Histoire de Malte

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L'île de Malte connaît une histoire très riche, liée à sa position stratégique en Méditerranée, et marquée en particulier par l'influence de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et l'occupation britannique.

5200-725 av. J.-C. Préhistoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Préhistoire de Malte.

La Préhistoire maltaise reste mal connue pour les périodes précédant le VIe millénaire av. J.‑C.. Un petit territoire de 316 km2, particulièrement densément peuplé (au 4erang mondial avec plus de 1 300 habitants au km²), n’a révélé aucun témoignage préhistorique humain antérieur au Néolithique. La Sicile voisine, à laquelle elle est physiquement rattachée pendant toute la dernière glaciation (glaciation de Würm entre 118000 et 10000 av. J.-C.), est 80 fois plus vaste et a pourtant livré un abondant mobilier avec notamment le gisement de l’abri de Fontana Nuova di Ragusa qui remonte à l’Aurignacien (38000 à 26000 av. J.-C.)[1].

Il faut donc, en l’état des connaissances, reconnaître que ce qui est alors l’extrême sud de la péninsule sicilienne est vierge de présence humaine, et ce, malgré l'existence d’une faune susceptible d'être chassée. Les vagues successives de peuplement de la péninsule européenne, par Homo erectus d'abord et par Homo sapiens ensuite, ont ignoré l’archipel maltais[2].

Pendant les périodes glaciaires, l’archipel maltais est rattaché à la Sicile, elle-même rattachée à la péninsule italienne. La faune continentale du Pléistocène peut ainsi accéder à l’archipel. Le climat de celui-ci s’est fortement rafraîchi, les pluies sont abondantes, la végétation est dense, les îles se couvrent de forêts, les wieds (rivières en maltais) drainent une eau abondante qui sculpte le paysage et crée les reliefs karstiques que l’on connaît aujourd’hui. Cette couverture végétale attire tous les herbivores du Pléistocène, éléphants, hippopotames et cervidés que le froid rejette au sud[3].

Les périodes de glaciation sont séparées par des périodes interglaciaires qui font remonter le niveau des mers et isolent la faune dans les îles. On voit ainsi apparaître une faune spécifiquement insulaire caractérisée par une tendance au nanisme chez les herbivores et au gigantisme chez les carnassiers et les rongeurs[3]. La disparition de cette faune avant le Néolithique, à Chypre, en Crète, à Malte, en Sardaigne et en Corse, a souvent été imputée à la chasse intensive de la fin du Pléistocène. Mais l’absence de peuplement antérieur au Néolithique, à Malte comme en Crète, semble infirmer cette thèse. Les scientifiques cherchent maintenant à prouver qu'un changement climatique trop rapide aurait empêché la faune de s’adapter à un nouvel environnement[4].

Malte fut peuplée dès environ 5200 av. J.-C. et une civilisation préhistorique importante a existé sur l'île. Le reste du temple maltais le plus ancien serait un mur de grosses pierres sèches érigé au Néolithique sur le site de Skorba. Datant de 5 200 ans avant J.-C., il serait donc antérieur de plusieurs siècles (environ sept siècles) à la première construction mégalithique continentale, le Cairn de Barnenez dans le Finistère (4500 à 3500 avant J.-C.), de 1 200 ans aux alignements de Carnac (4000 avant J.-C.), de 2 400 ans au cercle de Stonehenge (2800 à 1100 avant J.-C.) et 2 600 ans aux pyramides d'Égypte (2600 à 2400 avant J.-C.).

L’identification et la description de la céramique maltaise a permis de distinguer des périodes de temps permettant ainsi d’uniformiser les constatations stratigraphiques, confirmées ensuite par des datations absolues au carbone 14. L’identification des céramiques maltaises est à la base de la construction de l’échelle préhistorique maltaise. Sa description, l’identification de la composition de la terre cuite, de sa température de cuisson, de sa couleur, de son engobe, de sa forme, de son décor et d'une façon générale de ses techniques de fabrication et de ses techniques de réalisation et de représentation artistiques, a aussi permis des rapprochements avec d’autres céramiques siciliennes ou continentales. Par contre, l'étude des vestiges archéologiques et des temples est principalement à l'origine de la reconstitution de la culture maltaise pendant la Préhistoire.

