Histoire de l'île de Pâques

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L'histoire de l'Île de Pâques débute avec l'arrivée des premiers colons polynésiens vers 400 ap. J-C. selon les estimations hautes, vers 1200 selon les estimations basses. Monde isolé, l'Île de Pâques va développer une culture originale qui va stupéfier les Européens qui entrent en contact avec la société pascune au XVIIIe siècle. Sujette à de nombreuses spéculations, l'histoire de l'île va connaître des heures sombres dans le courant des XIXe et XXe. Actuellement, la société pascuane retrouve sa dignité et ses traditions qu'exhument encore de nos jours archéologues et anthropologues.

Premiers peuplements[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Peuplement de l'Océanie.

L’origine des différentes vagues de peuplement est controversée (il semblerait, d'après les analyses génétiques, qu'ils soient d'origine polynésienne) et il est acquis que la langue māori est austronésienne, avec toutefois des mots communs aux langues d'Amérique du Sud (par exemple « kumara », la patate douce). La date du début du peuplement de l’île par des Polynésiens n'est pas déterminée avec précision. Selon les partisans d'une chronologie longue, le peuplement initial daterait de 800, voire de 400, tandis que les partisans d'une chronologie courte, pensent que le peuplement est plus tardif et date de 1200[1]. Des mesures au radiocarbone, effectuées dans les années 1950, avaient estimé la date du peuplement de l’île[2] vers 400 (à +/- 80 ans). De nouvelles études[3] ont mis en évidence des pollutions sur les mesures effectuées, impliquant un vieillissement des résultats. Des mesures de radiocarbone publiées en 2006[4] ont mis en évidence des premières implantations beaucoup plus récentes, vers 1200.

Quoi qu'il en soit, les premiers colons polynésiens, sur de grandes pirogues à balancier ou bien sur des catamarans offrant plus de charge utile, seraient partis des îles Marquises (situées à plus de 3 200 km) ou bien des îles plus proches des Tuamotu (Mangareva, à 2 600 km) en passant par Pitcairn (située à 2 000 km). Une reconstitution, effectuée en 1999, à partir de Mangareva sur des embarcations polynésiennes a demandé 17 jours de navigation.

Les plus anciens moaïs ressemblent beaucoup aux tikis que l’on peut voir dans les îles de Polynésie (Hiva Oa des Marquises, Tahiti…), et une partie de la flore et de la faune de l'île est très semblable à celles des autres îles polynésiennes (par exemple la fougère Microlepia strigosa, le Sophora toromiro, le Hauhau Triumfetta semitrebula, le Mahute Broussonetia papyrifera ou le Ti Cordyline terminalis, les poulets, les rats[5]

La théorie d'une influence incaïque[modifier | modifier le code]

Selon une thèse récente, mais peu admise dans la communauté scientifique, jadis défendue par Thor Heyerdahl et plus récemment argumentée par Jean-Hervé Daude, la particularité de la culture des Pascuans vis-à-vis du reste de la Polynésie s'expliquerait par son contact avec une autre culture, celle des Incas. Selon cet auteur, la thèse d'une influence sud-américaine sur l'île de Pâques aurait été rejetée à tort sur la base de préjugés concernant la capacité de navigation des sud-américains. La tradition orale mentionne la présence de deux populations distinctes sur l'île : les « Courtes oreilles » et les « Longues oreilles ». Le premier groupe serait d'origine polynésienne et le second d'origine inca. Cette présence incaïque résulterait du passage de l'Inca Tupac Yupanqui vers 1465 au cours d'une expédition maritime à des fins expansionnistes[6]. La tradition orale mentionne aussi la compétence des « Longues oreilles » pour le travail de la pierre. Si l'influence inca est vraiment perceptible dans les vestiges des grands travaux de pierre, alors l'ahu Vinapu correspond au mode de construction d'une Chullpas du plateau andin[7] ainsi que certains éléments de la statuaire de bois : les statuettes Moko représentant le Cuy, un animal typiquement andin[8]. En revanche, elle ne se discerne plus dans la population elle-même. Les Incas arrivés sans femmes se seraient intégrés au groupe polynésien, ce qui aurait fait disparaître leur langue (à peu de mots près) et une grande partie de leurs caractéristiques génétiques. D'après la tradition orale, les « Longues oreilles » auraient été, de plus, exterminés par les « Courtes oreilles ». Cette deuxième colonisation aurait été constituée d'hommes plus trapus, ce qui est aussi le propre des Andins dont la cage thoracique est très développée[9].

