Histoire d'Oman

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Drapeau du sultanat d'Oman.

Cet article retrace l'histoire du sultanat d'Oman.

Antiquité et Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le Proche-Orient vers 565.

La région d'Oman était connue à l'époque sumérienne sous le nom de Magan : aux alentours de 2300 av. J-C, elle est mentionnée comme une source de cuivre et de diorite pour la Mésopotamie. Dans l'antiquité, la péninsule devient une productrice majeure d'encens, et elle entretient une activité commerciale importante avec la Mésopotamie, l'Égypte, la Perse, l'Inde et l'île de Dilmun. Oman constitua l'une des satrapies de l'Empire perse lorsqu'elle y fut incorporée, vers 536 av. J.-C.

L'Oman est islamisée du vivant de Mahomet, au VIIe siècle. Au VIIIe siècle, à la suite du schisme entre sunnites et chiites, l'Oman est un des rares pays à emprunter la voie médiane, le kharidjisme, et devient bientôt la principale région d'obédience ibadite.

L’histoire d’Oman ne commence véritablement qu'en l'an 751 de notre ère, avec l’élection du premier imam ibadite à Nizwa.

Tout en conservant ses imams ibatides comme autorité religieuse, la région sera plusieurs fois dominée par de grandes puissances étrangères durant le Moyen Âge, notamment par intermittence par les Qarmates de 931 à 934, puis par les Bouyides de 967 à 1053, et enfin par l'empire Seljouk de 1053 à 1154.

En 1154, la dynastie omanaise des Nabhânides prend le contrôle du pays, et le conserva jusqu'en 1470 (malgré une interruption de 1406 à 1443). Alliés des Bûyides et tournée vers le détroit d’Ormuz et la rive persane du Golfe, les Nabhânides donnent une impulsion nouvelle à l’expansion maritime du pays. D’abord installés à Suhâr, ils contribuèrent à faire de Qalhât le plus grand port de la côte omanaise[1].

Bataille navale entre Omanais et Romains dans l'océan Indien (IIe siècle).

Histoire moderne[modifier | modifier le code]

Extension maximale de l'empire d'Oman au XIXe siècle. L'influence en Afrique se limite en réalité à la côte, de culture swahilie.
Article détaillé : Mascate et Oman.

Les Portugais s'emparèrent des ports de la péninsule de 1507 à 1650, prenant Mascate en 1515 et la défendant contre les nombreux sièges ottomans (qui la prennent en 1550–1551 puis de nouveau de 1581 à 1588). En 1649-1650, les Omanais désormais menés par la dynastie Yaroubide chassent les Portugais et s'emparent à leurs dépens des principaux ports swahilis de la côte est-africaine : Mombasa, Kilwa, Zanzibar et Pemba, ce qui leur permet de contrôler une partie du très lucratif commerce d'esclaves. En 1719, Saif ibn Sultan II est élu à la succession dynastique. Sa candidature fut à l'origine d'une fracture dans l'ulama et fit éclater une guerre civile entre les deux tribus majeures, les Hinawi et les Ghafiri, les Ghafiri soutenant Saif ibn Sultan II. Celui-ci conserve le pouvoir en 1748 après que les leaders des deux factions aient été tués dans la bataille, mais cela ne suffit pas à éteindre la querelle, cette factionalisation jouant le jeu des Iraniens, qui occupent partiellement le pays de 1737 à 1744 (notamment Mascate et Sohar).

En 1749, Ahmed ibn Said fonde la lignée actuelle des sultans d'Oman, et après avoir dirigé une révolte qui mena à l'expulsion des iraniens, il se fait élire sultan et imam en 1779 et établit sa capitale à Mascate : c'est le début d'un âge d'or pour le sultanat d'Oman, qui confirme son influence sur l'océan indien occidental jusqu'à Madagascar. Au début du XIXe siècle, l'Oman était ainsi devenu le centre d'un véritable empire colonial, qui s'étendait du Balouchistan à Zanzibar, enrichi par le commerce des esclaves et des épices.

Soutenu par l'Angleterre et la France qui cherchent à étendre leur influence dans l'océan indien, le sultanat de Zanzibar fait sécession le 6 avril 1861. À la fin du XIXe siècle, les Britanniques soutinrent la dynastie des Bû Sa'id. Mais à la suite de l'abolition de l'esclavage et de sa traite dans l'Empire Britannique et ses protectorats, le sultanat subit un fort déclin économique qui se ressent jusque dans la démographie (entre 1850 et 1870, Mascate passe de 55 000 à 8000 habitants). Le sultanat est finalement placé de fait sous protectorat britannique de 1891 à 1971, tout en conservant nominalement son indépendance.

