Henry Oldenburg

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Henry Oldenburg

Henry Oldenburg (v. 1618 à Brême - 1677 à Londres) est un diplomate et homme de science d'origine allemande, devenu premier secrétaire de la Royal Society et connu pour avoir établi un vaste réseau de coopération et d'échanges entre savants européens au XVIIe siècle.

Sa vie et son œuvre[modifier | modifier le code]

Fils d'un professeur d'université, il fait des études de théologie à l'université d'Utrecht, puis exerce la profession de tuteur dans plusieurs villes d'Europe. Outre l'allemand, il parle le français, l'italien et l'anglais. Une mission diplomatique auprès d'Oliver Cromwell le conduit en Angleterre, où il est chargé de négocier le protection des navires qui assurent la prospérité de sa ville natale. S'étant établi à Londres, il devient l'un des premiers membres de la Royal Society, qui le nomme son premier secrétaire en 1662. Peu après la parution en France du premier numéro du Journal des sçavans, il fonde à son compte en 1665 le journal Philosophical Transactions, dans lequel il publie les lettres que lui adressent les savants de l'Europe entière.

Parmi ses correspondants, dont il entretiendra le réseau tout au long de sa carrière, se trouvent quelques-uns des chercheurs et philosophes les plus en avance sur leur temps, entre autres Rasmus Bartholin, Robert Boyle, Comenius, Samuel de Fermat, Thomas Hobbes, Robert Hooke, Huygens, Leibniz, Spinoza, Melchisédech Thévenot, Isaac Vossius. Il formule en leur nom l'ambition de la science : « Pousser jusqu'à l'extrême limite des choses et s'efforcer de pénétrer l'antichambre de la Nature pour atteindre son cabinet secret »[1]. Sans se laisser affecter par une incarcération à la Tour de Londres en 1667, occasionnée par les soupçons qu'avaient éveillés sa volumineuse correspondance avec l'étranger, ni par les inimitiés qui font immanquablement leur apparition dans les coulisses de l'Académie, il continuera par tous les moyens à déjouer la censure pour faciliter les communications entre chercheurs et à user de ses talents diplomatiques pour apaiser les tensions et désamorcer les querelles entre savants. Parmi ceux dont il soutient et encourage les travaux, certains s'illustreront tout particulièrement dans les années à venir, notamment Newton, Flamsteed, Malpighi et Leeuwenhoek.

L'érudit français Samuel Sorbière, qui l'avait rencontré « fort souvent à Paris, & chez moi, & dans l'Assemblée de M. de Montmor, à laquelle il estoit fort assidu » et qui le rencontre à Londres de nouveau, parle de Henry Oldenburg comme de « ce curieux Allemand » qui, « ayant profité de ses voyages » et ayant « frotté sa cervelle contre la cervelle d'autruy, s'estoit fait considérer à son retour en Angleterre, comme une personne capable de tenir la plume de l'Académie[2]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « The true sons of learning are those who are not satisfied with well-known truths but push on to the farthest bounds of things, and who strive not to formulate fine and probable opinions, but sure and certain ones, and to penetrate from Nature’s antechamber to her inner closet » Lettre à Thomas Cox, 1656, citée par Iordan Avramov, An apprenticeship in scientific communication: the early correspondence of Henry Oldenburg (1656-63) [1]
  2. Relation d'un voyage en Angleterre, où sont touchées plusieurs choses, qui regardent l'estat des Sciences, & de la Religion, & autres matières curieuses, Cologne, 1666, pp. 59-60

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alfred Rupert Hall and Marie Boas Hall [éditeurs et traducteurs], The Correspondence of Henry Oldenburg, University of Wisconsin Press, Madison ; Taylor and Francis, London and Philadelphia, 13 volumes, 1965-1986
  • Marie Boas Hall, Henry Oldenburg; Shaping the Royal Society, Oxford University Press, 2002
  • Jean-Pierre Vittu, « Henry Oldenburg, ‘grand intermédiaire’ », Les grands intermédiaires culturels de la République des Lettres. Études de réseaux de correspondances du XVIe au XVIIIe siècle (Chr. Berkvens-Stevelinck, H. Bots, J. Häseler, éd.), Honoré Champion, Paris, 2005, coll. « Les Dix-Huitièmes Siècles », n° 91, p. 183-209.

Notices[modifier | modifier le code]

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