Haumaka et les premiers Pascuans[modifier | modifier le code]

Moaïs dans la carrière de Rano Raraku
Moaïs de l’Ahu d'Aka'hivi

Les premiers migrants avaient réussi à construire, à partir de ressources assez limitées, une société complexe et bien adaptée à son environnement. Toutefois, l’importance croissante du culte des ancêtres s’est traduite par l’érection de centaines de statues qui a fini par raréfier en quelques siècles les arbres de l’île. Dans les années 1500 à 1600, l’île connut une crise environnementale due peut-être à l’érosion des sols, peut-être à la sécheresse, mais qui en tout cas aboutit à une crise sociale, avec probablement des luttes tribales si l’on en croit les traditions orales, crise au terme de laquelle l’assise religieuse de la société pascuane changea. La construction des statues et des plateformes cérémonielles cessa, le culte de Make-make et de l’homme oiseau Tangata manu prit de l’importance. Les autochtones en étaient là lorsque les maladies apportées par des nouveaux venus (Européens) et les déportations (l'esclavage pratiqué par les Péruviens) réduisirent à cent onze personnes leur population. Avec l’arrivée des planteurs et des missionnaires européens (initialement français) et de leurs ouvriers agricoles polynésiens (en majorité originaires de Rapa, et qui, se mêlant aux autochtones, formèrent le peuple Rapa-Nui), les habitants de l’île sont finalement devenus catholiques[10].

Société de clans[modifier | modifier le code]

À l’époque de la découverte par Jakob Roggeveen, dix iwi (clans familiaux) se partageaient l’île : Aka'hanga, Anakena, Heiki'i, Mahetua, Taha'i, Tepe'u, Terevaka, Tongariki, Va'i Mata et Vinapu. Leurs territoires (vai'hu ) se rencontraient au centre de l’île, en un lieu (sacré, et réservé aux palabres) appelé Te pito o te fenua (« le nombril de la terre » souvent traduit à tort comme « le nombril du monde »). Les ahu (plates-formes à moaï) étaient aussi appelés Mat’a kite u’rani (les yeux qui regardent le ciel ou du ciel, ce qui est logique pour des représentations d’ancêtres divinisés, mais a été interprété par les Européens de manière parfois très fantaisiste).

Moaïs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Moaï.

Les statues proviennent d’une carrière située sur les flancs et dans le cratère du volcan nommé Rano Raraku. On peut y voir un très grand nombre de moaïs (près de 400). Certains sont terminés et dressés au pied de la pente et d’autres sont inachevés, à divers stades, de l’ébauche à la finition. Le plus grand qui ait été érigé mesure 10 m de hauteur et pèse 75 t. Un des derniers resté inachevé fait 21 m de hauteur pour une masse estimée à 270 t. Il est à noter que sur les 400 statues présentes sur l'île environ le même nombre est encore inachevé dans la carrière principale. L’arrêt de leur production suscite plusieurs hypothèses, pas forcément incompatibles entre elles. L’île de Pâques est surtout connue pour le mystère, longtemps inexpliqué, qui entourait la fabrication, mais surtout le transport[11] de blocs de basalte allant de 2,5 à 10 m de haut et l’élévation des moaïs. Ce mystère ne fut jamais éclaircit que lorsque l'on comprit que l’île avait été boisée, et après que des reconstitutions des méthodes probablement employées eurent été faites sur place (avec des pierres ne dépassant pas les cinq tonnes, tandis que certaines atteignent les soixante-quinze tonnes). Les archéologues Terry Hunt de l'Université d'Hawai et Carl Lipo de Californie State Université, avancent une théorie qui indiquerait que les statues auraient été déplacées debout depuis le site Rano Raraku où elles étaient taillées (en position horizontale dans la roche volcanique) jusqu'à leur destination finale, par un mouvement de balancier régulier par des tireurs de cordes.

Dessin de Pierre Loti L'Ile de Pâques, le 7 janvier 1872 vers 17 heures.
Tablette rongo rongo, illustration du Voyage de Pierre Loti à l'Île de Pâques édité dans la Revue de Paris en 1905

Le corps des Moaï[modifier | modifier le code]

En 2010 et 2011, une expédition privée, codirigée par Jo Anne Van Tilburg et Cristián Arévalo Pakarati[12], a révélé que plus de la moitié de la hauteur de ses statues est sous terre et dissimule un corps, des bras et des mains. Les statues se différenciant selon le sexe des individus (ou dieux) représentés. Des inscriptions (pétroglyphes) sont gravées sur le dos des Maoï (voir ce lien interne). Déjà, les recherches menées en 1916 par Catherine Routledge[13], avaient conduit à l’existence d’un corps sculpté sous la surface du sol ainsi qu’à l’existence d’inscriptions mais elles s’étaient limitées à une relativement faible profondeur.

