Histoire de l'Azerbaïdjan

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Histoire de l'Azerbaïdjan
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L'histoire de l'Azerbaïdjan ne commence au sens strict qu'en 1918, à la création de la République démocratique d'Azerbaïdjan. Elle peut néanmoins s'étendre à celle des territoires qui le constituent.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Les premières implantations humaines dans la région remontent à l'âge de la pierre, il y a plus de 1,5 million d'années. La plupart des sites préhistoriques sont situés dans les régions du Karabagh (grottes d'Azykh, de Taghlar et de Zar), de Gazakh (grottes de Dashsalahli et de Damdjili, sites préhistoriques de Shishguzey et de Kekilli où ont été découverts des outils de travail et autres), du Nakhitchevan et en région talyshe.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Du VIIe au Xe siècle, la région connaît un essor politique sous les Sajides, les Chirvanchahs, les Salarides, les Ravvadides et les Cheddadides.

Au XIIe siècle, après l'effondrement de l'Empire seldjoukide, les Atabegs d'Azerbaïdjan règnent depuis leur capitale de Nakhitchevan, puis d'Ardabil, et enfin de Tabriz, sur l'Azerbaïdjan iranien actuel et sur l'Arran (l'Azerbaïdjan moderne)[1]. Leur territoire est ensuite conquis par le Khwârezm-Shah Jalal ad-Din au XIIIe siècle, dont l'État succombe ensuite aux Mongols. Au XIIIe siècle, l'Empire mongol des Khulaguides est fondé, avec à Tabriz comme capitale.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Shah Ismail, le fondateur de la dynastie séfévide.

À la fin du XVe et au début du XVIe siècle, Shah Ismail Ier Séfévi s'empare de la Perse et conquiert la Transcaucasie. Allié à l’Angleterre et au Portugal contre les Ottomans, il est néanmoins défait lors de la bataille de Tchaldiran en 1514. À la fin du XVIe siècle, l’Empire séfévide s’affaiblit à la suite des guerres permanentes avec les Ottomans, qui conquièrent le territoire de l’Azerbaïdjan moderne. Leur domination dure vingt ans, jusqu'à ce que l’héritier et petit-fils d'Ismail Ier, Shah Abbas Ier, les rejette : il forme rapidement une armée régulière, vainc les Turcs et restaure presque entièrement au début du XVIIe siècle l'ancien Empire séfévide. Cet État s'iranise cependant, et l'azéri cesse d'être la langue officielle, malgré le fait qu’au palais, de nombreuses positions importantes restent occupées par des Azéris.

Au début du XVIIIe siècle, l’Empire séfévide s’affaiblit de nouveau et est envahi par les Turcs, pendant six ans. Arrivé au pouvoir après la chute de l’État séfévide, Nadir Shah, de la dynastie des Afsharides, expulse les Turcs ottomans. Cependant, après la mort de Nadir Shah, son empire s’effondre.

Sous le règne de Nadir-shah, de nombreuses entités — principalement des khanats (qualifiés d'« Azerbaijani » par Tadeusz Swietochowski et Firouzeh Mostashari[2]), avec à leur tête des dynastes turcs — se forment sur le territoire de l’Azerbaïdjan, de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan iranien modernes, qui aspirent à l’indépendance[3],[4]. Ils le sont vraisemblablement sous la dynastie Zand mais sont repris en main au début du XIXe siècle sous les Kadjars. Les khanats réussissent toutefois à maintenir leur indépendance[réf. nécessaire]. Deux d'entre eux, les khanats de Kouba et du Karabagh, prennent sous leur contrôle la plupart des autres khanats.

Liste des khanats 

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

L'Empire russe[modifier | modifier le code]

En 1804, l'empereur russe Alexandre Ier conquiert Gandja sur la Perse, qui devient Elizavetpol. Le traité de Golestan en 1813 donne à l'Empire russe les provinces de Perse situées au nord de l’Araxe. La ville de Bakou est annexée (et devient ultérieurement la capitale d’un gouvernement) aux termes du traité de Turkmanchai de 1828 et du traité de paix conclu à Édirne.

À la fin du XIXe siècle, la Russie découvre ses richesses en or noir et Bakou devient le premier producteur mondial de naphte. Un mouvement azéri relativement structuré émerge au même moment.

L'indépendance[modifier | modifier le code]

En 1918, l’Azerbaïdjan se proclame république indépendante et forme avec ses pays frontaliers la République démocratique fédérative de Transcaucasie. La République démocratique d'Azerbaïdjan, qui lui succède et existe jusqu'en 1920, étant le premier pays démocratique musulman en Asie, a accordé pour la première fois dans les pays musulmans le droit de vote aux femmes. Le parti Müsavat et la personnalité de Mémméd Émin Résulzadé dominent cette première république.

La domination soviétique[modifier | modifier le code]

En 1920, le pays est occupé par l’Armée rouge et intégré en 1922 à la République socialiste fédérative soviétique de Transcaucasie au sein de l’Union soviétique, et devient en 1936 la République socialiste soviétique d’Azerbaïdjan.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les autorités nazies eurent des projets de redéfinition administrative de la région.

Un État indépendant[modifier | modifier le code]

Le conflit autour du Haut-Karabagh (région autonome de l'Azerbaïdjan peuplée en majorité d'Arméniens), qui évolue finalement vers la guerre du Haut-Karabagh, occupe dès 1988, avec le vote du parlement de Stepanakert de son rattachement à l'Arménie (21 février 1988)[5], vote suivi par le pogrom de Soumgaït (28-29 février 1988)[5], une place importante dans le processus des indépendances avant l'effondrement total de l'URSS.

