Histoire de l'équipe de France de football

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Article principal : Équipe de France de football.

L'histoire de l'équipe de France de football commence au début du XXe siècle. L'équipe de France fait partie des équipes ayant remporté la coupe du monde, à domicile en 1998 et à ce titre constitue une des plus importantes équipes du football international. La France a le sixième plus beau palmarès de la coupe du monde avec une victoire et trois podiums (une fois deuxième et deux fois troisième). Elle est donc la troisième nation européenne dans la hiérarchie et l'histoire de cette compétition.

Les Bleus de 1904 à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

La genèse[modifier | modifier le code]

L'équipe de France USFSA des JO de 1900.

La création de l'équipe de France de football est liée à la fondation de la Fédération internationale de football association (FIFA) en 1904. Désormais, les matches internationaux se disputent sous l’autorité de cette fédération internationale. Pourtant avant son premier match officiel en 1904, des matchs de sélections françaises ont lieu dès la fin du XIXe siècle. La plupart des matchs se déroule sous l'égide de l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA). Notons ainsi les cinq matches internationaux disputés par la sélection USFSA face à la Belgique et l’Angleterre amateurs entre 1900 et 1904 avec une victoire française en 1900 contre la Belgique (6-2) et quatre défaites contre l’Angleterre amateurs. Lors du tournoi de football des Jeux olympiques d'été de 1900, une sélection USFSA est constituée avec des joueurs du Club français. Cette sélection obtient la médaille d'argent. Notons que ces matches des sélections françaises disputés entre 1895 (sélection de Paris ; joueurs britanniques résidant à Paris principalement) et 1904 ne sont pas pris en compte. D’autres fédérations n’ont pas suivi cet exemple, et considèrent leurs matches internationaux datant d’avant 1904 comme d’authentiques matches internationaux.

Le match France-Suisse en 1905 au Parc des Princes, est le deuxième match de l'histoire de l'équipe de France.

L’équipe de France de football démarre donc son histoire officielle le 1er mai 1904 par un honorable match nul en Belgique (3-3)[1]. Les trois premiers buteurs français se nommaient Louis Mesnier, Marius Royet et Gaston Cyprès. La France dispute cette année-là, un second match non officiel face à l'Union Saint-Gilloise défaite 3-1, le 27 mai 1904. En 1905, la France dispute son premier match à domicile face à la Suisse. La France remporte à cette occasion la première victoire de son histoire. Les années qui suivirent furent peu glorieuses avec notamment deux cinglants revers contre le Danemark subi à trois jours d’intervalle (0-9 puis 1-17) lors des Jeux olympiques de Londres. Exclue de la FIFA le 7 juin 1908, l'USFSA est toutefois encore chargée des sélections olympiques de l'été 1908. Malgré cette position affaiblie, elle délègue deux équipes de France A et B pour représenter la France à Londres. Le règlement autorisait cette double sélection, mais la France était la seule à utiliser cette étrange possibilité. De plus, de nombreux forfaits furent enregistrés dans les rangs des joueurs de l'USFSA, et nombre des 44 joueurs français sélectionnés arrivèrent le matin même du match sur le lieu de compétition après un long voyage en train et bateau. C'est une véritable pantalonnade et ces deux rencontres olympiques furent rétroactivement comptabilisées comme matchs officiels de l'équipe de France A (matchs no 11 et 12). À partir du match contre la Belgique du 9 mai 1908, c'est le Comité français interfédéral (CFI) qui procède aux sélections en tant que seule fédération reconnue par la FIFA.

En effet, en 1907 avait été fondé l’Amateur Football Association, en Angleterre, par les clubs universitaires, afin de protéger l’amateurisme des progrès du professionnalisme. L’USFSA sympathisa avec l’AFA, et fit pression pour l’UEFA acceptât son adhésion. Cependant, l’UEFA n’acceptait de reconnaître qu’une fédération par pays, et par conséquent, comme la FA était déjà membre, refusa de reconnaître l’AFA, ce qui provoqua le départ de l’USFSA. Ainsi, la France était désormais représenté par le Comité Français Interfédéral pour la Propagande des Sports, fondé le 23 mars 1907, provisoirement à partir de décembre 1908, puis définitivement en mai 1910. Aussi, les matches entre les sélections USFSA et AFA, à Paris le 18 mars 1909 (victoire anglaise 8-0) et à Ipswich, le 12 mars 1910 ne peuvent être considérés comme officielles : la dernière rencontre consista en la plus lourde d’une équipe de France de football, puisque les amateurs de l’USFSA furent battus, pour ne pas dire hachés menu, par leur homologues anglais, 20 buts à zéro ! À cette occasion, l’attaquant Samuel Hulme, de l’université de Cambridge, scora à 11 reprises[2]. Le CFI ne parvint pas à se mettre d'accord avec l'USFSA, membre fondateur du Comité international olympique (CIO), pour présenter une équipe de France aux JO de 1912. Un accord fut cherché jusqu'au dernier moment, puis en juin 1912, la France fut contrainte de déclarer forfait.

Malgré ces conflits entre les différentes fédérations qui coexistent dans l’hexagone rendant impossible la sélection des onze meilleurs joueurs du pays, quelques belles performances sont à signaler. La victoire en Italie en 1912 (3-4) notamment.

La Première Guerre mondiale interrompt les activités de l'équipe de France et provoque la mort de 17 de ses internationaux : Marius Royet (Union Sportive Parisienne), Raymond Gigot (Club Français Paris), André François (Racing Club de Roubaix), André Puget (Racing Club de Paris), Albert Jenicot (Racing Club de Roubaix), René Fenouillère (Red Star Amical Club de Paris), Pol Gaston Morel (Red Star Amical Club de Paris), Francis Vial (Club Athlétique de Vitry), Charles Dujardin (Union Sportive Tourquennoise), Émile Dusart (Racing Club de Roubaix), René Camard (Association Sportive Française), Julien Denis (Racing Club de Calais), Charles Géronimi (AF Garenne Colombes Paris), Ernest Guéguen (Union Sportive Servannaise et Malouine Saint-Malo), Jean Loubière (Gallia Club de Paris), Pierre Six (Olympique Lillois) et Julien Verbrugge (Association Sportive Française). Le gardien de but Zacharie Baton (Olympique Lillois) est quant à lui mutilé après avoir perdu une jambe en 1915[3].

La première victoire face aux Anglais (2-1) en 1921 marque les débuts réels d’une équipe de France sélectionnant désormais les meilleurs joueurs du pays à la suite de la création de la FFF en 1919. L’USFSA rejoint finalement la FFF en 1921, et les Bleus sont bien désormais l’équipe de France et plus seulement une sélection de joueurs évoluant dans telle ou telle fédération.

En 1923 l'équipe de France connaît une année noire avec six défaites en six matchs dont un 8-1 à Amsterdam face aux Pays-Bas. Afin de stopper l'hémorragie en vue des Jeux olympiques d'été de 1924 que la France organise, un entraîneur britannique, Charles Griffiths est engagé[4]. Malgré des débuts prometteurs avec une victoire face à la Belgique le 13 janvier 1924, la France s'incline ensuite face à la Suisse au mois de mars. Griffiths est vivement critiqué pour sélectionner des joueurs évoluant en province[5]. Pourtant cette année-là, la finale Coupe de France de football est remportée pour la première fois par un club de la province : l'Olympique de Marseille face à un autre club provincial, le FC Cette. Pour préparer le tournoi la France se mesure à l'Angleterre et au club anglais de West Ham. Après une défaite face au onze anglais, la victoire sur les hammers redonne de l'allant aux français[6]. À la suite du tirage au sort du tournoi de football des JO, la France est exemptée du tour préliminaire et débute la compétition directement en huitième de finale[7]. Le 27 mai 1924, les Tricolores battent la Lettonie largement (7-0) et se qualifie pour les quarts de finale. Ils y affrontent l'Uruguay l'un des favoris du tournoi. La France s'incline cinq but à un et est éliminée.

Les années 1930[modifier | modifier le code]

En juillet 1930, la France participe à la première Coupe du monde et y fait bonne figure (d'ailleurs Lucien Laurent inscrit le tout premier but de l'histoire de la coupe du monde contre le Mexique) malgré une poule relevée avec l’Argentine (finaliste des JO de 1928) mais ne parvient pas à passer le premier tour: victoire 4-1 contre le Mexique mais défaites 0-1 contre l'Argentine et le Chili.

