Hercules Robinson

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Hercules George Robert Robinson, 1er Baron Rosmead

Hercules George Robert Robinson (19 décembre 182428 octobre 1897), 1er baron Rosmead, était un administrateur colonial britannique qui fut notamment le quinzième gouverneur de Nouvelle-Galles du Sud et le cinquième gouverneur de Hong Kong. Il ne doit pas être confondu avec William Robinson, qui fut le 11e gouverneur de Hong Kong.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Il était d'ascendance irlandaise par ses deux parents. Son père était l'amiral Hercules Robinson, sa mère était originaire de Rosmead, dans le comté de Westmeath, lieu duquel il a pris son titre de noblesse. Après ses études à l'Académie royale militaire de Sandhurst il fut affecté au 87e régiment d'infanterie en 1843, il fut nommé lieutenant en 1844 puis capitaine. Ensuite, en 1846, grâce à Lord Naas, Robinson obtint un poste au sein du Conseil des Travaux publics d'Irlande, enfin devint commissaire en chef des foires et des marchés.

L'énergie qu'il déploya dans ces postes, notamment pendant la famine de 1848, et la clarté et la rigueur de ses rapports, lui valurent,à l'âge de trente ans, d'occuper la fonction de président de l'île de Montserrat aux Antilles.

Services coloniaux[modifier | modifier le code]

Par la suite, Robinson fut nommé gouverneur de l'île Saint-Christophe en 1855 et resta à ce poste jusqu'en 1859. Cette année-là, Robinson fut nommé gouverneur de Hong Kong, le plus jeune gouverneur de Hong Kong de l'histoire coloniale. Il resta à ce poste jusqu'en mars 1865.

Au cours de son mandat, Robinson obtint le contrôle de la péninsule de Kowloon du Gouvernement impérial chinois, ce qui accrut la taille du territoire. Auparavant, la Colonie de Hong Kong ne se composait que de l'île de Hong Kong. De plus, Robinson ordonna la construction du barrage de Pokfulam, ce qui permit un approvisionnement régulier en eau pour les habitants de Hong Kong dans les années à venir. Robinson a également été crédité d'avoir mis en service le premier système d'éclairage de ville au gaz.

Au cours de son administration, la HSBC, ainsi que la Standard Chartered, s'installèrent à Hong Kong. Les deux eurent la responsabilité d'imprimer des billets de banque au nom du gouvernement, une responsabilité que les banques détiennent encore aujourd'hui.

En 1869, Robinson fut nommé gouverneur de Ceylan puis, du 3 juin 1872 à mars 1879, gouverneur de Nouvelle-Galles du Sud. Pendant cette période, Robinson participa avec succès à l'annexion des îles Fidji à l'Empire britannique. Il occupa provisoirement les fonctions de gouverneur de Fidji, du 10 octobre 1874 à juin 1875, tout en étant gouverneur de Nouvelle-Galles du Sud. En mars 1879, Robinson devient gouverneur de Nouvelle-Zélande et, en 1880, il succède à Sir Henry Bartle Frere en tant que Haut Commissaire pour l'Afrique australe.

Robinson est arrivé en Afrique du Sud peu de temps avant la catastrophe de la bataille de Majuba, et fut un des commissaires chargés de négocier la paix. On sait que ce travail lui fut personnellement très désagréable, car devait concilier d'une part une partie néerlandaise heureuse après la victoire et, d'autre part, une partie britannique presque prête à abandonner la colonie.

Les négociations en Afrique du Sud[modifier | modifier le code]

En 1883, Robinson fut rappelé en Angleterre pour informer le gouvernement sur les termes du nouvel accord conclus avec les Boers du Transvaal. Le 27 février 1884, Robinson signa, pour le gouvernement britannique, la Convention de Londres, avec Paul Kruger, le nouveau Président du Transvaal, SJ du Toit et NJ Smit représentant le Transvaal.

