Heuneburg

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48° 05′ 41″ N 9° 24′ 43″ E / 48.09472, 9.41194

Heuneburg: Reconstruction des maisons celtiques

La Heuneburg est un habitat protohistorique fortifié se trouvant sur le Haut Danube près de Hundersingen dans la commune de Herbertingen, entre Ulm et Sigmaringen en Bade-Wurtemberg, Allemagne. Elle est considérée comme l'un des plus importants centres des Celtes en Europe centrale. En dehors de la citadelle fortifiée, il existe de nombreux vestiges d'occupation humaine aux alentours, ainsi que plusieurs nécropoles. L'ensemble s'étend chronologiquement sur plusieurs siècles.

Découverte du site et historique des fouilles[modifier | modifier le code]

Le site fortifié est repéré au début du XIXe siècle et une première description en est donnée par Eduard Paulus en 1882[1]. Paulus a, par ailleurs, pratiqué des recherches ponctuelles sur les tumulus environnant entre 1876 et 1880[2]. Des fouilles sporadiques ont lieu sur le site durant les années 1920. À la fin des années 1930, entre 1936 et 1938, le grand tumulus de Hohmichele est fouillé sous la direction de Gustav Riek[2].

C'est en 1950 que se met en place un programme de fouilles systématiques qui se déroulera jusqu'en 1979 sous la direction de Adolf Rieth, Kurt Bittel, Egon Gersbach and Wolfgang Kimmig[3].

Depuis 2003, le site est l'objet d'un projet de recherche multidisciplinaire sur les centres celtiques entrepris par la Fondation allemande pour la recherche. De nouvelles fouilles ont commencé en 2004[1].

Les publications sur le site sont regroupées dans une série d'ouvrage nommés les Heuneburgstudien. Onze volumes ont été publiés à ce jour.

Description du site[modifier | modifier le code]

Le site de la Heuneburg est principalement connu pour être un important centre celtique, qualifié de princier, entre le VIIe et le Ve siècle avant J.C., lors de la période du Halstatt. Toutefois, le lieu a connu plusieurs autres occupations de moindre importance.

La plus ancienne d'entre elles remonte à l'âge du Bronze moyen, du XVe au XIIe siècle avant J.C.. Le site, fortifié, a été abandonné au début de la culture des champs d'urnes. Cet abandon semble s'être fait sans violence ni destructions. Au premier âge du fer, le site est réinvesti et refortifié, ainsi que les zones en contrebas de la citadelle. L'ensemble se développe pour devenir un site important à l'échelle européenne, un centre majeur de pouvoir et de commerce. À la jonction entre le Ve et le VIe siècle avant .J.C., le site connaît deux importants épisodes de destructions violentes. Le site était supposé abandonné à la Tène, mais des données récentes sont susceptibles de relativiser ce point de vue[4].

Le site connaît également un regain d'activité au Moyen Âge, en raison de sa position stratégique. Aucune installation permanente ne s'est cependant développée lors de ces épisodes[5].

La citadelle Halstattienne[modifier | modifier le code]

Le centre princier fortifié est situé sur un plateau de 2 hectares au sommet d'un éperon rocheux, naturellement protégé et surplombant le Danube de 40 mètres. Il est investi au début du VIe siècle avant J.C.. Les fouilles ont identifiés plus d'une douzaine d'états dans la séquence stratigraphique. Cela correspond à une durée d'occupation d'au moins 250 ans.

Les fortifications[modifier | modifier le code]

Une première fortification est mise en place lors du réinvestissement du site vers 700 av. J.C.. Cette fortification initiale prend la forme d'un mur en bois et terre, apparenté au murus gallicus décrit par Jules César. C'est un mode de fortification courant dans le monde celtique.

Cette fortification est remplacée aux alentours de 600 avant J.C. par une structure sans équivalent au sein de l'Europe celtique contemporaine. Un mur de briques crues de près de 4m de haut sur, probablement surmonté d'un chemin de ronde couvert, le tout supporté par des fondations de pierre calcaire. L'ensemble, d'une hauteur totale de 6m, a été recouvert d'un enduit à la chaux régulièrement renouvelé. La fortification de la résidence princière était pourvue de deux portes monumentales, l'une ouvrant à l'ouest et donnant accès aux agglomérations extérieures, l'autre ouvrant à l'est et menant probablement au Danube et peut-être à des installations portuaires[6]. Ce rempart était également garni de tours en saillie. Il est généralement admis que cette architecture imite des remparts contemporains de la région méditerranéenne.

Ce mur de rempart a duré près de 70 ans. Vers 530 avant J.C., l'agglomération subit une violente destruction par le feu. Le second rempart est alors remplacé par une fortification de type plus traditionnel en bois et terre jusqu'à l'abandon du site.

