Herman Richir

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Herman Richir

Description de l'image  Herman Richir (1866 - 1942).jpg.
Naissance 4 décembre 1866
Ixelles
Décès 15 mars 1942
Uccle
Nationalité Belge Drapeau de la Belgique
Activités Peintre et professeur de peinture
Formation Académie des beaux-arts de Saint-Josse-ten-Noode
Académie royale des beaux-arts de Bruxelles
Maîtres Gustave Joseph Biot, Charles Hermans, Jean-François Portaels
Élèves Roger van Gindertael (peintre et critique d'art)
Éliane de Meuse (prix Godecharle)
Max Van Dyck (prix de Rome)
Louis Buisseret (prix de Rome)
Léon Navez (prix de Rome)
Jean-Jacques Gailliard
Albert Dasnoy (peintre et écrivain)
Charles Swyncop
Paul Hagemans
Mouvement artistique Peinture académique
Récompenses Second prix de Rome, derrière Constant Montald (1886)

Herman Jean Joseph Richir, né à Ixelles le 4 décembre 1866 et mort à Uccle le 15 mars 1942, est un peintre académique belge de scènes allégoriques et mythologiques, de nus et portraitiste de grand talent. Il figure au nombre des meilleurs peintres de la femme.

Il réalise aussi des affiches sous le pseudonyme de Hamner[A 1] (anagramme de son prénom), notamment deux chromolithographies publicitaires pour Delhaize[A 2] de style Art nouveau.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les années de formation et les débuts du peintre[modifier | modifier le code]

Herman Richir entre à l’Académie des beaux-arts de Saint-Josse-ten-Noode et y reçoit le soutien notamment de Charles Hermans qui lui prodigue de précieux conseils. De 1884 à 1889, il poursuit sa formation à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles sous la direction de Jean-François Portaels. Déjà lauréat de l’académie en 1885, Richir se classe, l'année suivante, deuxième au Prix de Rome derrière Constant Montald. En 1889, il obtient, au salon triennal de Gand, une médaille d’or pour son groupe La famille Ward Meulenbergh, ce qui le situe d’emblée parmi les maîtres du portrait. Sa présence est remarquée aux Salons de Paris en 1889 et 1892, ainsi qu’à l’Exposition universelle de Bruxelles de 1897.

Le professeur et directeur[modifier | modifier le code]

D'abord nommé professeur du cours de dessin d’après nature à l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles en 1900, Herman Richir y devient ensuite professeur de peinture de 1905 à 1927. L'enseignement académique aura une grande influence sur nombre de ses élèves dont deux membres éminents du groupe Nervia, Louis Buisseret et Léon Navez.

Tout en continuant l’enseignement, il exerce sporadiquement les fonctions de directeur au sein de la même institution de 1906 à 1927 (1906-1907, 1910-1911, 1915-1919 [en remplacement de Victor Horta], 1925-1927). Il quitte définitivement son poste de directeur en 1927, et se fait remplacer par Victor Horta.

L'artiste et son œuvre[modifier | modifier le code]

Le thé, c. 1898
Musée d'Ixelles
Guerre et Paix, c. 1914

Peintre de scènes allégoriques et mythologiques, de panneaux décoratifs mais aussi lithographe sous le pseudonyme « Hamner », Herman Richir est d'abord et principalement un portraitiste apprécié de la haute société de l’époque et à qui l'on doit notamment plusieurs portraits de la famille royale belge.

Ses toiles font apparaître un trait rigoureusement précis et un grand souci du détail. Il excelle dans la représentation d’élégantes vêtues d’étoffes rares, mais sa juste conception de l’idéal artistique le porte à représenter la femme aussi dans la beauté de sa seule carnation. C’est pourquoi à côté de l’œuvre du portraitiste, il convient de placer celle du peintre de nus. Pour l’artiste, un portrait doit être la reproduction fidèle mais vivante de son modèle. La beauté, à ses yeux, a un sens, un contenu et un réalisme qu’il élève à la dignité d’un dogme. Toujours fasciné par un classicisme traditionaliste, Herman Richir glorifie la femme, dont il peint les formes bien équilibrées, aux colorations naturelles. Il est séduit par la féminité et lui voue son admiration au point de la sublimer dans des scènes allégoriques.

« Il peint souvent ses nus de dos et réussit d'une manière surprenante à y introduire non seulement une richesse de nuances de couleurs mais aussi la suggestion de vie et d'action. Dans ce domaine, l'art de Richir reste inégalé. De plus, il ne lui manque ni d'une certaine poésie ni de sensualité. »

— Joost De Geest[B 1]

Moins connu pour ses natures mortes et comme paysagiste, Richir n’en a pas moins brossé, dans ces genres très différents, des toiles magistrales.

Il peint aussi occasionnellement des œuvres monumentales destinées à décorer les salons et les halls d'entrée des maisons bourgeoises. Il réalise notamment l'ensemble de douze panneaux décoratifs pour le château de Fontaine de Laveleye à Boitsfort.

Atteint d'un cancer à l'estomac qui le ronge lentement, Richir poursuivra néanmoins sa carrière de peintre. Il meurt le 15 mars 1942 laissant derrière lui une œuvre considérable (notamment plus de 400 portraits) répartie dans de nombreux musées, dont ceux de Bruxelles, Anvers, Namur, Genk, Lille, Barcelone, Liverpool, Budapest, Sydney, Seattle...