Les tablettes rongorongo et les pétroglyphes[modifier | modifier le code]

D’autres interrogations portaient sur la découverte des plaquettes de bois couvertes de signes (les tablettes Rongo-Rongo, ainsi nommées d’après le lieu de culte Orongo) et qui restèrent totalement mystérieuses durant de nombreuses années, ajoutant au mystère de l’île de Pâques d’autant qu’elles sont uniques dans la sphère culturelle polynésienne[14]. Outre ces plaquettes, les premières civilisations pascuanes ont laissé des sculptures en bois et des pétroglyphes dont la signification précise est perdue, mais dont les répétitions de symboles (par exemple : oiseau-pénis-poisson-vulve-humain) ont été rapprochées[15] des refrains traditionnels dans les hymnes généalogiques polynésiens (« les oiseaux ont copulé avec les poissons et ainsi ont été engendrés les premiers hommes »). Elles ont fait l'objet d'un décodage par l'ethnographe russe Irina Fedorova.

Les Européens et l'île de Pâques[modifier | modifier le code]

Plan de l’île levé par l'expédition de La Pérouse en 1797

Le premier Européen qui ait aperçu l'île fut en 1687 le « pirate » Edward Davis sur le Bachelor’s Delight, alors qu’il contournait les îles Galápagos en direction du cap Horn. Il aperçut l’île par hasard et crut avoir trouvé le légendaire « continent du Sud » mais il n'effectua pas de débarquement.

Le nom de l'île est dû au Hollandais Jakob Roggeveen qui y accosta avec trois navires au cours d'une expédition pour le compte de la Société commerciale des Indes occidentales. Il la découvrit en effet le dimanche de Pâques 1722 et l’appela Paasch-Eyland (île de Pâques). Un des participants à l'expédition était le Mecklembourgeois Carl Friedrich Behrens dont le rapport publié à Leipzig orienta l’attention de l’Europe vers cette région à peine connue du Pacifique.

L’explorateur suivant fut l’Espagnol Felipe González de Haedo qui avait reçu du vice-roi du Pérou l’ordre d’annexer l’île Roggeveens pour le compte de la Couronne espagnole. L'expédition de González de Haedo débarqua le 15 novembre 1770. Après une visite rapide et très partielle de l'île, exploration d'une demi-journée dans un seul secteur, et après un contact amical avec une population à structure sociale hiérarchisée, Felipe González de Haedo qui ne pensait pas qu'il s'agisse de l'Île de Roggeveen décida d'annexer cette terre à la Couronne d'Espagne et la nomma Île de San Carlos. Il fit planter plusieurs croix sur la pointe du volcan Poike. Durant les années qui suivirent, l’Espagne ne se soucia que très peu de sa nouvelle possession. Preuve fut faite en cartographie qu'il s'agissait bien de la découverte du Hollandais Roggeveen, donc cette terre lointaine ne pouvait appartenir à l'Espagne.

Au cours de sa deuxième expédition du Pacifique Sud, James Cook visita l'île de Pâques du 13 mars 1774 au 17 mars 1774. Il ne fut pas enthousiasmé par l’île et écrivit dans son livre de bord : « Aucune nation ne combattra jamais pour l’honneur d’avoir exploré l’Île de Pâques, […] il n'y a pas d'autre île dans la mer qui offre moins de rafraîchissements et de commodités pour la navigation que celle-ci[16] ». Cependant, son séjour fournit des informations essentielles sur la constitution géologique, la végétation, la population et les statues — qui dans leur majorité avaient déjà été renversées. Nous avons des images témoins de cette époque grâce au naturaliste allemand Reinhold Forster et à son fils Georg Adam Forster, qui participaient à l’expédition Cook. Reinhold Forster a dessiné les premiers croquis des statues (moaïs) qui, gravés et publiés dans un style alors typiquement romantique, firent sensation dans les salons.

