Hervé Léger

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Hervé Léger, souvent orthographié par erreur Herve Leger sans accent[N 1], est une marque américaine de prêt-à-porter fondée en 1985 par le styliste français Hervé Peugnet. De nos jours, la marque appartient au groupe de Max Azria.

Présentation[modifier | modifier le code]

La marque Hervé Léger est fondée en 1985 par Hervé Peugnet ; le nom est conseillé par Karl Lagerfeld qui trouve « Peugnet » trop difficile à prononcer pour les anglophones[1]. Un premier point de vente à l'enseigne Hervé Léger ouvre à Paris. Inspiré par Claude Montana ou Gianfranco Ferré, le styliste créé des robes moulantes, sexy, de forme fourreau, souvent comparées celles d'Azzedine Alaïa[N 2], avec des tissus stretch habituellement utilisés par le domaine de la lingerie, le tout dans des coloris le plus souvent vifs[3], mais n'oublie jamais la classique petite robe noire. Sont aussi utilisés pour ses créations la laine, le jersey de soie, le coton, ainsi que le viscose, le Lycra ou l'élasthanne, et d'autres matières gainantes[4] en compléments.

Quelques années plus tard, il intègre à ses robes et jupes des bandes de tissu élastiques[3] : il est le pionnier de la « robe bandage (en) » ou « robes à bandes[5] », celles-ci deviennent immédiatement sa signature[6],[7]. Ses robes feront partie du mouvement de mode dit « bodycon ou body-concious[8] », qui revendique le fait que les femmes prennent conscience de leur corps et s'habillent de façon sexy ; ce dont Alaïa sera un symbole[9] dès le début des années 1980.

Au début des années 1990, Tyra Banks ou Cindy Crawford sont remarquées par les médias dans des robes Hervé Léger. La marque défile à l'époque à Paris lors des collections prêt-à-porter[10]. Edgar Bronfman Jr, patron du groupe de spiritueux Seagram achète la marque en 1993 pour faire plaisir à sa femme[5],[11] par un coentreprise entre les champagnes Mumm et Hervé Léger[12].

Mais au milieu années 1990, la marque est complètement en retrait de domaine de la mode, elle semble presque avoir disparu[13]. Pourtant, début 1996, l'influent Didier Grumbach propose d'intégrer la maison au calendrier officiel parisien de la Couture[14]. Durant cette même année, Azzedine Alaïa impose au grand magasin new-yorkais Barneys de supprimer la marque de ses rayons[15]. En 1997, la marque réalise 10 millions de $ de chiffre d'affaires[16].

En septembre 1998, BCBG Max Azria Group, qui souhaite se diversifier[16], achète la marque à Seagram[17] et embauche le jeune styliste Jérôme Dreyfuss, qui sera rapidement remplacé par l'expérimenté Michel Harcourt[18]. La marque défile à New York l'année suivante[19], et un premier parfum[20] intitulé Hervé Léger est commercialisé, sous fabrication de Procter & Gamble[16] ; la publicité de l'époque a comme accroche : « Découvrez le seul accessoire que vous pouvez porter sous une robe Hervé Léger ». Le lancement de cette fragrance est complétée d'autres projets de produits sous licence[21]. Ce parfum sera suivi d'un second, Rose Léger, en 2006.

En 2007, la marque est relancée par Max Azria et surtout sa femme Lubov, au départ avec une collection capsule pour l'été. La marque se transforme en Hervé Léger by Max Azria. En février 2008, la première collection complète est présentée durant la Fashion week de New York[13], puis un accord de licence est signé en 2010 avec New Wave Fragrances pour relancer de nouveaux parfums.

De nos jours, la marque propose principalement robes, jupes, et maillots de bain. Celle-ci est connue pour habiller régulièrement de nombreuses personnalités[22],[23],[24], qui apparaissent dans les médias majoritairement aux États-Unis, comme Bar Refaeli[25] ou Jennifer Lopez[26] par exemple.

