Histoire de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours en Polynésie française

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En 1843, Joseph Smith, premier président de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours appela des missionnaires à se rendre dans les îles du Pacifique. C’était la première fois que des missionnaires mormons étaient envoyés prêcher dans une autre langue que l'anglais.

Fondation de l’Église dans le Pacifique[modifier | modifier le code]

En 1843, Joseph Smith appela des missionnaires à se rendre dans les îles du Pacifique. C’était la première fois que des missionnaires mormons étaient envoyés dans une autre culture que la leur et prêchaient dans une autre langue que l'anglais. Cette mission fut accomplie essentiellement par deux missionnaires ayant reçu pour instructions de rester dans leur champ de mission jusqu’à ce qu’on les relève ou qu’on les remplace. Ils restèrent attachés à leur mission pendant neuf ans et davantage. Le 30 avril 1843, Addison Pratt, F. Hanks, Noah Rogers et Benjamin F. Grouard accostèrent pour la première fois en Polynésie, à l’île de Tubuai, dans les Australes. En Polynésie, les Français et les Anglais était alors en guerre. Néanmoins, l’arrivée des Français et l’installation du protectorat en 1842 furent favorables à l’entrée des missionnaires mormons dans les îles. En proclamant la liberté religieuse pour les catholiques, les Français proclamaient la liberté religieuse pour tous.

Le 9 septembre 1842, la Reine Pomare IV avait signé ce document :

4. Le peuple restera libre de considérer Dieu selon ses désirs ;
5. Les Églises des missionnaires britanniques qui existent actuellement ne seront pas molestées et les missionnaires britanniques s’acquitteront de leurs fonctions. Il en va de même pour toutes les autres personnes, elles ne seront pas molestées pour leur attitude vis-à-vis de Dieu.

Néanmoins, à Tahiti, l’état de guerre et les missionnaires anglais excitant les insulaires contre les missionnaires mormons fit que Benjamin F. Grouard ne compta que neuf convertis après six mois de travail.

Premiers convertis à Tubuaï[modifier | modifier le code]

À Tubuaï, Addison Pratt découvrit une situation différente. Il n’y avait pas de missionnaires britanniques dans l’île depuis longtemps et la conquête française de Tahiti n’y avait pas eu de répercussion. Les habitants de Tubuaï, aussi bien les chefs que les prédicateurs insistèrent pour que Pratt fût leur instructeur. Le 29 juillet 1844 était organisée la branche de Tubuaï de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, la première dans le Pacifique, avec onze membres. Le nombre de baptêmes augmenta jusqu’à ce qu’il y eût fin février 1845, soixante convertis sur une population d’environ deux cents insulaires. Au bout de dix mois, Addison Pratt écrivit à Brigham Young : « Le Seigneur a considérablement béni mes faibles efforts pour répandre l’Évangile. J’ai baptisé cinquante-sept personnes dans cette île [...] Parmi elles, il y a la reine, [...] un vice-roi, sa femme et sa fille, [...] le chef principal et sa femme [...] et plusieurs chefs subalternes [...] »

Anaa et Tuamotu[modifier | modifier le code]

Le 1er mai 1845, Benjamin F. Grouard aborda l’île d’Anaa et fut accueilli par les chefs de l’île. L’un d’eux déclara : « Vous êtes le premier missionnaire du pays des blancs qui soit jamais venu dans notre pauvre pays pour vivre parmi nous, les missionnaires anglais de Tahiti n’ont jamais voulu venir parce que notre pays n’a pas beaucoup de bonnes choses à manger comme ils ont là-bas... Et maintenant, puisque vous nous avez aimés au point de venir auprès de nous, nous nous sentons vraiment très heureux et nous allons essayer de vous mettre à l’aise et de vous rendre heureux. » Les premiers baptêmes eurent lieu le 25 mai 1845, trois semaines après son premier sermon. Le 1er août, il avait baptisé 355 insulaires, dont le gouverneur, les chefs et les juges. À la date du 21 septembre, il avait organisé cinq branches avec dix-sept officiers et 60 membres. Le 24 septembre 1846, la première conférence de saints des derniers jours en Polynésie fut organisée dans l’île d’Anaa. Dix branches de l’Église y étaient représentées avec un total de 866 âmes « honorablement connues ».

Passage à la direction locale[modifier | modifier le code]

Le départ de Addison Pratt et de ses compagnons marqua la fin de la première période de l’histoire du mormonisme en Polynésie française et inaugura une deuxième période caractérisée par les efforts des dirigeants locaux pour préserver l’organisation et les enseignements laissés par les premiers missionnaires mormons. Au cours d’une période de violentes persécutions religieuses, partiellement pour éviter l’arrestation et aussi pour pouvoir poursuivre les services religieux, les fidèles insulaires donnèrent de nouveaux noms à leurs groupes, entrèrent dans la clandestinité et tentèrent de continuer. Avec le temps, on finit par trouver les groupes suivants : israélites, abrahamites, darkites, siffleurs et « mormons ». En dépit d'une impression d’apostasie donnée par ces groupes, l’organisation en branches et les formes de culte furent préservées jusqu’à l’arrivée de missionnaires d’Utah en 1892.

Pendant les années 1890, cinq présidents de mission dirigèrent les saints polynésiens. La mission des Iles de la Société, rouverte en 1892, englobait les habitants de six groupes d’îles, les îles de la Société, les îles Australes, l’archipel des Tuamotu, les îles Marquises, les îles Gambier et les îles Cook. À la date du 31 décembre 1895, il y avait 984 fidèles dans les îles et au début du siècle, environ 1 000. Sur une population de 429 âmes à Tubuai, 159 étaient de confession mormone. Sur une population totale de 4 743 âmes dans les Tuamotu, 905 étaient mormones, soit le cinquième de la population des îles.

Au 31 décembre 1993, la population mormone en Polynésie française était de 11 644 personnes inscrites dans les registres.

École et temple[modifier | modifier le code]

Avec l’accord du gouvernement, le 25 mai 1963 fut donné le premier coup de pioche pour la construction de l’École Primaire Élémentaire de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours à Papeete. En 1983, Gordon B. Hinckley, président de l’Église, consacra le temple mormon de Tahiti[1].

Sources mormones[modifier | modifier le code]

Sources extra mormones[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. S. George Ellsworth et Kathleen C. Perrin : Chronique de la foi et du courage, l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours en Polynésie française, cent cinquante ans d’histoire, 1843-1993

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]