En 1931, c’est l’Allemagne qui s’incline 1-0 face aux Bleus, puis l’Angleterre sombre corps et biens (5-2) le 14 mai face à une équipe de France survoltée. En juin 1932, l'équipe de France effectue une tournée dans les Balkans. Elle y affronte la Yougoslavie le 5 juin (défaite 2-1), la Bulgarie le 9 juin (victoire 5-3 avec un quadruplé de Jean Sécember) et enfin la Roumanie le 12 juin (défaite 6-3). Citons également le match gagné en Hollande (4-5) en 1934. Pour ce match de préparation en vue de la Coupe du monde 1934, seuls trois joueurs français (Mattler, Liétaer et Alcazar) évoluent en Division 1. Les huit autres joueurs évoluent en Division 2 Nord : Alexis Thépot, Jacques Mairesse, Alfred Aston au Red Star ; Jean Nicolas, Roger Rio à Rouen ; Jules Cottenier, Georges Verriest au RC Roubaix ; et Fritz Keller à Strasbourg. Thépot, Mairesse, Aston, Nicolas, Rio, Verriest et Keller seront même sélectionnés pour la Coupe du monde de football 1934 en Italie. Lors de cette Coupe du monde, la France est opposée lors du premier tour à l'Autriche, qui fait partie des favoris[8]. Le 27 mai 1934, la France s'incline seulement trois buts à deux après prolongation. À leur retour à Paris, le 30 mai 1934, les joueurs Français sont accueillis en héros par une foule de quatre mille personnes venues leur rendre hommage[9],[10].

Le premier joueur noir sélectionné en équipe de France de football (Raoul Diagne) fêta sa première cape dès 1931. Il évoluera 18 fois chez les Bleus avant la Seconde Guerre mondiale. Le premier joueur d'origine nord-africaine sélectionné chez les Bleus fut le Marocain Larbi Ben Barek. Larbi détient toujours le record de longévité en équipe de France de football : 15 ans et 10 mois de 1938 à 1954. Raoul Diagne et Larbi Ben Barek disputent ensemble un fameux match en Italie le 4 décembre 1938 face aux champions du monde en titre. Outre l'attitude déplorable du public napolitain, l'équipe de France « black, blanc, beur » naît de fait ce soir-là.

La génération dorée des années 1950[modifier | modifier le code]

Après la guerre, les Bleus signent quelques brillants résultats comme une victoire 0-4 en Tchécoslovaquie en 1948 ou un match nul 2-2 en 1951 contre l’Angleterre à Highbury. Il s’en faut de très peu que l'équipe de France des Vignal, Jonquet, Baratte et Flamion soit la première équipe du continent à battre les Anglais sur leurs terres ; les Hongrois réalisent cet exploit deux ans plus tard.

La génération dorée des Fontaine, Kopa, Piantoni, Vincent, Penverne, Wisnieski, Jonquet, Cisowski s'inscrit directement dans la suite de cette équipe de 1951. La France devient alors l’une des toutes meilleures équipes nationales, mais elle rate sa coupe du monde en 1954 (défaite 0-1 contre la Yougoslavie et succès 3-2 insuffisant contre le Mexique) à la suite d'une phase de préparation bâclée[réf. nécessaire].

À la Coupe du monde 1958 disputée en Suède, l'équipe de France connaît son apogée, en atteignant la troisième place du tournoi. Just Fontaine marque 13 des 23 buts de l'équipe française, en laquelle personne ne croyait[réf. nécessaire] : cela commence le 8 juin par une victoire 7-3 (alors qu'elle était menée 2-3) contre le Paraguay. Le 11 juin, les Bleus perdent de peu 2-3 contre la Yougoslavie mais obtiennent la première place du groupe 2 après une victoire 2-1 contre l'Écosse. En quarts de finale, les Bleus ne font qu'une bouchée de l'Irlande du Nord 4-0. En demi-finale, disputée le 24 juin à Stockholm, la France affronte le Brésil de Pelé, et s'incline 2-5, handicapée par la blessure du défenseur central Jonquet. Elle termine toutefois sur le podium grâce à un succès 6-3 sur la République fédérale d'Allemagne (avec notamment un quadruplé de Fontaine). La France termine meilleure attaque de la compétition.

Après la Coupe du monde la France prend part en octobre 1958 aux huitièmes de finale de la nouvelle « Coupe d'Europe des nations ». Elle élimine la Grèce (victoire 7-1 en France, match nul 1-1 en Grèce) puis se défait de l'Autriche en quart de finale (victoire 5-2 en France et victoire 4-2 en Autriche). La France est choisie pour organiser la phase finale qui regroupe les quatre dernières équipes encore en lice. La France est privée de plusieurs titulaires de la Coupe du monde 1958 : Kopa, Piantoni, Fontaine, Remetter et Kaelbel[11]. Le 6 juillet 1960, la France affronte la Yougoslavie dans un Parc des Princes dégarnis (26 370 spectateurs)[12]. La France s'incline cinq buts à quatre alors qu'elle menait quatre buts à deux à quinze minutes de la fin[12]. Le 9 juillet 1960, la France dispute à Marseille la petite finale face à la Tchécoslovaquie. Dans un stade Vélodrome vide (9 438 spectateurs)[13], la France s'incline deux buts à zéro.

Après l'Euro la France bat la Finlande dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 1962 puis concède un match nul en Pologne avant de s'incliner lourdement en Suisse (6-2). À la suite de cette défaite deux membres du comité de sélection, Alex Thépot et Jean Gautheroux démissionnent. Le troisième membre, Georges Verriest est le seul membre du comité de sélection[14].

Les désillusions des années 1960[modifier | modifier le code]

La France connaît nombre de désillusions au cours des années 1960. Elle ne parvient pas à se qualifier pour la Coupe du monde de football de 1962. Placée dans le groupe 2 des éliminatoires, elle termine à égalité de points avec la Bulgarie à la première place. Un match de barrage est disputé à Milan en Italie. La France s'incline un but à zéro sur un but contre son camp d'André Lerond.

Après avoir éliminé successivement l'Angleterre (1-1 puis 5-2) puis la Bulgarie (0-1, 3-1), l'équipe de France échoue au stade des quarts de finale de l'Euro 1964, battue par la Hongrie (1-3, 1-2).

Qualifiée pour la Coupe du monde 1966, la France tombe dans un groupe relevé et ne parvient pas à franchir le premier tour, malgré un effectif de premier plan ([Qui ?]) : match nul 1-1 contre le Mexique, défaites 2-1 contre l'Uruguay et 2-0 contre l'Angleterre, futur champion du monde.

L'Euro 1968 s'avère également décevant : la France, pourtant victorieuse de son groupe comprenant la Belgique, la Pologne et le Luxembourg, est arrêtée en quarts de finale par la Yougoslavie (1-1 au Vélodrome, 5-1 à Belgrade).

La France touche le fond quand elle est défaite à domicile 1-0 par les amateurs norvégiens le 6 novembre 1968 en match qualificatif pour la Coupe du monde 1970 et qu'elle sombre 5-0 face à l'Angleterre (triplé de Geoffrey Hurst) le 12 mars 1969 à Wembley. Elle ne se qualifie pas aux coupes du monde de 1970 (éliminé par la Suède) et 1974 (éliminé par l'Union soviétique).

Le renouveau[modifier | modifier le code]

Sous la houlette de Georges Boulogne, la France du football se reconstruit, en mettant en place une politique centrée sur la formation, dont l’équipe de France profite par ricochet. Stefan Kovacs poursuit sur cette voie en donnant leur chance à de très nombreux jeunes joueurs. Les résultats ne sont pas vraiment encore au rendez-vous, mais la mentalité, le physique et l’approche tactique des joueurs français changent.

Le réveil de l’équipe de France sonne en 1977 avec la qualification pour le Mondial argentin au terme d'une victoire décisive 3-1 contre la Bulgarie, obtenue par la génération montante du football français dont les leaders sont Platini, Rocheteau, Trésor, Bossis, Bathenay ou encore Six. L'équipe de France obtient de bons résultats durant les matchs de préparation: 2-2 à Naples contre l'Italie, futur adversaire, victoires 2-0 contre le Portugal, 1-0 contre le Brésil, 2-1 contre l'Iran puis 2-0 contre la Tunisie.

En Argentine, les Français payent leur manque d’expérience du plus haut niveau par une élimination dès le premier tour. Tombés dans un groupe particulièrement relevé, les Français font pourtant bonne figure en ne concédant que de courtes défaites face à deux des favoris de la compétition, que sont l’Italie (1-2 malgré l’ouverture du score par Bernard Lacombe dès la première minute de jeu) et l’Argentine (1-2 dont un penalty très litigieux sifflé à l’encontre de Marius Trésor). Pour l’honneur, les Français viennent facilement à bout de la Hongrie (3-1) grâce à Lopez, Berdoll et Rocheteau, dans leur dernier match. Ce jour-là, à Mar del Plata, les Bleus arborent de curieux maillots rayés blanc et vert, conséquence d’un problème d’intendance… les Français avaient dû se rabattre en urgence sur les tenues d’un club local.

Les « quatre glorieuses »[modifier | modifier le code]

En s’appuyant sur une génération exceptionnelle menée par ceux qui en sont maintenant les leaders comme Platini, Rocheteau ou Bossis mais aussi par des nouveaux venus dans le groupe France comme Alain Giresse, Jean Tigana ou encore Manuel Amoros, les Bleus signent quatre épopées fabuleuses entre 1982 et 1986, avec une quatrième place à la Coupe du monde 1982, une victoire à l’Euro 1984 et à la Coupe intercontinentale des nations 1985, puis une troisième place à la Coupe du monde 1986.

