Histoire de l'anthropologie

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Cet article résume l’histoire de l'anthropologie.

L’anthropologie est une discipline des sciences humaines et des sciences naturelles qui étudie l’être humain sous tous ses aspects, sociaux, psychologiques, culturels, et physiques (anatomie, physiologie, pathologie, évolution).

L'anthropologie dans un contexte plus large[modifier | modifier le code]

L'anthropologie est la réponse occidentale à un des grands paradoxes de la modernité : tandis que le monde devient de plus en plus petit, et de plus en plus intégré, notre connaissance du monde est de plus en plus atomique et dispersée. Comme l'observaient Karl Marx et Friedrich Engels dans les années 1840 : « Toutes les industries nationales établies de longue date ont été détruites, ou sont en cours de destruction. Elles sont chassées par de nouvelles industries, dont la mise en place devient une question de vie ou de mort pour toutes les nations civilisées, des industries qui ne travaillent pas à partir de la matière première locale, mais à partir de matière première venant de zones éloignées, des industries dont la production est consommée non seulement localement, mais également aux quatre coins du globe. À la place des anciens besoins, satisfaits par la production nationale, nous trouvons de nouveaux besoins, nécessitant des produits fabriqués dans d'autres pays, sous d'autres climats. En remplacement de notre ancien isolement local et national, et de notre auto-suffisance, nous avons des communications dans toutes les directions, l'interdépendance universelle des nations. »

Ironiquement, cette interdépendance universelle, plutôt que d'apporter une plus grande solidarité entre les humains, a coïncidé avec un accroissement des divisions, entrainant parfois des crimes contre l'humanité et des génocides, parmi les races, les ethnies, les religions et les classes sociales, et l'avènement de nouvelles - et pour certains embarrassantes voire dérangeantes - formes de sexualité et d'une nouvelle notion du genre humain. Telles sont les conditions de vie dont nous devons nous contenter aujourd'hui, mais elles ont leurs origines dans des processus qui débutèrent dès le XVIe siècle, et s'accélérèrent au XIXe siècle.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, de nombreux savants s'attaquèrent à ces problèmes. Les sciences humaines reflétaient une tentative de consolidation et de célébration des différentes traditions nationales, dans le domaine de l'histoire et des arts, dans l'espoir de donner un sentiment de cohérence aux populations des pays en voie de développement. C'est à cette époque que les sciences sociales connurent leur émergence en tant que tentative de développer des méthodes scientifiques pour aborder les problèmes sociaux, et de fournir une base universelle de connaissances sociales.

Certains savants donnèrent un nom à la dimension de l'action humaine dans laquelle ces problèmes sont les plus évidents, et au concept par lequel ils pourraient être résolus. Cette nouvelle discipline - la sociologie - étudierait les liens qui unissent les individus, non seulement en tant qu'individus, mais également en tant que membres d'associations, de groupes et d'institutions. À travers ces études, les sociologues pourraient développer l'antidote de la désintégration sociale.

Néanmoins, cette nouvelle discipline, dans son principe même consistant à distinguer la société de l’individuel, de l'État et du marché, et en se plaçant parmi les sciences sociales complémentaires telles que la psychologie, les sciences politiques et l'économie, recréait intellectuellement les divisions sociales qu'elle cherchait à comprendre et à éradiquer. De plus, les lieux les plus évidents où étudier la modernité, et les plus pratiques pour tester l'application de nouvelles méthodes scientifiques de recherche quantitative, étaient au sein même de la société des sociologues, au cœur du système mondialisé en pleine émergence. Par conséquent, ils négligèrent l'étude de ces sociétés en marge de la modernité.

Alors que les sociologues définissaient leur nouvel objet d'étude et leurs méthodes, un groupe de scientifiques divers - ayant des connaissances entre autres en jurisprudence, psychologie, géographie, physique, mathématiques, et partant des méthodes des sciences naturelles tout aussi bien que développant de nouvelles techniques utilisant non seulement les interviews structurées, mais également des observations de participant non structurées - se lancèrent dans l'étude des populations aux frontières de l'Europe coloniale.

