Histoire de l'Italie

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Par l'histoire de l'Italie, on entend l'étude des faits et conditions qui ont conduit à la constitution d'un État unitaire italien, fruit ultime d'un processus évolutif pluriséculaire qui remonte, au moins en germe, bien avant le XIXe siècle.

Pour ce qui concerne l'histoire de la péninsule italienne, en tant que cadre géographique dans lequel s'est développée et a muri une identité culturelle, plus ou moins marquée, on parle de manière plus appropriée d'histoire italique.

Peuples italiques[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Italie préromaine et Culture de Villanova.

Les sources historiques les plus certaines sur la période archaïque précédant la fondation de Rome sont celles relatives à la Grande-Grèce, qui traite des établissements grecs dans le sud de la péninsule italienne entre les VIIIe siècle av. J.-C. et VIIe siècle av. J.-C..

Les données sur les autres peuples italiques, sont en revanche assez fragmentaires. Les Étrusques, qui sont censés provenir d'Asie mineure mais qui sont sans doute un peuple autochtone, se sont installés sur le versant tyrrhénien de l'Italie centrale vers 800 av. J.-C., créant un royaume puissant et évolué qui s'étendait de la plaine du Pô au Midi. Au IVe siècle av. J.-C., le nord fut envahi par des peuples celtes, tandis que le sud vit le développement des Samnites, qui s'établirent en Campanie. D'autres populations se sont développées dans le centre et sur la côte Adriatique, dont les Osques et les Picènes. Les peuples italiotes sont en général considérés comme proches des Celtes (indo-européens comme eux, et en provenance, comme eux d'Europe centrale). Dans le secteur du Latium, les Latins et les Sabins furent les précurseurs de la civilisation de Rome.

Rome[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Italie (époque romaine) et Rome antique.

La fondation de Rome est due, selon la légende, à Romulus et Rémus au milieu du VIIIe siècle av. J.-C.. La civilisation de Rome connait une première phase d'expansion sous le gouvernement des rois de Rome, qui sont également les fondateurs symboliques de nombreuses institutions romaines. L'unification de la péninsule est conduite à l'époque de la République. Après la victoire de Rome contre Carthage lors de la Première Guerre punique, les principales îles de la mer Méditerranée occidentale passent également sous le contrôle de Rome. Les Deuxième et Troisième Guerres puniques lui assurent le contrôle de tout le pourtour du bassin occidental de la Méditerranée.

Au Ier siècle, Rome domine tout le bassin méditerranéen, mais à la suite de conflits internes, la république se transforme en empire. Le gouvernement des territoires contrôlés par Rome se caractérise par l'assimilation des conquis à la nation romaine par un processus progressif et structuré (parfois un siècle et encore, tous les habitants n'ont pas tous les droits politiques les plus élevés) qui n'inclut pas l'éradication brutale des cultures déjà existantes et par le développement économique, favorisé par la réalisation de grandes infrastructures.

Au IVe siècle, l’empire est confronté au début d'une longue série d'invasions barbares : les Wisigoths, les Huns et les Ostrogoths. Sous le coup de ces invasions, l'empire se divisa en Empire romain d'Occident, qui s'effondre rapidement, et en Empire romain d’Orient (ou Empire byzantin), qui résiste encore un millénaire.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Italie médiévale.
Frédéric II rencontre Al-Kâmil, miniature

Après la perte de son unité politique, du fait de la disparition de l'Empire romain, au Ve siècle, la péninsule voit la poursuite des invasions et des luttes internes, qui atteint son paroxysme avec la conquête par les Ostrogoths (493-553). En 535 la reconquête justinienne (Guerre des Goths) qui se termine seulement en 553, avec la bataille du Mont Lactarius. Avec les invasions lombardes qui se produisent en (568), l'Italie est divisée en deux grandes zones d'influence : une byzantine et l'autre lombarde. Cette situation perdure jusqu'à la moitié du VIIIe siècle quand les Francs remplacent les Lombards et avec la complicité du pape, réduisent de manière importante les domaines romano-orientaux en Italie. Byzance réussit à maintenir sous son autorité quelques territoires dans le sud de la péninsule jusqu'au XIe siècle. À cette époque, l'Italie est déjà partagée en une myriade de petits états souvent en lutte entre eux ou victimes des vues expansionnistes des puissances étrangères.