Mondial 1982 : une quatrième place inattendue[modifier | modifier le code]

L'année 1982 démarre sous les meilleures auspices. En effet, le 23 février à Paris, la France bat l'Italie 2-0 alors que les Bleus n'avaient plus battu la Squadra Azzurra depuis 1920 ! Le 24 mars, la France affronte en amical l'Irlande du Nord, cette même équipe qu'elle va rencontrer au second tour du mondial et l'écrase 4-0. Par la suite, les matchs de préparation sont cependant bien moins probants : défaite 0-1 contre le Pérou, nul 0-0 contre la Bulgarie et revers 0-1 contre le Pays de Galles et à chaque fois à domicile. Les Français débarquent au Mondial espagnol en plein doute.

La compétition ne peut d’ailleurs pas plus mal commencer, avec une cuisante défaite face à l’Angleterre (1-3, dont un but de Bryan Robson dès l’engagement). La France redresse la tête grâce à une facile victoire 4-1 contre le Koweït, dans un match marqué par l’irruption sur la pelouse du cheikh Farid Al Ahmad al Sabah qui exige et parvient à obtenir de l’arbitre qu’il annule un but d’Alain Giresse, provoquant au passage la colère du sélectionneur Michel Hidalgo, puis arrache sa qualification pour le deuxième tour en faisant match nul contre la Tchécoslovaquie 1-1.

Au deuxième tour, les Français se défont sans grande difficulté de l’Autriche (1-0) puis de l’Irlande du Nord (4-1) grâce à deux doublés de Giresse et Rocheteau et accèdent aux demi-finales. C’est à l’occasion du match contre l’Irlande du Nord que Michel Hidalgo associe pour la première fois quatre joueurs à vocation offensive (Tigana, Genghini, Giresse et Platini) au milieu de terrain. Le « carré magique » est né.

Disputée à Séville, la demi-finale des Français contre la RFA est rentrée dans la légende du football. Qualité du jeu pratiqué, intensité, émotion, tout a contribué à rendre ce match légendaire. Les deux équipes se quittent sur le score 1-1 à l’issue du temps règlementaire, après un dernier tir de Manuel Amoros sur la barre transversale à la 88e minute. Les Français, survoltés par l’agression commise par le gardien allemand Harald Schumacher sur Patrick Battiston, inscrivent deux buts coup sur coup à l’entame des prolongations par l’intermédiaire de Marius Trésor et Alain Giresse. Continuant à jouer l’offensive et un football spectaculaire, les Français se font rejoindre au score en l’espace de quelques minutes. Ils ne peuvent éviter de jouer la qualification pour la finale sur la première séance de tirs au but de l'histoire de la coupe du monde, dont ils sortent perdants.

En l’absence des principaux titulaires, la France perd également le match pour la troisième place contre la Pologne (2-3).

Euro 1984 : le premier sacre européen[modifier | modifier le code]

Deux ans plus tard, la France aborde avec le statut de favorite le Championnat d’Europe de football 1984 qu’elle dispute à domicile. Avec une génération arrivée au sommet de son art, et le renfort de l’accrocheur Luis Fernandez au sein du « carré magique », la France va répondre aux attentes. Après une entame délicate contre le Danemark et un but chanceux de Platini (1-0), la France écrase la Belgique (5-0) puis vient à bout de la Yougoslavie (3-2).

En demi-finale, la France affronte le Portugal à Marseille. Menée d’un but à cinq minutes de la fin des prolongations, les Bleus égalisent, avant de prendre l’avantage dans les derniers instants du match sur une frappe de Platini, consécutive à un rush héroïque de Jean Tigana.

En finale contre l’Espagne, un coup franc de Platini qui surprend le malheureux portier espagnol Luis Arconada débloque un match jusque là verrouillé. Grâce à l’estocade portée en fin de match par Bruno Bellone, l’équipe de France de football remporte le premier titre majeur de son histoire.

Elle se porte enfin au sommet du monde en battant l'Uruguay, détentrice de la Copa América, 2-0 à Paris en 1985 pour le compte de la Coupe intercontinentale des nations grâce à des buts de Dominique Rocheteau et de José Touré.

Mondial 1986 : l’exploit sur le podium[modifier | modifier le code]

France-Italie en huitième de finale, Dominique Rocheteau opposé à Giuseppe Bergomi

Pour la Coupe du monde 1986, la France fait à nouveau figure de favorite. Mais amoindris par les blessures récurrentes de leurs deux meneurs de jeu Platini et Giresse, les Bleus (désormais emmenés par Henri Michel) peinent à retrouver l’état de grâce de 1984. La France se sort sans grande difficulté mais sans panache d’un premier tour largement à sa portée (victoire 1-0 contre le Canada, nul 1-1 contre l’URSS et victoire 3-0 contre la Hongrie) avant d’affronter l’Italie en huitième de finale. Au terme d’un match remarquablement maîtrisé (victoire 2-0, grâce à des buts de Platini et Stopyra sur deux passes décisives de Rocheteau), la France sort victorieuse de ce duel au sommet entre les champions du monde et les champions d’Europe en titre.

En quart de finale, la France retrouve sur sa route le Brésil. Pour beaucoup, c’est un match entre les deux équipes qui pratiquent le plus beau football de la planète. À cette époque, les Français sont d’ailleurs souvent surnommés les « Brésiliens de l’Europe » en hommage à leur jeu spectaculaire et systématiquement tourné vers l’offensive. Le match tient toutes ses promesses, à tel point que Pelé le qualifiera de « match du siècle ». Dominateurs, les Brésiliens ouvrent rapidement la marque par Careca, avant que Platini ne ramène les deux équipes à égalité en reprenant un centre de Rocheteau. La prolongation spectaculaire au cours de laquelle les deux équipes se procurent chacune de franches occasions ne change pas le score, et les Bleus se qualifient à l’issue de l’épreuve des tirs au but et de la tentative réussie de Luis Fernandez.

Demi-finale France-Allemagne

En demi-finale, la France retrouve la RFA pour ce qui est considéré comme la « revanche de Séville » quatre ans plus tôt. Mais de revanche, il n’y en aura pas. Comme si elle avait tout donné contre le Brésil, la France, en panne d’imagination, privée de Rocheteau, blessé, qui avait distillé quatre passes décisives dans les trois matches précédents et sans doute diminuée physiquement par sa victoire aux tirs au but sur les Cariocas, bute sur la rigueur et le réalisme des Allemands, qui s’imposent sans grande difficulté (2-0), ceux-ci ayant joué contre le Maroc et le Mexique, qui sont des adversaires bien moins réputés que l'Italie et le Brésil. Les Français se consolent avec la troisième place, acquise par les "coiffeurs", aux dépens de la Belgique dans la « petite finale » (4-2 ap), leur meilleur résultat depuis la Coupe du monde 1958.

1986-1996 : une transition délicate[modifier | modifier le code]

L’épopée de la coupe du monde mexicaine marque la fin de ce que les observateurs considèrent comme une génération d’exception[15]. Dès la fin de la compétition les cadres que sont Rocheteau, Bossis et Giresse annoncent leur retraite internationale. Un an plus tard, et alors que les éliminatoires pour l'Euro 88 sont déjà bien mal engagés pour l'équipe de France, Platini met lui un terme définitif à sa carrière.

Le 11 juin 1988, en présence du président de la République François Mitterrand, la FFF inaugure le Centre technique national Fernand-Sastre également connu sous le nom d'institut national du football de Clairefontaine. Ce centre qui à coûté 104 millions de francs[16] forme des jeunes footballeurs et accueille les joueurs de l'équipe de France avant les matchs internationaux.

La transition est trop brusque, et la nouvelle génération échoue successivement à se qualifier pour l’Euro 88 et le Mondial italien de 1990. Le match nul contre la sélection chypriote du 22 octobre 1988 propulse Claude Bez, l'influent président des Girondins de Bordeaux, au poste de superintendant de l'équipe de France, un poste spécialement crée pour lui. Claude Bez désigne alors Michel Platini à la tête de la sélection en novembre 1988. Si l'arrivée d'un nouveau sélectionneur emblématique comme Michel Platini n’empêche pas l'absence au Mondial italien, elle suscite pourtant de nombreux espoirs.

La copie parfaite rendue par l’équipe de France dans les éliminatoires de l’Euro 92 (8 victoires en 8 rencontres) laisse augurer un retour aux succès des années 1980 à défaut d’un retour au beau jeu. En effet, voyant sa marge de manœuvre limitée par la faiblesse des individualités dont il dispose, Platini a construit une équipe à vocation très défensive, sans véritable milieu créateur, et qui compte sur les deux grands joueurs français de l’époque (Éric Cantona et Jean-Pierre Papin) pour faire la différence en attaque. Alors que l'équipe de France a remporté tous ces matchs de qualification et apparaît ainsi comme une favorite potentielle[17], les matchs de préparation à l'Euro 1992 sont bien moins convaincants : une défaite 0-2 à Wembley contre les Anglais (futurs adversaires à l'Euro) le 19 février[18], un nul 3-3 contre la Belgique (avec un des fameux retournés acrobatiques de Papin) le 25 mars où la France est menée trois fois au score, une défaite 1-2 le 27 mai à Lausanne contre la Suisse et un nul 1-1 le 5 juin contre les Pays-Bas quelques jours avant le début de la compétition.