  • Juin 1992 : Aboulfaz Eltchibeï, le président du Front populaire d'Azerbaïdjan (Azərbaycan Xalq Cəbhəsi Partiyası), est élu président au suffrage universel avec 55 % des voix. À la suite d'une courte guerre civile, il est destitué en juin 1993 et remplacé provisoirement par l'ancien dirigeant soviétique Heydar Aliyev. La destitution d'Eltchibeï est « acceptée » par référendum en octobre 1993 et Aliyev est élu président avec 98,8 % des suffrages lors d’un scrutin incontesté.
  • 1993 : La guerre du Haut-Karabagh aboutit à l'occupation par les troupes arméniennes de la partie occidentale de l’Azerbaïdjan séparant l'Arménie du Haut-Karabagh. Cette défaite engendre d'importants problèmes politiques. Pour sa part, le Conseil de sécurité des Nations unies condamne l'occupation du territoire de la République azerbaïdjanaise dans ses résolutions no 822 (30 avril 1993), 853 (29 juillet 1993) 874 (14 octobre 1994) et 884 (11 novembre 1993). Un cessez-le-feu entre en vigueur au printemps 1994, tandis que le président Aliyev paraît décidé à mener à leur terme les négociations engagées avec le gouvernement arménien.
  • Novembre 1995 : La nouvelle Constitution de la République azerbaïdjanaise est adoptée par référendum. Des élections législatives sont organisées. Retour au pouvoir du Parti du nouvel Azerbaïdjan (Yeni Azərbaycan Partiyası, YAP) au détriment des communistes.
  • Novembre 1997 : L'Azerbaïdjan revient sur le marché mondial du pétrole.
  • Septembre 1998 : Le Sommet de la Route de la Soie est tenu pour la première fois à Bakou et réunit plus de 32 pays. En octobre de la même année, Heydar Aliyev est réélu président. L'Azerbaïdjan, la Géorgie, le Kazakhstan, la Turquie, l'Ouzbékistan et les États-Unis signent un projet d'accord intitulé « la Déclaration d'Ankara » portant sur la construction d'un oléoduc qui reliera Bakou à Ceyhan (en Turquie) et qui acheminera le pétrole de la Caspienne vers les pays occidentaux.
  • 6 novembre 2000 : Après les élections législatives, l'opposition au président Aliyev dénonce des fraudes massives, confirmées par les observateurs internationaux, et menace de ne pas reconnaître les résultats.
  • Avril 2001 : Sur invitation du secrétaire d'État américain, le président Aliyev participe, en Floride à Key West, aux négociations de paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.
  • Novembre 2001 : Premier forum mondial à Bakou qui réunit tous les Azerbaïdjanais du monde.
  • Octobre 2003 : Heydar Aliev, toujours candidat à sa propre succession mais dont les problèmes de santé s'aggravent sans cesse, renonce finalement à se représenter et reconnaît son fils comme seul candidat de son parti.
  • 15 octobre 2003 : Ilham Aliyev est élu à l'élection présidentielle avec 76,84 % des voix. Il prend ses fonctions le 31 octobre malgré les plaintes de l'opposition.
  • 6 novembre 2005 : Les élections législatives confirment la victoire de Parti du Nouvel Azerbaïdjan, qui remporte 48,8 % des suffrages et 61 sièges sur 125 à l'Assemblée nationale.
  • 15 octobre 2008 : Ilham Aliyev est réélu à l'élection présidentielle augmentant son score de 2003 à 88,73 %.
  • 7 novembre 2010 : Les élections législatives confirment la victoire de Parti du Nouvel Azerbaïdjan avec une majorité absolue qui remporte 56,8 % des suffrages et 61 sièges sur 125 à l'Assemblée nationale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) K. A. Luther, « Atabakan-e Adarbayjan », dans Encyclopædia Iranica en ligne. Consulté le 28 août 2012.
  2. Cf. référence suivante, et au contraire d'autres auteurs ; voir par exemple Antoine Constant, L'Azerbaïdjan, Karthala, Paris, 2002 (ISBN 9782845861442) [voir les occurrences du mot « khanats » dans ce livre] ; ou (en) Robert H. Hewsen, Armenia: A historical Atlas, The University of Chicago Press, Chicago et Londres, 2001 (ISBN 0-226-33228-4).
  3. (en) Tadeusz Swietochowski, Russian Azerbaijan, 1905—1920: The Shaping of National Identity in a Muslim Community, Cambridge University Press, 2004 (ISBN ISBN 0-521-52245-5[à vérifier : ISBN invalide]), p. 2.
  4. (en) Firouzeh Mostashari, On the religious frontier: Tsarist Russia and Islam in the Caucasus, I. B. Tauris, New York, 2006 (ISBN ISBN 1-85043-771-8[à vérifier : ISBN invalide]), p. 13 et 150.
  5. a et b Gaïdz Minassian, Guerre et terrorisme arméniens, PUF, 2002, p. 136

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tadeusz Świętochowski et Brian C. Collins, Historical dictionary of Azerbaijan, Scarecrow Press, Lanham Md, 1999, 145 p. (ISBN 978-0-8108-3550-4)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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