Histoire de Juliette, ou les Prospérités du vice

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Histoire de Juliette, ou les Prospérités du vice
Image illustrative de l'article Histoire de Juliette, ou les Prospérités du vice

Auteur D.-A.-F. de Sade
Genre Roman libertin
Pays d'origine Drapeau de la France France
Date de parution 1801

L’Histoire de Juliette, ou les Prospérités du vice est un roman du marquis de Sade, publié en 1801.

L’Histoire de Juliette, ou les Prospérités du vice est le second volet de l’histoire de la sœur de Juliette, Justine ou les Malheurs de la vertu. La publication, sans nom d’auteur, de ces deux ouvrages a valu à leur auteur son arrestation sur ordre par Napoléon et son incarcération sans procès à l’asile de Charenton durant les treize dernières années de sa vie.

Alors que, dans les Malheurs de la vertu, Justine n’obtient, pour tout prix de sa vertu, que des injustices et des sévices répétés, Juliette est au contraire une nymphomane amorale dont les entreprises lui valent le succès et le bonheur.

Résumé[modifier | modifier le code]

Juliette est élevée dans un couvent, mais à l’âge de treize ans, elle est séduite par une femme qui entreprend de lui expliquer que la moralité, la religion et les idées de cette sorte sont dépourvues de sens. Toutes les considérations philosophiques évoquées au cours du récit sont de cet ordre : toutes les idées touchant à Dieu, la morale, les remords, l’amour, sont attaquées. La conclusion générale est que le seul but dans la vie est « de s’amuser sans se soucier, aux dépens de quiconque ». Juliette pousse ceci à l’extrême en assassinant de nombreuses personnes, y compris divers proches et amis.

Pendant le roman, qui suit Juliette de l’âge de treize à environ trente ans, l’anti-héroïne dévergondée s’engage dans pratiquement chaque forme de dépravation et rencontre toute une série de libertins comme elle, tels que la féroce Clairwil, dont la passion principale est d’assassiner de jeunes hommes, Saint-Fond, un nabab incestueux de cinquante ans qui assassine son père, torture quotidiennement des jeunes filles à mort, allant même jusqu’à ourdir un complot ambitieux visant à provoquer une famine qui éliminera la moitié de la population française. Minski, l'« ogre des Apennins », est un anthropophage infligeant au corps humain les tortures et les mutilations les plus inventives.

Personnes réelles dans Juliette[modifier | modifier le code]

Une des scènes les plus étendues de Juliette relate une longue entrevue de Juliette avec le pape Pie VI. L’héroïne montre son érudition au pape — auquel elle s’adresse le plus souvent par son nom séculaire de « Braschi » — en dressant le catalogue des immoralités commises par ses prédécesseurs. Comme presque toutes les scènes du récit, l’audience se termine sur une orgie, à laquelle le pape participe. Pour obtenir les faveurs de Juliette, le pape célèbre des messes noires à Saint-Pierre-de-Rome.

Peu après, le personnage Brisatesta relate deux rencontres scandaleuses, la première avec « la princesse Sophia, nièce du roi de Prusse », qui vient juste d’épouser « le stathouder » à La Haye. Ceci désigne vraisemblablement Friederike Sophie Wilhelmine de Prusse (1751-1820), qui a épousé Guillaume V d'Orange-Nassau, le dernier stadhouder hollandais, en 1767, encore vivant lors de la publication de Juliette. Une autre rencontre a lieu avec la tsarine Catherine II de Russie, dépeinte comme une dépravée violentant de jeunes hommes.

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