Il existe une échelle chronologique de la préhistoire maltaise communément acceptée depuis le calage réalisé par des datations par le carbone 14 réalisées par David H. Trump[5] et depuis abondamment documentée :

  • 5200 – 4100 av. J.-C. période néolithique
    • 5200 – 4500 av. J.-C. phase Għar Dalam
    • 4500 – 4400 av. J.-C. phase Skorba grise
    • 4400 – 4100 av. J.-C. phase Skorba rouge
  • 4100 – 2500 av. J.-C. période des Temples
    • 4100 – 3800 av. J.-C. phase Żebbuġ
    • 3800 – 3600 av. J.-C. phase Mġarr
    • 3600 – 3000 av. J.-C. phase Ġgantija
    • 3000 – 2900 av. J.-C. phase Saflieni
    • 2900 – 2500 av. J.-C. phase Tarxien
  • 2500 – 700 av. J.-C. âge du bronze
    • 2500 – 1500 av. J.-C. phase des cimetières de Tarxien
    • 1500 – 725 av. J.-C. phase Borġ in-Nadur
    • 900 – 700 av. J.-C. phase Baħrija

Il faut noter, qu'en l'état actuel des connaissances, il n'y a pas eu de période Chalcolithique à Malte. Les métaux étaient apparemment inconnus des bâtisseurs des temples mégalithiques. Des chercheurs ont voulu voir dans les traces de creusement de certaines salles de l'Hypogée de Ħal Saflieni l'utilisation d'outils métalliques mais aucune preuve n'est encore venue appuyer cette thèse. L'apparition des métaux à Malte date d'environ 2500 av. J.-C. avec l'arrivée des peuples guerriers venant de Sicile et d'Italie du sud.

725 av. J.-C.- 455 Antiquité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Antiquité de Malte.

Tout au long de l'Antiquité de Malte, l'archipel de par sa position stratégique au centre de la Méditerranée, est un relais évident, compte tenu de ses ports naturels, fortement convoité par toutes les puissances maritimes de l'antiquité. Ce sont d'abord les Phéniciens ou Carthaginois, qui lui laissent leur langue. Viendront ensuite les Grecs, qui lui lèguent la démocratie et enfin les Romains. C'est avec la fin de l'occupation romaine que l'antiquité maltaise prend fin.

Les historiens sont généralement d'accord sur le découpage chronologique suivant :

725-218 av. J.-C. Phéniciens et Grecs[modifier | modifier le code]

Les Phéniciens contrôlèrent l'archipel durant le IXe siècle av. J.-C. et lui donnèrent le nom de Malat, c'est-à-dire lieu sûr. Les Grecs s'installèrent aussi sur l'emplacement de l'actuelle Mdina au VIIIe siècle av. J.-C. et apportent un régime démocratique à Malte. L'île passa ensuite sous le contrôle de Carthage (-400).

218 av. J.-C.- 455 Romains[modifier | modifier le code]

Malte devint plus tard un des enjeux de la guerre entre les Romains et les Carthaginois. Les Romains prirent finalement l'île en 218 av. J.-C. Les maltais furent christianisés vers 50-60 puis latinisés.

455 - 1530 Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Moyen Âge à Malte.

Pour certains auteurs, la période de 395 à 870 fait partie du Haut Moyen Âge et pour d’autres de l’Antiquité tardive. La période 455 à 533 est souvent déduite de l'histoire de la Sicile, elle n'est pas attestée dans l'histoire de Malte et mal renseignée dans l'histoire de l'empire byzantin. Avec la conquête de Malte par la dynastie Aghlabide commence une période que les historiens considèrent unanimement comme le Moyen Âge de Malte.

