Histoire de l'écologie

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Ernst Haeckel a inventé en 1866 le terme « écologie »

L'histoire de l'écologie a pour but de décrire l'évolution de cette science depuis sa reconnaissance en tant que domaine scientifique au XIXe siècle.

L'écologie en tant que science est généralement considérée comme récente, étant seulement devenue prééminente dans la seconde moitié du XXe siècle. Le terme « écologie » vient du grec oikos (« maison », « habitat ») et logos (« science », « connaissance ») : c'est la science de la maison, de l'habitat. Historiquement, il fut inventé en 1866 par le biologiste allemand Ernst Haeckel, bien que l'essayiste et poète américain Henry David Thoreau l'ait peut-être employé dès 1852. Il semble avoir été utilisé pour la première fois en français vers 1874[1]. Dans son ouvrage Morphologie générale des organismes, Haeckel désignait en ces termes:

« (...) la science des relations des organismes avec le monde environnant, c'est-à-dire, dans un sens large, la science des conditions d'existence. »

Néanmoins, ce qu'on pourrait appeler la pensée écologique est présente depuis une période relativement longue, et les principes fondamentaux de l'écologie furent développés progressivement, intimement liés au développement d'autres disciplines biologiques. Ainsi, un des premiers écologistes a pu être Aristote ou peut-être un de ses élèves, Théophraste, tous deux s'étant intéressés à de nombreuses espèces animales. Théophraste décrivit les relations entre animaux ainsi que les relations entre les animaux et leur environnement dès le IVe siècle av. J.-C..

XVIIIe et XIXe siècles : prémices de l'écologie[modifier | modifier le code]

La botanique géographique et Alexander von Humboldt[modifier | modifier le code]

Au cours du XVIIIe et au début du XIXe siècle, les grandes puissances maritimes, telles que la France ou l'Allemagne, firent de nombreuses expéditions pour explorer le monde, développer le commerce maritime avec d'autres pays, découvrir de nouvelles ressources naturelles ainsi qu'en faire l'inventaire. Au début du XVIIIe siècle, environ 20 000 espèces végétales étaient connues, contre 40 000 au début du XIXe siècle et presque 400 000 aujourd'hui.

À ces expéditions se joignirent de nombreux scientifiques, en particulier des naturalistes, tel que l'explorateur allemand Alexander von Humboldt qu'on considère souvent comme étant le précurseur véritable de l'exploration scientifique. Il entreprit, le premier, d'étudier les relations entre l'environnement et les organismes. Il mit en évidence la relation existant entre les espèces végétales observées et les climats, décrivit les zonations de végétation avec la latitude ou l'altitude, ce qu'on appela la phytogéographie.

En 1804 par exemple, il rapporte une quantité impressionnante d'espèces, en particulier des végétaux, dont il cherche à expliquer la distribution géographique en s'appuyant sur les données géologiques. Un ouvrage célèbre de Humboldt est L'essai sur la géographie des plantes (1805).

Avec Alexander von Humboldt, d'autres naturalistes posent les bases de la biogéographie botanique : Augustin Pyrame de Candolle, Adolf Engler et Asa Gray.

D'autres botanistes d'importance sont par exemple Aimé Bonpland qui participa aux expéditions de Humboldt, ou Johannes Eugenius Bülow Warming (1841-1924) et Andreas Franz Wilhelm Schimper (1856-1901), ces deux derniers sont souvent considérés comme les fondateurs de l'écologie végétale en tant que discipline scientifique.

En 1895, le botaniste danois Eugen Warming publie le premier traité de géographie botanique qui utilise le mot « écologie » dans son titre. L'ouvrage Plantesamfund, Grundtràk afden Ôkologiske Plantegeograji est traduit en allemand en 1896 ; une édition augmentée et remaniée paraît en 1909 sous le titre anglais The Oecology of Plants. Warming y fait la synthèse des connaissances acquises en géographie botanique, mais il propose en outre d'étudier les communautés végétales.

