Hermione (1779)

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Hermione
L’Hermione au combat naval de Louisbourg en 1781.
L’Hermione au combat naval de Louisbourg en 1781.

Autres noms « La frégate de la liberté »
Type frégate de 12
Classe Concorde
Fonction navire de guerre
Équipage 255 à 316 marins
Gréement Trois-mâts carré
Débuts 1779 (coule en 1793)
Longueur hors-tout 66 m (mât de pavillon compris)
Longueur de coque 46,50 m
Maître-bau 11,5 mètres
Tirant d'eau 4,94 m (5.78 ?)
Hauteur de mât 56,5 m (grand mât)
35 m (artimon)
Tirant d'air 46,9 m
Voilure 2 200 à 3 315 m2
Déplacement 1 166 tonnes à vide
Armement 26 canons de 12 livres
8 canons de 6 livres
Fabrication Coque en chêne
Architecte Henri Chevillard
Chantier Arsenal de Rochefort
Armateur Marine française
Pavillon Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Pavillon de la Marine de la République française Marine de la République

L’Hermione est un navire de guerre français en service de 1779 à 1793. C'est une frégate de 12 (en référence au calibre de ses canons), portant 34 canons. Elle fait partie des frégates de la classe Concorde, construites à partir de 1777 à l'arsenal de Rochefort.

Elle est connue pour avoir conduit le marquis de La Fayette aux États-Unis en 1780, lui permettant de rejoindre les insurgés américains en lutte pour leur indépendance.

C'est la seconde frégate portant ce nom mythologique dans la Marine française. Une troisième Hermione a été construite sous le Premier Empire à l'arsenal de Lorient par la société des frères Crucy.

Une réplique de l’Hermione de 1779 est construite à Rochefort à partir de 1997 et lancée en 2012.

Carrière dans la marine royale et républicaine[modifier | modifier le code]

La maquette de l’Hermione.
Reconstitution d'un canon de 12 livres de l’Hermione.

L’Hermione est mise en chantier en 1778 à l'arsenal de Rochefort sur les plans d'Henri Chevillard, dit Chevillard Aîné. On est alors en pleine guerre d'indépendance américaine et les chantiers navals français, qui passent pour les meilleurs du monde, fonctionnent à plein régime. La frégate est lancée en 1779, soit six mois après sa mise sur cale et est totalement achevée en à peine onze mois. Entre mai et décembre, le navire est testé avec succès dans le golfe de Gascogne sous le commandement du jeune lieutenant de vaisseau Louis-René-Madeleine de Latouche-Tréville (futur vice-amiral et commandant en chef de la marine de Napoléon). L’Hermione réalise alors une brillante campagne au large des côtes françaises, capturant avec audace plusieurs corsaires anglais et de nombreux navires marchands. Cinq jours avant son combat contre le HMS Québec, la Surveillante est sortie avec l'Hermione et d'autres navires espagnols pour accueillir la grande flotte franco-espagnole revenant de Saint-Domingue dont une petite partie allait rejoindre Brest.

La Fayette embarque à Rochefort sur la frégate en mars 1780 et après trente-huit jours de navigation, débarque à Boston pour annoncer l'envoi de renforts français au général Washington. L’Hermione appareille le 2 juin ; elle combat la frégate britannique Iris et subit d'importants dommages. En mai 1781, la frégate reçoit le jeune Congrès américain à son bord. Le 21 juillet 1781, elle combat à plusieurs reprises et avec succès aux côtés du vaisseau l’Astrée commandé par Jean-François de La Pérouse. L’Hermione est elle-même toujours commandée à cette époque par Latouche-Tréville (cf. combat du 21 juillet 1781).

En février 1782, alors que la guerre a basculé en faveur des insurgés américains que Louis XVI soutient, la frégate regagne la France. Elle accompagne alors une flottille en direction de l'océan Indien pour renforcer l'escadre de Pierre André de Suffren dans le conflit avec les Britanniques pour le contrôle du golfe de Bengale. La paix est cependant rapidement signée et le navire retourne à Rochefort en avril 1784.

En 1793, la France révolutionnaire se mobilise, à force de levées en masse, pour faire face à la première coalition, tandis que l'Ouest du pays s'embrase. La guerre de Vendée bat son plein avec ses atrocités, vidant les ports de marins et d'officiers, devenus hostiles à la Convention. L’Hermione, amarrée à Nantes, reprend du service contre l'Angleterre, ennemie jurée de la France révolutionnaire après l'exécution du roi. Placée sous le commandement du récemment promu capitaine de vaisseau (et futur amiral) Pierre Martin, elle s’empare d’un corsaire puis est postée trois mois dans l’embouchure de la Loire pour appuyer les troupes républicaines contre les Vendéens. Le IVe jour complémentaire de l'an I de la République (20 septembre 1793), commandée par un équipage peu expérimenté, à peine sortie de l'estuaire de la Loire et par la faute d’un pilote local, la frégate sombre sur des rochers au large du Croisic, sur le plateau du Four. Une campagne de fouilles archéologiques, entreprise au cours de l'été 2005[1], a permis de récupérer plusieurs objets, dont une partie du gouvernail, et de remonter l'ancre de quatre mètres de long et d'un poids d'une tonne et demi[2].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

