Henry Rider Haggard
Henry Rider Haggard
| Activités | romancier |
|---|---|
| Naissance | 22 juin 1856 Bradenham |
| Décès | 14 mai 1925 (à 68 ans) Londres |
| Genres | Aventures |
| Distinctions | Chevalier en 1912 Chevalier commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique (KBE) en 1919 |
Henry Rider Haggard, né dans le comté du Norfolk le 22 juin 1856 et mort à Londres le 14 mai 1925, est un écrivain anglais, auteur de romans d’aventures qui se situent dans des lieux considérés en son temps comme exotiques.
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Biographie[1] [modifier]
Henry Rider Haggard est né à Bradenham, dans le Norfolk, de William Meybohm Rider Haggard, un avocat et d'Ella Doveton, auteur et poète, nièce du général John Doveton. Depuis des siècles les membres de la famille de sa mère, établis à Saint-Hélène, servaient aux Indes comme officiers supérieurs[2].
Haggard avait une certaine expérience personnelle de ces pays « exotiques » grâce à ses nombreux voyages. Il était notamment allé en 1875 dans le Natal (aujourd'hui une province de l’Afrique du Sud) comme secrétaire du gouverneur colonial, Henry Bulwer-Lytton, frère d'Edward Bulwer-Lytton, occultiste et romancier illustre. En cette qualité, Haggard était présent à Pretoria en 1877 lors de l’annonce officielle de l’annexion de la république des Boers, qui devait déclencher la Première Guerre des Boers.
En 1878, Haggard fut nommé greffier de la Haute Cour du Transvaal, région qui devait également être incorporée à l’Afrique du Sud[3]. Il revint ensuite en Angleterre pour se marier et emmener son épouse, Mariana Louisa Margitson, avec lui en Afrique[4].
Le couple revint ensuite en Angleterre en 1882 et s’installa d’abord à Ditchingham, Norfolk, puis à Kessingland. Haggard entreprit l’étude du droit et s’inscrivit au barreau en 1884. Mais sa pratique du métier fut quelque peu décousue en raison du temps passé à l’écriture de ses livres et à se battre pour faire reconnaître les droits d'auteurs de ses œuvres publiées sans autorisation aux États-Unis. Il entretint également une importante correspondance avec Rudyard Kipling, auteur du Livre de la jungle[5].
Les romans de Henry Rider Haggard contiennent certes de nombreux préjugés caractéristiques de la culture coloniale britannique de l'époque, mais ils témoignent néanmoins d'une grande sympathie envers les populations locales. Les Africains jouent fréquemment des rôles héroïques dans ses livres, même si les protagonistes sont habituellement des Européens. Une exception notable est Ignosi, le roi légitime du Kukuanaland dans Les Mines du Roi Salomon. S'étant lié d’amitié avec les trois Anglais qui l’aident à reconquérir son trône, Ignosi s’inspire de leurs conseils pour supprimer la chasse aux sorcières et la peine capitale arbitraire.
Dans un autre de ses livres les plus connus, She (Elle–qui–doit–être–obéie), un professeur de Cambridge, Horace Holly, et son fils adoptif, Leo Vincey, voyagent en Afrique. Ils y rencontrent la reine Ayesha, qui s’est rendue immortelle en se baignant dans une colonne de feu qui est la source de vie. Cette créature, d’une beauté exceptionnelle, prototype de nombreuses figures de femmes toutes–puissantes, est à la fois désirable et effrayante. Les voyageurs vont découvrir qu’Ayesha attend depuis deux mille ans la réincarnation de son amant Kallikrates, qu’elle a tué au cours d’une crise de jalousie. Elle croit voir en Leo Vincey la réincarnation de Kallikrates…
Dans ce livre, Haggard explore les thèmes du pouvoir, de la vie et de la mort, de la réincarnation, de la sexualité, du destin. Dans d’autres ouvrages, il traite de problèmes sociaux et de thèmes tels que la réforme agraire.
Maître du roman populaire, H. Rider Haggard a créé une mythologie promise à un grand avenir, notamment à travers son héritier Edgar Rice Burroughs, la bande dessinée et Steven Spielberg : une Afrique mythique, nourrie de millénaires de fantasmes, de nostalgie, de désir et de peur. Le roman populaire est le plus en prise avec l'inconscient éternel des peuples, entre héros chevalier juste et fée séduisante et fatale dans l'imagerie occidentale. Haggard s'est également essayé (comme son confrère et compatriote Arthur Conan Doyle) au roman historique avec La Fille de Montézuma, souvenirs d'un vieil aristocrate couchés sur papier pour Élisabeth Ire d’Angleterre.