Dans un ouvrage Pflanzengeographie publié en allemand en 1898, traduit en anglais en 1903, le botaniste Andreas Schimper donne à l'écologie végétale ses bases physiologistes en étudiant la manière dont l'environnement agit sur la végétation et les formations végétales.

La notion de biocénose : Charles Darwin et Alfred Wallace[modifier | modifier le code]

Vers 1850 une rupture a lieu avec la parution de l'ouvrage de Charles Darwin sur l'origine des espèces : on passe des représentations statiques des espèces à des représentations évolutives.

Alfred Russel Wallace, son contemporain, aboutit aux mêmes théories par l'étude de la « géographie » des espèces animales. L'idée s'impose à plusieurs auteurs que les espèces ne sont pas indépendantes les unes des autres, et leur regroupement s'organisent en communautés d'êtres vivants ou biocénose. Ce terme sera inventé en 1877, par Karl Möbius.

Début du XXe siècle : expansion de la pensée écologique[modifier | modifier le code]

La biosphère - Eduard Suess et Vladimir Vernadsky[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, les investigations s'enrichissent de connaissances acquises en chimie par Lavoisier et de Saussure qui étudient notamment le cycle de l'azote.

Après observation du fait que la vie ne se développe que dans des limites très précises au sein des trois compartiments que constituent l'atmosphère, l'hydrosphère et la lithosphère, le géologue autrichien Eduard Suess propose le terme biosphère en 1875. Suess propose d'appeler biosphère cette enveloppe de vie, caractéristique de la Terre, qui englobe la flore, la faune, les minéraux, les cycles de la matière, etc.

Dans les années 1920, le géologue russe Vladimir Ivanovich Vernadsky, précise la notion de biosphère dans son ouvrage La biosphère (1926) et décrit les principes fondamentaux des grands cycles biogéochimiques. Il requalifie alors la biosphère comme étant l'ensemble des écosystèmes.

Par ailleurs, les premiers dégâts écologiques sont reportés au XVIIIe siècle, lorsque la multiplication des colonies est la cause de déforestation. Dès le XIXe siècle, avec la révolution industrielle, des doutes de plus en plus pressants naissent quant aux impacts des activités anthropiques sur l'environnement. Le terme écologiste apparaît dès la fin du XIXe siècle.

La notion d'écosystème ~ Arthur George Tansley[modifier | modifier le code]

Au cours du XIXe, la biogéographie, qui dresse l'état des lieux des espèces, est généralement considérée comme une science qui ne peut être confondue avec l'écologie ; elle cherche à expliquer les raisons de la présence des espèces en un endroit donné.

C'est en 1935 que Arthur George Tansley, écologiste britannique, appelle écosystème, le système interactif qui s'établit entre la biocénose (l'ensemble des êtres vivants) et le biotope (leur milieu de vie). L'écologie devient alors la science des écosystèmes.

Le concept d'écosystème de Tansley fut adopté par l'énergique et influent éducateur en biologie Eugène Odum. Avec son frère Howard Odum, Eugène P. Odum écrivit un manuel qui (commencé en 1953) éduqua plus d'une génération de biologistes et écologues d'Amérique du Nord.

Les successions écologiques : Henry Chandler Cowles[modifier | modifier le code]

Vers la fin du XIXe siècle, Henry Chandler Cowles fut l'un des pionniers de l'étude émergente de l'« écologie dynamique », à travers son étude des successions écologiques à l'Indiana Dunes National Lakeshore, des dunes de sables à la pointe sud du Lac Michigan. Cowles trouva ici des preuves des successions écologiques dans la végétation et le sol en lien avec leur âge. Une succession écologique est un processus par lequel une communauté naturelle évolue d'un simple niveau d'organisation vers une communauté plus complexe (par exemple, du sable nu, à l'herbe poussant dans le sable, à l'herbe poussant sur les résidus produits par l'herbe morte, aux arbustes et arbres poussant sur les résidus produits l'herbe).

La recherche et les théories écologiques modernes[modifier | modifier le code]

Père de l'écologie animale, Elton (1900-1991) a décrit, dans son livre Animal Ecology paru en 1927, les communautés biotiques en tant qu'associations d'espèces organisées autour de relations alimentaires existant en leur sein et d'interactions entre les animaux sauvages. De ses travaux fondateurs sur les cycles alimentaires découlent les notions de « chaîne alimentaire », de « pyramide alimentaire » et de « réseau trophique »[2].