L’Hermione est une frégate ; c'est un bâtiment plus léger et plus maniable qu'un vaisseau. Rattachée à une escadre, elle doit servir d'éclaireur, de répéteur de signaux, ou bien doit assister les vaisseaux désemparés dans la bataille. Employée seule, elle est utilisée pour faire des croisières et la guerre au commerce ennemi.

Elle arbore les mensurations d'un navire de 1 166 tonnes, avec une longueur de tête en tête de 66 m, une largeur au maître-couple de 11,5 m et de 5,78 m de creux. Elle pouvait embarquer 316 hommes. Elle comptait trois mâts et sa voilure de route couvrait plus de 2 200 m2.

Elle est armée de trente-quatre canons, dont vingt-six tirant des boulets de douze livres (d'où le terme de « frégate de 12 ») et huit canons de huit livres[3].

Elle dispose de trois ponts : le pont de gaillard, le pont de batterie et le faux-pont, situé au-dessous du pont principal. Le premier sert à la manœuvre, le second à l'artillerie et le troisième au repos.

La reconstruction[modifier | modifier le code]

Le chantier de l’Hermione en 2009.
L’Hermione à flot en juillet 2013.
Reconstitution d'une chaloupe de l’Hermione.

L'ambition de l'Association Hermione-La Fayette a été de reconstruire le plus fidèlement possible la frégate d'origine, tout en tenant compte des contraintes réglementaires actuelles, notamment en matière de navigabilité, un navire de plus de 65 mètres de long portant trois mâts et 1 500 m2 de voilure, et dont la coque est entièrement réalisée en chêne.

Quelques chiffres : un grand mât à 54 mètres au-dessus de la quille, 2 000 chênes sélectionnés dans les forêts françaises, un puzzle de plus de 400 000 pièces de bois et de métal, 1 000 poulies, une tonne d'étoupe pour le calfatage, 26 canons tirant des boulets de 12 livres sur le pont de batterie et 8 canons tirant des boulets de 6 livres sur le pont de gaillard.

Chantier de la reconstruction[modifier | modifier le code]

Le chantier était installé dans l'une des deux formes de radoub situées à l'extrémité de la Corderie royale au bord de la Charente à Rochefort. Le lieu avait été conçu et aménagé pour la visite.

Dès l’origine du projet, il s’agissait non pas uniquement de reconstruire au cœur de l’ancien arsenal de Colbert un navire du XVIIIe siècle, mais avant tout de faire partager au public cette aventure afin qu’il puisse découvrir les grandes étapes de cette reconstruction. Le projet s'est révélé être un véritable succès populaire : près de 250 000 visiteurs par an, le seuil symbolique des trois millions et demi de visiteurs a été franchi[4]. Ce succès populaire a constitué, avec le soutien des collectivités territoriales, la ville de Rochefort, le département de Charente-Maritime, et la région Poitou-Charentes, le moteur principal du financement de l’Hermione.

Le chantier ayant pris du retard[5], la mise à l'eau initialement prévue en 2008 a été repoussée au 6 juillet 2012. Au XVIIIe siècle, le navire initial avait été construit en moins d'un an. En juin 2008 cependant, après le petit canot et le grand canot, la chaloupe, la plus grande des trois annexes embarquées de l’Hermione a été mise à l'eau, à défaut de la frégate elle-même.

Plusieurs modifications ont été apportées au plan original du navire[6], par souci de solidité et de sécurité : en particulier, les planches sont boulonnées et non chevillées afin d'éviter le jeu secondaire à la durée de construction. De même, les mâts sont collés et non assemblés par des cercles métalliques, afin d'éviter les infiltrations d'eau. Les canons sont allégés et non fonctionnels : s'il l'avaient été, l'Hermione aurait été un navire de guerre et n'aurait pu appartenir qu'à la Marine Nationale[réf. nécessaire]. Les manœuvres courantes restent en chanvre ; en mars 2011, la voilure reste prévue en lin. Une motorisation est prévue en sécurité ainsi que des groupes électrogènes pour l'éclairage et un confort minimal.

Comme prévu, la mise à l'eau a eu lieu en grande pompe le 6 juillet 2012[7], saluée par les 21 coups de canon officiels[8].

La coque nue de la frégate (sans son gréement) a effectué un premier « test de navigation » remorquée sur la Charente[9] avant de rejoindre une nouvelle cale, (la forme Napoléon III) adaptée à la poursuite du chantier[10].

