Hippias d'Élis

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Hippias d'Élis (Ἱππίας) est un homme public et un sophiste de la Grèce, du Ve siècle av. J.-C. Cet aristocrate éléate naquit vers 443 av. J.-C. et mourut entre[1] 396 et 390 av. J.-C. Sa vie et ses idées nous sont principalement connus par les dialogues de Platon, qui tourne en dérision ses prétentions à l'encyclopédisme, ainsi que par quelques passages des Mémorables de Xénophon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est connu comme interlocuteur principal de Socrate dans deux des dialogues de Platon, qu’on désigne de ce fait par son nom : Hippias majeur et Hippias mineur. Il est également cité dans le Protagoras de Platon. Ses services de sophiste étaient très populaires dans la polis d’Athènes[2], mais très contestés dans celle de Lacédémone (Sparte), car seuls les maîtres lacédémoniens pouvaient enseigner. L’éloge que Socrate prononce de lui dans l’Hippias mineur nous apprend que le savoir doit, pour lui, se traduire par des compétences pratiques : il s’est présenté un jour à Olympie en prétendant avoir fabriqué de ses mains tous ce qu’il portait sur lui : orfèvrerie, vêtements, chaussures, etc. Le même passage fait allusion à une méthode mnémotechnique de son invention[3].

Par contre, il était très apprécié pour sa grande capacité de mémorisation dans la cité. Il pouvait réciter les grands poèmes d'Homère et d'Hésiode par cœur[réf. nécessaire].

Hippias est aussi un géomètre ; et peut-être un astronome, comme le laisse entendre Platon dans l’Hippias majeur, lorsqu’il prête à Socrate l’apostrophe suivante : « c'est ce que tu connais le mieux, les astres et les phénomènes célestes ». Proclos de Lycie[4] lui attribue l'invention d'une courbe mécanique, la quadratrice, pour résoudre la trisection de l'angle.

Il a écrit un recueil de citations des philosophes présocratiques, notamment cité par Clément d'Alexandrie. Diogène Laërce en fait l’un des transmetteurs de la pensée de Thalès de Milet.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  1. Il était encore en vie au moment du procès de Socrate, en -399.
  2. On le voit au début du Protagoras de Platon.
  3. Hippias Mineur, §368b-368e et également Jacqueline de Romilly, Les grands sophistes dans l'Athènes de Périclès, éd. de Fallois,‎ 1988, 288 p. (ISBN 2-25305-142-8[à vérifier : ISBN invalide]), « 1.Surgissement et succès des sophistes », p. 25
  4. Commentaires sur le premier livre des Éléments d'Euclide (trad. Paul ver Eecke), Bruges,‎ 1948 (réimpr. 1959), p. 272