Histoire de l'Océanie

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Les études historiques découpent généralement l’histoire de l’Océanie en quatre grandes périodes :

  • Les temps premiers
  • La périodes des premiers contacts avec les Européens
  • La période coloniale
  • L'Océanie contemporaine.

Comme tout découpage historique, celui-ci a des qualités et des défauts : il est pratique car il permet d'avoir une vision globale des évolutions historiques de ce vaste espace et quelques repères chronologiques, mais il ne prend pas en compte la diversité des situations et n'échappe pas aux avatars et autres clichés d'une vision européo-centrée. Les temps premiers, notamment, occupent plus de 90 % de la période, mais, faute d'écriture déchiffrée et d'études archéologiques, ne font l'objet que d'une faible fraction des études et des publications, laissant largement place aux mythes et à la pseudohistoire.

Les temps premiers[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Peuplement de l'Océanie.

Appelés selon les auteurs Préhistoire[1] ou temps pré-européens… ceux-ci couvrent la période allant du peuplement de l'Océanie aux premiers contacts.

Chronologie succincte:

  • 70 à 40 000 ans avant le présent (BP) : première vague de peuplement du Sunda vers le Sahul, des ancêtres des Aborigènes d'Australie et des populations papoues
  • 9000 ans BP : premières traces d'activités agricoles sur les Hautes Terres de l'île de Nouvelle-Guinée
  • 4000 ans BP : vague migratoire en provenance d'Asie des populations austronésiennes s'installant le long des zones côtières de Nouvelle-Guinée
  • 3500 à 2500 ans BP : peuplement du Vanuatu, Nouvelle-Calédonie, Fidji
  • 2500 à 2000 ans BP : premières traces d'installations humaines aux Samoa, Tonga et îles Marquises sans doute à partir de Fidji.
  • 2000 à 1000 BP : peuplement du reste de la Polynésie orientale, la Nouvelle-Zélande étant probablement la dernière terre peuplée aux alentours de 750 de notre ère.

Premiers contacts[modifier | modifier le code]

C'est à partir du tout début du XVIe siècle que les Européens font intrusion dans le monde océanien. Celle-ci a plusieurs caractéristiques :

  • Elle est lente et s'étale sur près de quatre siècles : la période de premiers contacts va perdurer pour certaines vallées isolées de Nouvelle-Guinée jusqu'au milieu du XXe siècle.
  • Elle est inégale, plus intense à l'est qu'à l'ouest de l'Océanie et limitée pour îles les plus imposantes aux zones côtières. De plus, jusqu'à la toute fin du XVIIIe siècle et la fondation du bagne australien, elle peut être considérée comme un phénomène marginal dans la mesure où ces explorateurs et navigateurs ne s'installent pas à demeure et ne restent souvent sur place que très peu de temps. Louis Antoine de Bougainville ne fait par exemple qu'une escale de huit jours à Tahiti. Cette brève rencontre n'ayant pas empêché d'inspirer tout un tas de fantasmes et une abondante littérature à son retour dont le fameux Supplément au voyage de Bougainville de Diderot.
  • Elle est diverse : après le passage des navigateurs, les premiers Européens à s'installer parmi les Océaniens sont de deux types. Il y a tout d'abord les missionnaires et ceux que les Anglo-Saxons nomment les beachcombers (littéralement « écumeurs de grève »), c'est-à-dire ces aventuriers (mutins, forçats évadés du bagne australien ou calédonien, santaliers, baleiniers, chasseurs de phoques en Nouvelle-Zélande et autres Pakeha-Māori) qui s'installent parmi la population locale.

Circumnavigateurs et explorateurs[modifier | modifier le code]

La passage des navires européens se fait par vagues, correspondant au périodes de domination des mers par les différentes nations européenne

  • vagues espagnole et portugaise au XVIe siècle
  • vague hollandaise au XVIIe et une partie du XVIIIe siècle
  • vagues britannique et française à partir du XVIIIe siècle
  • des vagues secondaires à partir du XIXe siècle (américaine, russe, allemande).

