Henrique Mitchell de Paiva Couceiro

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Paiva Couceiro
Henrique Mitchell de Paiva Cabral Couceiro
Paiva Couceiro à l'époque de la colonisation de l'Angola (c. 1896)
Paiva Couceiro à l'époque de la colonisation de l'Angola (c. 1896)

Naissance 30 décembre 1861
Lisbonne, Portugal
Décès 11 février 1944 (à 82 ans)
Lisbonne, Portugal
Origine Portugaise
Autres fonctions Député

Henrique Mitchell de Paiva Couceiro CvTEOTEComTEMOVM (pt)CvA (pt)GCIC (pt) (Lisbonne, 30 décembre 1861 — Lisbonne, 11 février 1944) est un militaire, un administrateur colonial et un homme politique portugais. Il est connu pour avoir participé aux campagnes d'occupation coloniale en Angola et au Mozambique mais aussi pour avoir inspiré les incursions monarchistes contre la première République portugaise en 1911, 1912 et 1919. Il préside le gouvernement de ce qu'on nomme la Monarchie du Nord proclamée le 19 janvier 1919 et renversée le 13 février 1919. Nombre de participants à cet épisode politique appartiennent au groupe de l'Intégralisme lusitanien. Son dévouement à la cause Monarchiste et son adhésion à l'Intégralisme le conduisirent plusieurs fois à l'exil, avant et même après l'avènement de l'Estado Novo[n 1] au Portugal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Henrique Mitchell de Paiva Couceiro est né à Lisbonne, fils du général José Joaquim de Paiva Cabral Couceiro (pt), officier de l'arme d'Ingénierie de l'Armée Portugaise, et de Helena Isabel Teresa Mitchell, protestante anglaise convertie au catholicisme, qui, après avoir étudié dans un collège de religieuses en France, s’est installée au Portugal en tant que préceptrice des filles du Vicomte du Torrão.

Sa mère avait une foi intense et militante, raison pour laquelle Henrique Paiva Couceiro a grandi dans une ambiance de religiosité exacerbée et de catholicisme fanatique et dominateur[1], qui interdisait, par exemple, la lecture de romans considérés impurs. Alors qu’il était déjà étudiant à l’École Militaire, il était fier de les déchirer, même si il ne les avait qu’en prêt; on le suspecte de trouver ces romans pervers par nature.

L’éducation reçue et la durable influence maternelle ont fait qu’à la fin de sa vie Paiva Couceiro avouait avoir lu très peu de romans et n’être jamais allé au théâtre ni au cinéma[2]. Par contre, lorsqu’il n'était pas en campagne, il allait tous les jours à la messe, et, en campagne, lisait tous les jours l’IMITATION DE JESUS-CHRIST, se préparant pour le sacrifice suprême. Il aurait envisagé, en 1891, après son retour des campagnes dans le sud de l’Angola, d’entrer dans un ordre religieux.

Révélant par son attitude de forts penchants pour le jansénisme, en dépit de sa ferveur religieuse, il se considérait indigne de communier.

Après avoir terminé ses études préparatoires à Lisbonne, il s’enrôle à l’armée le 14 janvier 1879, à 17 ans, comme volontaire, au Regimento de Cavalaria Lanceiros de El-Rei (le Regimento de Cavalaria n.º 2), dans lequel il prête service jusqu‘en 1880. La même année il est transféré au Regimento de Artilharia n.º 1 en tant que sous-lieutenant et fréquente le cours préparatoire d’artillerie à l’École Polytechnique de Lisbonne. Il rentre alors à l’École Militaire où il fréquente le cours d’artillerie de 1881 à 1884.

Le 24 juin 1881, à 19 ans, et à la veille d’être promu au grade de lieutenant d’artillerie, lorsqu’il se promène au Chiado, il croise Léon de la Torre qui bouscule sa sœur Carolina qui l’accompagnait et, dans un accès de rage lui donne 2 ou 3 coups de poing (et non 5 balles de pistolet comme cela a été raconté…). Immédiatement, Léon de la Torre se met en fuite afin d’éviter d’en recevoir d’autres. En conséquence de cette agression, Léon de la Torre a 42 jours d’incapacité de travail. Selon «inscription dans da Feuille de Services, section Registre Disciplinaire, l’officier sous-mentionné…»[3], Paiva Couceiro est arrêté le 25 juin de 1881 accusé de crime de «blessures». L’inscription continue : «En Conseil de Guerre 2 ans de prison militaire pour ‘blessures volontaires’. Sentence du 1er Conseil de Guerre permanent de la 1re Division Militaire du 7 novembre 1881. La peine est commuée en 6 mois de prison militaire en plus de ce qu’il a déjà accompli. Le 7 avril 1882. Libéré le 7 octobre ». Il est donc resté en prison pendant 1 an, 3 mois et 18 jours.

Il retourne à l’École Militaire le 26 octobre 1882[3].

Le 9 janvier 1884 il est promu au grade de 2e lieutenant d’artillerie, attaché au vieux Regimento de Artilharia n.º 1, à Campolide.