Se basant sur une nouvelle théorie de l'évolution par la sélection naturelle, ils proposèrent l'étude scientifique d'un nouvel objet : l'Humanité conçue comme un tout. Le concept de culture est crucial dans cette étude, ce que les anthropologues définirent comme une capacité et une propension universelles à apprendre, penser et agir socialement (ce qu'ils voient comme un produit de l'évolution humaine, et comme quelque chose qui distingue l'Homo Sapiens - et peut-être toutes les espèces issues du gène Homo - des autres espèces), et une adaptation particulière aux conditions locales, qui prennent la forme de croyances et de pratiques très diverses.

La culture, donc, non seulement transcende l'opposition entre nature et éducation, mais absorbe la singulière distinction européenne entre politique, religion, parenté et économie comme des domaines autonomes. Ils organisèrent donc une nouvelle discipline, l'anthropologie, qui devait transcender les divisions entre les sciences naturelles, les sciences sociales et les sciences humaines, pour explorer les dimensions biologiques, linguistiques, matérielles et symboliques de l'Humanité sous toutes ses formes.

L'Antiquité[modifier | modifier le code]

Hérodote peut-être considéré comme le père ancien de l'anthropologie. Effectivement dans son livre "Histoire", il décrit les différentes sociétés que les Grecs connaissaient. C'est le cas pour les Égyptiens, les Scythes, ...

Le Moyen Age[modifier | modifier le code]

On ne peut faire l'économie de citer quelques voyageurs à l'influence non négligeable dans l'histoire de l'anthropologie, parmi eux Plan Carpin, de Rubrouck, Marco Polo.

La Renaissance[modifier | modifier le code]

La découverte de nouvelles terres par les Européens marque une floraison d'écrits que l'on peut classer comme anthropologiques, bien qu'encore teintés de multiples préjugés moraux et religieux. Jacques Cartier, par exemple, décrit (1545) les indigènes des Amériques comme des gens qui

« ... vont entièrement nus, sauf aux parties honteuses où ils portent des peaux de petits animaux du genre des martres et une étroite ceinture végétale tissée des queues d'autres bêtes (...) Le reste, ainsi que la tête, est découvert. Quelques-uns portent des guirlandes de plumes d'oiseaux. Ils sont noirs de peau et assez semblables aux Éthiopiens. Leurs cheveux sont noirs aussi et épais, mais de médiocre longueur[1]... »

André Thévet, dans Les Singularitez de la France antarctique (1557) apporte une riche documentation de première main sur les Tupinamba, un peuple de la côte Brésilienne. Repris ultérieurement dans la Cosmographie universelle du même auteur (1572), et enrichi des détails rapportés dans l’Histoire d'un voyage faict en la terre du Brésil du colon huguenot Jean de Léry (1578), il inspirera à Montaigne sont fameux essai Des Cannibales[2], et participera à la promotion du mythe du « bon sauvage » au siècle des Lumières.Thomas Harriot, dans A Brief and True Report of the New Found Land of Virginia (1592), donne une description détaillée des mœurs des Algonquins de Virginie : cet ouvrage, complété des planches gravées de John White, est un classique de l'ethnographie ancienne du Nouveau Monde.

Le Siècle des lumières[modifier | modifier le code]

Les Français Turgot et Condorcet développent une théorie sur l'évolution à long terme et l'origine du développement de la civilisation. Leurs idées sont en opposition totale avec la conception religieuse de la création et les dogmes théoriques selon lesquels les peuples « moins civilisés » seraient les « restes » de peuples tombés en disgrâce, condamnés par un décret divin à rester à un état primitif.

La naissance de l'Anthropologie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Cartier, Voyages au Canada (avec les relations des voyages en Amérique de Gonneville, Verrazano et Roberval, Paris, François Maspero, coll. « FM/La Découverte »,‎ 1981, (collection de poche) Nº35 (ISBN 2-7071-1227-5)
  2. Cf. Michel de Montaigne, Essais, vol. 1, Bordeaux, Simon Millanges,‎ 1580, « 31 - Des Cannibales »