Navigateurs et explorateurs espagnols et portugais[modifier | modifier le code]

Celle-ci dura environ un siècle pour débuter en 1513 avec l'Espagnol Vasco Núñez de Balboa, un conquistador espagnol qui après avoir traversé l'isthme de Darien (Panama), prit possession de la "Grande Mar del Sur" au nom du roi d'Espagne, Ferdinand II d'Aragon. En 1520, Fernao de Magalhes plus connu sous le non de Magellan franchit le détroit qui porte aujourd'hui son nom et s'aventura dans ce qu'il nomma "Mare Pacifico" à bord de ses deux navires le Victoria et Trinidad. Il erra pendant plusieurs mois sans rien apercevoir de ses archipels si ce n'est l'atoll de Puka Puka au nord-est des Tuamotu puis l'île de Guam avant de se faire tuer aux Philippines. Juan Sebastián Elcano termina la circumnavigation en atteignant l'Espagne le 6 septembre 1522. Il en ramena des épices, incitant les rois successifs espagnols à portugais à organiser de nouvelles expéditions, d'autant qu'à partir des années 1520, ces deux pays disposaient désormais de bases arrières pour ces explorations. En effet le Mexique fut conquis par les Espagnols en 1521 puis le Pérou en 1535 tandis que les Portugais prenaient officiellement possessions de Sumatra et des Moluques (Indonésie actuelle) en 1529.

Quelques-unes de ces expéditions :

  • 1526 : L'expédition de Garcia Jofre de Loaisa fut un fiasco puisque sur les sept caravellesqui ont commencé le périple, seule la Santa María de la Victoria est le seul navire qui est parvenue à rejoindre les Moluques.
  • 1527-1529 : Saavedra fut envoyé à la recherche des navires disparus de l'expédition précédente. Mais là encore deux des trois navires de l'expédition disparurent au larges des îles Marshall à la suite d'une tempête.
  • 1542-1545 : Ruy Lopez de Villalobos traversa à son tour le Pacifique pour tenter d'installer une colonie aux Philippines. Néanmoins il échoua dans ses tentatives. Lors de son retour vers le Mexique, il passa au large de la Nouvelle-Guinée qu'il baptisa Nueva Guinea. Une colonie espagnole sera finalement fondée aux Philippines par Miguel Lopez de Legaspi en 1565.

Outre ces premières circumnavigations de la première moitié du XVIe siècle, l'Océanie demeurait une terra incognita, pratiquement aucun contact n'ayant pu avoir lieu entre Européens et Océaniens en dehors de sur quelques îles de Micronésie. Cela devait changer avec les expéditions de l'Espagnol Álvaro de Mendaña et du Portugais Pedro Fernández de Quirós.

Mendaña fit deux expéditions, la première en 1567-1568. Son ordre de mission, découvrir la fameuse Terra Australis Incognita que l'on pensait se situer quelque part dans le Sud du Pacifique et qui croyait-on regorgeait d'épices, de pierres précieuses et d'or. Mendaña crut l'avoir découverte ou tout au moins ses prémices avec l'archipel des Salomon qu'il nomma du reste ainsi en référence aux mines du roi Salomon. Il fit une escale de plusieurs semaines à Guadalcanal et Malaita.

La seconde expédition de Mendaña eut lieu en 1595. Elle eut cette fois-ci pour objet de fonder une colonie aux îles Salomon. En chemin, il passa au large de Fatu Hiva et Hiva Oa. Il baptisa l'archipel les îles Marquises en l'honneur de la femme du vice-roi du Pérou, don Garcia Hurtado de Mendoza de Canete. La tentative de Mendaña d'installer une colonie aux Salomon échoua piteusement, lui-même décédant sur place. C'est finalement son second Pedro Fernando de Quiros qui ramena la flotte à Manille puis au Pérou.

Dix années plus tard, ce même de Quiros toujours installé au Pérou obtint de Philippe III d'Espagne deux vaisseaux pour effectuer une nouvelle expédition et pour reprendre les recherches de ce fameux continent austral. En chemin il passa au large de plusieurs atoll des Tuamotu puis continua son chemin, passant au sud des Salomon pour arriver en vue d'une terre imposante qu'il baptisa Australia del Espirutu Santo (aujourd'hui l'île de Santo au Vanuatu).

Avec cette exploration de Quiros (à laquelle nous pourrions ajouter celle de Torres de la côte nord australienne et le sud de la Nouvelle Guinée également en 1606), prit fin cette vague d'exploration ibérique du Pacifique, leur hégémonie étant mise à mal par une autre nation européenne, la Hollande[2].

