Henry Morgentaler

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Morgentaler (homonymie).
Henry Morgentaler avec Jack Layton.

Henry Morgentaler, C.M., M.D., LL.D. (h.c.) (né le 19 mars 1923 à Łódź, Pologne) est un médecin canadien. Dans ce pays, il est surtout connu comme pratiquant l'avortement et activiste pro-choix de longue date.

Sommaire

Biographie [modifier]

Henry Morgentaler est un survivant de l'Holocauste. Après avoir survécu aux camps de concentration d'Auschwitz et de Dachau[1], il accepte une bourse d'étude des Nations unies offerte aux survivants juifs. Il étudie alors la médecine à l'Université de Montréal dont il obtient un doctorat en médecine en 1953[2] Après sa résidence, il ouvre sa première clinique de médecine familiale dans l'est de Montréal[3].

Après ses études, il refuse d’aller en Israël en raison de son opposition au sionisme[4]. Arrivé au Québec avec son épouse en 1950, il prend la citoyenneté canadienne en 1957 et pratique dans l'est de Montréal comme médecin généraliste pendant presque vingt ans, jusqu’à ce que ses opinions sur l’avortement créent des conflits qui l'amènent à interrompre son activité. Le 19 octobre 1967, il s’adresse à un comité du gouvernement du Canada et y énonce que les femmes enceintes ont le droit d'avoir des avortements sécuritaires.

En 1969, il abandonne la médecine familiale et commence ouvertement à pratiquer des avortements illégaux. Peu après 1970, il est arrêté à Québec après avoir pratiqué un avortement. En 1972, il se présente comme indépendant aux élections dans Saint-Denis, finissant quatrième avec 1 509 votes. Plus tard en 1973, il dit avoir pratiqué 5 000 avortements illégaux. Il est acquitté par un jury dans une affaire judiciaire, mais l’acquittement est renversé par cinq juges de la Cour d'appel du Québec en 1974. Il est emprisonné avant d’en appeler de la condamnation et d'être par la suite de nouveau acquitté.

Morgentaler est de nouveau accusé en 1983 en Ontario. Il est acquitté par un jury, mais le verdict est renversé par la Cour d'appel de l'Ontario. Le jugement est envoyé à la Cour suprême du Canada. Morgentaler est encore une fois acquitté. Cette fois-ci, la Cour suprême déclare inconstitutionnelle la loi sous laquelle il était accusé. Le jugement se nommera Morgentaler et al. c. Sa Majesté La Reine de 1988 (1 S.C.R. 30). Cette décision a supprimé toutes les restrictions règlementaires à l’avortement au Canada.

En 1992, une bombe explose à sa clinique de la rue Harbord à Toronto. Morgentaler n’est pas physiquement blessé. En 1993, il gagne une nouvelle cause devant la Cour suprême, R. c. Morgentaler (1993), cette fois contre la réglementation provinciale sur l’avortement.

Depuis le début du XXIe siècle, Morgentaler travaille pour ouvrir deux cliniques privées d’avortement dans l’Arctique canadien, afin que les femmes vivant là-bas n’aient pas à voyager de grande distance pour pouvoir se faire avorter.

Morgentaler ne pratique plus d'avortements depuis qu'il a subi un pontage coronarien en 2006 ; il estime avoir formé plus de 100 médecins aux avortements thérapeutiques et avoir effectué lui-même plus de 100 000 avortements au cours de sa carrière[5].

Le 1er juillet 2008, on annonce que Morgentaler sera récipiendaire de l'Ordre du Canada, ce qui suscita à nouveau la controverse[6]. En septembre 2008, l'archevêque de Montréal, le cardinal Jean-Claude Turcotte, a été «la première personnalité de haut rang à retourner son insigne à la gouverneure générale»[7] du Canada.

Distinctions [modifier]

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

Notes [modifier]

  1. Eleanor Wright Pelrine, Morgentaler: The Doctor Who Couldn't Turn Away, Formac Publishing Company, 1983. p. 13[1].
  2. « Qui est le Dr Morgentaler? », Clinique Morgentaler[2]; Morgentaler, Henry, Bibliothèque et Archives du Canada, Division des manuscrits, MG31-K40, Instrument de recherche no 2140 [3]; À noter que le nom est d'origine allemande et ne se prononce pas « Mogen Taylor » mais bien « mòrguène-tàlère ».
  3. Eleanor Wright Pelrine, Morgentaler: The Doctor Who Couldn't Turn Away, Formac Publishing Company, 1983. p.21[4].
  4. « Dr Henry Morgentaler named to the Order of Canada », Drive-by planet, 2 juillet 2008.[5]
  5. Article du Journal de Montréal sur canoe.com
  6. Ordre du Canada
  7. [Le Soleil, 19 sept. 2008]