Hervé L. Leroux[modifier | modifier le code]

Hervé Peugnet[1] naît dans le Nord à Bapaume le 30 mai 1957. Il démarre à Paris des études d'arts plastiques et d'histoire de l'art. Changeant d'orientation, il approche la coiffure et les chapeaux, puis rencontre Karl Lagerfeld et travaille un temps avec lui chez Fendi et Chanel[27] pour la conception de maillots de bain. Il ouvre une première boutique de robes et chapeaux à Paris en 1981. En 1983, à l'arrivée de Karl Lagerfeld chez Chanel, il partage avec celui-ci la responsabilité de la haute couture dans la prestigieuse maison[28]. S'il fonde la marque Hervé Léger en 1985, en parallèle, le styliste travaille pour diverses maisons parisiennes de couture : les premières années, le créateur s’autofinance en travaillant en free lance[20].

À la suite de la vente de sa marque, le styliste français est renvoyé après quelques mois[1],[29] ; il n'a plus le droit d'utiliser le nom d'Hervé Léger[10]. Le créateur collabore alors avec Wolford[30] pour du prêt à porter, de la lingerie et des maillots de bain.

En 2000, le créateur, qui conserve une clientèle privée vendant environ 200 modèles par an[31], prend le patronyme d'Hervé L. Leroux, sur les conseils, une fois de plus, de Karl Lagerfeld[32],[1]. Megan Fox se fait photographier en public avec l'une de ses robes, ce qui développe la notoriété de sa nouvelle ligne de produits.