Le port de Mascate en 1903.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1970, le sultan Said ibn Taymour, d'une nature despotique, a été évincé par son fils, l'actuel sultan Qabus bin Said Al Said. Qabus a entrepris depuis l'amélioration économique du pays, tout en maintenant la paix avec tous les autres pays du Moyen-Orient. L'ONU a classé le sultanat parmi les dix pays ayant connu le plus fort développement depuis 1970. De 1965 à 1976, la partie orientale de l'Hadramaout, le Dhofar, a été le théâtre d'une violente insurrection communiste, dite guerre du Dhofar, provoquée par les mauvaises conditions socioéconomiques d'une partie de la population. Ce soulèvement fut réduit avec l'aide des forces britanniques et iraniennes[2]. En 1980, le sultan a accepté l'établissement d'une base américaine sur l'île de Masirah, utilisée ensuite pour des opérations dans le golfe Persique. En 1981, il fait adhérer son pays au Conseil de coopération du Golfe (GCC).

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1996, le sultan a promulgué un décret clarifiant les règles de succession, instituant un conseil bicaméral doté de certains pouvoirs législatifs, un premier ministre et garantissant des libertés civiles de base pour les citoyens omanis. En 2003, la chambre basse du conseil a été librement élue pour la première fois.

Aujourd'hui (2011), le sultanat est prospère. Le revenu par habitant atteint 25 000 dollars par an. Selon le rapport de l'ONU (2010), les secteurs de la santé et de l'éducation ont nettement progressé : 85 % de la population — soit 2,8 millions d'habitants — est alphabétisée et éduquée.

Sites archéologiques[modifier | modifier le code]

  • Sohar, Majlis, Bat Tombs, Hazm, Manah, Fanjah, Rusail, Ibra, Samad, Qurayat, Qalhat, Sur, Mirbat, Salalah, Rahab, Ubar...

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cyrille Aillet, « L’ibâḍisme, une minorité au cœur de l’islam », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée [En ligne], 132 | décembre 2012, mis en ligne le 08 avril 2013, consulté le 08 octobre 2013. URL : http://remmm.revues.org/7752
  2. (en) Oman 1965-1976: From Certain Defeat to Decisive Victory, Jim White, 2008

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Isam Al-Rawas, Oman in early Islamic history, Ithaca Press, Reading (U.K.), 2000, 232 p. (ISBN 0-86372-238-5)
  • (en) John Duke Anthony (et al.), Historical and cultural dictionary of the Sultanate of Oman and the Emirates of Eastern Arabia, Scarecrow Press, Metuchen, N.J, 1976, 136 p. (ISBN 0810809753)
  • (en) Raghid El-Sohl (dir.), The Sultanate of Oman. 1914-1918, Ithaca, Reading, 2000, 482 p. (ISBN 9780863722424)
  • (en) Raghid El-Sohl (dir.), The Sultanate of Oman. 1939-1945, Ithaca, Reading, 2000, 378 p. (ISBN 0863722644)
  • (en) Alastair Hamilton, An Arabian utopia : the Western discovery of Oman, Oxford University Press, Oxford, 2010, 252 p. (ISBN 978-0-19-958160-3)
  • (en) Muhammed Abdul Nayeem, Origin of ancient writing in Arabia and new scripts from Oman : an introduction to south Semitic epigraphy and palaeography, Hyderabad Publishers, Hyderabad, 2001, 186 p. (ISBN 8185492093)
  • (en) Francis Owtram, A modern history of Oman : formation of the state since 1920, I. B. Tauris, Londres, 2004, 232 p. (ISBN 9781860646171)
  • (fr) Hussein Ghubash, Oman : une démocratie islamique millénaire : la tradition de l'imâma : l'histoire politique moderne, 1500-1970, Maisonneuve et Larose, Paris, 2007 (nouvelle éd.), 383 p. (ISBN 978-2-7068-1903-2)
  • (fr) Jean-Paul Charnay et Yves Thoraval (dir.), Sultanat d'Oman : retour à l'histoire, Éd. l'Harmattan, Paris, Montréal, 1998, 111 p. (ISBN 2-7384-6203-0)
  • (fr) Sophie Méry, Les céramiques d'Oman et l'Asie moyenne : une archéologie des échanges à l'Âge du Bronze, CNRS Éditions, Paris, 2000, 314 p. (ISBN 2-271-05792-2) (texte remanié d'une thèse de doctorat d'Histoire, Paris 1, 1991)
  • (fr) Michel Mouton, La Péninsule d'Oman de la fin de l'Âge du Fer au début de la période sassanide (250 av. JC-350 ap. JC), Archaeopress, Oxford, 2008, 325 p. + pl. (ISBN 978-1-4073-0264-5) (texte remanié d'une thèse de doctorat d'Histoire, Paris 1, 1992)
  • (fr) Khālid Al Wasmī, Oman entre l'indépendance et l'occupation coloniale : recherches sur l'histoire moderne d'Oman dans ses relations régionales et internationales, 1789-1904, Labor et fides, Genève ; Publications orientalistes de France, Paris, 1986, 287 p. (ISBN 2-8309-0050-2) (texte remanié d'une thèse, Genève, 1977)