En conséquence peut-être, lors de l’Euro 1992 en Suède, la France est incapable de confirmer son parcours des éliminatoires et tombe sans gloire dès le premier tour, après deux matchs nuls (contre la Suède 1-1 et l’Angleterre 0-0) et une défaite 1-2 (contre le Danemark, futur vainqueur du tournoi).

Dans les mois qui suivent, l’équipe de France, forte d’un effectif à la qualité en hausse, semble retrouver des couleurs (il faut tout de même attendre le 14 octobre pour que la France gagne un match en 1992, 2-0 contre l'Autriche en qualifications). Enchaînant les succès lors des éliminatoires de la Coupe du monde 1994, les Bleus semblent bien partis pour obtenir leur qualification. Mais ils s'effondrent dans la dernière ligne droite alors qu'un point lors des deux derniers matchs leur aurait suffi[19]; d'abord sur le score de (2-3) contre la modeste équipe d’Israël (que les Tricolores avaient battu 4-0 à l'aller), puis (1-2) contre la Bulgarie, avec à chaque fois un but encaissé à la dernière minute[20], et ce, à domicile.

1996-2000 : l’apothéose[modifier | modifier le code]

1996 : un Euro synonyme de reconquête[modifier | modifier le code]

Aimé Jacquet est le nouveau sélectionneur national des bleus et a pour but de tout reconstruire alors que le football français est encore sonné par le traumatisme bulgare[21]. S'il peut s'appuyer sur un secteur défensif de qualité, il va tâtonner durant près de deux années pour trouver une bonne animation offensive[réf. souhaitée]. Les éliminatoires pour l’Euro 1996 sont laborieux et laissent craindre une nouvelle déconvenue. En effet, l'équipe de France multiplie les matchs nuls 0-0 contre ses adversaires pour la qualification. Sur les cinq premiers matchs éliminatoires, elle ne compte que 7 points (4 nuls et une seule victoire contre l'Azerbaïdjan). Mais, au pied du mur, ils font un retour presque fracassant en prenant 13 points sur les 5 matchs suivants. Symbole de ce retour, ils écrasent l'Azerbaïdjan 10-0 (ce qui reste, à ce jour, la plus large victoire des Bleus) et réalisent, à l’automne 1995, une spectaculaire et décisive victoire à l’extérieur contre la redoutable équipe de Roumanie (3-1) semble marquer l’acte de naissance d’un nouveau groupe dont le jeune Zinédine Zidane s’affirme comme le maître à jouer. Qualifiée pour l’Euro 1996, l’équipe de France y atteint les demi-finales en confirmant la solidité à toute épreuve de son bloc défensif (quatre défenseurs et trois milieux récupérateurs) mais déçoit quelque peu par le manque d’inspiration de son secteur offensif et de ses deux créateurs (Zinedine Zidane et Youri Djorkaeff), pourtant très attendus.

Mais Jacquet s'est disposé là d’une base de travail solide en prévision de la Coupe du monde de football 1998 en France, pour laquelle les Bleus se préparent en toute quiétude, sans avoir à passer par les éliminatoires. Cette base de travail est d’autant plus solide qu’à partir de l’été 1996, grâce à l’arrêt Bosman, la plupart des joueurs de l’équipe de France partent jouer à l’étranger où ils acquièrent une stature internationale et une précieuse expérience du haut niveau.

1998-2000 : la consécration, champions du Monde puis d’Europe[modifier | modifier le code]

Si la série de matchs préparatoires à la Coupe du Monde soulève une certaine inquiétude auprès de plusieurs observateurs, ce qui vaudra notamment au journal l'Équipe les foudres d'Aimé Jacquet a posteriori, les Bleus sont bel et bien présents au rendez-vous.

Ils se sortent avec facilité du premier tour : victoires contre l’Afrique du Sud (3-0), l’Arabie saoudite (4-0) et le Danemark (2-1) mais, privés de Zidane suspendu, butent en huitièmes contre le mur défensif du Paraguay et de son fantasque gardien de but José Luis Chilavert. La qualification arrachée en prolongation (but en or de Laurent Blanc) permet aux Bleus de retrouver l’Italie en quart de finale. Au terme de 120 minutes intenses mais sans but, les deux équipes jouent leur qualification aux tirs au but ; la France s’impose à la suite d'un penalty raté de Luigi Di Biagio. En demi-finale, la France semble proche de tomber face aux surprenants Croates, mais deux buts de son latéral Lilian Thuram la qualifient pour la première finale de son histoire, face au Brésil.

Le Brésil a impressionné depuis le début de la compétition par la puissance et l’adresse de ses attaquants, mais a également laissé entrevoir de grosses carences défensives. Dominateurs et réalistes, les Français tuent le match en première période grâce à deux buts de la tête de Zidane. Réduits à dix en seconde période à la suite de l’expulsion de Desailly, la France subit mais inscrit en contre un troisième but libérateur par Emmanuel Petit dans les derniers instants du match (qui est d'ailleurs le 1000ème but de l'histoire de l'Équipe de France). Didier Deschamps devient le 12 juillet 1998 le premier joueur français à soulever la Coupe du monde.

Bien que champions du monde en titre, les français doivent passer par les éliminatoires pour obtenir leur place à l'Euro 2000. Malgré quelques résultats décevants (nul en Islande 1-1, victoire arrachée à Andorre 1-0 grâce à un penalty tardif inscrit par Frank Lebœuf, défaite à domicile contre la Russie 3-2…), les français arrachent leur qualification à l'Ukraine et à la Russie grâce à un but décisif de David Trezeguet face à l'Islande (3-2) lors de la dernière journée de la phase éliminatoire au Stade de France, alors que dans le même temps l'Ukraine et la Russie se neutralisaient (1-1).

Les matchs amicaux de préparation à l'Euro sont plutôt rassurants : cela commence par un succès 1-0 contre la Pologne le 23 février à Saint-Denis (coup franc direct de Zidane à la 88e minute), puis une victoire 2-0 en Écosse le 29 mars. Le 26 avril 2000, la France est menée 0-2 au bout de neuf minutes de jeu face à la Slovénie à Saint-Denis et retourne la situation en l'emportant 3-2 dans les arrêts de jeu sur un but de Trézeguet. Le 28 mai, la France gagne 2-0 en Croatie. Au début du mois de juin, les Tricolores remportent le tournoi Hassan-II en battant d'abord difficilement le Japon aux tirs aux buts (après un nul 2-2 dans le temps règlementaire où la France a été mené deux fois au score) puis en écrasant le Maroc 5-1.

La France va confirmer son statut de meilleure équipe du monde à l’occasion de l’Euro 2000. Toujours aussi solide défensivement, elle s’offre le luxe de pratiquer un football plus offensif qu’en 1998 grâce à l’éclosion d’attaquants tels que Thierry Henry, David Trezeguet, Nicolas Anelka, Robert Pirès ou encore Sylvain Wiltord. Sur le banc, Jacquet a cédé sa place à son adjoint de 1998, Roger Lemerre.

La France et l'Italie avant la finale de l'Euro.

Après un premier tour parfaitement maîtrisé (victoire contre le Danemark et la République tchèque, défaite sans conséquence des remplaçants face aux Pays-Bas), la France va connaître trois rencontres à haut suspense dont elle sortira à chaque fois victorieuse. En quart de finale, elle rencontre l’Espagne qu'elle bat 2-1, en dépit d'un penalty espagnol raté par Raúl dans les arrêts de jeu. En demi-finale, elle élimine le Portugal sur le même score (2-1), grâce à un penalty transformé par Zidane dans les arrêts de jeu de la prolongation.

En finale, elle affronte l’Italie, considérée comme son équipe jumelle (de nombreux joueurs français jouent alors en championnat d'Italie) : menée 0-1 dans les arrêts de jeu, la France semble devoir se résoudre à la défaite. Mais Wiltord égalise dans les derniers instants du match et arrache les prolongations, durant lesquelles Trezeguet inscrit d’une somptueuse reprise de volée le but en or, synonyme de victoire finale des français.

Sur ce succès historique, les deux anciens que sont le capitaine Didier Deschamps et le libéro Laurent Blanc, annoncent leur retraite internationale.

2002-2008 : une transition avortée[modifier | modifier le code]

2002 : L'échec asiatique[modifier | modifier le code]

Championne d’Europe et du monde en titre, la France aborde la Coupe du monde 2002 en Asie, en tant que favorite, avec confiance, malgré une préparation chaotique. Les Bleus enregistrent deux victoires, contre la Roumanie (2-1) en février 2002 puis contre l'Écosse (5-0), mais les matchs suivants sont nettement moins bien réussis : l'équipe concède un match nul (0-0) contre la Russie, puis une défaite (1-2) contre la Belgique le 18 mai (malgré une frappe sur le poteau de Wiltord, et une frappe de Micoud sauvée sur la ligne par un défenseur belge). Une victoire peu probante contre la Corée du Sud (3-2) le 26 mai, durant laquelle Zinédine Zidane se blesse et la défense montre des signes de faiblesse, ne rassure personne.