Fin 2012, l'entreprise Hervé L. Leroux devient « Membre invité » de la Chambre syndicale de la haute couture[6]. dans le cadre de la Semaine de la mode parisienne, le styliste présente, début 2013 dans son atelier et sur mannequins[33], une collection de douze modèles colorés sans les traditionnelles bandes qui ont marqué sa carrière précédente, avec uniquement des drapés[32]. Cinq autre modèles sont en vitrine simultanément chez colette[31].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. On peut supposer que les causes de l'orthographe de la marque, sans accent, soient doubles : une très forte présence sur le marché américain, où les claviers disposent difficilement de l'accent aigu, ainsi qu'un logo toujours typographié en majuscules qui pose les mêmes soucis d'accessibilité à l'accent. Le site internet officiel de la marque, bien qu'en anglais, fait l'usage systématique des deux accents sur la marque écrite en minuscules.
  2. La différence majeure avec Alaïa se trouve dans l'utilisation presque exclusive de bandes d'étoffes successives placées de façon horizontales qui font usage de corset[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Paquita Paquin, « Hervé L. Leroux escamote Hervé Léger. », Guide, sur liberation.fr, Libération,‎ 8 juin 2000 (consulté le 4 février 2013) : « Hervé Léger s'appelait encore Hervé Peugnet. Un nom imprononçable pour les Américains. »
  2. Linda Watson, Vogue - La mode du siècle : Le style de chaque décennie, 100 ans de créateurs [« Vogue Twentieth Century Fashion - 100 years of style by decade and designer »], Éditions Hors Collection,‎ 2000, 255 p. (ISBN 2-258-05491-5), « les créateurs », p. 180
  3. a et b Noël Palomo-Lovinski (trad. Lise-Éliane Pomier), Les plus grands créateurs de mode : de Coco Chanel à Jean Paul Gaultier, Paris, Eyrolles,‎ 2011, 192 p. (ISBN 978-2-212-55178-5), « Azzedine Alaïa », p. 65
  4. (en) Amy M. Spindler, « Alaia and Leger Loosen Up a Bit », sur nytimes.com, The New York Times,‎ 20 mars 1993 (consulté le 4 février 2013)
  5. a et b « Hervé Léger devenu Hervé Leroux », Le Monde,‎ 30 septembre 2009 (ISSN 0395-2037) « Hervé Léger s'était fait un nom en créant au début des années 1990 les premières « robes à bandes ». […] Héritier du conglomérat canadien Seagram - un groupe majeur dans les spiritueux et la musique -, Edgar Bronfman Jr voulait offrir une de ces robes à sa bien-aimée. Charmé, le milliardaire a finalement acheté la robe et la boutique. »
  6. a et b « Paris : quatre nouvelles maisons invitées sur les podiums haute couture », Style, sur lemonde.fr, M,‎ 16 novembre 2012 (consulté le 21 novembre 2012)
  7. [image] Virginie Mouzat, « Hervé Léger by Max Azria Prêt-à-porter Printemps-été 2009 », Défilés, sur madame.lefigaro.fr, Madame Figaro (consulté le 4 février 2013) : « on retrouve les fameuses robes tout en bandes comme aux origines. C’est monomaniaque […] »
  8. (en) Rebecca Wilcox, « The £1,300 Herve Leger dress that's the sexiest ever... », sur dailymail.co.uk, Daily Mail,‎ 9 décembre 2008 (consulté le 4 février 2013)
  9. (en) Kasia Gumowska, « The bandage dress », Encyclo, sur vogue.it, Condé Nast/Vogue Italia (consulté le 4 février 2013) : « Azzedine Alaïa […] is the undisputed pioneer of the “body conscious” style, […] But, on closer inspection, the style of the young Hervé Léger […] is not greatly different. »
  10. a et b Jean-Paul Cauvin, « Haute Couture : Didier Grumbach décode les évolutions du calendrier », Mode, sur fashion-dailynews.com, Éditions Larivière,‎ 19 décembre 2012 (consulté le 20 janvier 2013)
  11. Estelle Saget, « Edgar Bronfman Jr, le malchanceux d'Hollywood », Économie, sur lexpansion.lexpress.fr, L'Expansion,‎ 4 février 1999 (consulté le 4 février 2013)
  12. Laurence Beurdeley, « Hervé Léger », L'Officiel de la mode, Éditions Jalou, no 777,‎ février 1993, p. 168 à 171 (ISSN 0030-0403) « […] les robes d'Hervé Léger, qui vient de signer une coentreprise avec Mumm (le champagne), exaltent la silhouette, source d'inspiration du couturier. »
  13. a et b Joël Morio, « Le rêve américain de Max Azria », Le Monde,‎ 15 septembre 2009 (ISSN 0395-2037)
    « À la Fashion Week, il fait revivre les robes d'Hervé Léger. Il est toujours un peu surprenant de retrouver sur la liste des défilés de la Fashion Week new-yorkaise le nom d'Hervé Léger. Il y a plus de vingt ans, ce créateur était réputé pour ses robes du soir confectionnées avec des bandes de Lycra et de viscose. Mais la marque avait presque totalement disparu du paysage dans les années 1990. Depuis trois ans, elle a fait un retour en force. »
  14. Maud Molyneux, « Gaultier, Mugler acceptés, Sirop et André restent boudés. L'audace corseté de la couture », Tribune, sur liberation.fr, Libération,‎ 31 janvier 1997 (consulté le 4 février 2013) : « En mars dernier, dans les colonnes d'Elle, M. Didier Grumbach, […] , citait les noms d'Azzedine Alaïa, Hervé Léger, Adeline André comme lui paraissant, outre Thierry Mugler, avoir leur place dans la couture. »
