Site archéologique de Troie

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le « site archéologique de Troie » à Hissarlik (Turquie). Pour la cité légendaire, voir Troie.
Site archéologique de Troie *
Patrimoine mondial de l'UNESCO
Un tétradrachme de Troie de l'époque hellénistique
Un tétradrachme de Troie de l'époque hellénistique
Coordonnées 39° 57′ 26″ N 26° 14′ 21″ E / 39.957361, 26.23904839° 57′ 26″ Nord
       26° 14′ 21″ Est
/ 39.957361, 26.239048
  
Pays Drapeau de Turquie Turquie
Subdivision Çanakkale
Type Culturel
Critères (ii) (iii) (vi)
Numéro
d’identification
849
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Année d’inscription 1998 (22e session)
Plan du site archéologique
Plan du site archéologique
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Hissarlik ou Hisarlik (en turc Hisarlık, « lieu de la forteresse ») est un toponyme de l'actuelle province de Çanakkale en Turquie. Il correspond à un site de fouilles archéologiques aujourd'hui reconnu sous le nom de site archéologique de Troie par l'UNESCO, qui l'a inscrit sur la liste de son patrimoine mondial en 1998[1]. Situé dans l'ancienne Troade, à égale distance de la mer Égée et des Dardanelles (6,5 km), le site est en effet communément identifié à la Troie homérique[2] depuis le XIXe siècle, bien que de nombreuses incertitudes demeurent.

Hissarlik se présente comme une colline artificielle résultant d'accumulations successives de plusieurs millénaires d'occupation. Ce tel, de trente mètres de hauteur, a attiré un certain nombre d'archéologues amateurs dès les années 1850. Le plus doué de ces dilettantes était Frank Calvert, dont les premiers travaux ont été éclipsés par ceux effectués par Heinrich Schliemann dans les années 1870[3].

Sommaire

[modifier] Découverte de Troie par Schliemann

Pièces du « trésor de Priam » (Troie II) découvert par Heinrich Schliemann. Cette photographie est présumée avoir été prise avant la dispersion du trésor en 1880.

Schliemann creusa une immense tranchée dans la colline d'Hissarlik en traversant le niveau de la Troie homérique. Ses fouilles, commencées en 1870, durèrent vingt ans.

Aujourd'hui, nous savons qu'il existait au moins neuf villes, construites les unes sur les autres dans la même région, et que la première ville fut construite au IIIe millénaire av. J.‑C.

Dérouté par les nombreux niveaux découverts sous la colline, Schliemann finit par identifier quatre villes distinctes et successives sous la ville romaine d'Ilium. Il décide que la Troie d'Homère correspondait au deuxième niveau à partir du bas, mais cette conclusion n'était guère partagée par les autres archéologues. En 1873, il exhume un ensemble de bijoux en or, qu'il dissimule aux autorités turques et aux ouvriers, grâce à sa femme grecque Sophia qui les passe pièce par pièce en les cachant sous son châle. Parallèlement, Schliemann découvre un grand nombre de vases, de pointes de lances et de boucles d'oreille aux niveaux de Troie II ou de Troie III (2200 av. J.-C.). Malheureusement, son « trésor de Priam » disparut à Berlin en 1945, pour réapparaître dans les collections du Musée de l'Ermitage après la chute de l'URSS.

[modifier] Bilan des fouilles

Vue de coupe du site.

Pendant les années 1920, l'érudit suisse Emil Forrester déclara que les noms des endroits trouvés dans des textes hittitesWilusiya et Taruisa — devraient être identifiés avec Ilium et Troia respectivement. Il nota aussi qu'un roi wilusien, mentionné dans un des textes hittites sous le nom de Alaksandu était assez proche à celui du prince de Troie Alexandre, ou Pâris. Ces identifications furent démenties par beaucoup comme étant peu probables ou, du moins, pas prouvables, mais Trevor Bryce défendit cette idée dans son livre The Kingdom of the Hittites (Le Royaume des Hittites, 1998), citant une partie de la lettre Manapa-Tarhunda, qui parle du Royaume de Wilusa comme étant situé au-delà du pays de la rivière Seha (connue à l'époque classique comme Caicus), et près du pays du Lazpa (mieux connu comme l'île de Lesbos).