Dès le match d’ouverture, les Bleus se font surprendre par le Sénégal (0-1). Pour leur deuxième match, alors qu'une victoire paraît nécessaire pour assurer leur qualification au deuxième tour, ils ne parviennent pas à se défaire de l'Uruguay (0-0, alors qu'un but a priori valable est refusé au français Trezeguet). Par ailleurs, Thierry Henry est expulsé. Une dernière défaite face au Danemark, sur le score de 0-2 malgré le retour de Zidane, signe l'élimination de la France, qui quitte la compétition dès le premier tour sans avoir marqué le moindre but. À la suite de ce cuisant échec, le sélectionneur Roger Lemerre est immédiatement limogé au profit de Jacques Santini.

L'apparente confiance excessive du groupe et les nombreuses publicités de sponsors avant le tournoi (Adidas produit un maillot avec la deuxième étoile de champion du monde, avant le début de la compétition), Orange ou Carrefour) sont mises en cause, de même que l'âge des titulaires (souvent supérieur à trente ans en défense et au milieu de terrain), qui contraste par exemple avec une équipe du Sénégal jeune et fringante.

2004 : Un Euro en demi-teinte[modifier | modifier le code]

Qualifiés facilement (huit victoires en huit matchs) pour l’Euro 2004 disputé au Portugal, et rassurés par d’impressionnantes prestations lors de matchs amicaux (notamment une victoire 3-0 en Allemagne contre la Mannschaft en novembre 2003), les Bleus paraissent avoir retrouvé de leur superbe. Durant le reste de la préparation, l'attaque n'apparaît pas aussi inspirée qu'avant mais la France n'encaisse aucun but (victoire 2-0 en Belgique, matchs nuls et vierges contre les Pays-Bas et le Brésil lors du match de prestige du Centenaire FIFA, victoires 4-0 contre Andorre et 1-0 contre l'Ukraine dans les dernières minutes).

La France commence le tournoi par une victoire arrachée à l’Angleterre dans les arrêts de jeu (2-1), grâce à deux buts de Zinédine Zidane sur coup franc et penalty, après que Fabien Barthez a arrêté un penalty de David Beckham qui aurait pu donner un avantage décisif à l'Angleterre. Cette victoire semble replonger les Bleus dans l’euphorie de 1998 et 2000. Face à la Croatie, les Bleus sont pourtant tenus en échec (2-2) au terme d'une prestation décevante, dont le symbole est le but égalisateur de David Trezeguet entaché d’une faute de main. Une victoire face à la Suisse (3-1) permet cependant aux Français de se qualifier pour les quarts de finale, où ils rencontrent la Grèce. Favoris face à une équipe regroupée en défense, les français réalisent un match décevant et sont battus, sur le score de 1-0. Le fait que les Grecs remportent finalement la compétition n'exonèrent pas les Français des critiques sur le niveau de la défense (Barthez était sur une longue série d'invincibilité en équipe de France avant l'Euro) et leur jeu laborieux (la plupart des buts français sont consécutifs à des coups de pied arrêtés et non à des actions construites).

Zidane, Thuram, Makélélé et Lizarazu annoncent dans la foulée qu'ils arrêtent leur carrière en équipe de France. Jacques Santini est remercié et Raymond Domenech devient le nouveau sélectionneur national. De profonds changements sont apportés, tant du point de vue de l’équipe technique entourant les Bleus que sur celui du terrain, avec la création du Conseil de gestion de l'Équipe de France destiné à soutenir le sélectionneur.

2006 : Un retour au sommet[modifier | modifier le code]

Après l'Euro, l’équipe de France, affaiblie par la retraite de joueurs clés, peine à retrouver un jeu efficace et cohérent. De jeunes joueurs (Abidal, Govou, Malouda) encore peu expérimentés au niveau international intègrent la sélection nationale. Vikash Dhorasoo, pressenti pour prendre la relève de Zidane au poste de meneur de jeu, s’impose sur le plan technique mais révèle des carences sur le plan physique. Robert Pirès, Ludovic Giuly et Johan Micoud subissent parallèlement une mise à l’écart par le sélectionneur.

Le 3 août 2005, alors que les Bleus multiplient les matchs nuls et sont en mauvaise posture dans les qualifications pour la Coupe du monde 2006, Zidane annonce qu’il revient sur sa retraite internationale, accompagné de Thuram et Makélélé. L’équipe de France se qualifie finalement de justesse devant la Suisse, Israël et l'Irlande. Le match décisif a été la victoire contre l'Irlande à Dublin (1-0) le 7 septembre 2005 grâce à un but de Thierry Henry. Puis lors de l'ultime journée, la France battait Chypre (4-0) alors que les Suisses étaient tenus en échec par l'Irlande, un résultat arrangeant pour les Bleus. Le 1er mars 2006, à peine plus de 3 mois avant l’ouverture de la compétition, une défaite (la première sous l’ère Domenech) face à la Slovaquie rappelle que l'équipe est encore fragile.

Quelques jours avant le début de la Coupe du Monde 2006, Raymond Domenech semble avoir choisi son gardien (Barthez), sa défense (Sagnol, Thuram, Gallas, Abidal) et son milieu de terrain (Makélélé, Zidane, Vieira, Malouda). Les seuls incertitudes concernent la paire d’attaquants (Henry et Trezeguet tiennent la corde mais Wiltord, Saha, Cissé et Ribéry sont également bien placés). Les trois victoires dans les matchs de préparation (face au Mexique, au Danemark et à la Chine) permettent à l’équipe de France d’aborder la compétition avec une certaine confiance. Cissé, victime d’une double fracture à la jambe droite, est remplacé par Sidney Govou le jour du départ en Allemagne.

L’équipe de France débute pourtant mal son tournoi, en concédant deux matches nuls face à la Suisse (0-0) et face à la Corée du Sud (1-1, le but français étant marqué par Thierry Henry). Heureusement, une victoire 2-0 contre le Togo (buts de Patrick Vieira et à nouveau de Thierry Henry) permet aux Bleus de se qualifier pour les huitièmes de finale.

Les joueurs de Domenech affrontent l’Espagne, le mardi 27 juin. La veille du match, la presse espagnole insiste sur la retraite imminente de Zidane : le capitaine français avait pris sa retraite de joueur de club sous le maillot du Real Madrid peu avant la coupe du monde, il lui restait donc à prendre sa retraite internationale. Les espagnols ouvrent le score grâce à un penalty de Villa, à la demi-heure de jeu. À la 41e minute, Franck Ribéry, auteur de son premier but international et qui devient un des phénomènes du tournoi, égalise sur une passe décisive de Vieira. À dix minutes de la fin du temps règlementaire, une tête de Vieira sur un coup franc de Zidane permet à la France de prendre l'avantage, avant que Zidane, sur contre-attaque, ne qualifie définitivement les français dans les arrêts de jeu (3-1).

Le 1er juillet, la France affronte le Brésil, champion du monde en titre. Les Bleus, menés par une exceptionnelle prestation de Zidane, dominent complètement les débats. Le but de la victoire est inscrit par Henry sur un coup franc de Zidane. Ce match est perçu par les journalistes comme le plus accompli techniquement et tactiquement depuis qu'elle est entraînée par Raymond Domenech.

En demi-finale, les Français rencontrent le Portugal. Alors que le jeu est relativement dominé par les Portugais, Henry obtient un penalty que Zidane se charge de transformer. Les Bleus, regroupés autour de leur charnière centrale Thuram-Gallas, sont alors acculés sur leur but, et parviennent finalement à conserver leur avantage : la France est qualifiée pour la deuxième finale de Coupe du monde de son histoire.

Le 9 juillet 2006, la finale de la coupe du Monde oppose à Berlin les joueurs français, dont la sélection reste inchangée depuis le match contre l'Espagne, à l'Italie, tombeur de l'Allemagne lors de l'autre demi-finale. Dès la 7e minute, les Français obtiennent un penalty, à la suite d'une faute peu évidente sur Malouda, que Zidane se charge de transformer. À la 19e minute, Materazzi égalise de la tête sur un corner. Le match est heurté et aucune des deux équipes ne parvient à prendre l'avantage, malgré plusieurs occasions françaises. Lors des prolongations, Zidane a l'occasion de marquer le but de la victoire mais Gianluigi Buffon sauve admirablement son camp. Quelques minutes plus tard, Zidane est exclu de la rencontre pour avoir frappé Materazzi d'un coup de tête, à la suite d'une insulte proférée par le joueur italien. Les deux équipes doivent finalement se départager aux tirs au but ; Trezeguet manque le sien, contrairement à Grosso : les Bleus s'inclinent, ce qui ne les empêche pas d'être acclamés à leur retour en France par leurs supporteurs.

Zinédine Zidane met définitivement fin à sa carrière, tandis que Raymond Domenech est reconduit dans ses fonctions de sélectionneur national pour quatre années supplémentaires jusqu’à la Coupe du monde 2010. Thuram et Makélélé décident de rester malgré leur âge avancé (respectivement 34 et 33 ans).