Haggard n'est plus aussi connu qu’à son époque car, comme ceux de Edgar Rice Burroughs, ses livres sont peu diffusés. Certains de ses personnages ont cependant eu un impact durable au XXe siècle. Ayesha a été citée par Sigmund Freud dans L'Interprétation des rêves et par Carl Gustav Jung comme archétype féminin.
Haggard a aussi exercé une influence dans les domaines de la science-fiction et de la littérature de « fantasy », notamment à travers Edgar Rice Burroughs. Allan Quatermain, le héros des Mines du Roi Salomon, a été identifié comme l’un des modèles au personnage d’Indiana Jones dans les films Les Aventuriers de l'arche perdue (de Steven Spielberg et George Lucas), et il a été interprété par Sean Connery comme le meneur de La Ligue des gentlemen extraordinaires, devenu immortel sur la terre africaine... Et comment oublier Stewart Granger dans le même rôle, et, pour ceux qui l'ont vue, Ursula Andress dans celui, mythique, de Ayesha.
Œuvres [modifier]
Œuvres traduites en français [modifier]
| Année | Titre français | Dernière édition connue en langue française | Titre original |
|---|---|---|---|
| 1885 | Les Mines du roi Salomon | Éd. Terre de brume, 2004 | King Solomon's Mines |
| 1887 | Elle | Éd. Terre de brume, 2006 | She |
| 1887 | Jess | Éd. Hachette, 1889 | |
| 1887 | Allan Quatermain | Éd. Néo no 93/94, 1983 | |
| 1888 | Le Colonel Quaritch | Éd. Hachette, 1895 | |
| 1888 | Le Testament du monstre | La Renaissance du livre, 1933 | Mr Meeson's Will |
| 1889 | L'Épouse d'Allan | Éd. Néo no 126,1984 | |
| 1890 | Béatrice | Éd. Hachette, 1893 | |
| 1891 | Eric aux yeux brillants | Éd. José Corti, 2007 | Eric Brighteyes |
| 1893 | La Fille de Montezuma | Éd. Néo, 1986 | Montezuma's daughter |
| 1894 | Le Peuple du brouillard | Éd. Néo no 53, 1982 | People of the Mist |
| 1896 | Cœur du monde | Éd. Néo, 1986 | |
| 1900 | L'Enfant des Boers | Éd. Delachaux & Niestlé, (réédité chez Tallandier sous le titre Sihamba la sorcière) |
|
| 1905 | Aycha, le retour d'Elle | Éd. Néo | |
| 1908 | Le Dieu jaune | Éd. Garancière, 1985 | The Yellow God |
| 1911 | Ève la Rouge | Éd. Néo no 145-146,1985 | Red Eve |
| 1915 | La Fleur sacrée | Éd. Néo no 75-76,1983 | The Holy Flower |
| 1918 | L'Esclave reine | Éd. Néo no 107,1984 | Moon of Israel |
| 1919 | Le Jour où la terre trembla | Éd. Néo,1889 | |
| 1921 | Elle et Alan Quatermain | Néo, 1982 | |
| 1922 | La Vierge du soleil | Éd. Néo,1983 | |
| 1923 | La Fille de la Sagesse | Éd. Néo no 31,1981 | Wisdom's daughter |
| 1927 | Les Dieux de la glace | Éd. Tallandier/Club de lecture des jeunes, 1965 | |
| 1930 | Balthazar | Éd. Tallandier/Club de lecture des jeunes, 1962 | Belshazzar |
- 1985 : La Nuit des pharaons (recueil de nouvelles chez Éd. Néo no 152)
- Magepa l'antilope (Magepa the Buck, 1912)
- Histoire de trois lions (A Tale of Three lions, 1887)
- Cœur noir (Black heart & White heart, 1896)
- La Nuit des Pharaons (Smith and the Pharaohs, 1913)
- 1985 : Robert Laffont, Collection Bouquins, Elle-qui-doit-être-obéie comprenant : Elle ou la source de feu, Le retour d'Elle, La Fille de la Sagesse, Les Mines du Roi Salomon, Elle et Alan Quartemain (ISBN 2221046595)
Œuvres en anglais (non traduites en français)[6] [modifier]
- Romans
- 1891 : The World's Desire en collaboration avec Andrew Lang
- 1895 : Joan Haste