En 1786, le navigateur français La Pérouse débarqua sur l’île de Pâques au cours de sa circumnavigation terrestre, effectuée sur l’ordre du roi Louis XVI. La Pérouse avait l’ordre de dessiner des cartes précises afin de contribuer, avec l’étude des peuples du Pacifique, à la formation du dauphin.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La catastrophe démographique[modifier | modifier le code]

Selon Alfred Métraux, dans son Introduction à la connaissance de l'Île de Pâques relatant les résultats de l'expédition franco-belge de Charles Watelin en 1934 (éditions du MNHN, 1935), la population d'origine serait passée de 2500 personnes à seulement 111 en 1877. Les maladies introduites par les explorateurs européens, comme la tuberculose et la syphilis, ont eu pour conséquence une diminution régulière de la population. À quoi s'ajoute le rôle particulièrement sinistre des marchands d'esclaves opérant à partir de Callao au Pérou, qui, de 1859 à 1863, organisent plusieurs raids et déportent environ 1500 insulaires pour les envoyer travailler aux îles Chincha, les principales îles à guano. Toujours selon Métraux, la société pascuane est totalement déstructurée par la capture et le massacre en 1861 des ariki (guerriers), des prêtres et du clan Miru (revendiquant descendre de Hotu Matu'a) dont faisaient partie l’ariki-nui (roi) Kaimakoi et son "prince héritier" Maurata, de sorte que la mémoire identitaire des autochtones est en grande partie perdue. Frappée par des épidémies, la population diminue encore fortement durant les années 1860 et 1870, avec pour résultat qu'après les immigrations ultérieures, en provenance essentiellement des Gambier (Rapa), de Tahiti et des Tuamotu, les Pascuans d'origine ne représentaient plus que 3 % environ de la population, les autres Polynésiens étant la moitié, les Européens d'origine 45 %, et les Chinois 1 %. Les Polynésiens venus dans l'île après 1861, déjà pourvus d'anticorps contre les maladies des Européens et déjà christianisés, ont été amenés par les planteurs Dutrou-Bornier, Mau et Brander comme ouvriers agricoles, entre 1864 et 1888[5].

La Mission catholique (1864)[modifier | modifier le code]

C'est en 1864 qu'a lieu l'installation sur l'île du premier Européen sédentaire[17]: Eugène Eyraud, un Français ouvrier mécanicien à Copiapó (Chili), qui a décidé de se consacrer à l'évangélisation. Après un séjour d'observation (dont il a laissé un compte-rendu), Eyraud retourne au Chili se faire soigner et revient en mars 1866 avec un prêtre, Hyppolite Roussel, qui se trouvait auparavant en fonction aux îles Marquises. Tous deux créent la Mission catholique. Deux autres missionnaires arrivent en novembre 1866 avec des animaux et du matériel. Cependant, Eugène Eyraud meurt en août 1868 de maladie.

Les planteurs-éleveurs[modifier | modifier le code]

Les nouveaux missionnaires ont été convoyés par le capitaine français Jean-Baptiste Dutrou-Bornier à qui l'île de Pâques parait très intéressante. Il revient quelques mois plus tard avec son propre matériel et sa famille afin de créer une exploitation agricole. Un autre colon s'installe en même temps, le charpentier de marine Pierre Mau[réf. souhaitée]. En septembre 1868 est établi un "Conseil de gouvernement", présidé par Dutrou-Bornier avec le missionnaire (Gaspar Zumbohm) pour secrétaire, et quatre membres indigènes. Une police (formée d'indigènes, les mutoi) est mise en place ainsi qu'un tribunal présidé par Hyppolite Roussel. D'autre part, la mission et les colons européens procèdent à d'importants achats de terre à bas prix.

L'association Dutrou-Bornier/Brander (1871-1876)[modifier | modifier le code]

En 1869, Pierre Mau quitte l'île, revendant ses propriétés à la Mission catholique. Des dissensions liées aux mœurs de Dutrou-Bornier entraînent le départ des missionnaires en 1871 ; l'ancien capitaine devenu planteur reste le seul Européen. Le 30 octobre 1871, il conclut un contrat d'association avec l'entrepreneur écossais installé à Tahiti (où il a épousé Titaua Salmon en 1856), John Brander "pour l'exploitation de l'île de Pâques". De fait, il s'agira essentiellement d'un élevage de moutons de plusieurs milliers de têtes. La mort de Dutrou-Bornier en 1876, suivie de celle de John Brander en 1877 crée des problèmes juridiques, les héritiers respectifs s'engageant dans une procédure qui ne prendra fin qu'en 1893. Entre temps, la responsabilité de l'exploitation agricole de l'île de Pâques revient au beau-frère de John Brander, Alexandre Salmon[18], le véritable responsable sur l'île jusqu'à l'annexion par le Chili en 1888.