L’unique puissance en mesure de préserver et de poursuivre la culture latine est l'Église, aussi bien par le monachisme, que par la création d'un pouvoir temporel dans le centre de l'Italie, les États de l'Église. Ceux-ci sont capables de s'opposer à de nouvelles invasions, comme celle des Lombards, et à l'influence des autres puissances européennes, comme celle des Francs, de l’empire byzantin et du Saint-Empire romain germanique. Le christianisme permet aux deux mondes inconciliables de coexister : celui latino-romain et celui germanique. Une telle fusion est instable et il faudra des siècles avant de trouver un équilibre qui une fois atteint mène à des sommets de culture et de spiritualité. Il ne faut penser uniquement aux innovations technologiques mais au foisonnement des universités comme lieu non seulement de diffusion mais de recherche du savoir. La culture n'a pas disparu même pendant les siècles les plus obscurs, d'abord avec les monastères clunisiens puis avec les cisterciens qui l'ont jalousement conservée. Les monastères médiévaux s'emploient à garder le savoir de tout type, de la littérature paganiste (classiques grecs et latins) aux textes arabes de philosophie, mathématique et médecine. C'est aussi grâce à la clairvoyance des moines médiévaux qu'ont pu éclore les siècles de l'ère moderne.

Dans le Sud, au XIe siècle, l’invasion des Normands réussit à créer un royaume moderne, efficace et fortement centralisé grâce à un étroit contrôle du territoire qui passe aux dynasties des angevins et des aragonais à partir du XIIIe siècle. Au centre nord de l'Italie, on assiste à une disparition progressive du féodalisme et à l'émergence de villes libres, qui acquièrent une autonomie, comme Ancône, qui se détache, à la fin du XIIe siècle de l'influence du Saint-Empire romain germanique, pour former la République d'Ancône, une petite république maritime à l'intérieur de la marche d'Ancône, qui parviendra à conserver son indépendance jusqu'à son intégration dans les États pontificaux en 1532.

Du bas Moyen Âge à la Renaissance[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Renaissance italienne.
Carte de l'Europe au XIIIe siècle

Pour défendre son autonomie de l'Empire du nord, des États de l'Église au centre et des invasions arabes au sud, les communes commencent à créer des ligues qui ne seront jamais suffisamment fortes pour pouvoir s'opposer à l'influence papale ou féodale à cause des fortes rivalités internes. Certaines villes se démarquent, comme Milan (important centre urbain du royaume d'Italie et donc de l'Empire) pour sa lutte contre le pouvoir impérial, Forlì et Pérouse (villes appartenant aux États de l'Église) pour leur lutte contre la domination pontificale. La longueur des affrontements entre l'Empire et l'Église, la naissance d'une bourgeoisie mercantile dont les intérêts s'opposent à l'aristocratie rurale, la lutte des classes dirigeantes urbaines pour acquérir une autonomie plus grande, conduit la société italienne à donner naissance à une série de courants souvent opposés : particulièrement connus du XIIe siècle au XIVe siècle, les factions des guelfes et gibelins. Autre phénomène que des motivations politiques et religieuses unissent, ce sont les croisades auxquelles participent activement beaucoup d'états italiens avec l'objectif de s'opposer à la progression de l'Islam et d'étendre le commerce vers l'Orient.

En ce qui concerne la forme des gouvernements, on assiste au cours des derniers siècles du Moyen Âge, à la présence côte à côte de Signorie assez récentes et de gouvernements liés à des familles nobles, souvent des représentants de l'antique féodalité, (comme les Visconti et les Sforza à Milan, les Gonzague à Mantoue, les Este à Ferrare, les Ordelaffi à Forlì, et les Savoie dans le duché de Savoie et le Piémont), avec des formes républicaines (comme à Venise, Gênes et Florence, celle-ci avant l'avènement des Medicis).

La soumission des États italiens entre 1500 et 1700[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Cinquecento et Guerres d'Italie.

Au début du XVIe siècle une bonne partie des États italiens sont occupés et entrent dans l'orbite de la France ou l'Espagne qui luttent pour la domination en Europe.
Avec la bataille de Pavie en 1525, gagnée par les célèbres tercios castillans, l'abandon des positions françaises dans une région clé comme la Lombardie permet une hégémonie espagnole sur l'Italie qui sera ratifiée, trente ans plus tard, par la paix de Cateau-Cambrésis.
L'Espagne exerce pendant un siècle et demi, une domination directe sur toute l'Italie méridionale et insulaire, sur le duché de Milan et sur l'État des Présides au sud de la Toscane.
Les États pontificaux, le Grand-duché de Toscane, la république de Gênes et d'autres états mineurs sont obligés de soutenir la politique impériale espagnole.
Le duché de Savoie essaie de conjuguer entre la France et l'Espagne et devient un champ de bataille entre ces deux puissances.
Seule la république de Venise et la république de Gênes réussissent à conserver l'indépendance, ce qui n'est cependant pas suffisant pour les préserver d'une lente mais inexorable décadence.
Après la paix d'Utrecht (1713), l'héritage des Habsbourg d'Espagne passe au mains de la branche autrichienne qui réussit à s'installer longuement en Lombardie puis en Toscane avec les Habsbourg-Lorraine.
Dans les premières décennies du XVIIIe siècle, les souverains d'Autriche s'emparent aussi du royaume de Naples qui sera cédé en 1734 après la défaite de Bitonto aux Bourbon d'Espagne.