Construction du second rempart de la Heuneburg au début du VIe siècle av. J.C. - Diorama au Heuneburgmuseum

L'agglomération[modifier | modifier le code]

La citadelle contient un système régulier de rues et de bâtiments. L'agglomération paraît avoir subi après 600 av. J.C., une réorganisation importante, l'habitat gagnant en densité et devenant réparti plus régulièrement[7].

Les bâtiments de la Heuneburg sont de plus grande taille et d'une construction de meilleure qualité que les bâtiments des habitats contemporains. Les constructions, relativement uniformisée, sont susceptible d'avoir servi d'atelier et d'habitation. Le travail du métal a été mis en évidence sur la citadelle, notamment par la découverte d'un atelier de bronzier au sud-est de l'agglomération[8].

Après la destruction vers -530 du mur d'enceinte de briques crues, les arrangements internes de la citadelle sont modifiés. Les ateliers ont été déplacés vers le nord. Un très grand bâtiment, de 14 par 30 m, a été construit dans la partie sud-est de la citadelle. Celui-ci peut être interprété comme un Herrenhaus, c'est-à-dire la demeure d'un souverain local[8].

La citadelle de la Heuneburg est un site très riche, les découvertes indiquent qu'il s'agit, pour le premier âge du fer, d'un important centre de production et d'une plaque tournante du commerce antique à longue distance. Outre l'atelier de bronzier, ou la céramique de tradition locale peinte ou estampée, il est possible de mentionner la grande proportion de vases grecs ou la présence de matières premières importées telles que l'ambre et l'étain[6].

Les occupations externes à la citadelle[modifier | modifier le code]

Des travaux de recherche récents effectués dans et autour de la Heuneburg ont produit des données nouvelles concernant la plein extension de l'agglomération. Il apparaît que que la citadelle n'est qu'une petite partie de l'ensemble du site.

Le Aussensiedlung[modifier | modifier le code]

Le premier établissement extérieur, baptisé Aussensiedlung en allemand, est situé en contrebas, immédiatement à l'ouest et au nord-ouest de la citadelle. Il est probablement occupé à partir du 7ème siècle jusqu'au 5ème siècle av. JC. et a couvert une surface de près de 100 hectares. Il était essentiellement constitué d'enclos palissadés, chacun contenant une habitation principale, des zones et structures de stockage et du terrain cultivable. Il est probable que chaque enclos constituait une entité indépendante, fonctionnant comme une ferme autonome et gérée par une unité familiale élargie. La population totale de l'Aussensiedlung est estimée comme étant de l'ordre de 5000 à 10000 personnes.

Les tumulus du Giessübel-Talhau sont érigés par-dessus les restes d'une partie de l'Aussensiedlung et leurs sont donc postérieurs.

Le Südsiedlung[modifier | modifier le code]

La seconde agglomération extérieure à la citadelle, baptisée "Südsiedlung", "établissement Sud" en allemand, paraît avoir des caractéristiques similaires à l'Aussesiedlung", tant par sa disposition et ses caractéristique physiques, que par sa chronologie. Il est situé au sud de la citadelle.

Les fortifications extérieures[modifier | modifier le code]

Les fortifications massive sont reconnues au XIXe siècle, mais mal interprétées comme étant médiévales, sont aujourd'hui reconnues comme faisant partie intégrante du complexe celtique.

Les zones funéraires[modifier | modifier le code]

Les Tumulus du Giessübel-Talhau[modifier | modifier le code]

Le Tumulus Hohmichele[modifier | modifier le code]

Le Keltenblock[modifier | modifier le code]

Également connu sous le nom de "tombe de la Dame de la Heuneburg", par analogie avec la Dame de Vix, elle a été découverte en décembre 2010, à près de cinq kilomètres au sud-est de la citadelle et au nord de la commune de Herbertingen.

Il s'agit de la première tombe princière découverte en son état initial, non pillé, aux alentours de la citadelle [9]de la Heuneburg.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b www.fuerstensitze.de :: Heuneburg :: Projektbeschreibung
  2. a et b Laet Sigfried J., Compte-rendu Gustav Riek, Der Hochmichele. Ein Fürstengrabhügel der späten Hallstattzeit bei der Heuneburg. Heuneburgstudien I, L'antiquité classique , volume 32, 1963.
  3. Heuneburg - Einführung
  4. http://www.dhm.de/museen/heuneburg/de/zeit_frame.html, http://www.spiegel.de/wissenschaft/natur/0,1518,444912-2,00.html
  5. Heuneburg - Zeittafel
  6. a et b Ausgrabung: Liegt die älteste Stadt Deutschlands in Schwaben? | ZEIT online
  7. Die Kelten - Heuneburg
  8. a et b Die Heuneburg
  9. F. Savatier, Le trésor du Keltenblock, Pour la science.fr, 04 mai 2012

Liens externes[modifier | modifier le code]