Hipparchia

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Hipparchia
Ἱππαρχία

Philosophe occidental

Antiquité

Description de cette image, également commentée ci-après

Détail d'une peinture murale romaine dans la Villa Farnesina à Rome.

Naissance 350 av J-C
Maronia
Décès 280 av J-C
École/tradition Cynisme
Influencé par Cratès de Thèbes
A influencé Zénon de Cition, Métroclès

Hipparchia est une philosophe cynique grecque de la fin du IVe siècle av. J.-C., sœur de Métroclès et épouse de Cratès de Thèbes.

Sommaire

Sources antiques [modifier]

La plupart des indications biographiques sur Hipparchia proviennent des Vies et doctrines des philosophes antiques de Diogène Laërce. Le livre VI de cette doxographie du IIIe siècle consacre trois paragraphes à la philosophe (VI, 96-98). Comme le souligne Marie-Odile Goulet-Cazé, il ne s'agit pas véritablement d'une Vie d'Hipparchia, mais plutôt d'une digression intercalée dans la Vie de Cratès[1].

Les autres sources antiques sont plus éparses et moins fiables. Un épigramme d'Antipater de Sidon, repris dans l'Anthologie Palatine, se présente comme une déclaration d'Hipparchia[2]. La Souda lui attribue quelques ouvrages[3]. Enfin, plusieurs lettres du corpus cynique lui sont adressées et complètent à plusieurs égards la biographie de Diogène Laërce[4].

Biographie [modifier]

En dépit de l'intérêt de la philologie moderne, la vie d'Hipparchia reste méconnue. La seule indication un peu absolue est fournie par la Souda. Ce dictionnaire d'époque byzantine fixe son floruit (littéralement, sa période d'activité la plus intense) vers la 111e olympiade (entre -336 et -333). Cette datation correspond assez mal aux autres informations biographiques qui ont pu être réunies. Cratès a commencé à être actif en tant que philosophe à partir de 113e olympiade (entre -328 et -325). Il aurait par conséquent dix ans de moins qu'Hipparchia. En somme « ces conclusions semblent peu vraisemblables »[5]. Les enseignements de la Souda étant plutôt sujet à caution, l'indication chronologique est probablement inexacte.

Née à Maronée, en Thrace, elle s'éprend de Cratès, refuse les prétendants les plus riches et menace de se suicider si ses parents ne lui permettent pas de se marier avec lui[6]. Comme les cyniques, elle vit dans la rue ; elle fait l'amour avec son mari aux yeux des passants, participant à des banquets habituellement réservés aux hommes et bravant les règles sociales de pudeur et de réserve alors imposées aux femmes. Elle est une des rares femmes philosophes de l'Antiquité, jurant ainsi avec l'image de la femme que se font Platon et Aristote. L'année de la mort de Hipparchia est inconnue.

Quand Théodore l'Athée lui dit : « Qui donc a laissé sa navette sur le métier ? », elle lui répond :

« C'est bien moi, Théodore. C’est moi, Théodore, mais ce faisant, crois-tu donc que j’ai mal fait, si j’ai employé à l’étude tout le temps que, de par mon sexe, il me fallait perdre au rouet ? »
(Diogène Laërce, VI, 98)

Elle a un fils, Pasiclès, et une fille.

Œuvres [modifier]

  • Hypothèses philosophiques
  • Épichérèmes
  • Questions à Théodore l’Athée

Bibliographie [modifier]

Sources antiques [modifier]

Éditions scientifiques [modifier]

Études modernes [modifier]

  • [Goulet-Cazé 1986] Marie-Odile Goulet-Cazé, « Une liste de disciples de Cratès le Cynique en Diogène Laërce 6, 95 », Hermes, no 114, 1986, p. 247-252 
  • [González 2000] Pedro Pablo Fuentes González, « Hipparchia de Maronée », dans Richard Goulet (dir.), Dictionnaire des philosophes antiques, t. III, Paris, CNRS éditions, 2000, 742-750 p.  Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Notes [modifier]

  1. Goulet-Cazé 1986, p. 248
  2. González 2000, p. 744.
  3. González 2000, p. 753
  4. González 2000, p. 744
  5. González 2000, p. 745
  6. Diogène Laërce, VI, 96.