455-533 Les Invasions Barbares[modifier | modifier le code]

On peut déduire d'une note de Victor de Vita que les Vandales de Genséric conquièrent Malte ainsi que les autres îles de Méditerranée occidentales entre 455 et 476 [6]. Malte pourrait ensuite avoir été cédé à Odoacre, roi d'Italie en échange d'un tribut[7]. Après la dernière victoire de Théodoric le Grand sur Odoacre en 493, Malte passe sans doute sous la domination des Ostrogoths[7].

Ces annexions barbares ne sont déduites cependant que de faibles indices et de l'hypothèse que Malte ait suivit le sort de la Sicile. Il est également possible que l'archipel ait été épargné et soit resté dans le giron de l'empire byzantin[8].

533-870 Byzantins[modifier | modifier le code]

Lors de la tentative de réunification de l'empire romain par l'empereur Justinien, les Byzantins sous le commandement du général Bélisaire, prirent le contrôle de l'île en 533.

Les témoignages archéologiques de cette périodes sont rares. Le bâtiment les plus remarquable est un baptistère chrétien à Tas-Silġ[9].

Aux VIe siècle et VIIe siècle, Malte apparaît urbanisée, commerçante et assez prospère. Plus tard, l'accent semble essentiellement mis sur les défenses militaires. Un sceau du VIIIe siècle révèle la présence à Malte d'un officier byzantin de haut rang, à la fois Drougarios et Archon de Malte. L'archipel est probablement alors la base d'une importante flotte de guerre, qui lui permet de résister longtemps aux premières razzias arabes[7]. Malte ne sera en effet conquise que pendant la dernière phase de l'invasion arabe de la Sicile, juste avant la chute de Syracuse en 878[9].

870-1091 Époque arabe[modifier | modifier le code]

Les troupes de Abu 'l-Gharaniq Muhammad II ibn Ahmad, 8e émir Aghlabide d'Ifriqiya, conquièrent Malte le 28 août 870 ; la ville-forteresse de Mdina est prise et démolie[9]. Cette conquête influença profondément l'ensemble de la culture maltaise et principalement sa langue.

Les conséquences démographiques de cette annexion sont controversées. Pour certains, la quasi-totalité de la population est soit tuée, soit emmenée en esclavage « après [la conquête] de l'île, Malte est resté une ruine inhabitée »[10]), laissant les îles maltaises presque désertes pour un siècle et demi, avec seulement quelques survivants subsistant en troglodytes[7]. Pour d'autres au contraire, il n'y aurait eu que peu de conséquences sur la population[8].

Les recherches sur cette période sont toujours en cours ; ce qui est certain c'est que l'île est repeuplée de colons arabo-berbères et de leurs esclaves à partir de 1048[11]. Vers le milieu du XIe siècle, lors d'une action des Byzantins sur Malte, les musulmans maltais proposent de libérer les esclaves et de partager leurs biens avec eux s'ils consentent à prendre les armes à leur côté pour contrer l'attaque, ce qui est effectivement fait victorieusement[12].

1091-1530 Période féodale[modifier | modifier le code]

1091-1194 Domination normande[modifier | modifier le code]

De 1062 à 1091, les Normands du comte de Sicile Roger de Hauteville parviennent à conquérir la Sicile sur les musulmans. Une fois la Sicile totalement vaincue, Roger de Hauteville se tourne vers les îles maltaises, surtout pour assurer les frontières de son territoire. Son biographe officiel, Geoffroi Malaterra raconte comment, en 1091, à l'aide d'une petite troupe, il vainc facilement la garnison musulmane à Malte, puis à Gozo[13]. Il impose alors un tribut annuel à payer par les musulmans et la libération des esclaves chrétiens. Quand on leur laisse le choix, ces derniers décident de rentrer dans leur patrie et refusent de rester à Malte[7]. Paradoxalement, cette conquête chrétienne facile ancrera plus encore l'archipel dans le monde musulman en faisant partir les quelques chrétiens prisonniers des îles[8],[9].

