre le candidat Habsbourg. Il fait reconstruire les murailles, commence à édifier la cathédrale, la Frauenkirche. Munich devient une ville importante d'Allemagne. L'église de Wies est construite.

Au XVIe siècle, la Bavière demeura fidèle à l'Église catholique romaine alors que le Nord de l'Allemagne embrasse la Réforme luthérienne. Le duc Maximilien de Bavière devient le chef du parti catholique en Allemagne ; sous Albert V (1550-1579) et Guillaume V (1579-1597), la Bavière devient un des bastions de la Contre-Réforme. En réaction à l'Union évangélique, une ligue défendant les intérêts des princes protestants, une Ligue catholique se constitue à Munich en 1609 et le duc de Bavière Maximilien Ier (1597-1651) en prend tout naturellement la direction[1], ce qui lui vaut en 1623 le titre de comte palatin. Par là-même, il accède à la dignité de Prince-électeur, tandis que son cousin du Palatinat en est dépossédé.

À la fin de la guerre de Trente Ans, la Bavière est devenue une puissance dont Habsbourg et Bourbons se disputent l'alliance. Ferdinand-Marie (1651-1679), Maximilien-Emmanuel (1679-1726), Charles-Albert (1726-1745) redoutent les convoitises des Autrichiens. Ceci explique pourquoi Maximilien-Emmanuel prend le parti de la France lors de la guerre de Succession d'Espagne. La plus célèbre bataille de ce conflit, la bataille de Höchstädt-Blenheim, se déroule le 13 août 1704 ; elle est remportée sur les Français et leurs alliés bavarois par John Churchill, 1er duc de Marlborough, et le prince Eugène de Savoie.

Les Princes-électeurs de Bavière continuent d'embellir leur capitale qui devient un des centres de l'art baroque : c'est à leur règne qu'on doit les aménagements de la Résidence, l'église des Théatins et l'Asamkirche, le château de Nymphenburg et le Neues Schloss de Schleissheim.

Carte de la Bavière au XVIIIe

Après la mort de l'empereur Habsbourg Charles VI en 1740, sans héritier mâle, l'appui de la France permet à Charles-Albert de se faire élire empereur en 1742 contre François de Lorraine, l'époux de Marie-Thérèse, l'héritière du trône d'Autriche. Mais il meurt en 1745 et son fils et successeur Maximilien-Joseph renonce à se porter candidat. Ce dernier meurt sans héritier en 1777. La Bavière revient alors à l'Électeur palatin Charles-Théodore, qui vient s'installer à Munich. À la fin du XVIIIe siècle, les possessions des Wittelsbach sont éclatées en trois ensembles territoriaux : la Bavière, le Palatinat rhénan, les duchés de Berg et de Juliers de chaque côté du Rhin inférieur.

Le royaume de Bavière[modifier | modifier le code]

La Bavière pendant la période révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Pendant les guerres de la Révolution française, le pays devient théâtre d'opérations militaires en 1796 et en 1800. Il est occupé en 1800 par l'armée du général Moreau. Les traités de Campoformio et de Lunéville lui enlèvent au profit de la France les territoires situés sur la rive gauche du Rhin. La Bavière profite des bouleversements de la période pour agrandir son territoire. Alliée à la France, la Bavière est envahie par les troupes autrichiennes en septembre 1805. Mais la défaite de l'Autriche lui valent divers territoires en Allemagne, le Tyrol et le Vorarlberg. le 10 décembre[2] le traité franco-bavarois de Brünn transforme la Bavière, ainsi que le Bade et le Wurtemberg en royaume. Le 1er janvier 1806, avant la disparition du Saint-Empire romain germanique Maximilien-Joseph prend le titre de roi. Le nouveau royaume s'agrandit en 1810 de Salzbourg et de Berchtesgaden, de Ratisbonne et de Bayreuth. Sous l'impulsion du ministre Montgelas, le roi, au départ allié à la France, est contraint en 1813 de faire campagne contre la France pour sauver son trône. Il embellit sa capitale et y ouvrit une Académie des beaux-arts.

De 1815 à l'Unité allemande[modifier | modifier le code]

Le congrès de Vienne qui réorganise l'Europe après la chute de Napoléon Ier modifie quelque peu le territoire du royaume de Bavière. Celui-ci reçoit le Palatinat rhénan, séparé du reste du royaume, mais doit rétrocéder à l'Autriche Salzbourg, le Tyrol et le Vorarlberg. Le royaume entre dans la Confédération germanique. C'est par sa superficie et sa population (3,5 millions d'habitants) le troisième État du nouvel ensemble germanique.