À son retour en Afrique du Sud, Robinson trouva une situation critique au Bechuanaland (l'actuel Botswana), où des commandos Boers avaient envahi de grandes étendues de territoire et proclamé la création des "républiques" de Stellaland et Goshen. Les commandos refusèrent de se retirer dans les limites du Transvaal tel que défini par la nouvelle convention, et Robinson, conscient de la nécessité de conserver ce pays - la route principale vers le nord pour les navires vers ou en provenance des pays bordant l'océan Indien - à l'Empire britannique, se détermina pour une action vigoureuse.

John Mackenzie puis, plus tard, Cecil Rhodes furent envoyés pour garantir la soumission pacifique des Boers, mais sans résultat immédiat, en partie en raison de l'attitude du gouvernement du Cap. La déclaration de Robinson, suivant les conseils du gouvernement, selon laquelle la réconciliation des colons avec les rebelles Boers équivalait à une approbation de la criminalité, conduisit à l'expédition de Sir Charles Warren et l'annexion du Bechuanaland au début de 1885.

Les difficultés de position de Robinson ont été illustrées par le différend qui l'opposa à Warren, qui déclara que les devoirs du Haut-Commissaire étaient parfois en conflit avec les décisions qu'en tant que gouverneur de la colonie du Cap, il était tenu de prendre sur l'avis de ses ministres dans l'intérêt de la colonie. Sir Hercules Robinson réussit à gagner la confiance du Président Kruger par son esprit équitable, tandis qu'il apportait son soutien à Rhodes pour unir les parties britanniques et néerlandaises sur la colonie du Cap. Son comportement, cependant, resta celui d'un administrateur et non d'un homme d'État, se contentant de régler les difficultés à mesure qu'elles se présentaient.

En 1886, Robinson fut chargé d'enquêter sur les accusations portées contre Sir John Pope-Hennessy, gouverneur de l'île Maurice et décréta sa suspension en attendant la décision des autorités nationales qui, finalement, le réintégrèrent. En 1887, Robinson fut chargé par Rhodes de signer un traité avec le roi Lobengula qui assurait des droits aux Britanniques sur les terres des Matabeles et des Mashonas.

En mai 1889, Robinson prit sa retraite. Dans son discours d'adieu, il déclara qu'il n'y avait pas de place permanente pour l'Afrique du Sud dans un système de gouvernement britannique direct. Cela fut interprété comme le fait qu'il était partisan de l'indépendance à terme de l'Afrique du Sud, une idée pourtant qui lui répugnait. Il expliqua dans une lettre adressée au Times en 1895 qu'il avait opposé la "direction directe par Downing Street des colonies de la couronne, au système des gouvernements coloniaux responsables."

Au début de 1895, alors qu'il était entré dans sa 71e année avec un état de santé médiocre, il céda aux sollicitations du gouvernement de Lord Rosebery et repartit en Afrique du Sud, où il succéda à Sir Henry Loch.

Son deuxième mandat n'eut pas de chance. Le raid de Jameson produisit une coupure complète entre lui et Cecil Rhodes, et il n'était pas apprécié par le nouveau Ministre des colonies, Joseph Chamberlain, qui avait critiqué sa nomination et qui, maintenant, souhaitait que Robinson saisisse l'occasion pour régler la question des Uitlanders au Transvaal.

Robinson répondit que le moment était inopportun, et qu'on devait lui laisser le choix du moment pour régler le problème. Inquiet du danger imminent de guerre, il limita ses efforts à inciter les habitants de Johannesburg à déposer les armes à condition que la vie des révoltés soit épargnée, ne sachant pas que l'accord avait déjà été pris par Jameson. Il retourna en Grande-Bretagne pour s'entretenir avec le gouvernement, et en 1896, fut nommé pair Baron Rosmead. Il retourna en Afrique du Sud plus tard dans l'année, mais fut contraint par la maladie de quitter son poste en avril 1897.

Il mourut le 28 octobre 1897 et est enterré au cimetière Brompton à Londres.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. London Gazette : n° 22280, p. 2514, 28-06-1859
  2. London Gazette : n° 24175, p. 347, 29-01-1875
  3. London Gazette : n° 26132, p. 680, 06-02-1891
  4. London Gazette : n° 26767, p. 4571, 11-08-1896