Hervé de Penfentenyo

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les autres membres de la famille, voir Famille de Penfentenyo.
Officier général francais 4 etoiles.svg Hervé de Penfentenyo
Image illustrative de l'article Hervé de Penfentenyo

Naissance 4 août 1879
Brest
Décès 18 avril 1970 (à 90 ans)
Versailles
Origine Français
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Civil and Naval Ensign of France.svg Marine nationale française
Grade Vice-amiral d'escadre
Années de service 18971945
Conflits Révolte des Boxers
Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Commandement Préfet maritime de Lorient
Distinctions Grand-croix de la Légion d'honneur
Autres fonctions Vice-président de la Compagnie générale transatlantique
Famille Famille de Penfentenyo

Hervé Alphonse Marie de Penfentenyo de Kervéréguin, né le 14 août 1879 à Brest, décédé à Versailles le 18 avril 1970, est un officier de marine français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est né dans la famille de Penfentenyo, d'ancienne noblesse bretonne. Son grand-père, l'amiral Louis Henri de Gueydon, était grand-croix de la Légion d'honneur et son père, le contre-amiral Auguste de Penfentenyo, commandeur.

Article détaillé : Famille de Penfentenyo.

Après l'école navale (promotion 1897)[1], il fait campagne comme aspirant dans l'escadre d'Extrême-Orient sur le Redoutable, le Bengali, le d'Entrecasteaux et participe en Chine à la guerre contre les Boxers. Enseigne de vaisseau en 1902, il navigue sur le Dévastation. Il est lieutenant de vaisseau en 1910, sur le Condorcet. Affecté en 1912 au ministère, il sert à la direction des travaux militaires puis à la direction centrale de l'artillerie. En mai 1914, sur le cuirassé Bretagne en construction à Brest, il organise le service d'artillerie du bâtiment. En 1916, il commande le torpilleur d'origine grecque Panther. Il est contre-amiral en 1931, vice-amiral en 1937, vice-amiral d'escadre en 1939.

Il est nommé en 1938 préfet maritime de la 5e région, gouverneur de Lorient[2]. Le 17 juin 1940, le port est menacé par voies aérienne, maritime et surtout terrestre. Il n'est pas défendable du côté continental. L'amiral de Penfentenyo donne à 13 heures l'ordre d'appareillage immédiat de tous les navires militaires et civils vers Casablanca, ceux à autonomie insuffisante devant rejoindre l'Angleterre[3]. Le 18 juin 1940, l'amiral de Penfentenyo donne l’ordre de mettre le feu aux dix cuves de mazout de la Marine de 10 000 litres, chacune installées sur la rive lanestérienne. Ordre est donné aux habitants du Cosquer d’abandonner leurs maisons. L’incendie se poursuit les jours suivants et se propage avant de sembler se calmer si bien que les habitants du Cosquer regagnent leurs maisons le 24 juin. Dans la nuit, le couvercle de l’une des cuves explose et une colonne de flammes portée par le vent se rabat sur le village. Plusieurs maisons sont littéralement grillées. Quarante personnes peuvent s’enfuir tandis qu’il faudra attendre plus de 24 heures avant de pouvoir approcher des décombres et en retirer vingt-cinq cadavres : 7 hommes, 6 femmes et 12 enfants. Un bateau évacue 270 tonnes d'or belge et polonais, qui arriveront à Casablanca le 23 juin. Le chalutier Tanche emmène une partie des élèves de l'École des apprentis mécaniciens de la marine mais saute sur une mine ; il y a 190 victimes. L'amiral de Penfentenyo fait saborder les bateaux qui ne peuvent naviguer et détruire les installations portuaires[4],[5].

Le 21 juin, à l'arrivée des forces allemandes, un baroud d'honneur a lieu pendant deux heures aux Cinq Chemins à Guidel. Une compagnie de dragons et une section d'artillerie coloniale s'opposent à deux cents soldats allemands. Quatorze militaires français, dont trois officiers, trouvent la mort dans ce combat d'arrière garde[6].

L'amiral est fait prisonnier et reste en captivité en Allemagne jusqu'en 1941. Il est ensuite vice-président de la Compagnie générale transatlantique et du Comité consultatif de la famille[7]. Arrêté par la Gestapo en 1943 à Nantes, il est emprisonné et déporté en Allemagne (Torgau, Wehrmachtgefängnis Fort Zinna jusqu'en mai 1945[8], date à laquelle il quitte le service actif. Le vice-amiral d'escadre Hervé de Penfentenyo est fait grand-croix de la Légion d'honneur en 1955.

Descendance[modifier | modifier le code]

Il a eu quatorze enfants dont trois fils morts pour la France, François (1915-1940)[9], Tanguy (1919-1945)[9], aviateur au groupe de chasse Alsace, et Alain de Penfentenyo de Kervéréguin (1921-1946), enseigne de vaisseau tué au combat en Indochine et dont un commando de marine porte le nom.

L'amiral François de Penfentenyo, né le 12 décembre 1941 est l'un de ses petits-enfants ( c'est un fils d'Yves Georges Jean Marie de Penfentenyo, né le 7 juillet 1909 à Quimper, décédé le 25 novembre 1996 à Versailles et de Geneviève de Carpentier de Juvigny). Il fut le président de Civitas dont il reste le président d'honneur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sur les promotions et affectations, voir les Annuaires de la Marine.
  2. Comme l'avait été son grand-père l'amiral Louis Henri de Gueydon
  3. Comme l'a fait aussi en 1940 son supérieur hiérarchique, l'amiral Jean de Laborde, commandant à Brest des forces maritimes de l'Ouest.
  4. Roger Le Roux, Joseph Floch, Le Morbihan en guerre, 39-45, 1979
  5. Jean Le Berd, Lorient sous l'Occupation, Éditions Ouest-France, 1987.
  6. Mémorial à Guidel
  7. Hervé de Penfentenyo, Manuel du père de famille, préface du maréchal Pétain, Flammarion, Paris, 1941
  8. Jean-Claude Catherine, L'amiral de Penfentenyo, profil politique, 1940-1945, 58 f., Bibliothèque d'histoire du temps présent, RF 643[2]
  9. a et b Base Mémoires des hommes.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]