Maquette de Troie VII.

Pendant l'Âge du bronze, Troie semble avoir été une ville marchande prospère, puisque sa position permettait le contrôle complet des Dardanelles, par lesquelles tous les bateaux marchands de la mer Égée se rendant dans la mer Noire devaient passer. Elle aurait été disputée entre les Mycéniens et les Hittites, alliés de la ville.

La septième ville, qui fut fondée au XIIIe siècle av. J.‑C., semble avoir été détruite par une guerre et il y a des traces évidentes d'un grand incendie à l'intérieur. C'est pourquoi cette ville est supposée être celle décrite dans la légende de la guerre de Troie[3]. La dernière ville sur ce site fut fondée par les Romains pendant le règne de l'empereur Auguste, et semble avoir été une ville très importante jusqu’à ce que Constantinople devienne la capitale de l'Empire romain au IVe siècle. Par la suite, la vitalité de la ville baissa progressivement.

Il existe aujourd'hui une ville turque qui s'appelle Çanakkale et qui se situe très près de l'antique Troie.

Le site archéologique de Troie est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1998.

[modifier] Les découvertes du Dr Korfmann (1988-2005)

Murs dégagés des fouilles de Troie.

L'un des problèmes majeurs posés par le site d'Hissarlik (la Troie historique) était sa petite taille (137 m sur 187 m) comparée à la Troie décrite par Homère. Trois cent habitants tout au plus auraient pu vivre dans la Troie VIIa, alors qu'Homère en décrit cinquante mille. Pendant les années 1990, on est persuadés que le texte d'Homère n'est pas informatif sur l'histoire de cette région. Il ne s'agira donc pour l'opinion publique que d'une magnification et exagération du poète.

En 1988, le Dr Korfmann de l'Université de Tübingen en Allemagne reprend les fouilles du site. Son but est scientifique, il n'est pas du tout influencé par le récit d'Homère comme l'était Schliemann. D'ailleurs, ce n'est pas véritablement pour explorer la ville de l'époque où est censé se produire l’Iliade qu'il prospecte, mais pour explorer une période qui parait plus intéressante archéologiquement : la période classique et la période romaine. Rien à voir avec la guerre de Troie.

Étape par étape, au fil des campagnes de recherches, ses découvertes vont faire évoluer considérablement notre connaissance de l'histoire de cette époque.

[modifier] Les recherches sur l'époque classique et l'époque romaine

De 1988 à 2001, il officialise l'existence de neuf villes qui se sont succédé à travers l'histoire. La ville découverte de l'âge du bronze (époque où se situerait la guerre de Troie), qui se situe à la fois sur Troie VI et Troie VIIa, est trop petite pour correspondre au récit.

La majeure partie des recherches de 1988 à 2001 de Korfmann se concentrent sur deux niveaux de la ville : Troie VIII et Troie IX qui correspondent respectivement à la fin de la période classique de la Grèce antique et l'époque romaine. Il découvre notamment que le site romain avait une vocation très... touristique!

En effet, il découvre qu'au VIIIe siècle avant J-C, des colons grecs de l'île de Lemnos ont construit sur le site de Troie VII, abandonné depuis la fin du second millénaire avant J-C, soit entre l'an 1250 et l'an 1000 avant J-C. La petite ville qu'ils construisent prend d'avantage d'ampleur pendant les 5 siècles qui suivent[4].

Il parvient à dater qu'en 306 avant J-C, soit à la période hellénistique (peu après le règne d'Alexandre le Grand), la ville grecque prend une ampleur considérable et devient une capitale. Capitale d'un secteur qu'on définira plus tard comme étant la ligue des villes de la Troade[5].

En ce qui concerne Troie IX, Korfmann s'apercoit qu'en 188 avant J-C les Romains avaient eux-mêmes identifié le site comme étant... celui du récit d'Homère !

