Hippolyte Müller

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Hippolyte Müller est né à Gap le 22 novembre 1865 et mort le 23 septembre 1933 à Grenoble. Cet ethnographe français a été le premier conservateur du Musée dauphinois de Grenoble, en 1906.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bijoutier de formation, sa passion pour la préhistoire le pousse à devenir un archéologue autodidacte de renom. Son père, Jean-Étienne-Gustave Müller, d'origine alsacienne, est professeur de musique et sous-chef de musique militaire à la retraite. Sa mère, Françoise Riban, est dauphinoise.

La famille Müller s'installe à Grenoble au cours de l'année 1869. La santé plutôt fragile d'Hippolyte Müller, entre autres, ne lui permet pas de poursuivre des études. Il devient en 1879 apprenti bijoutier à Grenoble. Ses loisirs sont principalement consacrés à collecter des minéraux. Il devient en mars 1884 ouvrier bijoutier à Chambéry. Le musée Savoisien lui permet d'observer les restes préhistoriques des palafittes du lac du Bourget.

En mars 1885, pour assouvir sa passion de la préhistoire, il obtient un poste temporaire au Muséum d'histoire naturelle de Grenoble. À la même époque, le congrès de l'Association française pour l'avancement des sciences (AFAS) qui se tient à Grenoble, le met en contact avec les savants les plus réputés. Les années suivantes, il passe plusieurs mois à Avignon, Marseille puis Alger mais, en 1888, il décide de regagner Grenoble.

À partir de 1891, Müller se met au service des ateliers d'un opticien grenoblois. Là il découvre la photographie qui se transforme en une autre de ses passions. Ce nouvel outil permettra à Hippolyte Müller de réaliser des milliers de clichés notamment sur ses activités de fouilles et ses découvertes. Un grand nombre de ses prises de vues sont conservées au Musée dauphinois.

En février 1894 il devient membre de la Société Dauphinoise d'Ethnologie et d'Anthropologie et, à travers son bulletin, il publie des articles concernant ses investigations sur la préhistoire et l'archéologie. Il occupe ensuite un poste de bibliothécaire puis de conservateur du matériel de la bibliothèque de l'École de Médecine.

Le 14 décembre 1906 une commission consultative composée de douze membres et chargée d'étudier la création d'un musée d'ethnographie à Grenoble désigne l'un de ses membres, l'ethnographe Hippolyte Müller, comme premier conservateur du musée dauphinois. En décembre 1918 il est admis à l'Académie Delphinale. Il collabore à plusieurs reprises avec l'archéologue ardéchois Jos Jullien de Joyeuse.

Grâce à Salomon Chabert, doyen de la Faculté des Lettres de Grenoble, et à ses compétences acquises dans le domaine de l'archéologie alpine, Müller dispense des cours sur la préhistoire et cela jusqu'en 1932. Ce statut d'enseignant constitue une consécration pour tout le travail accompli sur les premiers occupants des Alpes.

Il décède le 23 septembre 1933 et est enterré, près de Grenoble, au cimetière du Grand Sablon de La Tronche[1].

Il laisse parmi ses archives un roman inachevé dans lequel un naufragé de type Robinson Crusoé met en pratique, pour survivre, ses méthodes d'expérimentations préhistoriques. Hippolyte Müller a en effet participé au développement de l'archéologie expérimentale. Il a, comme plusieurs archéologues de l'époque, redécouvert les gestes utilisés par les peuplades préhistoriques. C'est avec une rigueur scientifique qu'il a décrit et utilisé les techniques employées pour la taille du silex, la réalisation de haches en pierre, le travail du bois et de l'os, la trépanation et la mutilation dentaire, la métallurgie du bronze et du fer, etc.[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Aux origines de la préhistoire alpine : Hippolyte Müller (1865-1933), Musée Dauphinois.
  • Hippolyte Müller sur le site de l'Institut de l’Information Scientifique et Technique [1].

Lien externe[modifier | modifier le code]