L'association Hermione-La Fayette[modifier | modifier le code]

Erik Orsenna, écrivain, en est le président fondateur. Il est également depuis 1991 président de la « Corderie royale - Centre international de la mer », partenaire de l'Association « Hermione-La Fayette » dans cette opération.

Benedict Donnelly est président de l'Association Hermione-La Fayette depuis 1994. Fils d'un citoyen américain qui participa au débarquement de Normandie, il est d'autant plus sensible aux valeurs que véhicule l’Hermione.

Dès le début du projet et jusqu'à son décès à la fin de l'année 2005, Raymond Labbé, constructeur naval malouin et conseiller technique auprès du ministère de la Culture pour le patrimoine maritime, était au sein de l'association le conseiller technique. Sa grande expérience de la construction navale bois, sa connaissance du patrimoine naval français ont fortement contribué à la mise en œuvre du projet. Aujourd'hui, les membres d'un comité technique présidé par Jean-Pierre Saunier apportent leurs compétences aux entreprises chargées de la construction de la frégate.

La construction de la coque et tout le gros œuvre de la charpente a été confié à l'entreprise Asselin de Thouars département des Deux-Sèvres en 1997[11] d'après un dossier d'appels d'offres de marchés publics choisi collégialement.

Emmanuel de Fontainieu, directeur de la Corderie royale à Rochefort occupe le poste de secrétaire de l'Association. Il est également le responsable de la politique d'animation.

À Rochefort, une équipe de sept salariés animée par Maryse Vital, déléguée générale, assure la gestion quotidienne de l'association : gestion générale du projet, coordination, suivi administratif et financier, gestion des adhésions, communication, relations presse, relations publiques, relations avec les partenaires, gestion du Comptoir de l’Hermione ; la boutique de vente de produits dérivés, maintenance et entretien du site, etc.

Galerie de la reconstruction[modifier | modifier le code]

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Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Ultime plongée sur l'épave de l’Hermione », sur Mer et Marine,‎ 6 septembre 2005 (consulté le 18-07-2012).
  2. « L'ancre de l’Hermione retrouve l'air libre », sur Mer et Marine,‎ 27 août 2005 (consulté le 18-07-2012).
  3. Gérard Piouffre, Transcription du « Journal de la frégate du Roi l’Hermione de 32 canons, commandée par M. de Latouche, lieutenant de vaisseau », Heyrieux, J2P Éditions.
  4. « L’Hermione à flot avant la traversée », sur Le Républicain Lorrain,‎ 8 juillet 2012 (consulté le 17 juillet 2012)
  5. « L’Hermione à Rochefort : 270 000 visiteurs par an », ouest-france.fr,‎ 24 mai 2010 (consulté le 21 juillet 2010).
  6. Aurélien Velot, forgeron de l'Hermione, Le Figaro, 7 avril 2013.
  7. « Tous les articles », sur Google actualités.
  8. Marie-Hélène Morot-Sir, « Hier 6 juillet 2012, à 19 heures 40 la frégate l’Hermione a remonté la Charente », sur Vigile.net (consulté le 18 juillet 2012).
  9. Thomas Villepreux, « Rochefort. L’Hermione vogue enfin », sur Sud-Ouest,‎ 7 juillet 2012 (consulté le 17 juillet 2012).
  10. « Lancement de la frégate Hermione à Rochefort », sur Mer et Marine (consulté le 18 juillet 2012).
  11. « Asselin », sur L’Hermione, la Frégate de la liberté,‎ 15 janvier 1997 (consulté le 6 novembre 2012).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emmanuel de Fontainieu, Yves Gaubert, L’« Hermione », de Rochefort à la gloire américaine, Éditions de Monza, 2002 (ISBN 978-2908071955)
  • Robert Kalbach et Jean-Luc Gireaud, L’« Hermione » : Frégate des lumières, Paris, Éditions Dervy,‎ 2004, 332 p. (ISBN 2-84454-319-7, présentation en ligne)
  • Deux voyages au temps de Louis XVI, 1777-1780 : la mission du baron de Tott en Égypte en 1777-1778 et le journal de bord de l'« Hermione » en 1780, Rennes, Presses de l'Université Rennes 2,‎ 2005, 252 p. (ISBN 2-7535-0208-0)
  • Jean-Yves Delitte, L’« Hermione » : La Conspiration pour la Liberté, Glénat, 2009 (ISBN 978-2353570300)
  • Didier Georget, La Vie à bord de l'Hermione, Gulfstream Editeur,‎ 2010 (ISBN 978-2354880446)

À propos de la reconstruction :

  • Jean-Marie Ballu, L’« Hermione », l'aventure de sa reconstruction, Éditions du Gerfaut, 2007 (ISBN 978-2351910184).

Liens externes[modifier | modifier le code]

À propos de la reconstruction :