Autres voyages de découverte[modifier | modifier le code]

Photographie de la canonnière SMS Hyäne

En 1882, la canonnière allemande « S.M.S. Hyäne » ("La Hyène") visita durant cinq jours l’île de Pâques au cours d’une expédition dans le Pacifique. Le capitaine-lieutenant Geiseler avait l’ordre de l’amirauté impériale d’entreprendre des études scientifiques pour le département ethnologique des musées royaux prussiens à Berlin. L’expédition a fourni entre autres les descriptions très détaillées des us et coutumes, de la langue et de l’écriture de l’île de Pâques ainsi que des dessins exacts de différents objets culturels, des statues (moaïs), des croquis de maisons et un plan détaillé du lieu de culte Orongo.

Le médecin de marine William Thomson a pris les premières photos de statues (moaïs) en 1886 alors qu’il visitait l’île à bord du navire américain « Mohi ».

L'île de Pâques sous la domination chilienne[modifier | modifier le code]

Le 9 septembre 1888[19], l’île est annexée au nom du Chili par le capitaine de corvette Policarpo Toro (1856-1921), qui y séjournait depuis 1886 et menait les négociations avec les habitants, malgré quelques tentatives de la France pour les contrecarrer. La lignée royale, descendant de Hotu Matu'a (le clan Miru) étant éteinte depuis 1861, un « traité d’annexion de l’île » est signé avec un certain Atamu Tekena, reconnu comme « roi » par le gouvernement chilien.

L’île est divisée entre la « réserve » de Hanga Roa, 6 % de la surface de l'île, où sont parqués les Rapa-Nui, et la Compagnie Williamson-Balfour, qui possède le reste et y élève des moutons jusqu’en 1953.

De 1953 à 1966, l’île est sous le contrôle de la Marine chilienne.

En 1966, les Pascuans reçoivent la nationalité chilienne, sont autorisés à quitter la réserve, et l’île devient un territoire de droit commun.

Enfin, le 30 juillet 2007, une réforme constitutionnelle dote l’île d’un statut de « territoire spécial », mais elle continue pour le moment d’être administrée comme une province de la Région V (Valparaíso).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fouilles à Anakena et datations de Lipo, C. et Hunt, T. 2006[réf. souhaitée]
  2. C. Smith (1961) in The Archaeology of Easter Island, Vol. 1. Thor Heyerdahl, Edwin Ferdon eds. Allen & Unwin, London, 393-396.
  3. Helene Martinsson-Wallin et Susan Crockford (2002), « Early settlement on Rapa-Nui (Easter Island) », Asian Perspective, 40, p. 244-278.
  4. Terry L. Hunt et Carl P. Lipo (2006), « Late Colonization of Easter Island », Science, 311, p. 1603—1606.
  5. a et b Alfred Métraux: Introduction à la connaissance de l'Île de Pâques, éditions du Muséum national d'histoire naturelle, Paris 1935, relatant les résultats de l'expédition franco-belge de Charles Watelin en 1934.
  6. Denise Wenger et Charles-Edouard Duflon, L'île de Pâques est ailleurs, Ed. Frédéric Dawance, 2011, p. 24.
  7. Jean Hervé Daude, Île de Pâques : L'empreinte des Incas, Canada, 2010, p. 47
  8. Jean Hervé Daude (2011) : Île de Pâques : Mystérieux Moko, Canada, et Denise Wenger, Charles-Edouard Duflon, L'île de Pâques est ailleurs, Ed. Frédéric Dawance, 2011, p. 80.
  9. Jean Hervé Daude, Île de Pâques : L'empreinte des Incas, Canada, 2010, p. 81.
  10. Alfred Métraux : Introduction à la connaissance de l'Île de Pâques : résultats de l'expédition franco-belge de Charles Watelin en 1934, Éd. du MNHN, Paris 1935
  11. Transport qui avait parfois lieu sur près de 15 km
  12. http://www.eisp.org/
  13. Van Tilburg, Jo Anne : Among Stone Giants: The Life of Catherine Routledge and Her Remarkable Expedition to Easter Island, ISBN 0-7432-4480-X
  14. Christine Laurière, L’Odyssée pascuane : mission Métraux-Lavachery, Île de Pâques, 1934-1935, Paris, Lahic / DPRPS-Direction des patrimoines,‎ 2014, 198 p. (lire en ligne)
  15. Voir travaux du Dr Pierre Otino
  16. Citation de James Cook, livre de bord des voyages 1768-1779, édition Erdmann, Tübingen
  17. Référence : article de Corinne Raybaud dans la Revue juridique polynésienne [1] pour ce paragraphes et les suivants
  18. Voir aussi la page anglaise : Alexander Salmon Jr
  19. Pages anglaise et espagnole sur l'île de Pâques pour cette rubrique.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Syndrome de l'île de Pâques