L'Italie, et de manière plus générale, toute l'Europe méridionale souffre du déplacement des grandes routes commerciales de la Méditerranée vers l'Atlantique, perceptible à partir des dernières décennies du XVIe siècle. Les dévastations des guerres suite à la guerre de Trente Ans qui touchent surtout l'Italie septentrionale, la forte pression fiscale exercée par l'Espagne sur ses territoires due aux exorbitantes dépenses de guerre se font sentir avec de très graves conséquences dans tout le sud et la Lombardie. Les vides laissés par la peste de 1630 (it) ont des effets dévastateurs sur l'économie, les villes perdent en moyenne de 30 à 40 % de leur population dans une fourchette de 10-15 % (Florence et Sienne) à 60-75 % (Crémone et Mantoue). Jusqu'à la fin de la moitié du XVIIe siècle, presque toute l'Italie subit de graves problèmes de sous-développement économique, politiquement amorphe, socialement désagrégé. Faim et malnutrition règnent dans beaucoup de régions de la péninsule et dans les deux îles majeures.

Le déclin culturel de l'Italie ne va pas de pair avec celui politique, économique et social. C'est un phénomène qui apparait dans de nombreux pays, l'Espagne comprise. Si au XVIe siècle, la renaissance italienne est la plus avancée et s'impose à l'Europe, l'art et la pensée baroque, élaborés à Rome entre le XVIe siècle et XVIIe siècle ont une force d'attraction et une diffusion internationale non moindre. Il est un fait que pendant toute la première moitié du XVIIe siècle, l'Italie continue à être un pays dynamique, capable d'élaborer une pensée philosophique (Giordano Bruno, Tommaso Campanella, Paolo Sarpi) et scientifique (Galileo Galilei, Evangelista Torricelli) de haut niveau, une peinture sublime (Le Caravage), une architecture unique en Europe (Gianlorenzo Bernini, Borromini, Baldassare Longhena, Pietro da Cortona) et une musique aussi bien instrumentale (Arcangelo Corelli, Girolamo Frescobaldi, Giacomo Carissimi) que théâtrale (Claudio Monteverdi, Francesco Cavalli) qui font école. À ce propos, rappelons que le mélodrame est une création typique de l'ère baroque.

Le XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Vers les années 1730, on assiste à une timide reprise de l'économie italienne qui se consolide surtout dans le sud. L'illuminisme, né en Angleterre, se diffuse en Italie par l'intermédiaire des philosophes français et apporte ses premières influences bénéfiques au nord (Parme avec Guillaume Du Tillot) comme à Naples et en Sicile, où règne un des plus grands souverains d'Europe : le futur Charles III d'Espagne. L'Autriche qui a remplacé l'Espagne comme puissance hégémonique en Italie, surtout dans la partie centrale et septentrionale, est gouvernée par des monarques capables, Marie-Thérèse et Joseph II en particulier, qui introduisent en Lombardie, dans le Trentin et dans la région de Trieste (la future Vénétie julienne) des réformes qui permettent le développement économique et social de ces régions.

Suite à la guerre de Succession d'Autriche, le traité d'Aix-la-Chapelle en 1748 donne à l’infant Don Felipe, second fils de Philippe V d'Espagne et d’Élisabeth Farnèse, les duchés de Parme, de Plaisance et de Guastalla. L’ouest du Milanais passe de l’Autriche à la maison de Savoie. Les Habsbourg conservent le Milanais et la Toscane, les Bourbons d’Espagne contrôlent alors Naples, la Sicile, Parme et Plaisance. Gênes, Venise, les États pontificaux et le Piémont-Sardaigne sont les seules puissances indépendantes d’Italie.

