Hippolyte Visart de Bocarmé

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Hippolyte Visart de Bocarmé
Assassinat de Gustave Fougnies

Hippolyte Visart de Bocarmé, inscrit à l'état civil le 14 juin 1818, et guillotiné le 19 juillet 1851 à Mons, est un assassin belge.

Les faits[modifier | modifier le code]

Alfred Julien Gabriel Gérard Hippolyte Visart de Bocarmé, (qui ne fut jamais comte, son père lui ayant survécu), était le fils du comte Julien Visart de Bury et de Bocarmé (1787-1851) et de la comtesse Ida du Chasteler (1797-1873). Il naquit en mer et fut inscrit au camp de Weltevredem près de Batavia à Java[1] .

Il épousa en 1843 Lydie, Victoire, Josèphe Fougnies (°1818), et comptait fermement sur l'héritage de cette fille de riche propriétaire. Pour en capter la totalité, il fallait que meure aussi vite que possible le frère de sa femme, Gustave Adolphe Joseph Fougnies, handicapé physique et maladif, demeuré célibataire. Mais voilà que sur le tard, celui-ci envisageait de se marier avec une aristocrate désargentée. Financièrement aux abois, poursuivi par ses créanciers, Bocarmé ne voulait pas de cette union, espérant tout hériter de son beau-frère. Il prépara un mélange contenant de la nicotine en forte quantité et l'administra à Gustave Fougnies — lors d'une visite de celui-ci au château de Bitremont, à Bury. Gustave mourut dans d'affreuses souffrances.

L'enquête[modifier | modifier le code]

La mort de Gustave semblant suspecte, les autorités ouvrirent une enquête. L'analyse chimique des organes de la victime, prélevés par trois médecins, faite par le chimiste belge Jean Servais Stas, révéla l'empoisonnement de la victime. On détecta la présence de la substance empoisonnée par ajout de potasse dans une préparation faite à base des viscères du défunt. Hippolyte Visart de Bocarmé et sa femme furent aussitôt suspectés. Ils furent jugés par la cour d'assises de Mons. N'ayant jamais avoué, Hippolyte fut néanmoins condamné à la peine de mort, le 14 juin 1851. La culpabilité de Lydie Fougnies n'ayant pu être établie, elle fut acquittée. Elle hérita par la suite des biens de son frère: terres, fonds, ainsi que du château de Grandmetz et se remaria avec un sieur van Duerne.

L'exécution[modifier | modifier le code]

Malgré (ou à cause de) ses titres de noblesse, le roi Léopold Ier refusa de le gracier. Le vicomte Hippolyte Visart de Bocarmé fut décapité, par le bourreau Jean Joseph Guillaumez, sur la Grand-Place de Mons.

Descendants[modifier | modifier le code]

Hippolyte Visart eut quatre enfants:

  • Rodolphe, mourut à la naissance en 1844
  • Robert (1844-1907) émigra au Canada et y épousa Lucy Simonds (1852-1906) avec qui il eut treize enfants, à l'origine d'une nombreuse progéniture
  • Mathilde (1848-1914) se fit religieuse (par pénitence pour le crime commis par son père?) et devint supérieure des Dames de la Visitation.
  • Rose (°1849).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. source: Bibliographie bibliographique universelle.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis LABARRE, Le Drame du château de Bury, Mons, 1851
  • Procès du comte et de la comtesse de Bocarmé, Mons, 1851.
  • Frédéric THOMAS, Petites causes célèbres du jour. Tome 12, 1855
  • Pierre BOUCHARDON, Le crime du château de Bitremont, Paris, A. Michel, 1925,
  • Henry SOUMAGNE, Le Seigneur de Bury, Bruxelles, Larcier, 1946.
  • Alfred GALLEZ, Le sire de Bitremont, affaire de Bocarmé, Bruxelles, P. de Méyère, 1959.
  • Oscar COOMANS de BRACHÈNE, État présent de la noblesse belge, Annuaire 2000, Bruxelles, 2000
  • Robert WENNIG, Back to the roots of modern analytical toxicology: Jean Servais Stas and the Bocarmé murder case, in: Drug Test Anal, John Wiley & Sons, April 2009.
  • Douglas DE CONINCK, Visart de Bocarmé, in: De Morgen, 14 januari 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]