Il semble que la domination nominale des Normands sur Malte se soit rapidement effritée, ou que le tribut annuel ait cessé d'être versé. Roger II de Sicile, le fils de Roger de Hauteville, doit en effet conquérir à nouveau les îles en 1127[12]. Une garnison chrétienne est alors probablement laissée sur place. La christianisation des îles commence réellement mais à un rythme très lent[7] ; les visiteurs latins (dont Burchard, l'évêque de Strasbourg en 1175[7]) décrivent les îles comme totalement musulmanes[12]. Sur le plan de l’administration religieuse, l’archipel de Malte fait partie du diocèse de Palerme en Sicile et ce jusqu’en 1831. Si les Maltais se rechristianisèrent, ils conservèrent leur langue arabe, tout en empruntant massivement une partie de leur vocabulaire au sicilien et à l'italien.

Contrairement à la Sicile, l'influence normande ne sera que très faible à Malte, même si elle a alimenté quelques mythes comme la couleur du drapeau maltais ou la présence de bâtiments normands à Mdina[14],[7].

À la fin de la période normande commence une pratique qui sera régulièrement répétée durant toute la période féodale : la nomination de Comtes et Marquis de Malte en récompenses de services rendus à la couronne de Sicile. La plupart ne seront pas résidents et se contenteront de soutirer le plus d'impôts possibles aux habitants. Les Maltais n'auront alors de cesse de demander à Palerme leur rattachement au domaine royal, ce qui leur fut parfois accordé mais toujours plus tard annulé.

Article connexe : Comtes et Marquis de Malte.

1194-1266 Possession des Hohenstaufen[modifier | modifier le code]

1266-1282 Possession angevine[modifier | modifier le code]

1282-1530 Possession aragonaise[modifier | modifier le code]

1530-1798 : Ordre de Saint-Jean de Jérusalem[modifier | modifier le code]

Prise de Malte en 1530 par Philippe de Villiers de l'Isle-Adam, Grand Maître de l'Ordre.

L'empereur Charles Quint, comprenant l'utilité que peut avoir un ordre militaire en Méditerranée face aux avancées ottomanes (Alger est conquis par le célèbre Barberousse en 1529), confie à l'Ordre l'archipel de Malte, dépendance du royaume de Sicile, par un acte du 24 mars 1530. Les chevaliers se retrouvent aux avant-postes de la Chrétienté, mais le grand maître de Villiers de l'Isle-Adam entretient toujours l'espoir de reprendre pied à Rhodes. Ce n'est qu'à sa mort, en 1534, que les Hospitaliers renoncent définitivement à l'Orient. Face aux progrès ottomans (Tunis est pris en 1534), le borgho, principale ville de l'archipel, est fortifié. Alors que pèse cette menace sur le nouveau siège de l'Ordre, la Réforme porte en Europe du Nord un grand coup aux possessions des Hospitaliers. De nombreuses commanderies sont sécularisées et certains grands prieurés cessent purement et simplement d'exister, comme ceux de Suède et de Danemark. En 1540, le roi d'Angleterre Henri VIII supprime de facto la Langue d'Angleterre. C'est dans ce contexte difficile que l'Ordre doit faire face à la plus grande épreuve de son histoire : le « grand siège » de 1565.

Afin de sécuriser leur nouveau quartier général, les chevaliers de Malte organisèrent la défense de l’île en édifiant plusieurs fortifications (fort Saint-Ange, fort Saint-Elme, fort Saint-Michel, etc.). Sous le règne du Grand Maître de l’Ordre, Jean Parisot de La Valette, les Maltais résistèrent au Grand Siège des Turcs de 1565. La flotte turque qui se présente le 18 mai 1565[15] devant Malte compte plus de 160 galères et 30 000 hommes, face aux 800 chevaliers et 1450 soldats que le grand maître Jean Parisot de La Valette a convoqué. Trois forts défendent la baie et le borgo. Celui de Saint-Elme tombe le 23 juin, deux cent chevaliers y trouvent la mort. Pour démoraliser les chevaliers, le commandant ottoman, Mustapha pacha, lance dans la rade des radeaux portant les corps crucifiés de défenseurs du fort. La Valette réplique en faisant bombarder le camp turc avec les têtes de prisonniers turcs. Les deux autres forts, Saint-Ange et Saint-Michel, tiennent bon, ainsi que l'enceinte du borgo, duquel les Turcs, parvenus à y faire une entrée le 7 juin sont repoussés. La situation des assiégés est critique quand arrive le 7 septembre le « Grand secours », l'armée espagnole en provenance de Sicile. Les Turcs sont contraints à lever le siège.