L'écologiste catalan Margalef applique, dans son mémoire La teoría de la información en ecología publié en 1957, la théorie de l'information à l'écologie.

En 1967, Root (1936-2013) est l'auteur d'une étude qui est à l'origine du développement du concept de « guilde » en écologie[3].

En 1976, Van Valen développe le concept d'espèce écologique à partir de la notion de niche écologique introduite en 1957 par Hutchinson.

Faisant suite à l'invention du terme par le biologiste Walter G. Rosen en 1985, le concept de « biodiversité », proposé et popularisé par Edward O. Wilson, émerge en 1988.

La définition du concept de « point chaud de biodiversité » est initiée en 1988 par Norman Myers.

Influence de l'écologie sur les sciences sociales et humaines[modifier | modifier le code]

Écologie humaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : écologie humaine.

L'écologie humaine est la partie de l'écologie qui étudie l'espèce humaine, l'activité organisée de cette espèce et son environnement. L'écologie humaine est apparue dans les années 1920, par le biais de l'étude de successions végétales dans la ville de Chicago. Elle est devenue un champ d'étude distinct dans les années 1970. L'homme, colonisateur de tous les continents, est désormais reconnu comme un facteur écologique majeur. Il modifie grandement son environnement, par le biais du développement de son habitat (en particulier le développement urbain), du développement de la pêche, ainsi que des activités agricoles et industrielles.

Des études puis un enseignement de l'écologie humaine se développa par la suite, avec la participation d'anthropologues, d'architectes, de biologistes, de démographes, d'écologistes, d'ergonomes, d'ethnologues, d'urbanistes et de médecins. Le développement de l'écologie humaine a conduit à attribuer une part de plus en plus importante à l'écologie dans l'aménagement du territoire.

Par ailleurs, une philosophie issue de l'écologie, et applicable aux sociétés humaines, s'est développée : l'écologisme.

Enfin, l'écologie politique est apparue dans les années 1920 ; elle consiste à appliquer la science écologique à la politique et à la gestion de la cité.

Ces dernières années l'écologie humaine a été un sujet d'intérêt pour les spécialistes de la théorie organisationnelle. Hannan et Freeman (Population Ecology of Organizations (1977), American Journal of Sociology) argumentent que les communautés ne font pas que s'adapter à l'environnement. En fait l'environnement sélectionnerait ou rejetterait certaines populations. Dans tout environnement en équilibre, il n'y aura qu'une seule forme de communauté (isomorphisme). La théorie organisationnelle a été une théorie importante lorsqu'il a fallu expliquer la diversité des populations et la variabilité de leur nature au cours du temps.

James Lovelock et l'hypothèse Gaïa[modifier | modifier le code]

L'Hypothèse Gaïa proposée par James Lovelock dans son travail « Gaia: A New Look at Life on Earth », avance que le point de vue que la Terre devrait être considérée comme un macro-organisme individuel. En particulier, il argumente que l'ensemble des êtres vivants ont conjointement développé la capacité de contrôler l'environnement global — en influençant les paramètres physiques majeurs comme la composition de l'atmosphère, le taux d'évaporation, la chimie des sols et des océans — afin de maintenir les conditions favorables à la vie. Le scientifique rejoint ainsi les croyances fondamentales des peuples autochtones, qui sont en général extrêmement reliés à la Terre, comme le peuple Kogi de Colombie.

Bien que controversée, l'hypothèse Gaïa relayée par la biologiste Lynn Margulis a suscité un certain intérêt dans le public. Elle permet d'étayer « le sentiment écologique » grandissant en contribuant à faire prendre conscience que la Terre-mère, Gaïa, est malade des hommes et de leur activité. D'un point de vue scientifique, cette hypothèse situe la nouvelle vision de l'écologie comme étant une vision globale de la biosphère et de la biodiversité.

