Henri III d'Angleterre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Henry III d'Angleterre)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Henri et Henri III.
Henri III
Image illustrative de l'article Henri III d'Angleterre
Titre
Roi d'Angleterre et seigneur d'Irlande

&&&&&&&&&&02048356 ans, 0 mois et 28 jours
Couronnement en l'Abbaye de Westminster
Prédécesseur Jean
Successeur Édouard Ier
Duc d'Aquitaine
Prédécesseur Jean
Successeur Édouard Ier
Biographie
Dynastie Plantagenêt
Date de naissance
Lieu de naissance Château de Winchester, Hampshire (Angleterre)
Date de décès (à 65 ans)
Lieu de décès Westminster, Londres (Angleterre)
Père Jean d'Angleterre
Mère Isabelle d'Angoulême
Conjoint Éléonore de Provence
Enfant(s) Édouard Ier Red crown.png
Marguerite d'Angleterre
Béatrice d'Angleterre
Edmond d'Angleterre,
comte de Lancastre
Héritier Richard d'Angleterre (1216-1239)
Édouard d'Angleterre (1239-1272)

Henri III d'Angleterre
Monarques de Grande-Bretagne

Henri III ou Henri III Plantagenêt, (né le au château de Winchester, mort le à Westminster), est le fils aîné du roi Jean sans Terre et d'Isabelle d'Angoulême, fut roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Fils aîné du roi Jean sans Terre et d'Isabelle d'Angoulême, Henri III n'avait que neuf ans quand il succéda à son père, mort le . À cette époque, les barons anglais, mécontents de Jean sans Terre, avaient offert le trône au prince Louis, fils de Philippe Auguste, qui avait traversé la Manche et s'était fait couronner à Londres. Avec la mort de Jean sans Terre, leur rancune s'éteignit, et ils abandonnèrent le parti de Louis, se ralliant au jeune Henri.

Roi d'Angleterre[modifier | modifier le code]

Accession au trône[modifier | modifier le code]

Henri III fut donc couronné à Westminster le par les derniers fidèles des Plantagenêt. Comme le roi était encore jeune, la régence échut au comte de Pembroke (1216-1219), qui réussit si bien que Louis dut rembarquer à la fin de 1217. Après la mort du comte, Hubert de Bourg lui succéda dans ses fonctions (1219-1227).

Déclaré majeur en 1227, Henri révoqua la Magna Carta, octroyée par son père, qu'il avait lui-même juré de respecter, et retira sa faveur à Hubert de Bourg en 1231.

En 1224, Louis VIII enleva à Henri III toutes ses possessions du continent, excepté Bordeaux et la Gascogne (Louis VIII légitimait ses annexions en stipulant que les barons anglais n’avaient pas rempli les conditions du traité passé avec lui lorsqu'ils l'avaient appelé en Angleterre).

La guerre franco-anglaise de 1241[modifier | modifier le code]

Henri III débarque à Royan.

En 1241, la guerre éclata entre Anglais et Français. En effet, en 1241, Louis IX, roi de France, maria à Saumur son frère Alphonse avec Jeanne, fille du comte de Toulouse Raymond VII. Le roi de France décida aussi d'investir son frère du comté de Poitou et d'une partie de l’Auvergne, qu'il avait reçus en apanage par son père. Ils se rendirent ensuite à Poitiers, où le nouveau comte devait tenir sa cour et recevoir l’hommage de ses vassaux. L’un d’eux, Hugues X de Lusignan, refusa de rendre l’hommage. Excité par sa femme Isabelle d'Angoulême, la mère du roi d’Angleterre, il osa défier publiquement le comte, et brûla la maison dans laquelle ce dernier avait séjourné à Poitiers.

Seul, Hugues X de Lusignan était peu dangereux, mais il attisa ainsi de vieilles rancœurs, et c’est alors que Henri III lui promit son appui. Peu après, Raymond VII de Toulouse et les rois d’Aragon, de Castille et de Navarre décidèrent de se joindre au roi d’Angleterre.

Henri III débarqua alors en France, à Royan, avec beaucoup d’argent mais peu d’hommes. Il rencontra Louis IX près du pont de Taillebourg, sur la Charente. Les Français étaient sensiblement plus nombreux, mais les Anglais étaient maîtres du pont, et leurs adversaires ne pouvaient pas franchir la rivière, trop encaissée et trop rapide. Cependant, Louis IX décida de faire charger ses hommes, qui enfoncèrent les lignes anglaises. Le roi dut alors se replier, vaincu.

Les Anglais réussirent à se réfugier à Saintes, mais les Français les y poursuivirent. Une nouvelle bataille eut alors lieu, et, vaincu une fois de plus, Henri III dut se retirer. Il se dirigea vers Bordeaux, en , abandonnant une grande partie de ses chevaux et de ses équipages. Il retourna ensuite en Angleterre, alors que la coalition était dissoute.