2008 : Un nouvel Euro manqué[modifier | modifier le code]

La France aborde une période de reconstruction, à l’instar de la période post-coupe du monde 2002. Elle compte sur une nouvelle génération de joueurs talentueux comme Franck Ribéry, Jérémy Toulalan, Karim Benzema, Samir Nasri, Bakary Sagna, Lassana Diarra, Hatem Ben Arfa, etc.

Les éliminatoires de l’Euro 2008 commencent sous de bons auspices pour les Bleus grâce à deux victoires contre la Géorgie (3-0) et contre l’Italie (3-1), avant qu'ils ne s'inclinent en Écosse (0-1). Ils se rassurent face aux Îles Féroé (5-0), puis face à la Grèce (1-0) en match amical fin 2006. Début 2007, elle s'incline face à l'Argentine (0-1) en match amical au Stade de France.

Pour la reprise des qualifications à l'Euro, le 24 mars 2007, l'équipe de France obtient une victoire difficile, courte mais précieuse, face à la modeste Lituanie (1-0, but d'Anelka). Quelques jours plus tard, une équipe de France très rajeunie bat l'Autriche, pays organisateur de l'Euro (avec la Suisse), 1-0 en match amical au Stade de France, grâce au premier but de Benzema dont c'est la première titularisation. En juin 2007, les qualifications se poursuivent : la France dispose de l'Ukraine à Saint-Denis (2-0, buts de Ribéry et d'Anelka puis de la Géorgie (1-0, but de Nasri) à Auxerre. En septembre, l'équipe de France parvient à décrocher le point du match nul (0-0) en Italie, dans un stade de San Siro hostile, où la « Marseillaise » est sifflée par les tifosi italiens.

Le 12 septembre, les Bleus reçoivent l’Écosse au Parc des Princes à Paris, où les Français n'ont pas joué depuis 10 ans. Malgré la possession du ballon et de nombreuses occasions, ils s'inclinent contre toute attente (0-1) sur un tir lointain de James McFadden. Le 13 octobre, la France s'impose aux Îles Féroé 6-0, grâce à Thierry Henry, un doublé de Karim Benzema, Jérôme Rothen et Hatem Ben Arfa.

Le 17 octobre 2007, l'équipe de France bat la Lituanie grâce à un doublé tardif de Henry, qui bat le record de but marqués en équipe de France de Michel Platini. La France est assurée de sa qualification peu après, avant un dernier match nul (2-2) face à l'Ukraine le 21 novembre 2007. La France termine à la deuxième place du groupe B des éliminatoires de l'Euro 2008 derrière l'Italie. Raymond Domenech devient le premier sélectionneur de l'équipe de France à la qualifier sur le terrain deux fois de suite pour deux événements majeurs : le Mondial 2006 et l'Euro 2008.

France-Italie à l'Euro 2008

L'équipe de France attaque la compétition par un match nul inquiétant 0-0 face à la Roumanie, puis se fait battre lourdement par les Pays-Bas (4-1, ce qui constitue la plus lourde défaite en compétition officielle de la France depuis 1968). Lors du troisième match décisif, les Bleus, handicapés par l'expulsion précoce d'Abidal, qui provoque un penalty, s'inclinent face à l'Italie (2-0). Comme en 2002, les Bleus sont éliminés dès le premier tour.

À la suite de cet échec, Lilian Thuram et Claude Makelele annoncent leur retraite internationale. Raymond Domenech, très critiqué, est maintenu dans ses fonctions par la Fédération française de football, mais est placé « sous surveillance » via le Club France 2010, héritier du Conseil de gestion de l'Équipe de France créé en 2005[22].

Éliminatoires de la coupe du monde 2010[modifier | modifier le code]

À l'orée de la campagne de qualifications pour le mondial 2010, le staff de Raymond Domenech est renforcé par le recrutement de l'ancien champion du monde Alain Boghossian. Les Bleus héritent du groupe 7, composé de la Roumanie, la Serbie, la Lituanie, les Îles Féroé et l'Autriche.

En match de préparation, les Bleus disposent de la Suède (3-2, buts de Sidney Govou, Karim Benzema et de Thierry Henry). Pourtant, la France s'incline lors de son premier match qualificatif face à la modeste Autriche (1-3). Pour la première fois de son histoire, l'équipe de France perd trois matchs officiels consécutifs[23].

Un mois plus tard, la France affronte la Serbie et l'emporte (2-1, buts de Henry et Anelka). La performance remarquable de Yoann Gourcuff au poste de meneur de jeu en fait la révélation du match. En octobre, les Bleus se déplacent en Roumanie, où ils encaissent rapidement deux buts ; grâce à Franck Ribéry en fin de première période et au premier but international de Yoann Gourcuff, ils décrochent pourtant le point du match nul. Quelques jours plus tard, le match amical contre la Tunisie que les français remportent (3-1, doublé de Thierry Henry et un but de Karim Benzema) est marquée par une polémique sur les nombreux sifflets descendus des tribunes lors de La Marseillaise[24]. Raymond Domenech est officiellement maintenu dans ces fonctions le 15 octobre, la fédération considérant que l'équipe de France est revenue dans la bonne voie.

Après deux matchs amicaux décevants à domicile (un match nul 0-0 face à l'Uruguay et une défaite 0-2 face à l'Argentine), la France reprend les éliminatoires par une double confrontation à la Lituanie. Les bleus l'emportent à chaque fois sur le score de 1-0, grâce à des buts de Franck Ribéry. Suivent deux nouveaux matchs amicaux mitigés, les Bleus s'inclinant 1-0 face au Nigéria puis battant la Turquie 1-0, grâce à un pénalty de Karim Benzema. Pour la reprise des qualifications, la France bat les amateurs des Îles Féroé sur la plus petite des marges (1-0) grâce au premier but international d'André-Pierre Gignac.

Le 5 septembre 2009, la France est de nouveau tenue en échec par la Roumanie (1-1). Après une première heure de jeu bien maîtrisée, conclue par un but de Thierry Henry sur corner, les Français encaissent un but contre leur camp. Deux jours plus tard, le journal Le Parisien[25] affirme que Thierry Henry, capitaine des Bleus, s'est opposé au sélectionneur devant le reste du groupe la veille du match. Cette révélation est rapidement démentie par le joueur.

Cinq jours plus tard, la France rencontre la Serbie, en tête du groupe 7, au stade Marakana. En dépit d'un début de match handicapant pour les français, marqué par une faute du gardien français Hugo Lloris qui lui vaut d'être expulsé et permet aux Serbes d'ouvrir le score sur penalty, les bleus parviennent à égaliser grâce à Thierry Henry et font jeu égal avec leurs adversaires… sans réussir cependant à l'emporter.

Malgré deux dernières victoires à domicile sur les Îles Féroé (5-0) et l'Autriche (3-1), l'équipe de France doit disputer deux matchs de barrage pour se qualifier à la coupe du monde 2010. Tête de série grâce à son rang au classement mondial de la FIFA, l'équipe de France affronte la République d'Irlande les 14 et 18 novembre 2009[26].

Le premier match, disputé à Dublin, se solde par une victoire des Français sur le score de 1 à 0 (grâce à un but de Nicolas Anelka), à l’issue d’une performance saluée par les médias[27]. La qualification paraît proche. Lors du match retour, les Irlandais prennent pourtant très vite l’ascendant sur les Français. Ils ouvrent logiquement le score en première mi-temps mais ne parviennent pas à doubler la marque par la suite, la faute notamment à une grande performance du gardien de but français Hugo Lloris. Lors des prolongations, les Français égalisent finalement sur une action de jeu marquée par un double contrôle de la main de Thierry Henry, passeur décisif pour William Gallas. Combiné à la victoire du match aller, le match nul (1-1) qualifie l'équipe de France pour la coupe du Monde.

Le but égalisateur français provoque une polémique importante dans les jours suivants la rencontre. Soutenu par le Premier ministre irlandais Brian Cowen[28], la fédération d'Irlande de football demande à la fédération française de football de l’appuyer dans sa requête à la FIFA de faire rejouer le match retour[29], ce que cette dernière refuse[30].

Nouveau fiasco à la Coupe du monde 2010[modifier | modifier le code]

Le 4 décembre 2009, le tirage au sort place les Bleus dans le groupe A, en compagnie de l'Afrique du Sud (pays organisateur), le Mexique et l'Uruguay. Durant le tournoi, les tricolores logeront à l'hôtel Pezula de Knysna.

