Hilde Benjamin

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Hilde Benjamin
Hilde Benjamin (à droite) avec Friedel Malter, présidente de la commission des droits de l'homme, avant le début du deuxième du procès en première instance de Hans Globke, le 9 juillet 1963.
Hilde Benjamin (à droite) avec Friedel Malter, présidente de la commission des droits de l'homme, avant le début du deuxième du procès en première instance de Hans Globke, le 9 juillet 1963.
Fonctions
2e ministre de la Justice de la RDA
15 juillet 195314 juillet 1967
Prédécesseur Max Fechner
Successeur Kurt Wünsche
Biographie
Nom de naissance Hilde Lange
Date de naissance 5 février 1902
Lieu de naissance Bernbourg
Date de décès 18 avril 1989 (à 87 ans)
Lieu de décès Berlin est
Nationalité Flag of East Germany.svg Est-allemande
Parti politique SED
Conjoint Wilhelm Zaisser

Hilde Benjamin

Hilde Benjamin, née Hilde Lange le 5 février 1902 à Bernbourg et décédée le 18 avril 1989 à Berlin est une magistrate et femme politique est-allemande. Elle est ministre de la Justice de 1953 à 1967.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études et premiers engagements[modifier | modifier le code]

Après ses études secondaires, de 1921 à 1924, Hilde Benjamin étudie le droit aux universités de Berlin, de Heidelberg et de Hambourg. Elle travaille ensuite comme avocate à Wedding, un quartier de Berlin, notamment pour la Rote Hilfe, une organisation sociale dépendante du KPD (Parti communiste allemand). En 1926, elle épouse Georg Benjamin, frère de l'écrivain Walter Benjamin, et en 1927, elle rejoint le KPD. Interdite de pratiquer le droit après les nouvelles lois du Troisième Reich, en 1933, elle a travaillé pour l'association commerciale soviétique, à Berlin. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, elle est forcée de travailler dans une usine. Son mari, juif, est déporté et meurt au camp de Mauthausen, en 1942.

Carrière sous la RDA[modifier | modifier le code]

Après la guerre, en 1946, elle rejoint le SED nouvellement créé et devient vice-présidente de la Cour suprême de la RDA, poste qu'elle occupe de 1949 à 1953. À ce titre, elle participe aux procès Waldheim et préside une série de procès à grand spectacle contre des indésirables politiques, notamment les Burianek et les témoins de Jéhovah. Son inclinaison fréquente à prononcer des peines de mort lui vaut alors le surnom de La Guillotine rouge, ou Hilde la sanglante.

De 1949 à 1967 elle est députée à la Volkskammer (Chambre du peuple) et de 1954 à 1989 membre du Comité central du SED. En 1953, elle succède à Max Fechner comme ministre de la Justice. En 1967, Walter Ulbricht l'invite à démissionner, officiellement pour des raisons de santé, mais en réalité parce que le Politburo estimait que son fanatisme politique allait à l'encontre de la volonté de la RDA de jouir d'une reconnaissance internationale. Elle joue néanmoins un rôle dans la création du Code pénal de la RDA et joue un rôle décisif dans la réorganisation soviétique du système juridique du pays de 1967 à sa mort. Elle possède une chaire d'histoire de la magistrature à l'Académie des sciences politiques et juridiques, à Potsdam-Babelsberg. Elle meurt à Berlin-Est en avril 1989 et est inhumée au cimetière central de Friedrichsfelde de Berlin.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Hilde Benjamin est décorée en 1954 et en 1962 de l'ordre du mérite patriotique, en 1977 et en 1987 de l'ordre de Karl Marx, en 1979 du titre de Juriste de mérite de la RDA et en 1982 de l'étoile de l'amitié des peuples.

Sources[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Tombe d'Hilde Benjamin au cimetière central de Friedrichsfelde, à Berlin.
  • Aus Reden und Aufsätzen, Éditions de la RDA, Berlin, 1982.
  • Georg Benjamin. Eine Biographie, Hirzel, Berlin, 1987, ISBN 3-7401-0105-9.
  • Zur Geschichte der Rechtspflege, 3 tomes, Éditions de la RDA, Berlin 1976–86.
    • T.1 : 1945–1949 (1976)
    • T.2 : 1949–1961 (1980)
    • T.3 : 1961–1971 (1986) ISBN 3-329-00047-3.

Articles connexes[modifier | modifier le code]