Histoire de l'Afghanistan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Article connexe : Chronologie de l'Afghanistan.

Cet article concerne l’Histoire de l'Afghanistan.

L'Aghanistan depuis longtemps un enjeu entre diverses puissances[modifier | modifier le code]

Période préislamique[modifier | modifier le code]

Le nord-ouest de l'Afghanistan, la Bactriane est occupée dès l'Âge du bronze. La région est célèbre dès l'Antiquité grâce à ses ressources minérales et à ses terres fertiles.

Ceci explique pourquoi de nombreux conquérants d'alors et d'aujourd'hui, encore, veulent s'en emparer.

Plusieurs sites archéologiques datant pour les plus anciens du Néolithique attestent de l'ancienneté du peuplement sédentaire et de la domestication en Afghanistan : Aq Köprük (Néolithique) dans la région de Balkh, Mundigak (Chalcolithique, Âge du bronze), Shortugaï (Âge du bronze, Bactriane), certains sites du Complexe archéologique bactro-margien.

C'est par l'Afghanistan que passent les populations indo-aryennes qui vont s'installer dans la vallée de l'Indus vers le milieu du IIe millénaire avant J.-C.

Au Ier millénaire, une partie de l'Afghanistan est peut-être intégrée au royaume des Mèdes.

La région est intégrée à l'Empire des Perses achéménides aux VIe et Ve siècles, entre les règnes de Cyrus II et de Darius Ier.

Des statues, des pièces de monnaies et des inscriptions témoignent du passage d'Alexandre le Grand vers 323 av. J.-C.

En dépit du caractère éphémère de l'Empire d'Alexandre, certains royaumes grecs comme le royaume gréco-bactrien de Bactriane dans le nord-est lui succèdent environ deux cents ans et sont à l'origine de la culture dite gréco-bouddhiste.

Période islamique[modifier | modifier le code]

Bouddhisme et Route de la soie[modifier | modifier le code]

Jusqu'à l'arrivée des Arabes en 637, le bouddhisme est présent partout en Afghanistan avec le zoroastrisme, comme s'en font l'écho les voyageurs chinois, comme Xuanzang, qui visitent cette zone lors de leur séjour en Inde.

Les deux bouddhas de Bâmiyân, vus par Xuanzang, mais détruits par les Talibans en 2001 datent de cette période, également marquée par l'établissement de la Route de la soie reliant l'Empire romain à la Chine et à l'Inde.

Khorasan[modifier | modifier le code]

Le Khorasan est l'une des principales provinces du grand Iran depuis l'époque des Sassanides. Il se rend indépendant du califat Islamique auquel il était rattaché depuis l'invasion des arabes. C'est sous la dynastie des Samanides originaires de Boukhara que le Khorassan et la culture persane renaissent. Peu avant l'an 1000 est fondé par Subuktigîn, beau-fils d'un esclave turc, un empire ayant pour capitale Ghaznî. Son fils Mahmûd est à l'origine d'une véritable expansion de l'islam: toute la région, de l'Afghanistan à Bénarès et du Panjâb au Goujerat, est convertie par les armes et pillée au cours de dix-sept campagnes.

Mahmûd de Ghaznî ambitionnait de réunir à sa cour les plus grands esprits de l'époque et patronna le poète Firdawsi, rédacteur du Shâh Nâmâ, l'épopée mythologique persane, et le grand savant encyclopédiste Al-Biruni, mais le "prince des médecins" Avicenne refusa d'entrer à son service et s'enfuit à Hamadan.

Ensuite vint le bref mais dévastateur passage de Gengis Khan. Une délégation de Gengis Khan envoyée à Ghaznî pour obtenir allégeance fut renvoyée après avoir eu la barbe brûlée. Humilié, Gengis Khan donna l'ordre de détruire tout ce qui vivait, hommes, bêtes et arbres.

Tamerlan engloba l'Afghanistan dans son empire, dont la capitale était Samarcande. Sous ses successeurs, les Timourides, Hérat fut, avec Samarcande, l'un des phares de la période culturelle et artistique brillante, qui couvre le XVe siècle, appelée Renaissance timouride.

Hérat fut la capitale de Shah Rukh, plus jeune fils de Tamerlan et père d'Oulough Beg, le prince-astronome de Samarcande, puis de Husayn Bayqara, grand mécène qui fit travailler le poète et mystique persan Djami, le poète et ministre turc Mir Alisher Navoï et le miniaturiste Behzad, père de la miniature indo-persane.