Au Regimento de Artilharia n.º 1 il fait partie d’un groupe de jeunes lieutenants qui cultivent les « arts militaires », et pratique aussi l’escrime et l’équitation; c’est le début d’une période de carrière militaire sans remarques ni louanges particulières. Par la suite il est promu au grade de 1er lieutenant le 27 janvier 1886. Il est à nouveau promu le 4 juillet 1889, cette fois-ci au grade de capitaine ; il se porte alors volontaire pour réaliser une commission de service dans les colonies d’outre mer, où à cette époque le Portugal développait un effort d’occupation effective du territoire, conséquence de la Conférence de Berlin sur le partage de l’Afrique entre les puissances coloniales européennes. Il est envoyé en Angola, où il débarque à Luanda le 1er septembre 1889[1].

Les campagnes d'Angola[modifier | modifier le code]

À peine arrivé en Angola, Paiva Couceiro est nommé commandant du Esquadrão Irregular de Cavalaria da Humpata, un groupe de chasseurs à cheval, installé dans la ville de Humpata. Il avait été créé para Arthur de Paiva afin de combattre les bandes de pilleurs (appelés « guerras ») qui alors sévissaient sur le plateau de Moçâmedes. Il n’est pas resté longtemps à ce poste, apparemment mécontent des méthodes et de l’indiscipline de ses subordonnés; il a participé à une seule action destinée à récupérer du bétail volé, accompagné exclusivement de soldats et volontaires portugais, sans l’aide habituelle de mercenaires Boers.

Avec l’élargissement de l’effort d’occupation de l’intérieur de l’Angola et les tentatives de soutenir la prétention de souveraineté portugaise dans la région entre l’Angola et le Mozambique, la fameuse « carte rose » (mapa cor-de-rosa), plusieurs campagnes d’exploration et d’avassalamento des peuples de l’intérieur de l’Angola ont été déclenchées. La résistance ne s’est pas fait attendre, ce qui a enclenché une vaste campagne militaire, appelée Campagne de Pacification de l’Angola (Campanha de Pacificação de Angola), entre 1889 et 1891, dans laquelle Paiva Couceiro s’est impliqué énergiquement. Dans cette campagne, la première mission qui a été confiée à Paiva Couceiro fut d’obtenir serment d’allégeance du « Soba » (chef africain) Levanica (Levanika) du Barotze, dans la région qui est aujourd’hui la Zambie, ce qui impliquait une marche de presque un millier de kilomètres à travers la savane. Cependant, après une longue attente à Bié, près de l’actuelle ville de Kuito, et pendant qu’il attend des renforts et les cadeaux qu’il devait offrir au « Soba », Paiva Couceiro reçoit la nouvelle de l’annulation de l’expédition. Seulement quelques mois plus tard il apprend que la mission avait été jugée inutile, le Portugal avait cédé à l’ultimatum britannique de 1890. Les territoires que Paiva Couceiro devait visiter étaient passés sous influence britannique. En conséquence de cet affront, Paiva Couceiro (Henrique Mitchell de Paiva Couceiro de son nom complet) cesse de porter le nom « Mitchell », qui était le nom de jeune fille de sa mère. Paiva Couceiro était au courant de la profonde connaissance que le vieux commerçant António Francisco da Silva Porto avait de la brousse, raison pour laquelle, pendant sa permanence à Bié, il campe à proximité du petit village (embala) de Belmonte, village fondé par Silva Porto dans les rives de la rivière Kuito et où il résidait. Ce village était le départ de ce qui est devenu la ville de António Francisco da Silva Porto pendant la période coloniale du Portugal et est aujourd’hui appelé KUITO.