Navigateurs et explorateurs hollandais[modifier | modifier le code]

En 1642, Tasman découvre la Tasmanie, au Sud de l'Océanie, alors appelée Terre de Van Diemen.

Navigateurs et explorateurs britanniques[modifier | modifier le code]

Navigateurs et explorateurs français[modifier | modifier le code]

Navigateurs et explorateurs américains[modifier | modifier le code]

Navigateurs et explorateurs austro-roumains[modifier | modifier le code]

Ilarie Mitrea, né en 1842 et mort en 1904, chirurgien roumain transylvain et sujet austro-hongrois, était médecin dans la marine coloniale hollandaise entre 1869 et 1894 et, à ce titre, il explora, cartographia et effectua des études naturalistes et ethnologiques dans les îles indonésiennes, envoyant de riches collections aux Muséums de Bucarest et de Vienne ; on lui doit la diffusion de la dénomination de Cap Romania donnée au XIXe siècle au Magnum Promontorium de Ptolémée (aujourd'hui "Teluk Ramunia" en Malaisie, à l'extrémité sud-est de la péninsule Malaise)[3].

Navigateurs et explorateurs russes[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, l'Empire russe dépêche en Océanie des navigateurs allemands de la Baltique comme Bellinghausen ou Kotzebue qui explorent, au service des Tzars russes, l'océan Pacifique jusqu'en Antarctique.

Navigateurs et explorateurs allemands[modifier | modifier le code]

Les missions[modifier | modifier le code]

Les missions protestantes[modifier | modifier le code]

...

Les missions catholiques[modifier | modifier le code]

Beachcombers et aventuriers[modifier | modifier le code]

La période coloniale[modifier | modifier le code]

La colonisation du territoire Océanien a commencé en 1788 avec l’implantation d’une colonie pénale britannique à Sydney, en Australie. L'empire britannique se servait de ce territoire pour désengorger les prisons qui étaient surpeuplées. Les colons ont amené avec eux de quoi faire de l’agriculture et de l’élevage. Quelques décennies plus tard, la France a pris possession d’autres îles, entre autres la Nouvelle-Calédonie vers laquelle elle a aussi déporté des prisonniers à partir de 1863. Ainsi, à partir de 1870 commence le partage colonial des iles entre les États-Unis, l’Allemagne, le Japon, l’Angleterre et France. Certaines petites iles n’ont jamais été colonisées, car elles étaient difficiles d’accès ou possédaient peu de ressources ou de terres exploitables. La Première guerre mondiale marque la fin du partage colonial alors que l'Allemagne perd ses colonies, non sans combattre. Voir : Théâtre océanien de la Première Guerre mondiale

L'Océanie contemporaine[modifier | modifier le code]

L'Océanie Contemporaine est l'Océanie telle que nous la connaissons actuellement.

Indépendances et évolutions statutaires[modifier | modifier le code]

Après l'Amérique latine, l'Asie et l'Afrique, l'Océanie est chronologiquement parlant la dernière région du monde à avoir connu un processus de décolonisation. Débuté en 1962 avec l'indépendance des Samoa occidentales, celui-ci s'est poursuivi jusqu'à nos jours :

Aujourd'hui si l'on excepte le cas très particulier d'Hawaï, seuls restent sous la tutelle de puissances extérieures :

Ces ensembles ont néanmoins connu depuis 1945 des évolutions statutaires significatives allant toutes dans la direction d'une plus grande participation de la population aux institutions locales.

Les relations internationales en Océanie[modifier | modifier le code]

Les relations internationales en Océanie (1945-1991) : une Mare americana dans l'ère du nucléaire[modifier | modifier le code]

Considéré pendant longtemps comme une Mare americana, le Pacifique et plus particulièrement le Pacifique insulaire n'a jamais constitué ce que l'on pourrait appeler une ligne de front de la guerre froide. Pour autant, il n'a pas totalement échappé aux tensions internationales. Cette prédominance américaine s'est appuyée sur un réseau de bases militaires, d'alliances solides avec les pays de la région (l'Australie et la Nouvelle-Zélande au sein de l'ANZUS, le Japon, les Philippines...) ainsi que la présence de puissances traditionnellement alliées comme la France et la Grande-Bretagne.

Si les soviétiques ne sont pas restés totalement absents de la scène diplomatique océanienne, leur présence est restée modeste se limitant à appuyer discrètement les différents mouvements de libération ou dans les années 1980 par la négociation de droits de pêche dans la ZEE de quelques états nouvellement indépendants.