Le petit fils de Tamerlan, Babur fonde un royaume à Kaboul puis se lance à l'invasion de l'inde du nord. Il sera à l'origine de la dynastie des Moghols et désignera deux capitales à son vaste empire : Dehli et Kaboul où il est aujourd'hui enterré aux jardins de Babur. C'est sous la dynastique Moghole que fleurit un échange entre les civilisations persanes et indiennes. À titre d'exemple le sitar indien est créé par Amir Kushro, persan originaire de Balkh au XIVe siècle. Dérivé du Tambur Khorsanais, une quatrième corde et moult cordes sympathiques lui sont ajoutés pour l'adapter à la musique indienne..

Naissance de la dynastie Durrani[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Durrani et Empire Durrani.

Les siècles suivants furent dominés par les Moghols et les Perses, se combattant les uns les autres pour le contrôle de l'Afghanistan. La fin de cette période fut marquée par un perse, Nadir Shah, au milieu du XVIIIe siècle, qui envahit Delhi et pilla les trésors des Moghols, en particulier le fameux diamant Koh-I Nor, la montagne de lumière.

Les tribus afghanes, en particulier les Ghilzai et les Abdali, en dépit de guerres perpétuelles, trouvèrent une bonne raison avec un envahisseur perse de s'allier mais elles furent défaites et se soumirent à Nadir Shah. Mais quand finalement ce dernier fut tué, elles étaient libérées de la domination perse, indienne ou ouzbèque. En 1747, elles trouvèrent en Ahmad Khan, un jeune commandant de Nadir Shah, le leader dont elles avaient besoin et qui prit le nom de Ahmad Shah.

Ahmad Shah, un guerrier poète, caractère afghan idéal, passa sa vie à combattre les autres tribus et sous-tribus et étendit son empire du Khorasan perse jusqu'à Lahore. Après sa mort, le pays plongea dans la chaos pour plus de 150 ans, chaos ponctué par les guerres anglo-afghanes.

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

27 avril 1978 - 24 décembre 1979 : gouvernement communiste[modifier | modifier le code]

27 décembre 1979 - 15 février 1989 : occupation soviétique de l'Afghanistan[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Première guerre d'Afghanistan.

Mohammed Nadjibullah, ancien chef du Khad, la redoutée police secrète afghane, est mis au pouvoir par Mikhaïl Gorbatchev en 1986.

1989-1992 - Après le départ des soviétiques[modifier | modifier le code]

  • début juin 1992: Les premiers combats explosent brutalement entre Sayyaf, un extrémiste soutenu par Massoud et un général hazara du Hezb-i-Wahdat nommé par Modjadidi pour prendre le contrôle du bâtiment de la sécurité nationale
  • août 1992 : marquant le début d'une vrai guerre civile Gulbuddin Hekmatyar bombarde systématiquement Kaboul pour tenter de reprendre les positions tenues par Massoud allié à Abdul Rachid Dostom, ce dernier s'étant rallié à Hekmatyar avant la fin de l'année 1992.

1992-1996 : gouvernement des moudjahidin[modifier | modifier le code]

1996 - 2001 : le pouvoir taliban[modifier | modifier le code]

Le , les talibans prennent le contrôle de Kaboul. À partir de ce moment, ils ont un contrôle presque total du pays. Les groupes armés moudjahidins décident de s'unir pour former l'Alliance du Nord, pour combattre les talibans.

2001 : seconde guerre d'Afghanistan[modifier | modifier le code]

La guerre civile entre l'Alliance du nord et les talibans ne prit réellement fin qu'en 2001 après l'effondrement du régime taliban, et la mise au pouvoir de Hamid Karzai, par la coalition menée par les États-Unis.

Le nouveau pouvoir en place, présidé par Hamid Karzai, tente de rétablir l'ordre avec le soutien militaire des troupes de la coalition menée par les États-Unis.

Le , l'ancien roi d'Afghanistan Mohammed Zaher Chah revient de son exil à Rome, en Italie. Suite aux pressions des États-Unis qui veulent faire de l'Afghanistan une démocratie, il renonce à régner à nouveau.

Le 13 juin, la Loya Jirga (« Grande assemblée » en français) élit officiellement Hamid Karzai chef du pouvoir exécutif pour un mandat de deux ans. Après, des élections nationales devront être organisées pour que le peuple puisse élire lui-même son président.

Le , sous mandat de l'ONU jusqu'en 2005, l'OTAN prend officiellement le commandement de l'International Security Assistance Force (ISAF), dont le mandat est renouvelé par l'ONU jusqu'en 2005.