Louis IX fut, heureusement pour Henri III, un roi magnanime. Il restitua le Limousin, le Périgord, l’Agenais, la Saintonge et une partie du Quercy (c’est-à-dire les conquêtes faites par Louis VIII). Henri III, en contre-partie, fit une renonciation officielle à toutes les provinces confisquées à Jean sans Terre (c’est-à-dire les conquêtes faites par Philippe II Auguste). Les deux rois signèrent le traité de Paris (1259), faisant ainsi la paix (Henri rend hommage en décembre 1259 à Louis IX pour ses possessions françaises).

Dessin du gisant du roi Henri III à l'Abbaye de Westminster

Troubles à l'intérieur du royaume[modifier | modifier le code]

Henri III, tout comme son père, refusait de respecter la Magna Carta. En 1258, les barons, menés par Simon V de Montfort, comte de Leicester et sénéchal du royaume, se révoltèrent et imposèrent à Henri III une commission de 24 membres, chargée de préparer les réformes réclamées pour le bien de l’État.

Cette dernière, surnommée le « Parlement enragé » à cause de sa véhémence, présenta alors, en 1258, les provisions d’Oxford, rejetées par le Roi, provoquant quelques années plus tard la guerre civile.

La guerre civile[modifier | modifier le code]

La royauté, avec les provisions d’Oxford, était mise sous tutelle. Les seigneurs ne s’attribuaient pas un droit de contrôle sur le gouvernement, mais le gouvernement lui-même. Le roi n’accepta pas une telle situation; se faisant relever du serment qu'il avait prêté su sujet des statuts d'Oxford, il les déclara nuls et en appela aux armes en 1261. Commença alors la « guerre des barons ».

Le conflit fut un moment suspendu par la médiation de Louis IX . En effet, l’on appela le roi de France en tant qu’arbitre dans ce conflit, qui rendit son arrêt en , dans la cathédrale d'Amiens. D’une part, il cassait les statuts d’Oxford et la mise en place des commissaires (qu’il considérait comme attentatoires à la liberté royale), mais d’autre part, il renouvelait et confirmait les anciennes libertés du royaume. Cependant, Louis IX ne fut pas écouté.

Peu de temps après, les choses tournèrent mal pour la couronne d’Angleterre. En , Simon de Montfort, comte de Leicester, vainquit les partisans du roi Henri III à Lewes, et parvint à capturer ce dernier et son frère Richard de Cornouailles. Le fils du roi, Édouard, tomba lui-même entre les mains des rebelles après avoir défait les troupes de Londres. La reine se réfugia alors en France avec son autre fils, Edmond.

Triomphant, le comte de Leicester devenait le maître de l’Angleterre. En 1265, il convoqua un grand parlement, dans lequel il fit siéger, à côté des prélats et des nobles, de simples hommes des bourgs et des cités.

Mais Simon de Montfort ne resta pas longtemps victorieux. Jaloux de son pouvoir, le comte de Gloucester aida Édouard, le prince héritier, à s’échapper de sa prison. Ayant réussi à soulever un parti dans l’ouest, il affronta à la Bataille d'Evesham, le , le comte de Leicester, qui fut tué. Les partisans d’Édouard, vainqueurs, s’attaquèrent ensuite aux proches du défunt comte, s’assurant de leur victoire.

Henri III fut rétabli sur le trône, mais il n’osa pas toucher à l’œuvre de Simon de Montfort, après le rétablissement complet de la paix en 1267. Il mourut en 1272, laissant l'Angleterre à son fils cadet Edmond, comte de Lancastre, qui assuma la régence jusqu'au retour d'Édouard Ier d'Angleterre, son fils aîné qui combattait alors à la huitième croisade.

Il fut inhumé à l'abbaye de Westminster.

Mariage et descendances[modifier | modifier le code]

Henri III épouse en 1236 Éléonore de Provence (1223-1291) fille de Raimond-Bérenger IV (ou V[1]) comte de Provence, qui lui donne plusieurs enfants, dont quatre survivent :

Il est l'arrière grand père du roi Édouard III d'Angleterre qui provoquera la Guerre de Cent Ans.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Raimond-Bérenger IV de Provence prend parfois le nom de Raimond-Bérenger V de Provence, en raison de la régence exercée par son oncle Raimond-Bérenger IV de Barcelone.

Annexes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Précédé par Henri III d'Angleterre Suivi par
Jean sans Terre
Royal Arms of England (1198-1340).svg
Roi d'Angleterre et seigneur d'Irlande
Duc d'Aquitaine
1216-1272
Édouard Ier