Hiéron Ier

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Hiéron Ier(-478/-466), en grec ancien Ἰέρων, fut le second tyran de Syracuse successeur de son frère Gélon Ier, (-485/-478) et prédécesseur de son autre frère Thrasybule (-466/-465).

Biographie[modifier | modifier le code]

Il succède à Gélon et poursuit la politique expansionniste de ce dernier. Il s'assure le contrôle du détroit de Messine, expulse les habitants de Catane et de Naxos (Sicile) en 476 av. J.-C.[1] et fonde en 471, dans la même région la ville nouvelle d'Aitna (ou Etna) où il établit son fils Dinomène comme roi[2]. Il y introduit 5 000 colons venus du Péloponnèse et 5 000 autres venus de Syracuse[3]. Les Grecs de Cumes, menacés par les Étrusques, avaient demandé l'aide de Hiéron : au côté de la flotte de Cumes, il défait la flotte étrusque en -474 à la bataille navale de Cumes ; le désastre subi par les Étrusques marque la fin de leur hégémonie pour contrôler le commerce de Campanie[4] et permet aux Dinoménides d'apparaître comme les libérateurs du monde grec occidental. En -472 il bat Thrasydée, le fils de Théron, tyran d'Agrigente et fait passer la cité sous son contrôle. Par une scholie à la Ire Pythique de Pindare, nous apprenons que Hiéron souffrait de la pierre et qu'il « se faisait porter en litière dans les combats[5]. »
Propriétaire d'une écurie de chevaux de course, Hiéron remporta plusieurs victoires à la course des chevaux montés aux jeux pythiques et aux Jeux olympiques[6]. Il vit son fameux étalon, Phérénicos, vainqueur à Olympie en 476 av. J.-C. tandis que son quadrige remportait aussi la course des chars à Delphes en 470. En 468, il remporta la course des chars si enviée aux Jeux olympiques, et la fit célébrer par le poète Bacchylide. Pindare lui consacra également plusieurs de ses odes triomphales à l'occasion de ces victoires dans les deux grands jeux panhelléniques[7].

Son règne correspond à une période d'apogée pour Syracuse qui accueille de nombreux artistes tels les poètes Épicharme et Sophron. Invité lui aussi à la cour d'Hiéron, Eschyle fait représenter sa pièce Les Perses en -470 et compose à cette occasion la tragédie des Aitnéennes (ou Etnéennes)[8],[9]. Hiéron meurt en -466.

Xénophon le met en scène dans un dialogue éponyme.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], XI, 49.
  2. Pindare, Pythiques, Les Belles Lettres, 1977, p. 19-20.
  3. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], XI, 49.
  4. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], XI, 51.
  5. Pindare, Pythiques, I, scholie du vers 86 ; voir notice d'Aimé Puech, Les Belles Lettres, p. 23.
  6. Pindare, Olympiques, Les Belles Lettres, 1970, Notice générale p. 18-19.
  7. Pindare, Pythiques, I, II et III ; Olympiques, I, Les Belles Lettres, 1970.
  8. Édouard Will, Le monde grec et l'Orient, Le Ve siècle (510-403), P.U.F. 1972, p. 244-245.
  9. Eschyle, Tome 1, Éditions Les Belles Lettres, 1966, Introduction p. IV.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Édouard Will, Le Monde grec et l'Orient, Le Ve siècle (510-403), Presses Universitaires de France, 1972.
  • (de) Ulrich von Wilamowitz-Moellendorff, Hieron und Pindaros, Sitzungsberichte der Koniglich Preussischen Akademie der griechischen Lyriker, Berlin.