  15. Barbara Schwarm, « Méli-Mélo », L'Officiel de la mode, Éditions Jalou, no 809,‎ octobre 1996, p. 54 (ISSN 0030-0403) « À la demande d'Azzedine Alaïa, chouchou de Pressmann le patron de Barney's, ce grand magasin de New York, a laissé tomber Hervé Léger. Alaïa avait tout simplement menacé de ne plus vendre à Barney's, estimant avoir été spolié par Léger. Alors Barney's n'a plus rien commandé chez Léger pour l'hiver 1996/97. »
  16. a, b et c (en) Constance C. R. White, « Patterns », Style, sur nytimes.com, The New York Times,‎ 11 août 1998 (consulté le 4 février 2013)
  17. « Hervé Léger : Seagram a cédé la petite maison de couture à BCBG », sur lemonde.fr,‎ 29 août 1998 (consulté le 4 février 2013)
  18. Laurence Beurdeley, « Michel Harcourt, le cheminement d'un caméléon », L'Officiel de la mode, Éditions Jalou, no 855,‎ mai 2001, p. 63 (ISSN 0030-0403)
  19. « A New York, la Semaine de la mode consacre Max Azria », sur lemonde.fr,‎ 15 septembre 2009
  20. a et b Laurence Beurdeley, « Hervé Léger se met au parfum », L'Officiel de la mode, Éditions Jalou, no 834,‎ avril 199, p. 114 à 115 (ISSN 0030-0403) « Le flacon, dessiné par Serge Mansau, évoque un corps de femme ondoyant, en courbes sensuelles, à l'image des fourreaux d'Hervé Léger qui allongent la silhouette. »
  21. Bénédicte Epinay, « Hervé Léger prépare une seconde ligne de prêt-à-porter », Les Échos, Groupe Les Échos, no 17587,‎ 17 février 1998, p. 7 (ISSN 0153-4831, lire en ligne)
    « Une première licence pour la maison de couture, dont le directeur général, Henry Berghauer, reconnaît le caractère de test. Car s'il se révèle positif, ce lancement devrait en annoncer d'autres. De nombreux pourparlers sont en effet en cours avec d'autres licenciés pour le lancement d'une gamme de maroquinerie, de chaussures et même de lingerie. […] Hervé Léger veut adjoindre une seconde ligne de vêtements « plus accessible » qui serait à sa griffe ce qu'Emporio est à Armani. Là encore, des discussions sont en cours avec des partenaires pour fabriquer les modèles et les distribuer dans un autre circuit. »
  22. Carine Bizet, « Tapis rouge : la voie sacrée », Style, sur madame.lefigaro.fr, Madame Figaro,‎ 25 février 2009 (consulté le 4 février 2013) : « Dans un registre ouvertement sexy, le groupe Max Azria se taille une réputation à Hollywood grâce, en particulier, aux robes bandelettes très près du corps de la maison Hervé Léger. »
  23. (en) Zach Johnson, « Who Wore It Best », sur usmagazine.com,‎ 16 août 2012 (consulté le 4 février 2013)
  24. (en) Andrea Lavinthal, « Stars in Skin-Tight Herve Leger Dresses », sur usmagazine.com,‎ 14 septembre 2011 (consulté le 4 février 2013)
  25. (en) Carla Bevan, « The Body », Celebrity, sur marieclaire.co.uk,‎ 13 février 2009 (consulté le 4 février 2013)
  26. (en) « Jennifer Lopez finally tries out the A-list fave bandage dress », sur dailymail.co.uk, Daily Mail,‎ 25 juin 2009 (consulté le 4 février 2013)
  27. (en) « A Moment With…Hervé Léger », The Fix, sur fashionweekdaily.com,‎ 24 mars 2011 (consulté le 4 février 2013)
  28. Marnie Fogg (dir.) et al. (trad. Denis-Armand Canal et al., préf. Valerie Steele), Tout sur la mode : Panorama des chefs-d’œuvre et des techniques, Paris, Flammarion, coll. « Histoire de l'art »,‎ octobre 2013 (1re éd. 2013 Thames & Hudson), 576 p. (ISBN 978-2081309074), « Le renouveau de la haute couture », p. 451
  29. « Hervé Léger », Marques, sur ykone.com (consulté le 4 février 2013)
  30. Claire Mabrut, « Quand Valentino fait rougir Wolford », Focus, sur madame.lefigaro.fr, Madame Figaro,‎ 9 octobre 2007 (consulté le 4 février 2013) : « La Rolls-Royce des collants et de la lingerie fait régulièrement appel à des créateurs de renom. Après Chantal Thomass, Hervé Léger […] »
  31. a et b (en) Laure Guilbault, « Hervé Leroux Joins Couture Week », sur wwd.com, WWD,‎ 19 novembre 2012 (consulté le 4 février 2013)
  32. a et b « Le retour d'Hervé L. Leroux à la couture », Styles, sur lexpress.fr, L'Express,‎ 25 janvier 2013 (consulté le 4 février 2013)
  33. AFP, « Mode à Paris : la ronde des défilés reprend dès mercredi », sur fashion-dailynews.com, Éditions Larivière,‎ 14 janvier 2013 (consulté le 4 février 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marnie Fogg (dir.) et al. (trad. Denis-Armand Canal et al., préf. Valerie Steele), Tout sur la mode : Panorama des chefs-d’œuvre et des techniques, Paris, Flammarion, coll. « Histoire de l'art »,‎ octobre 2013 (1re éd. 2013 Thames & Hudson), 576 p. (ISBN 978-2081309074), « Les vêtements seconde peau », p. 424 à 425

Lien externe[modifier | modifier le code]