Les Romains, qui avaient beaucoup de considération pour les Grecs des périodes classique et hellénistique, souffraient du manque de liens avec cette civilisation. C'est ainsi que serait né le mythe d'Enée, premier fondateur de Rome qui se serait enfui de Troie lorsqu'elle était assiégée par Ulysse et Agamemnon.

Ainsi, les historiens pensent-ils que la ville romaine de Troie IX avait une vocation de pèlerinage important et sacré pour les Romains.

Les découvertes montrent que la ville est fréquentée jusqu'à l'empire byzantin puis désertée à l'époque de l'empire ottoman.

[modifier] Les recherches sur l'âge de Bronze

A la fin des années 1990, le bilan du Dr Korfman sur la vocation admirative de la ville romaine pour la légende de Troie par rapport au récit d'Homère, le pousse à prospecter sur l'importance de Troie VI et VII. C'est l'objectif qu'il fixe pour la campagne de fouilles de "2001-2002".

[modifier] Découverte de la ville basse

Se penchant sur cette ville qu'il estimait trop petite pour être la cité mythique, il analyse le mur d'enceinte qui, pour lui, n'a toujours rien en commun avec les fameuses "hautes murailles de Troie" que décrit Homère. C'est alors qu'il s’aperçoit que la porte d'entrée n’a pas la vocation que l'on pensait jusqu'à lors : Elle ne permet pas de défendre la ville. Sur ces conclusions débutent des recherches qui vont révéler que la "ville" n'en n'est pas une mais qu'il s'agit plutôt d'un lieu privilégie, une sorte "d'Acropole" qui appartiendrait forcément à une agglomération plus grande.

Utilisant la prospection par résonance magnétique aux alentours du site, il découvre, en plus des restes d'une grande agglomération de l'époque romaine et classique : une importante agglomération, une "ville basse" de l'âge de Bronze. Remarquant une ligne entourant la ville basse de cette époque sur les photographie des sondes souterraines, il y entreprend des fouilles à cet endroit[6].

Ces fouilles ont révélé un fossé et un mur d'enceinte de type cyclopéen, qui représente un type de mur pouvant mesurer deux cyclopes et demi au moins, enserrant la ville basse appartenant à la Troie VIIa.

Cette nouvelle découverte assure à la ville une superficie de 350 000 m², soit treize fois plus grande que celle de la seule acropole que nous connaissions déjà. Avec une taille aussi considérable, Troie dépasse en superficie sa rivale Ugarit (200 000 m²) et devient l'une des plus grandes villes de l'Âge du bronze. Sa population serait alors de 5 000 à 10 000 habitants, ce qui en temps de siège peut tout à fait être suffisant pour abriter les 50 000 habitants de toute la région.

[modifier] Révélation de l'histoire géologique du secteur

Ses découvertes précédentes ayant attiré des investisseurs privés, le Dr Korfmann entreprend une nouvelle campagne de fouilles dans le cadre d'une nouvelle entreprise : le "projet Troia".

Intrigué par cette découverte et cette ressemblance avec la ville mythique, le Dr Korfmann entreprend alors de se pencher sur les autres contradictions ou zones d'ombres entre le site qu'il fouille et celui décrit par Homère.

En effet, le mur de la ville basse se situant à 7 km du premier rivage marin, il parait difficile d'imaginer les combats decrits par Homère d'une part, et d'autre part un autre détail (qui a beaucoup plus d'influence pour Korfman): Troie VIIa étant après la découverte la ville la plus importante connue à ce jour de la région et de plus situé sur le détroit des Dardanelles, font déduire le fait qu'elle avait une place importante dans la vie maritime de l'époque. Il est donc peu utile de la construire si loin de la mer.

Afin de répondre à cette question, il entreprend des études géophysiques autour de la ville basse. Avec une foreuse de grande profondeur, les géophysiciens retrouvent des sédiments marins sous les cultures. Le secteur nord est était une terre marécageuse, faite de sable et d'argile. Les scientifiques la datent à 3000 an avant notre siècle soit à l'époque supposée de la guerre de Troie mais surtout correspondant à la même époque que la cité importante de l'âge de Bronze. La ville a donc désormais pour les historiens, une utilité crédible et logique au niveau du rôle qu'elle aurait pu jouer dans son époque.