Raymond Domenech donne tout d'abord une liste de 30 joueurs dans le journal télévisé de 20h sur TF1, on y retrouve 3 invités surprises le rennais Yann M'Vila, le bordelais Marc Planus et le marseillais Mathieu Valbuena. La liste est ensuite réduite à 24 car des réserves sont émises sur la santé du défenseur William Gallas, titulaire indiscutable mais de retour de blessure. À noter les absences de l'attaquant du Real Madrid, Karim Benzema qui n'a pas réussi à s'imposer dans l'équipe type de Manuel Pellegrini lors de sa première saison au sein de la maison blanche, le milieu de terrain d'Arsenal FC, Samir Nasri qui avait pourtant réussi une bonne saison et le milieu offensif de l'Olympique de Marseille, Hatem Ben Arfa, joueur au potentiel certain mais irrégulier et souvent barré par Mamadou Niang, capitaine du champion de France 2010. On a parlé aussi d'une volonté de ne pas sélectionner ces trois joueurs dans l'intérêt de l'ambiance commune du groupe. Une fois n'est pas coutume, le groupe débute son stage de préparation à Tignes, la forme physique de William Gallas est plutôt rassurante mais le milieu défensif madrilène Lassana Diarra est obligé de déclarer forfait à cause de douleurs intestinales liées à une crise vaso-occlusive de drépanocytose. Raymond Domenech annonce donc qu'il n'y aura aucun changement dans son effectif. Lassana Diarra étant titulaire durant les qualifications au poste de milieu relanceur, cela implique un remaniement du schéma tactique. Le 26 mai, les Bleus se présentent devant le Costa Rica au Stade Félix-Bollaert de Lens dans un schéma inédit, un 4-3-3 composé d'une défense souvent aligné mais qui n'a pas encore fait ses preuves avec au centre William Gallas et Éric Abidal et respectivement à gauche et à droite Patrice Évra désigné capitaine de l'équipe et le gunners Bacary Sagna. Au milieu sont alignés de gauche à droite Florent Malouda, auteur d'une excellente saison avec Chelsea FC, Jérémy Toulalan en sentinelle et Yoann Gourcuff dont ce n'est pas vraiment le positionnement. En attaque on retrouve à gauche Franck Ribéry, récemment au centre du scandale Zahia, dans l'axe Nicolas Anelka, sûrement le meilleur attaquant français cette saison-là, mais qui n'a pas l'habitude d'évoluer seul en pointe, étant davantage un attaquant de soutien, enfin à droite, où il y a peu de concurrence, le sélectionneur a positionné le Lyonnais Sidney Govou. Dès le début du match, les Bleus montrent un visage plutôt séduisant, porté vers l'avant avec un côté gauche prédominant, dont un Franck Ribéry très en jambes. Malheureusement ils encaissent un but en première période d'une frappe de 20 m qui trompe Hugo Lloris. Ce dernier est trompé par un ballon dit « jabulani » Jabulani (ballon), ballon officiel de la coupe du monde. Ce ballon fait l’objet de nombreuses critiques, essentiellement de la part de joueurs, car du fait de sa constitution parfaitement ronde, il subit facilement des effets souvent involontaires produisant ainsi une trajectoire irrégulière. Les joueurs réagissent immédiatement et surtout Franck Ribéry, qui après une chevauchée sur son côté gauche, rentre dans la surface adverse pour tirer en direction du deuxième poteau, tir qui sera détourné par un défenseur marquant contre son camp. La deuxième période consiste essentiellement en un attaque-défense pour l'équipe de France qui a du mal à se procurer d'occasions franches jusqu'à l'entrée en jeu de Mathieu Valbuena à la place de Sidney Govou. Pour sa première sélection, le petit Marseillais apporte une fraîcheur et une vitesse qui manquait à Sidney Govou, souvent battu dans les duels et s'impliquant davantage dans la récupération que dans l'offensive. La France s'impose finalement sur le score de 2-1 grâce à un but de Mathieu Valbuena, réplique de celui des Costa-Ricains en première période. L'équipe a plutôt séduit durant ce match, contre une équipe sud-américaine très intéressante. Les deux gros points noirs sont l'inefficacité de Sidney Govou et le mauvais positionnement de Nicolas Anelka, qui, comme on pouvait le prévoir, a évolué davantage comme un électron libre que comme un buteur, préférant aller chercher le ballon à la place de Yoann Gourcuff plutôt que d'être à sa réception dans la surface de réparation. Les observateurs espèrent une montée en puissance durant les deux matches de préparation restants. Cela ne se produira malheureusement pas: la France sera tenue en échec le 30 mai à Radès par la Tunisie (1-1) et un but de la tête de William Gallas sur coup-franc, puis battue pour la première fois de son histoire par la Chine le 4 juin sur l'île de La Réunion[31]. à cause d'un coup-franc direct de 25 m en fin de match et une nouvelle fois ce ballon Jabulani qui trompe Hugo Lloris.


Le 4 décembre 2009, le tirage au sort place les Bleus dans le groupe A, en compagnie de l'Afrique du Sud (pays organisateur), le Mexique et l'Uruguay. Le tirage est à priori favorable mais il n'est pas sans rappeler celui de la Coupe du monde 1966, où la France, tombée dans le groupe du pays organisateur, l'Angleterre, en compagnie du Mexique et de l'Uruguay, fut éliminée au premier tour. L'Équipe de France va alors vivre l'une des pires coupes du monde de son histoire. Le match nul 0-0 contre l'Uruguay et la défaite 0-2 contre le Mexique enlèvent quasiment tout espoir de qualification. L'ambiance devient alors délétère, avec l'exclusion de Nicolas Anelka qui a insulté le sélectionneur Raymond Domenech lors de la mi-temps du match contre le Mexique[32],[33], un doigt d'honneur de William Gallas à David Astorga, journaliste de TF1[33], qui s'approchait de lui pour recueillir sa réaction à la fin de ce match perdu, de multiples rumeurs d'incidents, des joueurs qui refusent de s'entraîner[32] et la démission du directeur général délégué de la FFF Jean-Louis Valentin[34]. Finalement, la France perd 2 à 1 face à l'Afrique du Sud, le 22 juin 2010 à Bloemfontein, et quitte la compétition à l'issue du premier tour, à la dernière place de son groupe, avec un bilan identique à celui de l'Euro 2008: deux défaites, un match nul et un but marqué[35].

Le contrat de sélectionneur de Raymond Domenech est rompu unilatéralement par la FFF après la Coupe du monde en Afrique du Sud. Son successeur, désigné par la Fédération française de football, est Laurent Blanc[36].

La courte ère Laurent Blanc[modifier | modifier le code]

L'espoir du rebondissement de l'équipe[modifier | modifier le code]

L'équipe de France débute cette nouvelle période par une défaite en match amical face à la Norvège le 11 août 2010 (2-1).

Le dimanche 7 février 2010 à Varsovie a été effectué le tirage au sort de l'Euro 2012. La France, tête de série, est placée dans le groupe D avec la Roumanie, la Bosnie-Herzégovine, la Biélorussie, l'Albanie et le Luxembourg.

L'équipe de France commence mal ses matchs de qualifications en perdant à domicile contre la Biélorussie (0-1) mais s'impose lors du second match face à la Bosnie-Herzégovine(2-0) qui jouait à domicile. Elle remporte ses trois matchs suivants (2-0 contre la Roumanie, 2-0 contre le Luxembourg, 2-0 contre le Luxembourg) lui permettant de prendre la tête de son groupe avec 4 points d'avance sur la Bosnie-Herzégovine.L'équipe de France obtient sa qualification lors du dernier match de poule disputé face à la Bosnie-Herzégovine à la suite d'un match nul 1-1 qui lui permet de devancer cette sélection d'un point.

En match amical, les Français emportent des victoires de prestige face à l'Angleterre (2-1), le Brésil (1-0) et l'Allemagne (2-1). Elle totalise ainsi avant l'ouverture de l'Euro un résultat de 21 matchs consécutifs sans défaite, engrangeant ainsi de la confiance et avec notamment un Ribéry retrouvé. L'équipe de France se retrouve dans le groupe D de la phase finale de l'Euro 2012, en compagnie de l'Angleterre, de la Suède et de l'Ukraine. Il s'agit de la première phase finale de Laurent Blanc en tant que sélectionneur national.

Relative déception à l'Euro 2012[modifier | modifier le code]

L'équipe de France débute la compétition par un match nul 1-1 contre l'Angleterre, égalisant en seconde période après une première mi-temps timorée. Puis elle affronte l'Ukraine, coorganisatrice de l'Euro. Le match est interrompu après 5 minutes de jeu à la suite d'un violent orage. Il reprend après 55 minutes d'interruption et se termine par une victoire de l'équipe de France sur le score de 2-0. Le match suivant, l'équipe de France s'incline 2-0 face à la Suède et termine à la deuxième place de son groupe, à la suite de la victoire 1-0 de l'Angleterre sur l'Ukraine. L'équipe de France perd finalement en quart de finale face à l'Espagne, championne du monde et d'Europe en titre, sur le score de 2-0. La fin de la compétition est marquée comme à la coupe du monde 2010 par des polémiques liées au comportement des joueurs sur le terrain, dans les vestiaires et avec les journalistes. Quatre joueurs sont par la suite convoqués pour répondre de leur comportement : Hatem Ben Arfa, Yann M'Vila, Samir Nasri et Jérémy Ménez. Même si la France atteint l’objectif minimum prévu, cela reste une déception au vu de la longue série d’invincibilité s’achevant à l’Euro et la bonne préparation du groupe.