L’époque voit la prolétarisation de la paysannerie : l’accroissement des prix agricoles, plus rapide que celui des produits manufacturés (textiles), a provoqué dès la fin du XVIe siècle l’investissement des habitants des villes dans le foncier, ce qui conduit à une reféodalisation au détriment des petits propriétaires. A Venise, les habitants de la ville possèdent en 1722 15,9 % de la superficie des sols pour 11,7 % en 1636. Dans le royaume de Naples et les États pontificaux se constituent des latifundia au profit de la noblesse et du clergé (accroissement des biens de mainmorte) : les barons perçoivent 20 % de la rente foncière, l’Église entre 20 et 30 %. Au Piémont, clergé et noblesse (3,5 % de la population) possèdent le quart des terres, dans le duché de Milan, peut-être les trois quarts. Mis à part dans en Piémont et Milanais, les terres ne sont pas mises en valeur (absentéisme des feudataires qui placent des régisseurs, exploitations sans innovation technique par des métayers davantage pressurés, extension du dry farming et de l’élevage transhumant qui conduit à la dégradation des sols et à l’extension des friches)[1].

Pendant la seconde partie du siècle, la croissance démographique rapide et la demande extérieure accrue en matières premières et produits agricoles (grain, huile, agrumes, soie brute, laine et coton) entraîne dans le centre et au nord la formation d’une bourgeoisie agraire issue des régisseurs roturiers qui remplacent les propriétaires absents, aux dépens du reste de la population agricole. L’action des régisseurs, la pression fiscale (fermiers généraux), la pression démographique, l’endettement, augmentent fortement le nombre de journaliers et de mendiants. Dans le sud, ces derniers forment des bandes de brigands. Certains échouent en ville où ils sont pris en charge par des associations caritatives[1].

L'espoir engendré par la Révolution française[modifier | modifier le code]

Après 1792, les gouvernants italiens réagissent au péril de la Révolution française. Venise adopte une neutralité hostile. À Naples, la reine Marie-Caroline et son protégé Acton abandonnent toute réforme pour amorcer une répression aveugle. La Toscane, après le départ de Léopold, connaît des manifestations de mécontentement qui entraîne un retour en arrière : le commerce des grains est de nouveau contrôlé, la peine de mort restaurée. Le mouvement janséniste souffre le premier de l’arrêt des réformes, puis les francs-maçons sont poursuivis à Turin, Naples, Rome et Palerme.

La Révolution française ravive les espoirs d'un retour à l'indépendance des puissances étrangères. Le mécontentement populaire se renforce, conséquence d’une situation économique de plus en plus difficile (hausse des prix et pression fiscale). Dans les Abruzzes, le Basilicate et en Sardaigne, les révoltes sont directement dirigées contre les seigneurs et les propriétaires terriens. À Arezzo, Florence et Pistoia elles s’expriment contre les réformes qui ont privé les paysans et les masses urbaines de leurs traditionnelles formes de protections.

Quelques groupes de jacobins sont actifs, comme ceux de l’aristocratie padouane ou le Bolognais Zamboni qui œuvrent à la libération de leur cité, ceux de Brescia, qui poursuivent des buts plus égalitaires, ceux du Piémont qui tentent de se mettre en contact avec les mouvements paysans.

Entre 1792 et 1799, l'Italie passe progressivement sous l'influence française. La Savoie est annexée en 1792, puis après la campagne d'Italie en 1796-1797 les troupes de la Convention occupent la République de Gênes, abolissent le servage, changent les frontières et instituent des républiques sœurs, privant les aristocrates de leurs pouvoirs politiques, ce qui est favorablement accueilli par la bourgeoisie.

L’Italie est organisée afin de fournir à l’effort de guerre français ce dont il a besoin économiquement et militairement. Après la conquête, la conscription, les exactions fiscales, les interférences politiques, l’indifférence des Français aux conditions locales ou aux aspirations des patriotes italiens suscite rapidement une hostilité marquée à leur encontre. L’initiative de Bonaparte évite à l’Italie un régime d’occupation militaire direct. Il encourage largement la propagande révolutionnaire.

Après la défaite napoléonienne en 1815, les pays italiens sont revenus à l'ancien régime par le congrès de Vienne.

Les républiques d'Italie[modifier | modifier le code]

Article connexe : République sœur.

Le Royaume d'Italie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Royaume d'Italie (1805-1814).
L'Italie napoléonienne (1812)

Napoléon Bonaparte qui s'est fait proclamer empereur des Français par le sénat et couronner par Pie VII, transforme la République italienne en royaume d'Italie, se nommant roi d'Italie le , le couronnement ayant lieu le dans le Duomo de Milan. Eugène de Beauharnais, fils du premier mariage de la femme de Napoléon, Joséphine de Beauharnais, à qui Napoléon se fie aveuglément, et dont il est sûr de ne pas avoir à craindre les ambitions politiques, est nommé vice-roi d'Italie.

