Henry d'Harcourt

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Officier général francais 7 etoiles.svg Henri d'Harcourt
Duc d’Harcourt
Naissance 1654
Décès 19 octobre 1718 (à 64 ans)
Origine Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Dignité d'État Maréchal de France
Conflits Guerre de Hollande
Guerre de la Ligue d'Augsbourg
Guerre de Succession d'Espagne
Distinctions Chevalier des Ordres du Roi
Autres fonctions Ambassadeur en Espagne
Lieutenant général au gouvernement de la Franche-Comté
Famille Maison d'Harcourt
Blason ville fr Harcourt (Eure).svg
de gueules à deux fasces d'or

Henri d'Harcourt, duc d’Harcourt, marquis de Beuvron (1654-1718), pair et maréchal de France, est un aristocrate et militaire français des XVIIe et XVIIIe siècles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et famille[modifier | modifier le code]

Henri d'Harcourt descend de la Maison d'Harcourt, l'une des plus puissantes et des plus anciennes familles noble normande dont l'origine remonte au XIe siècle.

Il est l’un des descendants de François III d'Harcourt et gendre d'Angélique, fille d'Abraham de Fabert d'Esternay. Il est connu d’abord sous le nom de marquis de Beuvron.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

En 1673, Henri d'Harcourt entra au service comme cornette de la compagnie mestre-de-camp du régiment de cavalerie de Thory (brevet du 2 août 1673) et servit comme aide de camp du maréchal de Turenne au siège d’Unna, prise le 5 février 1674. Le 16 juin de cette même année, il combattit à Sinzheim (entre Heidelberg et Heilbron) sous le mérite maréchal, qui y défit le duc de Lorraine et le comte Caprara. Il se trouva à la bataille d'Ensheim (aujourd'hui Entzheim, près de Strasbourg) le 4 octobre, au combat de Mulhausen le 29 décembre, et à celui de Turckheim le 5 janvier 1675.

Nommé colonel d’un régiment d’infanterie de son nom, sur la démission du marquis de […] (commission du 20 février 1675), il alla rejoindre ce régiment en Flandre, y finit la campagne, servit en Allemagne en 1676 et se trouva au siège de Valenciennes, prise le 17 mars 1677.

À la mort du marquis de Bourlemont, on lui donna le régiment de Picardie (commission du 17 mars). Il servit avec ce régiment au siège de Cambrai et à celui de la citadelle, où il est blessé. Il joignit ensuite l’armée d’Allemagne, commandée par le maréchal de Créquy, et marcha au siège de Fribourg.

Sur la démission de François III d'Harcourt, son père, on le fit lieutenant général au gouvernement de Normandie (provisions données à Saint-Germain-en-Laye le 10 mai 1678). Il combat avec distinction le 6 juillet, sous le maréchal de Créquy, à Rheinfeld, où le comte de Starhemberg fut défait. Il se signala au passage de la Kintzig et au siège de Kehl, emportée l’épée à la main.

On le nomma alors inspecteur général de l’infanterie (ordre du 20 décembre 1682), puis, fait brigadier d’infanterie (brevet du 30 mars 1683), on l’employa en cette qualité à l’armée de Flandre, sous Monsieur et sous le maréchal de Schomberg, en 1684 : cette armée couvrit le siège de Luxembourg.

Le 31 juillet 1687, il épouse Marie Anne Claude Brulart de Genlis (16691750), qui deviendra en 1739 dame de Pisy.

Promu au grade de maréchal de camp (brevet du 24 août 1688), le marquis de Beuvron fut employé à l’armée de Mgr le dauphin, en Allemagne. Il servit au siège et à la prise de Philisbourg et s’y signala à la prise de l’ouvrage à corne. Il se démit de son inspection en février 1689.

Le 6 novembre 1689, naît son premier fils, François d'Harcourt († 1750).

Commandant dans la province de Luxembourg et dans le comté de Chiny à la place du marquis d’Huxelles (pouvoir du 15 avril 1690), il mit à contribution les pays de Juilliers et de Cologne. Il se démit du régiment de Picardie au mois de février 1691, et l’on étendit son commandement jusque sur la Moselle (pouvoir du 20 octobre 1691). Il sert en 1692, sous le maréchal de Boufflers, dans l’armée de la Moselle, d’où il retourne, au mois d’août, dans son commandement.

À Ourteville, le 8 septembre 1692, ayant appris que les ennemis – 18 000 hommes des troupes de Neufbourg et de Cologne – avaient détaché 4 000 hommes sans bagages pour le surprendre, il marcha contre eux. Les deux corps n’étant séparés que par un ruisseau, les ennemis formèrent 30 escadrons, et leurs dragons mirent pied à terre pour profiter de l’avantage des haies en escarmouchant. Le marquis de Beuvron, à la tête d’un corps de cavalerie, les chargea avec tant de succès, qu’il les rompit. La majeure partie des dragons ennemis abandonna ses chevaux, et prit la fuite : on en fit cependant 800 prisonniers, et, dans la longue poursuite qu’ils essuyèrent, ils eurent plus de 300 hommes tués, du nombre desquels furent le commandant et 2 mestres-de-camp. Le comte de Welen, qui commandait les troupes de Neufbourg, est pris avec 150 de ses soldats ou de ses officiers.

