Histoire de l'environnement

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L'Histoire de l'environnement humain ou histoire environnementale est une sous-discipline de l'Histoire, proche de la biogéographie historique. Dans les milieux scientifiques on parle aussi d'écologie rétrospective.

L'Histoire de l'environnement étudie l'histoire des relations entre les sociétés humaines, la nature et l'environnement biophysique.

Plus particulièrement, ces études s'intéressent aux idées développées, à la connaissance de la nature et à la compréhension des interdépendences et des interactions entre les sociétés humaines et l'habitat.

Ce champ théorique émerge au début des années 1970 en conjonction avec la montée des mouvements écologistes et des nouvelles préoccupations humaines de l'environnement.

Pour les périodes récentes, une grande partie des sources sont trouvées dans les archives[1], mais les historiens peuvent aussi s'appuyer sur la toponymie, l'hydronymie, la génétique, les noms de familles et des données scientifiques issues des disciplines qui étudient les paléoenvironnements et l'archéologie.

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

L'environnementalisme moderne voit le jour en Amérique du Nord à la fin des années 1800 sur fond de querelle entre préservationnisme (doctrine qui défend une nature non « altérée » par l’action humaine) et conservationnisme (doctrine qui prône une conception utilitariste par une utilisation raisonnée et prudente de ses ressources) et est marquée par les figures de John Muir, George Perkins Marsh, Henri David Thoreau, Gifford Pinchot et Aldo Leopold[2].

La première génération d'historiens environnementalistes se détache de cette querelle. Elle naît sur les campus américains dans les années 1960 dans un contexte de revendications sociales et politiques, telles celles de Paul R. Ehrlich (dans La Bombe P, il alerte des impacts environnementaux de la surpopulation) ou de Rachel Carson (dans Printemps silencieux, elle dénonce les effets du DDT sur la nature). C'est dans ce contexte que des intellectuels reconsidèrent les grands problèmes historiographiques d'un point de vue environnementaliste : « impérialisme écologique » d'Alfred W. Crosby, « impérialisme vert » de Richard Grove, thématique de l’urbain de William Cronon (en), de la responsabilité du capitalisme dans la dégradation de la nature de Donald Worster, thématique du genre de Carolyn Merchant[3].

En France[modifier | modifier le code]

Le ministère chargé de la recherche, envisage dans le cadre de la stratégie nationale pour la biodiversité d'appuyer ses moyens de prospective environnementale en développant (Objectif 2, a) un axe : « Comprendre l'histoire et observer le présent pour anticiper le futur », en encourageant les études interdisciplinaires portant sur l'évolution des systèmes environnementaux ces derniers siècles afin de « mobiliser de manière plus systématique et mieux structurée des spécialistes de sociologie, d’histoire, d’économie, de droit et de sciences politiques », tout en développant les systèmes d'« observation et d'expérimentation sur le long terme », « dans un cadre européen et international » (GMES-GEOSS) placée sous l’égide d’une gouvernance associant tous les organismes concernés[4].

En Belgique[modifier | modifier le code]

Depuis 2009-2010, un groupe de contact soutenu par le Fonds National de la Recherche Scientifique (FNRS) a été mis en place : HEnRI Histoire de l'Environnement-Réseau Interdisciplinaire.

De « Premières Rencontres d'Histoire de l'Environnement en Belgique (Belgique-Luxembourg-Congo-Rwanda-Burundi) » ont eu lieu en décembre 2008, à l'Université de Namur (Actes parus en juillet 2010 aux Presses universitaires de Namur). Les "Deuxièmes Rencontres d'Histoire de l'Environnement en Belgique" ont eu lieu en décembre 2012. Au sein de cette université, une équipe de recherche, le Pôle de l'histoire environnementale de l'Université de Namur (PolleN), rassemble des chercheurs juniors et seniors autour de la thématique environnementale.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pour un panorama d'ensemble de l'histoire environnementale, voir : Fabien Locher, Grégory Quenet, « L’histoire environnementale: origines, enjeux et perspectives d’un nouveau chantier historique », introduction au numéro spécial « Histoire environnementale » de la Revue d’Histoire Moderne et Contemporaine, 56(4), 2009, p. 7-38
  • Pour une présentation plus complète du champ de l'histoire environnementale, voir : Jean-Baptiste Fressoz, Frédéric Graber, Fabien Locher, Grégory Quenet, Introduction à l'histoire environnementale, Paris, La Découverte, collection "Repères", 2014
  • (en) Alfred W. Crosby (1986): Ecological imperialism: the biological expansion of Europe, 900 - 1900. Cambridge: Cambridge University Press. (Studies in environment and history).
  • José Augusto Drummond (1991): A história ambiental: temas, fontes e linhas de pesquisa. In: Estudos Históricos, vol. 4, no. 8, p. 177-197. Rio de Janeiro. - Abstracts, Texte integral
  • John R. McNeill (2000): Something New Under the Sun - An Environmental History of the Twentieth-Century World (New York: Norton). Tr. fr. Du nouveau sous le soleil: Une histoire de l'environnement mondial au XXe siècle (Seyssel: Champ Vallon, 2010).
  • Verena Winiwarter (1998): Was ist Umweltgeschichte? Ein Überblick. (= Social Ecology Working Paper 54). Wien: Institut für Soziale Ökologie, Fakultät für Interdisziplinäre Forschung und Fortbildung IFF. 62 S.
  • (en) Shepartd Krech/ John R. McNeill / Carolyn Merchant (Editors - 2004): Encyclopedia of World Environmental History. New York: Routledge.
  • (fr) Florent Caignol (2005): "La Nature et l'Homme : Introduction à l'histoire de l'environnementet étude du Nord-OUest Pacifique (deuxième moitié du XIXe siècle)". Nice: Université de Nice-Sophia-Antipolis.
  • (fr) Isabelle Parmentier, sous la dir. de, avec la coll. de Carole Ledent : "La recherche en histoire de l’environnement : Belgique-Luxembourg-Congo-Rwanda-Burundi", Namur, 2010, 363 p. (Presses universitaires de Namur. Collection Autres futurs, no 3).
  • (fr) Jean-François Mouhot, Plantes et microbes Acteurs de l'histoire, revue Sciences humaines, no 242 de novembre 2012, p. 24-29
  • Andrée Corvol (sous la direction de...) (1999) Les sources de l'histoire de l'environnement: le XIXe siècle ; L'Harmattan, 502 pages

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Andrée Corvol (1999), Les sources de l'Histoire de l'environnement : Le XIXe siècle Éditions L'Harmattan, 1er septembre 1999 - 504 pages extraits en livre numérique avec Google)
  2. (en) Mark B. Weldon, Fundamentals of Practical Environmentalism, CRC Press,‎ 2011, p. 10
  3. (en) Robert White, « American environmental history : the development of a new field », Pacific Historical Review, no 54,‎ 1985, p. 298-300
  4. Stratégie nationale de recherche et d’innovation (Rapport du groupe de travail Sciences de l’environnement); SNRI 2009, 20 pages, Télécharger (voir page 4/20)