Écologie vs. écologisme[modifier | modifier le code]

Les informations tirées des études scientifiques sont utilisées par les partisans ou militants de l'écologisme, les écologistes, pour orienter leurs actions, faire stopper ou réguler l'exploitation des ressources, faire pression pour parvenir à des décisions politiques avec prise en compte des implications écologiques de celles-ci.

Les chercheurs en écologie ont souhaité faire la distinction entre écologie scientifique et le(s) mouvement(s) écologiste(s). Pour éviter la confusion, le terme écologiste a été rattaché aux militants, tandis que les chercheurs furent désignés écologues. Le terme écologue est également utilisé pour désigner le chercheur en écologie scientifique qui ajoute une composante sociale ou sociologique à ses travaux.

Écologie et politique globale[modifier | modifier le code]

Plus d'informations dans les articles sur l' : écologie globale et écologie politique.

L'écologie devint une partie centrale des politiques mondiales dès 1971, quand l'UNESCO lança un programme de recherche appelé Man and Biosphere, avec l'objectif d'accroître les connaissances sur les relations entre l'Homme et la Nature. Quelques années plus tard fut défini le concept de réserve de biosphère.

En 1972, les Nations unies ont tenu la première conférence internationale sur l'environnement humain à Stockholm, préparée par René Dubos et d'autres experts. Cette conférence fut à l'origine de la phrase « penser globalement, agir localement ». Les évènements majeurs suivants en écologie ont été le développement du concept de biosphère et l'apparition des termes diversité biologique dans les années 1980. Ces termes furent développés durant le Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992, où le concept de biosphère fut reconnu officiellement par les grandes communautés mondiales, et où les risques associés à la biodiversité furent publiquement reconnus.

En 1997, l'atteinte des activités humaines à l'environnement, en particulier atmosphérique, furent reconnus internationalement lors de la ratification du Protocole de Kyōto. En particulier cette conférence mit en évidence les dangers des gaz à effet de serre, principaux responsables du changement climatique. À Kyōto, la plupart des nations du monde ont reconnu l'importance de considérer l'écologie d'un point de vue global, à une échelle mondiale, et de prendre en compte l'impact des activités humaines sur l'environnement de la planète.

En Amérique du Nord, plusieurs scientifiques accordent une plus grande importance aux préoccupations écologistes au cours du XXe siècle. Aux États-Unis (Université du Michigan) et à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) (Canada), Pierre Dansereau (1911-2011) développe des positions théoriques particulières en écologie scientifique. Il publie en 1957 un ouvrage majeur : Biogeography an Ecological Perspective dans lequel il énonce les principes de la synécologie, de l'autoécologie et d'une écologie globale tenant compte de l'humain comme facteur de transformations de l'environnement. En 1972, il publie un ouvrage philosophique encore méconnu aujourd'hui sur les rapports à la nature, intitulé Inscape and Landscape.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Retour au Contrat naturel", Michel Serres in Ctheory, 11 mai 2006
  2. Robert E. Ricklefs, Gary L. Miller, Écologie, De Boeck Supérieur, Bruxelles, 2005, p.175-176. ISBN 274450145X
  3. François Ramade, Éléments d'écologie : Écologie fondamentale, 4e édition, Dunod, Paris, 2009, p.290-291. ISBN 978-2-10-053008-3

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En français[modifier | modifier le code]