La Constitution de 1818 fait de la Bavière un État libéral. Louis Ier (1825-1848), fait construire la Glyptothèque, la Nouvelle Résidence, la basilique, l'université, la Feldhernhalle, d'autres monuments encore. Les architectes Klenze et Gaertner multiplient les édifices de style néo-grec. Louis Ier fait adhérer la Bavière à la Zollverein qui profite beaucoup à ce royaume encore très agricole. Le premier chemin de fer allemand, joignant Furth à Nuremberg est inauguré en 1835. Mais la passion du roi pour la danseuse Lola Montez déclenche une révolte populaire qui le chasse en 1848 lors du « Printemps des peuples ». En 1849-1850, la Bavière rejette le plan prussien d'une Allemagne unifiée dont serait exclue l'Autriche. La Bavière en tant qu'Etat catholique se méfie de la Prusse protestante et des tentatives hégémoniques du chancelier prussien Bismarck. Battue aux côtés de l'Autriche à la bataille de Sadowa en 1866, elle participe, contrainte par la pression populaire, à la victoire allemande de 1871 et devient un Land du Reich.

La Bavière est devenue le second État du Reich le plus important après la Prusse. Pendant la régence du prince Luitpold (1886-1912), elle connaît une période brillante. Le pays s'industrialise: métallurgie de transformation à Nuremberg et à Augsbourg, industrie chimique à Ludwigshafen (où la Badische Anilin und Soda Fabrik a été fondée dès 1865), fabrications variées à Munich, Wurtzbourg, Bamberg, utilisation d'hydroélectricité fournie par les torrents des Alpes. La Bavière s'urbanise. Elle devient une grande région industrielle.

Un Land de la République[modifier | modifier le code]

À la fin de la Première Guerre mondiale, la fin du régime impérial, le 9 novembre 1918, entraîne la chute des autres dynasties allemandes: les Wittelsbach quittent le pouvoir. Les mois qui suivent sont troublés : gouvernement du socialiste indépendant Kurt Eisner, assassiné le 21 février 1919, auquel succède le social-démocrate Hoffmann. La « République des conseils », proclamée en avril par des communistes bavarois. s'ensuit la reconquête de Munich par les troupes bavaroises, wurtembergeoises et prussiennes, auxquelles a dû faire appel Hoffmann, réfugié à Bamberg.

La Bavière conserve le Palatinat occupé de 1918 à 1930 par les Français et acquiert Cobourg en 1920. Elle doit cependant renoncer à la plupart des Sonderrechte. Le particularisme bavarois ne représente plus une force politique. La Bavière est le lieu de naissance du nazisme, la région où se tiennent les grands défilés et congrès.

Doté d'une nouvelle constitution en 1946, l'État libre de Bavière adhère à la RFA en 1949. Depuis la guerre, il est gouverné majoritairement par le parti démocrate chrétien (CSU).

La Bavière a connu des changements sans précédent devenant une région de haute technologie de niveau international. La Bavière est aujourd’hui l’une des régions d’Europe dont l’économie est la plus forte. Avec un produit national brut de 409,5 milliards d’euros pour l’année 2006, elle dépasse à elle seule 21 des 27 États-membres de l’UE. Le rendement économique par tête de 32 815 euros se situe clairement au-dessus des moyennes allemande et européenne. En 2006, la Bavière a été le seul Land allemand à avoir présenté un budget équilibré. Le taux de chômage de 4,5 % est le deuxième plus bas en Allemagne. La Bavière est l’un des sites scientifiques les plus actifs au monde au niveau de la recherche. Avec 3 % de son PNB consacré à la recherche et au développement, la Bavière se situe à un très haut niveau national et international. 28,3 % des brevets inscrits en Allemagne proviennent de la Bavière. Le milieu bavarois de la recherche est très diversifié: avec ses 11 universités, 17 écoles supérieures spécialisées, 3 instituts de recherche, 12 instituts Max-Planck et 9 centres de la Fraunhofer-Gesellschaft, la Bavière appartient aux sites de recherche les plus importants de la planète

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Michel Eude, « Bavière », Encyclopædia Universalis, DVD, 2007
  2. Francis Python, Pouvoirs et société à Fribourg sous la Médiation (1803 - 1814): actes du Colloque de Fribourg (journée du 11 octobre 2003), Saint-Paul, 2005

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henry Bogdan, Histoire de la Bavière, Perrin, 2007 (ISBN 9782262024871)
  • M. Döberl, Entwicklungsgeschichte Bayerns, 3 vol., Munich, 1908-1931
  • D. R. Dorondo, Bavaria and German Federalism, Saint Martin's Press, New York, 1992
  • M. Dunan, Le Système continental et les débuts du royaume de Bavière, Paris, 1942.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]