Vers 1810-1811, des réformes tendant à renforcer l’autorité du pouvoir central et à rendre plus efficace l’administration des différents États italiens sont entreprises. Un système hiérarchique de départements, district et communes couvre l’ensemble des territoires. Les barrières douanières intérieures sont abolies et les tarifs extérieurs uniformisés. Routes et ponts sont construits. Poids, monnaies et mesures sont unifiées. Les codes civil, commercial et pénal français sont introduits. L’instruction publique est réorganisée.

À l'issue du retour de la Russie, la Prusse se déclare neutre pour passer, le dans l'alliance créée par la Russie et la Grande-Bretagne. L’Autriche s'associe seulement le à cette alliance et organise deux armées : la principale, confiée à Schwarzenberg et à Radetzky, est destinée au front allemand et participe à la victoire de la bataille de Leipzig du 16 au . La seconde, confiée mi-décembre 1813 à Bellegarde, est destinée à envahir l'Italie. C'est à cette dernière que le baron d’Aspre est nommé.

Les troupes autrichiennes s'avancent lentement sur l’Isonzo aux portes de la Lombardie, interrompu par la défaite infligée par Eugène à Bellegarde le , sur le Mincio. L'échec de l'action autrichienne permet la signature, le 16 avril, de la convention de Schiarino-Rizzino (it) qui établit une ligne de cesser le feu au-delà de Peschiera et Mantoue qui restent italiennes.
Le 20 avril, la noblesse milanaise dont Carlo Verri, Federico Confalonieri, le général Domenico Pino, Alessandro Manzoni, Luigi Porro Lambertenghi nomme un comité de régence provisoire rebelle à Eugène qui envoie des délégués à Bellegarde pour qu'il prenne possession de Milan. Eugène prend acte que l'indépendance du royaume d'Italie est compromise et, le 23 avril, avec son armée qui n'a pas été vaincue par l'armée autrichienne, il signe la capitulation dans la convention de Mantoue (en).

L'Autriche souhaite rétablir l'ordre ancien bien que le royaume de Naples de Murat ait trahi, le , Eugène de Beauharnais et Napoléon en s'alliant avec Vienne. Murat avec 27 000 hommes se porte à Rimini où il se déclare le promoteur et le défenseur de la liberté italienne (30 mars), cela un mois après le retour de Napoléon de l'île d'Elbe.

Bellegarde dispose de l'armée autrichienne en Italie (50 000 hommes) dont il constitue un corps expéditionnaire de 25 000 hommes confié au général Frédéric Bianchi, sous le haut commandement de Frimont). Le 2 mai Murat est battu lors de la bataille de Tolentino et commence une pénible retraite, le 19 mai, il quitte l'Italie.

Le redécoupage de l'Italie[modifier | modifier le code]

L'Italie en 1815
Article détaillé : Royaume lombardo-vénitien.

Par le congrès de Vienne, du au , la restauration voit la fin des dernières entités autonomes, comme la Vénétie passée à l'Autriche qui va constituer avec Milan le royaume lombardo-vénitien et la Ligurie passée au royaume de Sardaigne, aspirations qui sont déçues après l'assujettissement à la France qui suit les campagnes napoléoniennes.

L’Autriche tient garnison dans les citadelles de Plaisance, Ferrare et Comacchio.

La maison de Savoie récupère le Piémont, Nice et la Savoie et entre en possession de Gênes. Le pape retrouve les États pontificaux. Le Bourbon Ferdinand Ier retrouve son royaume des Deux-Siciles. Les duchés de Parme, Plaisance et Guastalla sont attribués à l'épouse de Napoléon, Marie-Louise d'Autriche. Modène et la Toscane sont attribués à des Habsbourg (Ferdinand III de Lorraine, grand-duc de Toscane et François IV d’Este-Lorraine, duc de Modène). Le retour des souverains légitimes s’accompagne partout du régime politique antérieur.

Le gouvernement du royaume de Lombardie-Vénétie allie des dirigeants absolutistes à une administration plus modérée qui confie des responsabilités aux classes productives, propriétaires terriens et marchands. Cette administration et les structures judiciaires et foncières sont héritées de la période napoléonienne. Les relations avec l’Église sont marquées par un fort contrôle de l’État (nomination des évêques par l’Empereur et confirmation de la vente des biens ecclésiastiques). Le service militaire obligatoire est maintenu, passant de quatre ans à huit ans. Les relations commerciales avec la France et le reste du monde subissent un coup d’arrêt par un nouveau tarif mettant l’économie au service de l’Autriche.