Le comte de Taliari, chargé de faire le siège de Rheinfeld et de Saint-Chenner, ayant été blessé, le marquis de Beuvron prit le commandement (ordre du 26 décembre 1692) Il fit la retraite de l’armée qui avait assiégé Rheinfeld sans que les ennemis osassent la troubler, quoiqu’ils eussent une armée beaucoup plus forte, commandée par le landgrave de Hesse–Cassel.

On le fit lieutenant général des armées du roi (pouvoir du 30 mars 1690). Il obtint le gouvernement de Tournai à la mort du marquis de Maulévrier (provisions du 4 juin 1690). Il investit, le 19 juillet, la ville de Huy, qui capitula le 22 : le gouverneur du château battit la chamade le 23. Le marquis de Beuvron, ayant conduit les troupes qu’il commandait au maréchal de Luxembourg, contribua beaucoup à la victoire remportée sur les ennemis à Neerwinde le 29 du même mois. Commandant l’armée de la Moselle, sous le maréchal de Boufflers (ordre du 28 avril 1694), il observa les ennemis. Il eut le même commandement (pouvoir du 20 avril 1695) et se tint sur la défensive. Il fut nommé pour commander l’armée qui devait passer en Angleterre, pour le rétablissement du roi Jacques II (pouvoir du 15 mars 1696), mais ce projet étant resté sans exécution il vint commander sur la Moselle (pouvoir du 17 avril), puis à Luxembourg, pendant l’hiver. Et il commanda encore l’armée de la Moselle (pouvoir du 7 mai 1697).

La paix ayant été faite, le 20 septembre, il est nommé ambassadeur en Espagne, où il resta pendant trois ans. À son, retour il voulut le commandement de l’armée qui devait s’assembler en Guienne (pouvoir du 13 octobre 1700), et on lui donna le commandement dans cette province, au pays de Foix, en Navarre et en Béarn (commission du 15). Il retourna en Espagne, auprès de Philippe V, comme ambassadeur extraordinaire.

Il est fait duc d'Harcourt au mois de novembre 1700 (lettres données à Versailles, enregistrées au parlement de Paris le 19 mars 1701, et au parlement de Rouen le 30 juillet). Le 2 avril 1701 naît son fils Anne Pierre d'Harcourt († 1783).

Au mois d’octobre 1701, le mauvais état de santé du duc d'Harcourt l’oblige à revenir en France. Élevé à la dignité de maréchal de France (état donné à Versailles, le 14 janvier 1703), il prête serment le 28 janvier 1703. Il est pourvu de la compagnie des gardes du corps du roi (provisions du 26 février), vacante par la mort du maréchal-duc de Lorges.

Il est fait chevalier des Ordres du Roi le 2 février 1705.

Commandant l’armée d’Allemagne (pouvoir du 14 juin 1709), il met en sûreté les lignes de Weissembourg, menacées par le duc d’Hanovre, et chargea un détachement de veiller à la garde du Rhin, dans la Haute-Alsace. Le 20 août, il détacha le comte du Bourg, avec ordre d’attaquer le général Mercy, qui est battu à Rumersheim le 26.

Il est fait pair de France le 28 février 1710 (lettres données à Versailles, au mois de novembre, enregistrées au parlement de Paris). Il commanda l’armée d’Allemagne (pouvoir du 24 avril 1710). Il obtint (provisions du 16 juillet 1710) la lieutenance générale au gouvernement de la Franche-Comté, vacante par la mort du marquis de Renty. Il commande l’armée de Flandre (pouvoir du 29 septembre) et ne fait aucune expédition. Commandant l’armée du Rhin avec le maréchal de Bezons ((pouvoir du 8 mai 1711), il tire des contributions des bailliages de Spire, de Landau et de Germersheim. Il commanda la même armée, conjointement avec le même maréchal (pouvoir du 30 avril 1712) : ils observèrent les ennemis. Au mois de juillet, il se démet de la lieutenance générale de la Franche-Comté, en faveur de son fils aîné. Le 7 septembre 1715, il est fait conseiller au conseil de régence.

Alors qu'il avait été désigné par Louis XIV pour être gouverneur de Louis XV, il mourut le 19 octobre 1718 sans avoir eu cet honneur. Il était alors dans sa 64e année.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Chronologie militaire, tom. III, pag. 161 ;
  • Mémoires du Père d’Avrigny,
  • Journal du Père Giffret,
  • Histoire militaire de M. de Quincy,
  • L’abbé le Pipre de Nœufville,
  • Bauclas,
  • le président Hénault,
  • Gazette de France
  • Histoire de France, par Anquetil, tom. VIII.