Il fut membre effectif de la Société royale des beaux-arts et fit partie également de la Société nationale des beaux-arts de Paris.

Jugement[modifier | modifier le code]

« L'œuvre de Richir est le contraire d'une œuvre révolutionnaire : elle respire l'assurance et la satisfaction du travail bien fait ; elle exalte la beauté tranquille de la nature ou du corps humain et elle rend hommage aux qualités d'efficacité professionnelle ou d'élégance de ses modèles. »

— Wim Toebosch[B 2]

Éloge[modifier | modifier le code]

« À l’issue d’une exposition d’œuvres d’Herman Richir, quelqu’un complimenta l’artiste mais fit insidieusement cette remarque : " C’est dommage que vous ayez mis là quelques gourgandines vraiment peu vêtues ". Il faudra déplorer la stupidité de cette critique si elle n’avait pas donné naissance, en guise de protestation, à l’une des plus belles œuvres du peintre : Beauté, mon souci. Profession de foi éloquente et réponse qui est bien la plus expressive qui puisse être faite. Rendons grâces, pour cette fois, à la bêtise humaine, d’avoir provoqué l’éclosion d’une belle œuvre d’art. N’est-elle pas d’une harmonie parfaite la ligne de ce corps juvénile ; faut-il admirer plus la perfection du dessin que l’éclat translucide de la couleur ? Sous l’épiderme nacré, un sang jeune circule car c’est un don précieux du peintre que de savoir, par la magie de la couleur, recréer sur la toile ce flux interne qui fait palpiter les chairs… »

— Georges Bierand[B 3]

Œuvres[modifier | modifier le code]

La Reine Astrid
Jeunesse
Au Bon Marché, 1896
Chromolithographie (affiche), 108 × 80 cm.

Portraits officiels

Figures humaines (autres portraits, compositions, nus)

Allégories

Paysages

Chromolithographies (affiches) signées "Hamner"

Hommage[modifier | modifier le code]

Herman Richir résida longtemps à Schaerbeek, où il habita successivement les immeubles situés au 365 avenue Rogier, au 174 rue de la Consolation et surtout au 42 rue Thomas Vinçotte. C'est cette fidélité à la commune bruxelloise qui lui valut l'honneur d'y avoir une rue à son nom.

Décorations[modifier | modifier le code]

Herman Richir fut nommé Commandeur de l'Ordre de Léopold II et Officier de l'Ordre de Léopold.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fox, Lorenzo, Herrel, H. Richir, Le Rat Mort (Périodique de l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles), n° spécial mars-avril 1913.
  • Georges Bierand, Le peintre Herman Richir, revue "Nos Artistes".
  • Lucien Jottrand, Herman Richir (Catalogue de l'exposition). Galeries de l'Art Belge, avenue Louise 62 (Place Stéphanie), Bruxelles, novembre 1940. Ed. revue de "L'Art Belge".
  • Biographie Nationale de Belgique, XXIX, Brussel, 1956-1957.
  • J.F. Buyck (o.l.v.), Catalogus schilderijen 19de en 20ste eeuw. Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen, Antwerpen, 1977.
  • Claude Pelgrims, Herman Richir, Revue mensuelle de la Banque nationale, 39e année, n° de janvier 1983.
  • Académie (Catalogue de l'exposition), Bruxelles (K.M.S.K.), 1987.
  • Joost de Geest, Wim Toebosch, Georges Verzin, Herman Richir (Catalogue de l'exposition), Hôtel communal de Schaerbeek (Salle du Musée), décembre 2002 - janvier 2003.
  • Kristof Reulens, Jos Geraerts (e.a.), Genk door schildersogen. Landschapsschilders in de Limburgse Kempen 1850-1950, Davidsfonds, Leuven, 2010 ISBN 978 90 5826 749 8

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

A

  1. Made in Belgium : un siècle d'affiches belges, par Jacques Mercier, Karl Scheerlinck (p. 20-21)
  2. L'affiche selon Hamner, par Emmanuel Collet. Magazine "Le Lion", n°77 octobre-novembre 1999

B

  1. Joost De Geest est historien d'art. Il a signé une thèse de doctorat sur l'art et la littérature fantastiques (VUB). Il est assistant à l'Université de Lille III, conservateur de la collection d'art du Crédit Communal-Dexia. Spécialiste de l'art belge du XIXe et XXe siècle et journaliste suivant le marché de l'art, il est également l'auteur de plusieurs monographies et livres de référence.
  2. Wim Toebosch est critique d'art, membre belge de l'A.I.C.A. (Association internationale des critiques d'art)
  3. Georges Bierand est un peintre figuratif né à Bruxelles en 1895. Il reçoit les conseils du maître français Edgar Degas. Depuis 1926, il participe à de nombreux salons triennaux et expositions à Bruxelles, Nice, Alger, Varsovie et Paris. Honoré de l'ordre de la Couronne et chevalier de l'ordre de Léopold, il fut membre de la Société royale des Beaux-Arts de Belgique

C

  1. « Collection iconographique de la Banque nationale », sur www.nbbmuseum.be

D

  1. a et b Liste des présidents du Sénat belge
  2. Liste des bourgmestres de Liège