  • Pascal Acot (1988). Histoire de l’écologie. Presses universitaires de France (Paris) : 288 p. (ISBN 2-13-041414-1)
  • Pascal Acot (1994). Histoire de l’écologie. Presses universitaires de France (Paris), collection Que sais-je ?, no 2870 : 128 p. (ISBN 2-13-046260-X)
  • Roger Dajoz (1972) Précis d'écologie. Dunod, Paris, 434 p.
  • Jean-Paul Deléage (1991). Une histoire de l’écologie. Seuil (Paris), collection Point Science : 330 p. (ISBN 2020193442)
  • Yves Hébert (2006). Une histoire de l'écologie au Québec, Les regards sur la nature d'hier à aujourd'hui. Québec, Les Éditions GID, 477 p. (ISBN 2-922668-80-0 et 978-2-922668-80-3)
  • Patrick Matagne (1999). Aux origines de l’écologie : les naturalistes en France de 1800 à 1914. Éditions du Comité des Travaux historiques et scientifiques (Paris), collection Histoire des sciences et des techniques, no 49 : 302 p. (ISBN 2735504107)
  • Paul Duvigneaud (1980). La synthèse écologique. Doin, Paris, 380 p.
  • Patrick Matagne (2002). Comprendre l'écologie et son histoire. Delachaux et Niestlé (Lausanne), collection La Bibliothèque du naturaliste : 208 p. (ISBN 2603012681)
  • Donald Worster (1998). Les Pionniers de l’Écologie. Une histoire des idées écologiques. Sang de la Terre (Paris), collection La pensée écologique : 412 p. (ISBN 2869850980)
  • Humboldt, A. von, 1805. Essai sur la géographie des plantes, accompagné d’un tableau physique des régions équinoxiales, fondé sur les mesures exécutées, depuis le dixième degré de latitude boréale jusqu’au dixième degré de latitude australe, pendant les années 1799, 1800, 1801, 1802, et 1903 par A. De Humboldt et A. Bonpland. Paris: Chez Levrault, Schoelle et Cie. Sherborn Fund Fascimile No.1.
  • Humboldt, A. von, 1805. Voyage de Humboldt et Bonpland. Voyage aux régions équinoxiales du nouveau continent. 5e partie. “Essai sur la géographie des plantes”. Paris. Facs intégral de l’édition Paris 1905-1834 par Amsterdam: Theatrum orbis terrarum Ltd., 1973.
  • Humboldt, A. von, 1807. Essai sur la géographie des plantes. Facs.ed. London 1959. His essay on “On Isothermal Lines” was published serially in English translation in the Edinburgh Philosophical Journal from 1820 to 1822.
  • Francis Lethiers, 1998. Évolution de la biosphère et événements géologiques. Gordon and Breach, Amsterdam, 321 p.
  • Christophe Masutti, Les faiseurs de pluie. Dust Bowl, écologie et gouvernement (Etats-Unis, 1930-1940), DHVS/Univ. Strasbourg, sous licence CC-By-Sa, 2012. Page web (ISBN 978-1-4717-6490-5)

En anglais[modifier | modifier le code]

  • Acot, Pascal, dir. (1998), The European Origins of Scientific Ecology (1800-1901), Paris, Gordon & Breach, EAC, 2 vols., CD-ROM, 932 pp.
  • Bowler, Peter J. 2000. The Earth Encompassed. A History of the Environmental Sciences. New York / London, W-W Norton and Company. (ISBN 0-393-32080-4)
  • Ramalay, Francis. 1940. The growth of a science. Univ. Colorado Stud., 26: 3-14.
  • Egerton, Frank N. 1977. History of American Ecology. New York: Arno Press.
  • Hagen, Joel B. 1992. An Entangled Bank: The Origins of Ecosystem Ecology. New Brunswick: Rutgers University Press.
  • Kingsland, Sharon E. 1995. Modeling Nature: Episodes in the History of Population Ecology, 2nd ed. Chicago: University of Chicago Press.
  • McIntosh, Robert P. 1985. The Background of Ecology: Concept and Theory. Cambridge: Cambridge University Press.
  • Mitman, Gregg. 1992. The State of Nature: Ecology, Community, and American Social Thought, 1900-1950.
  • Real, Leslie A. and Simon A. Levin, editors. 1991. Foundations of Ecology: Classic Papers with Commentary. Chicago: University of Chicago Press.
  • Tobey, Ronald C. 1981. Saving the Prairies: The Life Cycle of the Founding School of American Plant Ecology, 1895-1955. Berkeley: University of California Press.
  • Weiner, Doug. 2000. Models of Nature: Ecology, Conservation, and Cultural Revolution in Soviet Russia. Pittsburgh: University of Pittsburgh Press.
  • Worster, Donald. 1994. Nature's Economy: A History of Ecological Ideas, 2e éd. Cambridge and New York: Cambridge University Press.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]