En octobre 2004, la capitale Kaboul est le seul endroit du pays où le gouvernement d'Hamid Karzai est plus ou moins effectif.

Dans le reste du pays, les chefs de guerre, issus de l'ancienne Alliance du Nord, font tout pour conserver leur pouvoir. Plusieurs d'entre eux ont été intégrés au gouvernement provisoire. Mais à partir de mi-2004, Hamid Karzai et ses proches limogent petit à petit les chefs de guerre du gouvernement.

De leurs côté, les quelques groupes talibans restant tentent de détruire le gouvernement d'Hamid Karzai en commettant des attentats.

Vote des femmes à Kaboul lors de l'élection présidentielle du 9 octobre 2004.

Le , les Afghans (hommes et femmes) sont appelés aux urnes pour élire leur président. Hamid Karzai est élu officiellement le 3 novembre, dès le premier tour, avec 55,4 % des voix. Son principal rival, Younous Qanouni, est battu avec 16,3 % des voix. L'élection fut entachée de quelques « problèmes », mais selon les observateurs internationaux, ces problèmes n'ont pas été assez importants pour fausser le résultat final.

Le 23 décembre, Hamid Karzai présente son nouveau gouvernement, qui compte au total 27 ministres. Sa volonté d'écarter du pouvoir les différents chefs de guerre afghans est maintenant entrée dans les faits. Le seul chef de guerre encore présent dans le gouvernement est Ismail Khan, en tant que ministre de l'énergie.

La violence n'est pas éteinte dans certaines régions : six policiers ont été décapités et quatre autres ont été tués le 9 juillet 2005 dans le sud du pays par des rebelles talibans.

Le , 12,5 millions d'afghans et d'afghanes participent aux élections législatives. Emma Bonino, la responsable de la mission d'observation de l'Union européenne (UE), a émis des doutes sur le véritable impact sur la vie politique afghane : « Ces élections ne déboucheront pas sur une démocratie viable à cause des imperfections du système électoral, de l'influence des seigneurs de la guerre, de la mise à l'écart des partis politiques par Karzai et de la poursuite de la guerre civile dans certaines parties du pays, ce qui a empêché les observateurs de se rendre dans les bureaux de vote de 5 des 34 provinces. » Cependant, l'enthousiasme des Afghans pour ces élections peut-être considéré comme exceptionnel. Certains n'ont pas hésité à parcourir à pied plusieurs kilomètres pour se rendre à leur bureau de vote et cela malgré les menaces des Talibans. Ces élections sont également les premières où des femmes peuvent siéger au Parlement, sur les 5 800 candidats pour les 249 sièges du Parlement et les 420 postes des conseils provinciaux, il y avait 565 femmes. Et quels que soient les résultats, normalement disponibles au mois d'octobre, 25 % des sièges du Parlement et 30 % de ceux des conseils municipaux leur sont réservés suivant la Constitution. Selon l'envoyé spécial du journal britannique The Independent, elles pourraient avoir un impact significatif sur la vie politique, car « il est largement admis parmi la population afghane que les femmes sont moins corruptibles et plus détachées des liens tribaux. Elles n'ont pas de sang sur les mains et n'ont pas été impliquées dans les atrocités qui ont marqué le pays. Ce dernier point est un atout qui pourrait même pousser les hommes à voter pour elles. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ludwig W. Adamec, Historical dictionary of Afghan wars, revolutions, and insurgencies, Scarecrow Press, Lanham, Md., 2005, LXXXVIII-403 p. + pl. (ISBN 0-8108-4948-8)
  • (en) Abdul Sabahuddin, History of Afghanistan, Global Vision Publishing House, New Delhi, 2008, 204 p. (ISBN 81-8220-246-9)
  • (en) Shaista Wahab et Barry Youngerman, A brief history of Afghanistan, Facts On File, New York, 2007, 308 p. (ISBN 978-0-8160-5761-0)
  • (fr) Assem Akram, Histoire de la guerre d'Afghanistan, Balland.
  • (fr) Michael Barry Le royaume de l'insolence : l'Afghanistan (1504-2001), Flammarion, Paris, 2002 (nouv. éd.), 510 p. (ISBN 2-08-210102-9)
  • (fr) Jean-Pierre Clerc, L' Afghanistan : otage de l'histoire, Milan, Toulouse, 2002, 63 p. (ISBN 2-7459-0552-X)
  • (fr) Laurent Dessart, L'Afghanistan, à l'orée des temps du libre jugement : précis historique, L'Harmattan, 2004, 224 p. (ISBN 2-7475-7117-3)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Lien externe[modifier | modifier le code]