[modifier] Recueil des premiers épigraphes sur le site

A peu près au même moment que les recherches géologiques, les fouilleurs tombent sur les premières inscriptions du site archéologique. Il s'agit d'un petit seau de bronze trouvé dans la ville basse. L'analyse des hiéroglyphes indique qu'il s'agit de la langue Luvit, qui était parlée en Asie mineure sur le plateau de l'actuel Turquie, sous le règne des Hittites.

Avec cette découverte, Korfman se met en lien avec David Hawkins, spécialiste de des langues mortes d'Asie mineure qui analyse une tablette hittite. Cette tablette est traduite comme étant un traité de paix et de commerce avec une grande ville du nord ouest de la turquie avec un statut "divin" pour les hitites. Cette ville est décrite comme ayant une rivière souterraine.

[modifier] Recherche de la rivière souterraine

Afin de pouvoir identifier le site indiqué par le traité Hittite comme étant bien le site archéologique de Troie, les archéologues prospectent autour d'un affluent du Scamandre pour en trouver sa source et trouvent ainsi une source souterraine qui se prolonge sous le site dans un canal souterrain aménagé par l'homme. Ensuite, il mettent au jour un réseau d'irrigation provenant de ce canal et pouvant alimenter la ville basse sans pouvant directement désigner laquelle.

Dans le tunnel, Korfman fait donc analyser les dépôt calcaire dans le tunnel. Ces analyses révèlent que le système d'irrigation souterrain est aussi vieux que la ville et qu'il était toujours utulisé à l'époque des romains.

De plus, on peut remarquer qu'il est fait mentions de "sources jaillissant de la terre" dans la description de la ville de Troie par Homère.

[modifier] Découvertes de traces militaires

Au cours des dernières recherches du Dr Korfman, on recueille quelques objets militaire dans Troie VIIa, mais en peu grand nombre (principalement des lances). Il est est aussi difficile de les dater précisément et de définir à quelle civilisation elles appartiennent vraiment. En decouvrant aussi plusieurs traces de foyers, on arrive vers 2004 - 2005, à estimer avec assez de précisions qu'il y a eu des combats dans la ville et qu'on y a utilisé le feu.

Mais rien ne précise encore en 2005 que la citée a pu être détruite par un incendie.

Après sa dernière campagne en 2005, le Dr Korfmann estime qu'on ne peut pas encore parler de guerre de Troie, ; mais qu'il faudra des fouilles ultérieures pour révéler si le mythe de l'Iliade d'Homère n'en n'est pas qu'un.

[modifier] Poursuite des fouilles par Ernst Pernicka (2005 à aujourd'hui)[7][8]

A près le décès du Dr Manfred Korfmann, les fouilles sont reprises par Ernst Pernicka, archéo-métallurgiste, en octobre 2005.

Il se fixe l'objectif de continuer la prospection de Troie VIIa dans une dimension anthropologique (recherches de sépulture, analyse des squelettes...). Il découvre beaucoup de corps, notamment des hommes enterrés avec les squelettes de leurs chevaux. Les décès principaux sont apparemment du à une cause violente.

Parallèlement, sa façon de fouiller permet de retrouver plus d'armes et de signes de combats. Notamment des flèches plantés dans la muraille ainsi que de définir que le foyer des incendies était bien plus grand que ce que Korfman avait découvert en 2005.

Il fait dater les traces de charbon de bois découvertes sur les foyers d'incendie au carbone 14. Les incendies auraient eu lieu en 1225 avant J-C. Soit à l'époque présumée de la fin de la guerre de Troie.

En 2009, il découvre notamment les reste d'un couple inhumé à hauteur Troie VIIa.

Ces dernières découvertes permettent de situer un conflit majeur ayant pu détruire la cité en 1225 avant J-C.

[modifier] Notes et références

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

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