Dans le duché de Parme, Marie-Louise d'Autriche, assistée du général Adam Albert de Neipperg maintient la législation napoléonienne à l’exception d’un nouveau code civil. Elle ne fait aucune concession à l’Église et au clergé, s’en tenant aux termes du Concordat. Elle favorise l’instruction et l’économie.

Le Grand-duché de Toscane revient au code léopoldin du XVIIIe siècle, en maintenant ses améliorations (abolition des fiefs et des fidéicommis, institution du registre et du code de commerce, loi sur les hypothèques). Les jésuites ne sont pas autorisés à revenir, la vente des biens ecclésiastiques est confirmée, la liberté de commerce est rétablie et la police est moins sévère que dans les autres États.

Dans le reste des États italiens, les souverains ont une volonté réactionnaire. À Naples, Metternich et les Britanniques doivent intervenir pour empêcher Ferdinand Ier de Naples de se lancer dans une sanglante épuration. Il accorde l’amnistie de mauvaise grâce, confirme la cession de biens ecclésiastiques ainsi que les titres octroyés par Murat, garantit l’accès à tous à la fonction publique. Il démantèle le féodalisme (suppression des fidéicommis et des droits d’usage des communaux). La fiscalité est équilibrée et supportable pour les populations, mais l’État se désintéresse de la régulation des dépenses publiques et du développement du commerce. Il doit consentir des avantages douaniers au Royaume-Uni et à la France, provoquant le mécontentement des propriétaires terriens.

Dans les États pontificaux, toute la législation française est abolie d’un coup. Les anciens tribunaux ecclésiastiques sont reconstitués et révisent les procès instruits sous Napoléon. La justice féodale, l’Inquisition, le Saint-Office et le monopole d’État sur les denrées sont rétablis. Les innovations françaises sont gommées : l’état civil, la vaccine, l’éclairage public. Les juifs regagnent leurs ghettos.

À Modène, la législation napoléonienne est abolie et l’administration épurée au profit de la noblesse légitimiste. Les finances de l’État redeviennent les finances personnelles du souverain, les jésuites et les ordres religieux sont rétablis.

Dans le Piémont, les codes napoléoniens sont remplacés par l’ancienne législation. Les juifs regagnent leurs ghettos, les Vaudois sont de nouveau l’objet de vexations, ceux qui ont collaboré avec les Français sont éloignés de toute responsabilité. Corporations et privilèges industriels sont rétablis. La vente des biens ecclésiastiques est confirmée, les ordres religieux sont restaurés et les jésuites se voient confier l’enseignement et la censure.

La période est marquée par le réveil du catholicisme. La plupart des princes abandonnent l’attitude anticléricale du siècle des Lumières. L’Église devient la base de la reconstruction de l’ordre et de la hiérarchie et profite de l’œuvre napoléonienne, qui a entraîné la disparition des Églises nationale, pour affirmer la suprématie pontificale. Les jésuites sont restaurés dans leurs prérogatives et la piété connaît un renouveau notable avec la multiplication des cultes et des pèlerinages. Mais l’intransigeance des plus zélés qui estiment que la religion est supérieure à toute autre institution humaine (Lamennais, le cardinal Pacca) contribue à faire perdre à Rome le capital de sympathie qu’elle a recueilli après les épreuves et à s’aliéner l’appui des catholiques les plus modernistes.

Risorgimento[modifier | modifier le code]

Les états italiens en 1843

Après les campagnes napoléoniennes, des poussées nationalistes appuyées par la Savoie, qui voient là une occasion d'agrandir le royaume de Sardaigne, conduisent à une série de guerres d’indépendance contre l'Empire austro-hongrois, deux d'entre elles avec l'appui extérieur de la France. Les grands protagonistes du Risorgimento sont Victor-Emmanuel II de Savoie, Giuseppe Garibaldi, Giuseppe Mazzini, Camillo Cavour.

La plus décisive est la seconde guerre d’indépendance, qui, avec l'expédition des Mille au sud et la descente subséquente des Piémontais du nord, réussit à unifier, sous la bannière des États de Savoie, une grande partie de la péninsule (à l'exclusion de Rome et de Venise) et à provoquer la proclamation du royaume d'Italie en 1861.