Mondial 2014[modifier | modifier le code]

Le 30 juin 2012, Laurent Blanc quitte ses fonctions de sélectionneur après un entretien avec le président de la Fédération Noël Le Graët survenu deux jours plus tôt[37]. Une semaine plus tard, le 8 juillet 2012, Didier Deschamps est nommé sélectionneur de l'équipe de France avec pour objectif principal la qualification à la Coupe du monde 2014 se déroulant au Brésil[38]. Pour leur premier match de l'ère Deschamps, les Bleus affrontent l'Uruguay (0-0). Pour le premier match de qualification pour le Mondial, l'équipe de France s'impose difficilement en Finlande 1-0 grâce à Abou Diaby. Le second match face à la Biélorussie est plus facile (3-1) pour les Français. Quelques mois plus tard, les Bleus s'inclinent pour la première fois de leur histoire face au Japon en toute fin de match en amical, inefficaces devant le but malgré leur domination[39]. Critiqués, les Bleus tiennent cependant tête aux Espagnols les jours suivants (1-1) avec un but d'Olivier Giroud au bout du temps additionnel, après avoir dominé leur adversaire en seconde mi-temps et s'être vu refusé un but valable en première période[réf. souhaitée]. Après cet belle performance, la France confirme face à l'Italie 2-1 sur des buts de Valbuena et Gomis. Les Bleus finissent l'année 2012 avec un bilan de huit victoires, trois nuls et trois défaites. Ils démarrent 2013 face à l'Allemagne, et malgré une très bonne prestation et de belle actions emmenées par Franck Ribéry et Mathieu Valbuena, l'équipe de France s'incline 2-1.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Serge Laget, « Le match par lequel tout commença » in France Football, no 2907, mardi 25 décembre 2001, page 10.
  2. FIFA/IFFHS: Reasons for excluding or including full A internationals (1901-1910) sur iffhs.de
  3. « Faits intéressants et curieux à propos des internationaux et joueurs nationaux (1901-1910) » sur iffhs.de
  4. Thierry Terret, Les paris des Jeux olympiques de 1924, Atlantica, 2008, page 448.
  5. Thierry Terret, Les paris des Jeux olympiques de 1924, op.cit., page 449.
  6. Thierry Terret, Les paris des Jeux olympiques de 1924, op.cit., page 450.
  7. Thierry Terret, Les paris des Jeux olympiques de 1924, op.cit., page 453.
  8. Jean-Jacques Vierne, « L'heure des professionnels a enfin sonné » in France Football, no 2907, mardi 25 décembre 2001, page 18.
  9. « Autriche-France : 3-2 a.p. » in France Football, no 2907, mardi 25 décembre 2001, page 23.
  10. Coll., La grande histoire de la Coupe du monde, Éditions L'Équipe, 2009, page 13.
  11. Coll., 50 ans d'Euro - Une histoire française, Éditions L'Équipe, 2008, pages 16-18.
  12. a et b Coll., 50 ans d'Euro - Une histoire française, Éditions L'Équipe, 2008, pages 18.
  13. Coll., 50 ans d'Euro - Une histoire française, Éditions L'Équipe, 2008, pages 19.
  14. Coll., 50 ans d'Euro - Une histoire française, Éditions L'Équipe, 2008, pages 15.
  15. Le guide du football 2001, Denis Chaumier et Dominique Rocheteau, Editions de la Lucarne, octobre 2000, « 1973-1986 : Séville, Parc-des-Princes, Guadalajara, morceaux d’une légende dorée » p. 45
  16. Thierry Hubac, 1904-2004. Un siècle en Bleu, Mango Sport, 2004, page 88.
  17. Le guide du football 2001, Denis Chaumier et Dominique Rocheteau, Editions de la Lucarne, octobre 2000, « 1986-1993 : Du rouleau compresseur soviétique au coup de poignard bulgare » p. 53
  18. Chroniques de l’année 1992, Jacques Legrand, Editions Chronique p. 18, « Premier échec des tricolores en trois ans »
  19. Le guide du football 2001, Denis Chaumier et Dominique Rocheteau, Editions de la Lucarne, octobre 2000, « 1986-1993 : Du rouleau compresseur soviétique au coup de poignard bulgare » p. 55
  20. Les Bleus : le livre officiel de l'équipe de France, op. cit., p. 112 et 113, « 17 novembre 1993 : apocalypse now ».
  21. Le guide du football 2001, Denis Chaumier et Dominique Rocheteau, Editions de la Lucarne, octobre 2000, p. 108, « Jacquet, le bien aimé »
  22. Équipe de France: Domenech reste, mais sous surveillance, dépêche AFP du 3 juillet 2008
  23. Article du magazine L'Équipe du 13 septembre 2008
  24. Marseillaise sifflée avant France-Tunisie: vives condamnations de l'UMP et du PS, dépêche AFP, 14 octobre 2008.
  25. « Entre Domenech et les Bleus, le divorce est consommé »
  26. http://fr.fifa.com/worldcup/news/newsid=1120088.html
  27. Irlande-France : « Un bol d'Eire pour les Bleus », Le Monde, 15 novembre 2009
  28. France - Irlande : le premier ministre irlandais s'en mêle, Le Parisien du 19 novembre 2009
  29. «Si la fédération française nous soutient, je pense que la FIFA suivra», déclare le directeur exécutif de la FAI John Delaney. - L'équipe : la FIFA a reçu la lettre
  30. Mondial2010: la France ira en Afrique, sur fond de polémique, Dépêche AFP du 20 novembre 2009
  31. « Ethève : « Une grande fierté pour La Réunion » », Le Quotidien de La Réunion,‎ 10 décembre 2009 (lire en ligne)
  32. a et b communiqué de presse de la FFF, consulté le 21 juin 2010
  33. a et b L'équipe. fr, consulté le 21 juin 2010
  34. L'équipe.fr, consulté le 21 juin 2010
  35. « La France sort du Mondial par la petite porte », tempsreel.nouvelobs.com,‎ 22 juin 2010 (consulté le 22 juin 2010)
  36. interview de Raymond Domenech sur le site de la FFF, consulté le 23/06/10
  37. Laurent Blanc quitte les Bleus, francefootball.fr, 30 juin 2012.
  38. « Foot – Bleus : Deschamps sélectionneur (officiel) », L'Équipe, 8 juillet 2012.
  39. http://www.france24.com/fr/20121013-france-japon-defaite-stade-de-france-kagawa-reactions-giroud-lloris-sakho-mondial-2014-espagne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Michel Cazal, Pierre Cazal, Michel Oreggia : L’intégrale de l’équipe de France de football, 1904-1998, Paris, First éd., 1998. (ISBN 2-87691-437-9)
  • Denis Chaumier, Les Bleus : tous les joueurs de l’équipe de France de 1904 à nos jours, Paris, Larousse, 2004. (ISBN 2-03-505420-6)
  • Gérard Ernault, Les Bleus en Argentine, Paris, Calmann-Lévy, 1978. (ISBN 2-7021-0248-4)
  • Gilles Gauthey, L’équipe de France, Paris, 1962
  • Dominique Grimault, Les Bleus : le livre officiel de l’équipe de France, Paris, Solar, 1998. (ISBN 2-263-02819-6)
  • Fabrice Jouhaud, Le livre d’or du football, 2005, Paris, Solar, 2005. (ISBN 2-263-03855-8)
  • Éric Maitrot et Karim Nedjari, L’histoire secrète des Bleus : de la gloire à la désillusion, 1993-2002, Paris, Flammarion, 2002. (ISBN 2-08-068337-3)
  • Marianne Mako, Ces hommes en bleu: 30 vies en confidence, Paris, France loisirs, 1999. (ISBN 2-7441-2429-X)
  • Alain Mercier et Cyril Pocréaux, L’aventure des bleus : les 50 plus belles histoires de l’équipe de France de football, Boulogne, Timée-éd., 2004. (ISBN 2-915586-01-2)
  • Stéphane Meunier et Philippe Tournon, Les yeux dans les Bleus. 2, Dans les coulisses des Bleus 2002, Paris, Canal + éd., 2002. (ISBN 2-226-13289-9)
  • Stéphane Meunier, Les yeux dans les Bleus, Paris, le Grand livre du mois, 1998. (ISBN 2-226-10646-4)
  • Gérard Rancinan et Grégoire Soussan, Ils ont fait les Bleus : Trezeguet, Henry, Djorkaeff, Dugarry, Zidane, Vieira, Petit, Thuram, Lebœuf, Desailly, Lizarazu, Candela, Barthez, Boulogne, Horizon illimité, 2002. (ISBN 2-84787-025-3)
  • Jean-Philippe Réthacker, L’équipe de France de football, Paris, O.D.I.L., 1976
  • Jean-Philippe Réthacker, Génération champions : équipe de France de football, Évreux ; Lausanne, Éd. Atlas, 2000-2002, 6 volumes.
  • Thierry Roland, Champions d’Europe, Paris, Hachette, 1984. (ISBN 2-85108-368-6)
  • Jacques Thibert, Les Coqs du football, Paris, Calmann-Lévy, 1972.
  • Stéphane Verger, Poèmes Bleus (hommage à nos champions du monde 1998), Paris, Le Manuscrit, 2005. (ISBN 2-7481-6170-X)
  • Stéphane Verger, Nos Bleus en 3 tomes (Les 810 joueurs de l’équipe de France), Paris, Le Manuscrit, 2006.

Témoignages et biographies

Divers