Henry Grey (1er duc de Suffolk)

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Henry Grey (17 janvier 151723 février 1554), 3e marquis de Dorset puis 1er duc de Suffolk, est un noble anglais de la période Tudor. Il est principalement connu pour avoir été le père de la « reine de neuf jours », lady Jeanne Grey.

Biographie[modifier | modifier le code]

Henry est le fils de Thomas Grey, 2e marquis de Dorset et de Margaret Wotton. Par son père, c'est un arrière-petit-fils d'Élisabeth Woodville, l'épouse d'Édouard IV d'Angleterre, issu de son premier mariage avec Sir John Grey de Groby. Henry Grey devient le troisième marquis de Dorset en 1530, à la mort de son père[1].

Sous le règne d'Henry VIII[modifier | modifier le code]

En 1533, avec l'accord du roi Henry VIII, il épouse Lady Frances Brandon (1517-1559), fille de la sœur du roi, la princesse Marie Tudor et de Charles Brandon. Le couple a trois enfants qui survivent à l'enfance : Lady Jeanne Grey (1537-1554), Lady Catherine Grey (1540-1568) et Lady Marie Grey (1545-1578).

Avant la mort d'Henry en 1547, Grey devient une figure incontournable à la Cour. En tant que chevalier du Bain, il porte l'épée du roi au couronnement d'Anne Boleyn, en 1533, à l'arrivée d'Anne de Clèves en 1540, et à la reddition de Boulogne en 1545. Il porte deux fois la Cap of Maintenance au Parlement. Il participe au commandement de l'armée en France en 1545. En 1547, il rejoint l'ordre de la Jarretière.

Sous le règne d'Édouard VI[modifier | modifier le code]

À la mort d'Henry, Grey tombe en disgrâce, étant en conflit avec le chef du gouvernement du roi Édouard VI et Lord Protecteur d'Angleterre, Edward Seymour. Retourné à sa maison de Bradgate, Grey se préoccupe d'élever sa famille aux plus hautes sphères de l'État. À cette fin, il complote avec le propre frère du Lord Protecteur, Thomas Seymour, pour que sa fille Jeanne épouse le Roi. Le plan échoue, et s'achève par l'exécution de Seymour qui a commis une tentative d'enlèvement du roi, mais Grey s'en sort sans dommage.

En 1549, John Dudley, comte de Warwick, renverse le protectorat et s'assure du pouvoir en nommant des amis loyaux au Conseil privé, dont Henry Grey. En récompense de ses services, il est fait duc de Suffolk le 11 octobre 1551, lors de la cérémonie qui élève John Dudley au rang de duc de Northumberland.

Henry Grey est connu pour son zèle protestant. Le réformateur suisse Heinrich Bullinger lui dédie un livre en 1551, et correspond fréquemment avec la famille. Au Parlement et au Conseil privé, Grey appuie l'avance des réformes protestantes. Il fait du Leicestershire un des comtés les plus fidèles au protestantisme de l'Angleterre moderne.

Avènement de la reine Jeanne[modifier | modifier le code]

Très malade, et voyant sa fin proche, Édouard VI accepte la demande de Northumberland d'unir la fille de Suffolk, Jeanne au fils de Northumberland, Lord Guilford Dudley, le mai. Édouard désigne ensuite Jeanne comme son successeur. Édouard meurt le 6 juillet 1553 et, trois jours après, Suffolk, Northumberland et les autres membres du Conseil privé proclament Jeanne reine[2]. La jeune reine est rapidement renversée, alors qu'un grand nombre des forces armées du pays rejoignent la fille aînée d'Henry, Marie.

Grâce à l'amitié qui unissait son épouse Frances et sa cousine Marie, Grey, sa fille et son gendre échappent provisoirement à l'exécution. Cependant, Marie les fait exécuter après qu'Henry Grey est convaincu de haute trahison pour sa participation à la tentative de Thomas Wyatt de la renverser, quand elle annonce son intention d'épouser Philippe II d'Espagne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Voir sur thepeerage.com.
  2. Robert C. Braddock, « Grey, Henry, duke of Suffolk (1517–1554) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, sept 2004.