Hinterkaifeck

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Article partiellement traduit de l'anglais : en:Hinterkaifeck.

48° 35′ 40″ N 11° 19′ 20″ E / 48.5944, 11.3222

mémorial sur le site de l'ancienne ferme

Hinterkaifeck est le nom donné à une petite ferme située entre les villes bavaroises de Ingolstadt et Schrobenhausen (environ 70 km au nord de Munich ) qui a été le théâtre de l'un des crimes les plus énigmatiques de l'histoire allemande. Dans la soirée du 31 mars 1922, les six habitants de la ferme ont été tués avec une pioche. Le meurtre n'a jamais été résolu.

Les six victimes étaient l'agriculteur Andreas Gruber (63 ans), son épouse Cäzilia (72 ans), leur fille veuve Viktoria Gabriel (35 ans) et ses deux enfants, Cäzilia (7 ans) et Josef (2 ans) ainsi que la femme de chambre Maria Baumgartner (44 ans). Il est possible que le petit Josef ait été le fils de Viktoria et de son père Andreas, avec qui elle a une relation incestueuse (ils ont d'ailleurs été condamnés tous les deux en mai 1915 pour inceste). Un autre père possible est un amant de Viktoria et voisin, Lorenz Schlittenbauer.

Hinterkaifeck n'a jamais été un toponyme officiel. Le nom a été utilisé pour la ferme à distance du hameau de Kaifeck, situé près de 1 km au nord de la partie principale (deux autres fermes) de Kaifeck et caché dans les bois (le préfixe Hinter signifie derrière en allemand). Le hameau faisait partie de la ville de Wangen, qui a été incorporé dans la commune de Waidhofen en 1971.

Les meurtres[modifier | modifier le code]

Quelques jours avant le crime, l'agriculteur Andreas Gruber raconte à ses voisins avoir découvert des empreintes de pas dans la neige menant de la lisière de la forêt à la ferme, mais sans trace repartant de la ferme. Il signale également des bruits dans le grenier et avoir trouvé un journal inhabituel. De plus, les clés de la maison ont disparu plusieurs jours avant les meurtres. Aucun de ces éléments n'a été signalé à la police.

Six mois plus tôt, la femme de chambre avait quitté la ferme, sur le prétexte qu'elle était hantée. La nouvelle domestique, Maria Baumgartner, est arrivée à la ferme le 31 mars, quelques heures seulement avant sa mort.

Le déroulement exact des meurtres reste mal déterminé. Il semblerait que le soir du 31 mars, les propriétaires, leur fille Viktoria et sa fille Cäzilia ont été attirés dans la grange, un par un, où ils ont été tués. Le (ou les) assassin(s) est alors entré dans la maison où il a tué le petit Josef qui dormait dans son lit dans la chambre de sa mère, ainsi que la femme de ménage, Maria Baumgartner, dans sa chambre à coucher.

Les jours suivants, le voisinage est surpris de ne voir personne de la ferme depuis plusieurs jours. Le facteur a remarqué que le courrier du samedi précédent était toujours là où il l'avait laissé. En outre, la jeune Cäzilia n'a pas pas été à l'école, ni le samedi, ni le lundi. Le mardi 4 avril, des voisins se présentent à la ferme et découvrent le massacre.

L'Enquête[modifier | modifier le code]

Le 6 avril 1922, le Dr Johann Baptist Aumüller (médecin de la cour) effectue les autopsies dans la grange. Il établit que la pioche est l'arme la plus probable. Les cadavres sont décapités après l'autopsie, et les crânes envoyés à Munich. L'autopsie révèle que la jeune Cäzilia a survécu pendant plusieurs heures après l'agression. Elle est retrouvée allongée dans la paille, à côté des corps de ses grands-parents et de sa mère, des touffes entières de cheveux lui ayant été arrachées.

Il semble que le (ou les) assassin(s) soit restés dans la ferme pendant plusieurs jours : quelqu'un a nourri le bétail, et mangé de la nourriture dans la cuisine. Les voisins ont également vu de la fumée de la cheminée pendant le weekend.

La police pense d'abord au vol comme mobile. Ils interrogent plusieurs habitants des villages environnants, ainsi que des colporteurs et vagabonds. La théorie de vol est cependant abandonnée quand une grosse somme d'argent est retrouvée dans la maison.

L'inspecteur Georg Reingruber et ses collègues de la police de Munich vont déployer d'immenses efforts sur cette enquête. Plus de 100 suspects seront interrogés durant plusieurs années, en vain. L'interrogatoire le plus récent a eu lieu en 1986, sans plus de succès.

Hypothèses[modifier | modifier le code]

Karl Gabriel, le mari de Viktoria, a été déclaré mort durant la Première Guerre mondiale en France en 1914, mais son corps n'a jamais été retrouvé. Une des hypothèses est qu'il ne serait pas mort et serait l'assassin.

Lorenz Schlittenbauer a également figuré dans la liste des suspects, sans que sa responsabilité soit finalement établie.

En 2007, les étudiants de l'Académie de police de Fürstenfeldbruck ont enquêté sur le cas avec des techniques modernes d'investigation criminelle. Ils conclurent qu'il est impossible de résoudre complètement le crime après tant d'années en raison de manque de preuves, des méthodes d'enquête assez primitives, des preuves perdues et de la mort des éventuels suspects. Néanmoins, ils sont parvenus à établir un suspect principal, sans le nommer dans le rapport par respect pour des parents encore en vie.

À ce jour, plusieurs chercheurs amateurs continuent d'enquêter sur l'affaire.

Sources et références[modifier | modifier le code]

hinterkaifeck.net : Site en allemand, entièrement consacré à l'affaire