C'est en 1566 que La Valette, la capitale de l’archipel, fut fondée.

Après l'échec du siège, l'Ordre se retrouve au centre des attentions des puissances catholiques européennes. Le 7 octobre 1571, les Hospitaliers s'illustrent à la bataille de Lépante, où la flotte de la sainte Ligue, commandée par don Juan d'Autriche, détruit la flotte ottomane. Une autre célèbre bataille maritime est livrée, le 16 août 1732, au large de Damiette en Égypte[16].

Après Lépante, le danger en Méditerranée ne vient plus de la flotte de guerre ottomane mais des corsaires « barbaresques » d'Afrique du Nord. L'Ordre se lance à nouveau dans le corso, la guerre de course, qui de contre-attaque qu'elle était à l'origine, devient vite un moyen pour les chevaliers de s'enrichir par l'arraisonnement des cargaisons mais surtout par le commerce d'esclaves, dont La Valette devient le premier centre chrétien.

L'Ordre entre alors dans une période de singulières mutations : les chevaliers novices lui doivent d'effectuer quatre « caravanes », quatre expéditions de course lors de quatre années consécutives à Malte, mais reçoivent souvent par la suite la permission de servir leur souverain d'origine. Les institutions centrales du grand magistère s'enrichissent de la course et transforment les commanderies européennes en un système de bénéfices qui permet à l'aristocratie de placer ses fils cadets, qu'elle fait souvent admettre dans l'Ordre dès l'enfance afin qu'ils soient mieux placés dans la « course aux commanderies ». Ainsi, on trouve peu de chevaliers accomplissant toute leur carrière dans l'ordre, mais au contraire une rotation importante de novices venus accomplir leurs « caravanes », qui, une fois munis d'une commanderie, s'en vont servir leur roi, souvent dans la marine. Les grands amiraux français des XVIIe et XVIIIe siècles, tels Coëtlogon, d'Estrées, Tourville ou Suffren, sont tous des chevaliers de Malte.

En 1793, l’île de Malte échappe de peu à une révolte fomentée par des espions de la Convention[17].

Suite aux triomphes de Napoléon Bonaparte en Italie en 1796-97, le grand maître Ferdinand de Hompesch demande au tsar de Russie Paul Ier de devenir le protecteur de l'ordre. Le 10 octobre 1798, à la suite de l'invasion de l'île par les troupes françaises conduites par le général Bonaparte, les 249 chevaliers de l'Ordre exilés en Russie proclament le Tsar Paul Ier Grand Maître de l'Ordre, en violation du Code ROHAN, le Prince et Grand Maître devant obligatoirement être choisis parmi la classe des chevaliers profès, et donc être moine et catholique. Puis en 1800 les anglais prennent le contrôle de l'île. Les chevaliers de Malte réussirent à maintenir leur ordre militaire jusque 1798 non sans avoir doté Malte de somptueux édifices qui font aujourd’hui l’orgueil de la capitale.

1798-1800 Colonisation française[modifier | modifier le code]

Au cours du XVIIIe siècle, l’archipel de Malte devint, sous l’influence française, le grand relais du commerce français en Méditerranée. En 1798, le 71e et dernier grand maître des chevaliers de l’ordre de Malte sur l’île, l’Allemand Ferdinand von Hompesch, se rendit au général Bonaparte après une résistance symbolique. En 1800, les Maltais appelèrent les Britanniques à l'aide en raison de plusieurs lois impopulaires promulguées par Bonaparte.