C'est paradoxalement entre les États réputés alliés que vont se faire sentir les plus fortes tensions. La question des essais nucléaires français, le sabotage du Rainbow Warrior et l'affaire calédonienne vont ainsi profondément affecter les relations franco-néo-zélandaises et franco-australiennes. La crise qu'a pu connaître l'ANZUS dans les années 1980 à la suite de l'adoption par le gouvernement néo-zélandais d'une législation anti-nucléaire en est un autre exemple.

Les relations internationales en Océanie (1991-2007)  : la nouvelle donne océanienne et la fin de la Pacific Way[modifier | modifier le code]

Avec les années 1990, un certain nombre d'événements va modifier les rapports de force mis en place depuis 45. Tout d'abord avec la chute du communisme, le Pacifique apparaît de moins en moins comme un priorité stratégique pour les Américains. Parallèlement, la fin des essais nucléaires français, la ratification du traité de Rarotonga en 1996 et le règlement pacifique de la question calédonienne vont permettre le réchauffement des relations entre la France et ses partenaires australiens et néo-zélandais dont les intérêts se font de plus en plus convergents.

Désormais la priorité pour ces trois pays est de garantir une stabilité régionale, stabilité mise à mal par l'apparition d'un nouveau type de conflits. Les coups d'État de 88, 2000 et 2006 aux Fidji, celui de 2000 aux Salomon, l'assassinat en 99 aux îles Samoa d'un ministre du gouvernement par deux de ses collègues, les émeutes de 2006 à Tonga vont mettre un terme définitif au rêve de Pacific Way énoncé par Sir Ratu Kamisese Mara.

Parallèlement de nouvelles puissances se font de plus en plus présentes dans la zone que cela soit sur un plan économique ou diplomatique, comme par exemple le Japon et surtout la Chine.

Organisations régionales[modifier | modifier le code]

Avec l'indépendance d'un nombre croissant d'États, de nouvelles solidarités se sont peu à peu tissées entre ces pays au travers d'un certain nombre d'organisations régionales à vocations économique et culturelle, politique pour certaines voire militaire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon certains auteurs, le postulat qu'il ne peut y avoir d'histoire sans système d'écriture, nie aux sociétés de l'oralité une conscience historique, et il faudrait revoir les critères de distinction histoire/préhistoire ; la majorité cependant continue par commodité à l'utiliser, sans nier bien sûr la conscience historique des sociétés de l'oralité, très développée comme le démontrent leurs mythes et leurs hymnes généalogiques, ainsi que les artefacts mnémotechniques qui illustrant ces mythes et ces hymnes.
  2. À noter qu'il y eut d'autres expéditions espagnoles dans les années 1770, redécouvertes assez récemment par l'historiographie océanienne. Le contexte est alors particulier, à la suite des découvertes de James Cook, la couronne d'Espagne souhaitait réaffirmer sa présence en Polynésie orientale en installant une mission franciscaine à Tahiti (presqu'île de Tautira). La mission échoua et les Espagnols renoncèrent à leurs prétentions (cf. Liou Tumahai, Édition critique du manuscrit de Máximo Rodríguez 1774-1775. 2 tomes. Lille, 2000)
  3. Dictionnaire encyclopédique vol. IV, éd. Enciclopedică, Bucarest 2001, p. 426 ; Emil Pop : Aus Leben und Tätigkeit zweier Ärzte des vorigen Jahrhunderts : Ilarie Mitrea und Ion Arseniu. Forschungen zur Volks und Landeskunde, éd. de l'Académie roumaine, Bucarest 1971 ; Ioan Popovici, Nicolae Caloianu, Sterie Ciulache, Ion Lețea : Encyclopédie des découvertes géographiques, éd. Scientifique et pédagogique, Bucarest 1975, p. 339 ; M. Andrei et Alexandru Marinescu : Ilarie Mitrea, 1842-1904, médecin et explorateur, éd. du Muséum de Bucarest, 1980 ; Les collections Mitrea, in : Travaux du Muséum National d’Histoire Naturelle “Grigore Antipa”, Bucarest 2005, sur www.antipa.ro consulté le 15 octobre 2012, et aussi (pour le "Cap Romania") les atlas et cartes géographiques du XIXe siècle.