La présence de la force militaire commandée par Paiva Couceiro, avec 40 mozambicains, armés de fusils à répétition Snider-Enfield, génère une grande tension avec les tribus de Baloch, inquiettes face à la présence de troupes portugaises sur son territoire, ce qui a amené le soba Dunduma (Orage) à exiger le départ immédiat des troupes. Compte tenu de la violation de la promesse que les troupes étaient juste de passage, promesse qui avait été faite plus tôt par António Francisco da Silva Porto, le Soba mit un terme aux relations pacifiques qui existaient depuis longtemps entre les peuples locaux et António Francisco da Silva Porto, qu’il injurie en lui tirant la barbe et en lui disant qu'il ne la méritait pas. Il exige le retrait immédiat de Paiva Couceiro, qui refuse catégoriquement. Dans un climat de pessimisme résultant de l'ultimatum britannique, Silva Porto, blessé dans son honneur et dans sa dignité après l'échec de la tentative de médiation avec Dunduma, s’enveloppe dans le drapeau portugais et se fait exploser avec quelques barils de poudre qu’il détenait. Après la mort de Silva Porto (António Francisco da Silva Porto), Paiva Couceiro s'installe brièvement dans le village de Belmonte, mais, attaqué par les forces du Soba de Bié, il est contraint de se replier vers le royaume voisin de Bailundo, où après être resté isolé pendant quelques jours, il reçoit l’ordre du gouverneur-général d’Angola, Guilherme de Brito Capelo, de descendre le fleuve Cubango jusqu’à Mucusso, un voyage de 2.600 kilomètres dans une région inconnue. L’objectif était d’obtenir serment d’allégeance des dirigeants de la région, avant que les britanniques l’aient fait, et d’étudier la navigabilité du fleuve. Partant de Bailundo le 30 avril 1890, le voyage fut épique; Paiva Couceiro, en plus de l’obtention de serment d’allégeance de « Sobas » (16 en tout), objet de sa mission, fournit un rapport richissime en détails ethnographiques et géographiques, dans certains cas marquant le premier contact européen avec les peuples autochtones et les terres visitées. La mission se termine le 30 juillet, jour où il est finalement arrivé au village du Soba de Mucusso. Il décide alors de descendre la rivière Cubango en canoë vers les îles de Gomar, distantes de 65 kilomètres, et de remonter le long de la rivière jusqu’au Forte Princesa Amélia, à Bié, où il arrive le 14 octobre, après cinq mois et demi dans la brousse, risquant constamment de perdre la vie et dans des conditions insupportables pour un européen. Pour cette performance exceptionnelle Paiva Couceiro est décoré, le 18 décembre 1890, avec le grade de chevalier de la « Ordem da Torre e Espada » (Ordre de la Tour et de l'Épée). Revenu à Bié, Paiva Couceiro participe, avec les forces de Arthur de Paiva, à l'expédition punitive qui se termine par l'arrestation et l’abdication du soba Dunduma (ou N ' Dunduma) qui l’avait menacé six mois auparavant ; il participe également à la soumission complète du royaume de Bié. Il venge ainsi à la fois l'insulte qui lui avait été faite et la mort de Silva Porto (António Francisco da Silva Porto). Cette opération terminée, il est chargé d’obtenir serment d’allégeance des peuples de la région de Garanganja et d'explorer les gisements de sel qui existent sur la rive gauche du fleuve Kwanza. Avec sa rigueur habituelle, Paiva Couceiro décrit, dans son rapport, les 453 kilomètres qu’il a parcouru à pied en 12 jours, les deux chemins qu’il a découverts pour atteindre Garanganja, et les quatre « Sobas » dont il a obtenu serment d’allégeance, ainsi que les mines de sel qu’il a attentivement visitées. Par après, Paiva Couceiro retourne à Belmont, dans la région de Kuito, où il tombe malade. Le 17 février 1891, le Ministère de la Marine et d'Outre-mer met fin à sa mission et ordonne son retour au Portugal.

Couvert de gloire et de reconnaissance nationale, par l'action militaire remarquable réalisée à Humpata et par son extraordinaire voyage d'exploration, Paiva Couceiro, déjà décoré du grade de chevalier de l'ordre de la « Ordem da Torre e Espada » (Ordre de la Tour et de l'Épée), est reçu à Lisbonne avec d’énormes éloges et compliments pour sa performance dans les campagnes d'Angola. Par décret du 29 mai 1891, il est élevé au grade de Grand officier de la « Ordem da Torre e Espada » (Ordre de la Tour et de l'Épée). En hommage à ses services exceptionnels et avant de regagner Lisbonne après avoir passé un mois à l'hôpital, Paiva Couceiro reçoit du peuple de la région de Belmonte-Kuito-Benguela, une réplique du collier de chevalier de la «Ordem da Torre e Espada» (Ordre de la Tour et de l'Épée) en or, sertie de diamants. Cette magnifique décoration, ainsi que toutes les autres, a été volée quand sa maison à Lisbonne a été saccagée pendant la révolte du 14 mai 1915 (Coup d'État du 14 mai 1915 au Portugal).

La Guerre du Rif[modifier | modifier le code]

La Campagne du Mozambique[modifier | modifier le code]

Le mariage et l'entrée en politique[modifier | modifier le code]

Député à la Cour (1906-1907)[modifier | modifier le code]

Gouverneur-Général de l'Angola (1907-1909)[modifier | modifier le code]

La résistance à la Première République[modifier | modifier le code]

Titres de journaux lors du décès de Henrique Paiva Couceiro[modifier | modifier le code]

La Famille[modifier | modifier le code]

Les Décorations[modifier | modifier le code]

Les œuvres publiées par Henrique de Paiva Couceiro[modifier | modifier le code]

Les œuvres publiées sur Henrique de Paiva Couceiro[modifier | modifier le code]

Citations de et sur Henrique de Paiva Couceiro[modifier | modifier le code]

Avenues, Places e Rues - Toponymes[modifier | modifier le code]

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Estado Novo (État nouveau) est un terme employé par le gouvernement portugais durant la deuxième république de 1933 à 1974. La figure centrale de ce gouvernement fut le Docteur António de Oliveira Salazar.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (pt) Vasco Pulido Valente, « Henrique Paiva Couceiro — um colonialista e um conservador », Análise Social, vol. XXXVI,‎ 2001, p. 767-802 (lire en ligne)
  2. A l'exception du Teatro de São Carlos, où il allait pour la musique.
  3. a et b Arquivo Histórico Militar, ref AHM/div/3/7/1183