1800-1964 Colonisation britannique[modifier | modifier le code]

Occupation britannique[modifier | modifier le code]

Grâce à l’aide des troupes britanniques, les Français durent se retirer de Malte après deux ans de siège. Cependant, les Britanniques refusèrent de rendre l'archipel à l'ordre de Malte, et l'annexèrent officiellement à l'Empire britannique en 1814, par le Traité de Paris. Toutefois les Britanniques ne furent pas mieux acceptés que les Français : ils imposent unilatéralement leur langue et accaparent tout le pouvoir politique et économique. Cette situation d'exploitation coloniale provoqua en retour la montée de fortes revendications nationalistes.

Presque tout le XIXe siècle vit la montée de ces fortes revendications nationalistes. En 1849, puis en 1887, les Britanniques durent faire à Malte de nouvelles concessions augmentant le nombre d'élus maltais au Conseil législatif. Les premières tentatives pour normaliser l’écriture maltaise ne commencèrent qu’à la toute fin du XIXe siècle grâce à Mikiel Anton Vassalli, considéré depuis comme « le père de la langue maltaise ». Il a quand même fallu attendre en 1924 pour que l’alphabet soit reconnu et accepté par les Maltais.

En 1921, à la suite de violentes émeutes, une constitution instaurant un véritable parlement fut promulguée, puis suspendue en 1930 en raison de l'agitation croissante de la population.

Les Britanniques durent faire de nouvelles concessions, augmentant le nombre d'élus maltais au Conseil législatif, puis reconnaître (en 1934) la langue maltaise. Au même temps dans le cadre d’un processus globale de "désitalianisation" de l’entier archipel maltais, en occasion des sanctions économiques décidées par la Société des Nations contre l’Italie fasciste, les britanniques vont abolir l’utilisation de la langue italienne, jusqu'alors langue officielle.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Durant la Seconde Guerre mondiale, Malte joua un rôle important en raison de sa position stratégique pour les forces de l'Axe ;la résistance valut au pays la Croix du roi George pour son courage ; cette croix figure aujourd'hui sur le drapeau national.

Elle fut attaquée et bombardée intensivement par l'Italie à partir de 1940 et jusqu'à l'année 1943. Plusieurs jeunes maltais, considérant l'Italie comme leur patrie, ont fait partie de l'armée italienne pendant la guerre. L'un entre eux, Carmelo Borg Pisani, capturé en mission, fut pendu et reçut la "medaglia d'oro al valor militare".

La Seconde Guerre mondiale mit fin temporairement au conflit opposant Britanniques et Maltais, mais la lutte pour l'indépendance reprit dès la fin de la guerre. On comprendra que, sous le régime britannique, l’anglais fit partie des habitudes linguistiques des Maltais, et ce, d’autant plus que le maltais restait complètement ignoré de la vie politique et économique du pays.

1964 Indépendance de Malte[modifier | modifier le code]

1964-1974 État de Malte[modifier | modifier le code]

Après avoir accédé enfin à une autonomie locale en 1947, Malte obtint le statut de Dominion en 1955, puis en 1962 le Parlement maltais vota unilatéralement l'indépendance de l'État de Malte. Celle-ci ne fut officiellement accordée qu’en mai 1964, ce qui favorisa immédiatement l’utilisation de la langue et de l’écriture maltaises.

Enfin, l'indépendance du pays fut reconnue le 21 septembre 1964, mais Malte conserva la Reine Elisabeth II à sa tête, comme de nombreux pays du Commonwealth.

1974 République de Malte[modifier | modifier le code]

Dix ans plus tard, le 13 décembre 1974, Malte proclama la République et élit un Président à sa tête.

Dans les années qui suivirent, la vie politique du pays fut marquée par son neutralisme et son non-alignement dans les affaires internationales, puis, à la fin des années 1970, par une coopération étroite avec la Libye. En 1990, la république de Malte et la Libye ont même renouvelé leur traité de coopération bilatérale jusqu'en 1995.