Cependant, après l'annexion du Royaume des Deux-Siciles il ya une révolte dans les régions méridionales (brigandage post-unitaire), en raison de problèmes sociaux persistants et promesses non tenues par le nouveau gouvernement. La rébellion, exploité par les Bourbons en exil et par l'États pontificaux, est principalement développé dans le provinces de Basilicate et Capitanata, où se distinguent des chefs-brigands comme Carmine Crocco et Michele Caruso[2]. L'affrontement entre les troupes italiennes et les brigands a duré environ 10 ans[3].

En 1866, Venise est annexée au royaume d'Italie, suivie par Rome, en 1870. Ce qui provoque le début d'une fracture entre l'État italien et l'Église qui se termine par les accords du Latran ratifiés par Benito Mussolini et le cardinal Gaspari, secrétaire d'État de Pie XI, en 1929. La forme de gouvernement proclamée est celle d'une monarchie constitutionnelle, avec un parlement élu au suffrage restreint.

Royaume d'Italie[modifier | modifier le code]

Les débuts du royaume voient l’Italie s'engager dans une série de guerres d'expansion coloniale en Libye, Somalie, Éthiopie, Érythrée et Dodécanèse et même une petite concession en Chine.

Lors de la Première Guerre mondiale l’Italie, bien que membre de la triple alliance, reste d'abord neutre, puis entre en guerre aux côtés des alliés le après la signature du pacte de Londres. Au terme de la guerre qui se termine en novembre 1918, l'Italie compléte son unification nationale en obtenant le Trentin-Haut-Adige, la Vénétie julienne, l'Istrie et d'autres territoires du Frioul encore irrédentes. Ces régions avaient appartenu jusqu'alors à la Cisleithanie comme territoires autrichiens (à l'exception de la ville de Fiume incorporée dans le royaume d'Italie en 1924 et situé en Transleithanie).

Le pacte de Londres prévoyait que l'Italie entrerait en guerre aux cötés de l'entente dans un délai d'un mois, et obtiendrait, en échange, en cas de victoire, le Trentin, le Tyrol jusqu'au Brennero, (le Haut Adige), la Vénétie julienne, l'entière péninsule istrienne à l'exclusion de Fiume, une partie de la Dalmatie septentrionale incluant les villes de Zadar (Zara en italien), Šibenik et Knin, de nombreuses îles de l'Adriatique, l'archipel de Dodécanèse, la base de Vlora en Albanie et le bassin carbonifère de Antalya en Turquie. Sur la base du principe des nationalités proposé par le président américain Woodrow Wilson, la Dalmatie est annexée au nouveau royaume de Yougoslavie composé des Serbes, des Croates et des Slovènes, à l'exception de Zara (aujourd'hui Zadar en Croatie), en raison de sa majorité italienne, et de l'île de Lastovo (Lagosta) qui, avec trois autres îles, sont annexées à l'Italie.

L'Italie a très mal vécu le traité de Versailles, le manquement envers le pacte scellé provoque l'indignation italienne, de manière presque unanime, les Italiens accusent que le sacrifice d'une entière génération au front n'est pas récompensé (5 615 000 hommes engagés, 650 000 tués, 947 000 blessés et 600 000 disparus ou prisonniers). On parle de « victoire mutilée » car les Alliés n'ont pas respecté les promesses faites durant le conflit concernant l'attribution des territoires et cela favorise l'agitation nationaliste et l'ascension de Mussolini.

Sur la lancée du mécontentement créé par les difficultés économiques et sociales de l'après-guerre, on assiste en 1922 à la conquête du pouvoir par le fascisme. À partir de 1926-27 l'Albanie entre graduellement dans la sphère d'influence de l'Italie, c'est seulement en avril 1939 qu'elle est occupée militairement et qu'on lui impose comme souverain Victor-Emmanuel III. Trois ans auparavant (mai 1936) l'Éthiopie était tombée sous la domination italienne.

En 1940, l’Italie est l'alliée de l'Allemagne dans la Seconde Guerre mondiale contre la France et le Royaume-Uni, déclarant ensuite en 1941, avec le Japon, la guerre aux États-Unis et à l'Union soviétique. À la suite de l'invasion alliée en Sicile en 1943, le régime fasciste s'effondre, l'Italie se range aux côtés des alliés contre l'Allemagne. Les derniers fascistes créent la République sociale italienne, alors que de nombreuses Républiques partisanes éphémères se créent. En 1945, les forces nazies et fascistes sont défaites : l'armée allemande en Italie capitule le . Cette date est, depuis, un jour férié en Italie.