- 1989 : Doctor Therne
- 1904 : Stella Fregelius
- 1929 : Mary of Marion Isle
- Essais
- 1882 : Cetywayo and his white neighbours
- 1899 : A Farmer's Year
- 1899 : The Last Boer War
- 1911 : Rural Denmark
- 1926 : The Days of my Life (autobiographie)
Adaptations cinématographiques et télévisées[7] [modifier]
Cinéma [modifier]
- 1899 : La Danse du feu de Georges Méliès d'après She
- 1908 : She d'Edwin S. Porter
- 1911 : She de George Nichols
- 1912 : Jess de George Nichols (histoire)
- 1914 : Jess
- 1915 : Mr. Meeson's Will de Frederick Sullivan
- 1916 : She de William G.B. Barker et Horace Lisle Lucoque
- 1916 : The Grasp of Greed de Joseph De Grasse, d'après Mr Meeson's Will
- 1917 : Dawn de Horace Lisle Lucoque
- 1917 : She de Kenean Buel
- 1917 : Heart and Soul de J. Gordon Edwards, d'après Jess
- 1917 : Cleopatra de J. Gordon Edwards (non crédité)
- 1919 : Allan Quatermain de Horace Lisle Lucoque
- 1921 : Stella d'Edwin J. Collins, d'après Stella Fregelius
- 1921 : Beatrice de Herbert Brenon
- 1922 : Swallow de Horace Lisle Lucoque
- 1924 : L'Esclave reine (Die Sklavenkönigin) de Michael Curtiz
- 1925 : La Reine immortelle (She) de Leander De Cordova et G.B. Samuelson
- 1935 : La Source de feu (She) de Lansing C. Holden et Irving Pichel
- 1937 : Les Mines du roi Salomon de Robert Stevenson
- 1950 : Les Mines du roi Salomon de Compton Bennett et Andrew Marton
- 1959 : Watusi de Kurt Neumann, d'après King Solomon's Mines
- 1965 : La Déesse de feu (She) de Robert Day
- 1968 : La Déesse des sables (The Vengeance of She) de Cliff Owen, tiré de Ayesha: The Return of She
- 1977 : Allan Quatermain et les mines du roi Salomon (King Solomon's Treasure) de Alvin Rakoff
- 1982 : Conqueror (She) d'Avi Nesher
- 1985 : Allan Quatermain et les Mines du roi Salomon (King Solomon's Mines) de Jack Lee Thompson
- 1986 : Allan Quatermain et la Cité de l'or perdu (Allan Quatermain and the Lost City of Gold) de Gary Nelson
- 2001 : She de Timothy Bond
voir aussi :
- 2001 : Les Aventuriers du trésor perdu (High Adventure) de Mark Roper avec Thomas Ian Griffith dans le rôle de Chris Quatermain, petit-fils d'Allan Quatermain
- 2003 : La Ligue des Gentlemen Extraordinaires (The League of Extraordinary Gentlemen) de Stephen Norrington
Télévision [modifier]
- 1986 : King Solomon's Mines, film d'animation
- 2004 : Allan Quatermain et la pierre des ancêtres (King Solomon's Mines) de Steve Boyum
Vidéo [modifier]
- 2008 : Allan Quatermain and the Temple of Skulls de Mark Atkins
Distinctions [modifier]
- Chevalier en 1912[8]
- Chevalier commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique (KBE) en 1919
Notes et références [modifier]
- Morton Cohen, Rider Haggard : his life and works, Walker & Co, 1961.
- Généalogie de la famille Haggard.
- D. S. Higgins, Rider Haggard, the Great Storyteller, Cassel, 1981.
- D. S. Higgins, The Private Diaries of Sir H.Rider Haggard (1914-1925), Stein & Day, 1980.
- Morton Cohen, Rudyard Kipling to Rider Haggard : the record of a friendship, Hutchinson, 1965.
- Book Collector no 4, 50, 87, 160
- Philip Leibfried, Kipling & Haggard on screen, stage, radio and television, Mc Farland Ed., 2000.
- London Gazette : no 27490, p. 6897, 08-03-1912
Liens externes [modifier]
- Une page consacrée à Rider Haggard sur le site Roman d'aventures