La même année, Malte demande son adhésion à l'Union européenne étant déjà membre du Conseil de l’Europe depuis le 29 avril 1965. Malte rejoignit l'Union européenne le 1er mai 2004, neuf ans après les premières négociations.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Patrizia Gioia, « L'industria litica di Fontana Nuova (Ragusa) nel quadro dell'aurignaziano italiano » dans Rivista di Prehistoria e Protostoria delle Civiltà Antiche, 1984, vol. 13, p. 27-58
  2. Early Man and Island environments, Symposium international d'archéologie, Oliena, Sardaigne (1988). Aucune publication d'ensemble des travaux de ce symposium n'a été publiée.
  3. a et b Charles Savona-Ventura, Anton Misfud, « Pleistocene Deposits in the South Western Coast of Malta » dans Xjenza Official Journal of the Malta Chamber of Scientists, vol.4, no 2, décembre 1999, University of Malta, p. 10-17.
  4. Jean Guilaine (2001) « Malte et la préhistoire de la Méditerranée » dans Malte du Néolithique à la conquête normande, Dossier d'archéologie, no 267, octobre 2001, p. 18-19.
  5. David H. Trump, Malta : an Archaeological Guide, Faber et Faber, Londres, 1972
  6. Victor de Vita, Histoire de la persécution des Vandales, I, 4, lire en ligne
  7. a, b, c, d, e, f, g et h John Samut Tagliafero, Malte, Archéologie et Histoire, Casa Editrice Perseus, 1991
  8. a, b et c Jacques Godechot, Histoire de Malte, Paris, Presse Universitaire de France, coll. Que sais-je n°509, 1952
  9. a, b, c et d Charles Dalli, Malta, The Medieval Millennium, Midsea Books ltd,|coll. Malta's Living Heritage, 2006
  10. al-Himyarî cité in Mario Cassar, Vestiges of Arabic Nomencalture in Maltese Surnames, XXII Congresso Internazionale di Science Onomastiche / 22nd International Congresso of Onomastic Sciences du 28.8-4.9.2005 à Pise, lire en ligne
  11. Martine Vanhove, « La langue maltaise : un carrefour linguistique » in Revue du monde musulman et de la Méditerranée, vol. 71, 1994, p. 167-183, lire en ligne
  12. a, b et c Anthony Luttrell, « L'effritement de l'Islam (1091-1282) » in Revue du monde musulman et de la Méditerranée, vol.71, 1994, p.49-61, lire en ligne
  13. Gaufridi Malaterrae, De rebus gestis Rogerii Calabriae et Siciliae comitis et Roberti Guiscardi ducis fratris eius IV,XVI, lire en ligne
  14. Brian Blouet, The Story of Malta, Progress Press Publication, 1989,
  15. p. 165 de Histoire de l'Ordre de Malte, par Bertrand Galimard Flavigny, Perrin, Paris, 2006, (ISBN 2-262-02115-5)
  16. André Plaisse, La grande croisière du Bailly de Chambray contre les Turcs, revue Marins et Océans III, Économica, 1992
  17. p. 332 de Histoire de l'Ordre de Malte, par Bertrand Galimard Flavigny, Perrin, Paris, 2006, (ISBN 2-262-02115-5)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (en) Uwe Jens Rudolf et Warren G. Berg, Historical Dictionary of Malta, Scarecrow Press, Lanham Md, 2010, 338 p. (ISBN 978-0-8108-5317-1)
  • (fr) Alain Blondy, Malte, 7000 ans d'histoire, Paris, Bouchène, 2011.(ISBN 978-2-35676-023-4)
  • (fr) Jacques Godechot, Histoire de Malte, Col. Que sais-je, Presse Universitaire de France, Paris (1970).
  • (fr) Simon Mercieca, Les chevaliers de Saint-Jean à Malte, Casa Editrice Bonechi, Florence (2005), Miller Distributors Limited, Malta (ISBN 88-476-1681-6).