République italienne[modifier | modifier le code]

Après 1945, l' Italie accuse le coup de la défaite des puissances de l'Axe et en 1946, un référendum institutionnel sanctionne la fin de la monarchie et la naissance de la république, avec une nouvelle constitution qui entre en vigueur le 1er janvier 1948.

La démocratie chrétienne (DC), parti modéré du centre, fait partie du gouvernement de la république italienne de 1946 à 1993, généralement coalisé avec d'autres partis du centre et de gauche - Parti social-démocrate italien (PSDI), Parti républicain italien (PRI), Parti libéral italien (PLI). En 1962 le Parti socialiste italien (PSI) entre dans la majorité gouvernementale alors que jusque là, il avait été dans l'opposition. À part quelques exceptions, la présidence du conseil est démocrate-chrétienne de 1946 à 1993.

En 1949 l’Italie adhère à l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord et en 1955 elle est admise aux Nations unies. L'année 1957 voit la signature du traité de Rome, qui marque la naissance de la Communauté économique européenne, premier pas vers la réalisation de l’Union européenne. Le pays vit une très forte expansion[4] et la priorité à l'investissement[5], phénomène appelé les Trente Glorieuses. Fiat est le symbole du miracle italien, dont la période va des élections d'avril 1948 aux Jeux Olympiques de Rome en 1960: 700 000 automobiles en 1955, 10 millions cinq ans après[6]. Le fabricant de scooters Vespa n'est pas en reste. Entre 1945 et 1965, il en vend 3,5 millions en Italie.

Ensuite, dans les années 1970, l'Italie traverse une profonde crise politique, avec en particulier l'émergence de mouvements révolutionnaires pratiquant la lutte armée. Cette crise politique atteint son apogée en 1978 avec l'enlèvement puis l'assassinat du chef du parti démocrate-chrétien Aldo Moro par les Brigades rouges. Cette crise politique trouve en partie son origine dans la « stratégie de la tension » adoptée par les services secrets pour empêcher l'arrivée au pouvoir du Parti Communiste. Ainsi, les attentats organisés par le Réseau Gladio frappent la population et provoquent la mort de plusieurs dizaines de personnes. À partir de 1979, le mouvement combattant révolutionnaire italien est écrasé par la répression. Plusieurs militants de l'extrême-gauche révolutionnaire sont incarcérés, certains s'exilent à l'étranger.

L'État italien reste alors profondément marqué par le pouvoir de la mafia au sein de la classe dirigeante, tant au niveau des partis politiques que du patronat. Dans les années 1990, le gouvernement italien reconnait l'existence du réseau Gladio au sein de ses services secrets. En 1999, l'Italie participe à la création de l'euro. De 2001 à 2006, le gouvernement italien est dirigé par Silvio Berlusconi, grand patron arrivé au pouvoir à la tête d'une coalition rassemblant Forza Italia (parti populiste de centre-droite), la Ligue du Nord (parti populiste autonomiste) et la droite Alleanza Nazionale (parti populiste conservateur).

En avril 2006, après des élections très serrées l'opposant à Silvio Berlusconi, qu'il emporte de justesse, Romano Prodi (leader de L'Unione, la coalition de centre-gauche) devient président du conseil italien.

Le 24 janvier 2008, le Sénat italien refuse sa confiance à Romano Prodi. Ce dernier a donc présenté sa démission au président Giorgio Napolitano.

En 2011, le président du conseil démissionne, et c'est Mario Monti qui le remplace.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Catherine Brice, Histoire de l'Italie, Paris, Perrin,‎ 2003 (ISBN 2-262-01996-7)
  2. Giuseppe Massari, Stefano Castagnola, Il brigantaggio nelle province napoletane, Fratelli Ferrario, 1863, p. 17, 20
  3. Gilles Pécout, Roberto Balzani, Il lungo Risorgimento: La nascita dell'Italia contemporanea (1770-1922), Pearson Italia S.p.a., 1999, p. 238
  4. "Analyse sectorielle: Méthodologie et application aux technologies de l'information", page 184 Christian Genthon Éditions L'Harmattan, 2004 [1]
  5. "Le régime juridique des dividendes", par Amel Amer-Yahia, page 20
  6. "Les années 1950 à l'italienne", par Pierre de Gasquet dans Les Échos du 04 mars 2005 * page 104 [2]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Milza, Histoire de l'Italie, Fayard, 2005.
  • (en) Mark F. Gilbert et K. Robert Nilsson, Historical dictionary of modern Italy, Scarecrow Press, Lanham Md, Londres, 2007 (2e éd.), XL-508 p. (ISBN 0-8108-5602-6)

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