Henry Savile

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Henry Savile

Sir Henry Savile - connu aussi sous la forme latinisé "Henricus Savilius" - (né le 30 novembre 1549 dans le Yorkshire – † le 19 février 1622 à Eton), directeur du Merton College (Oxford) et prévôt d'Eton, est un helléniste anglais et l'un des principaux contributeurs à la Bible du roi Jacques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un helléniste talentueux[modifier | modifier le code]

Il était le fils d'Henry Savile de Bradley, près de Halifax, petite ville de l'ouest du Yorkshire, et d'Elizabeth, fille de Robert Ramsden. Les Savile de Methley étaient une vieille famille du comté.

Henry Savile étudia à Brasenose College (Oxford), où il s'était inscrit en 1561. Il fut élu fellow (c'est-à-dire sociétaire, ou professeur titulaire) du Merton College (Oxford) en 1565. Grâce à ses leçons publiques sur l'Almageste de Ptolémée, il se fit une grande réputation d'helléniste et de géomètre et en 1575 devint Junior Proctor de l'université d'Oxford. En 1578 il voyagea en Europe continentale, amassant une grande collection de manuscrits ; il semble qu'il ait alors servi la reine Élisabeth en tant qu'émissaire aux Pays-Bas.

En quête d'honneurs[modifier | modifier le code]

De retour en Angleterre, il fut nommé Lecteur de Grec de la Reine, et en 1585, grâce à l'intercession pressante des ministres William Cecil et Francis Walsingham, obtint la direction de Merton College. Son administration autoritaire rétablit la réputation de ce collège. Sa réputation de lettré s'accrut de nouveau en 1591 lors de la parution de sa traduction de quatre livres des Histoires de Tacite, à laquelle il avait annexé un érudit « Commentaire sur les machines de guerre des Romains » (Commentary on Roman Warfare).

Après des années de démarche auprès de la Cour, il obtint enfin la prévôté du collège d'Eton le 26 mai 1596 ; en effet il ne remplissait pas les conditions exigées par les statuts du Collège, n'ayant pas été ordonné prêtre, et la reine ne voulait pas le nommer à ce poste. Savile avança ingénuement que la reine avait le droit de passer outre les statuts, et à la longue il obtint gain de cause.

Traducteur de la Bible[modifier | modifier le code]

Mais en février 1601 il fut arrêté comme suspect de complicité dans le complot de Robert Devereux, le 2e comte d'Essex.

Bientôt relaxé, ses liens supposés avec la faction du comte d'Essex, ainsi que ses prises de position concernant les statuts religieux du collège d'Eton plaidèrent largement en sa faveur après l'avènement du roi Jacques. Le fait que son frère aîné, Sir John Savile (15451607), juriste renommé et haut magistrat de l'administration du Trésor, se soit prononcé en 1606 en faveur du droit pour le roi de taxer le commerce d'import-export, a pu également favoriser son retour en grâce.

Le 30 septembre 1604, Savile fut anobli, et cette même année fut élu parmi le groupe d'érudits chargés de préparer l'édition de la Bible du roi Jacques. On lui confia de longs passages des Évangiles, les Actes des Apôtres et l'Apocalypse. Il semble que ce soit la mort en 1604 de son fils unique, né en 1592 de son mariage avec Margaret Dacre, qui décida Henry Savile à consacrer sa fortune à la promotion du savoir, bien qu'il eût aussi une fille, mère du futur dramaturge Sir Charles Sedley.

Son édition de Jean Chrysostome en huit tomes in-folio parut entre 1610 et 1613. La réalisation en fut confiée à l'imprimeur du roi, avec une presse à bras importée à ses frais. Son Chrysostome, qui lui coûta £8000 et ne fut pas vraiment un succès d'édition, est le plus grand ouvrage d'édition classique effectué en Angleterre à cette époque. Avec cette même presse, il fit imprimer une édition de la Cyropédie de Xénophon en 1618. En 1619 il créa la Savilian chair of geometry, chaire de géométrie et d'astronomie d'Oxford.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

On confond parfois Sir Henry Savile avec un homonyme, Henry Savile dit « Long Harry » (1570-1617), confusion qui tend à accréditer une continuation apocryphe aux Chroniques du moine gallois Asser († 908/909) laquelle prétend que le roi Alfred le Grand aurait fondé l'université d'Oxford.

Un de ses frères, Thomas Savile († en 1593), était aussi professeur au Merton College (Oxford), où il était réputé pour ses cours. Un seul des enfants d'Henry Savile lui survécut, Elizabeth, qui épousa Sir John Sedley et fut la mère de Sir Charles Sedley.

Notes et références[modifier | modifier le code]


Sources[modifier | modifier le code]