Henrique Mitchell de Paiva Couceiro

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Paiva Couceiro
Henrique Mitchell de Paiva Cabral Couceiro
Paiva Couceiro à l'époque de la colonisation de l'Angola (c. 1896)
Paiva Couceiro à l'époque de la colonisation de l'Angola (c. 1896)

Naissance 30 décembre 1861
Lisbonne, Portugal
Décès 11 février 1944 (à 82 ans)
Lisbonne, Portugal
Origine Portugaise
Autres fonctions Député

Henrique Mitchell de Paiva Couceiro CvTEOTEComTEMOVM (pt)CvA (pt)GCIC (pt) (Lisbonne, 30 décembre 1861 — Lisbonne, 11 février 1944) est un militaire, un administrateur colonial et un homme politique portugais. Il est connu pour avoir participé aux campagnes d'occupation coloniale en Angola et au Mozambique mais aussi pour avoir inspiré les "Incursions Monarchistes" contre la première République portugaise en 1911, 1912 et 1919. Il préside le gouvernement de ce qu'on nomme la Monarchie du Nord proclamée le 19 janvier 1919 et renversée le 13 février 1919. Nombre de participants à cet épisode politique appartiennent au groupe de l'Intégralisme lusitanien. Son dévouement à la cause Monarchiste et son adhésion à l'Intégralisme le conduisirent plusieurs fois à l'exil, avant et même après l'avènement de l'Estado Novo[n 1] au Portugal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Henrique Mitchell de Paiva Couceiro est né à Lisbonne, fils du général José Joaquim de Paiva Cabral Couceiro, officier de l'arme d'Ingénierie de l'Armée Portugaise, et de Helena Isabel Teresa Mitchell, protestante anglaise convertie au catholicisme, qui, après avoir étudié dans un collège de religieuses en France, s’est installée au Portugal en tant que préceptrice des filles du Vicomte du Torrão.

Sa mère avait une foi intense et militante, raison pour laquelle Henrique Paiva Couceiro a grandi dans une ambiance de religiosité exacerbée et de catholicisme fanatique et dominateur[1], qui interdisait, par exemple, la lecture de romans considérés impurs. Alors qu’il était déjà étudiant à l’École Militaire, il était fier de les déchirer, même s'il ne les avait qu’en prêt; on le suspecte de trouver ces romans pervers par nature.

L’éducation reçue et la durable influence maternelle ont fait qu’à la fin de sa vie Paiva Couceiro avouait avoir lu très peu de romans et n’être jamais allé au théâtre ni au cinéma[2]. Par contre, lorsqu’il n'était pas en campagne, il allait tous les jours à la messe, et, en campagne, lisait tous les jours l’IMITATION DE JESUS-CHRIST, se préparant pour le sacrifice suprême[1]. Il aurait envisagé, en 1891, après son retour des campagnes dans le sud de l’Angola, d’entrer dans un ordre religieux.

Révélant par son attitude de forts penchants pour le jansénisme, en dépit de sa ferveur religieuse, il se considérait indigne de communier.

Après avoir terminé ses études préparatoires à Lisbonne, il s’enrôle à l’armée le 14 janvier 1879, à 17 ans, comme volontaire, au Regimento de Cavalaria Lanceiros de El-Rei (le Regimento de Cavalaria n.º 2), dans lequel il prête service jusqu‘en 1880. La même année il est transféré au Regimento de Artilharia n.º 1 en tant que sous-lieutenant et fréquente le cours préparatoire d’artillerie à l’École Polytechnique de Lisbonne. Il rentre alors à l’École Militaire où il fréquente le cours d’artillerie de 1881 à 1884.

Le 24 juin 1881, à 19 ans, et à la veille d’être promu au grade de lieutenant d’artillerie, lorsqu’il se promène au Chiado, il croise Léon de la Torre qui bouscule sa sœur Carolina qui l’accompagnait et, dans un accès de rage lui donne 2 ou 3 coups de poing (et non 5 balles de pistolet comme cela a été raconté…). Immédiatement, Léon de la Torre se met en fuite afin d’éviter d’en recevoir d’autres. En conséquence de cette agression, Léon de la Torre a 42 jours d’incapacité de travail. Selon «inscription dans da Feuille de Services, section Registre Disciplinaire, l’officier sous-mentionné…»[3], Paiva Couceiro est arrêté le 25 juin de 1881 accusé de crime de «blessures». L’inscription continue : «En Conseil de Guerre 2 ans de prison militaire pour ‘blessures volontaires’. Sentence du 1er Conseil de Guerre permanent de la 1re Division Militaire du 7 novembre 1881. La peine est commuée en 6 mois de prison militaire en plus de ce qu’il a déjà accompli. Le 7 avril 1882. Libéré le 7 octobre ». Il est donc resté en prison pendant 1 an, 3 mois et 18 jours.

Il retourne à l’École Militaire le 26 octobre 1882[3].

Le 9 janvier 1884 il est promu au grade de 2e lieutenant d’artillerie, attaché au vieux Regimento de Artilharia n.º 1, à Campolide.

Au Regimento de Artilharia n.º 1 il fait partie d’un groupe de jeunes lieutenants qui cultivent les « arts militaires », et pratique aussi l’escrime et l’équitation; c’est le début d’une période de carrière militaire sans remarques ni louanges particulières. Par la suite il est promu au grade de 1er lieutenant le 27 janvier 1886. Il est à nouveau promu le 4 juillet 1889, cette fois-ci au grade de capitaine ; il se porte alors volontaire pour réaliser une commission de service dans les colonies d’outre mer, où à cette époque le Portugal développait un effort d’occupation effective du territoire, conséquence de la Conférence de Berlin sur le partage de l’Afrique entre les puissances coloniales européennes. Il est envoyé en Angola, où il débarque à Luanda le 1er septembre 1889[1].

Les campagnes d'Angola[modifier | modifier le code]

À peine arrivé en Angola, Paiva Couceiro est nommé commandant du Esquadrão Irregular de Cavalaria da Humpata, un groupe de chasseurs à cheval, installé dans la ville de Humpata. Il avait été créé para Arthur de Paiva afin de combattre les bandes de pilleurs (appelés « guerras ») qui alors sévissaient sur le plateau de Moçâmedes. Il n’est pas resté longtemps à ce poste, apparemment mécontent des méthodes et de l’indiscipline de ses subordonnés; il a participé à une seule action destinée à récupérer du bétail volé, accompagné exclusivement de soldats et volontaires portugais, sans l’aide habituelle de mercenaires Boers.

Avec l’élargissement de l’effort d’occupation de l’intérieur de l’Angola et les tentatives de soutenir la prétention de souveraineté portugaise dans la région entre l’Angola et le Mozambique, la fameuse « carte rose » (mapa cor-de-rosa), plusieurs campagnes d’exploration et d’avassalamento[4] des peuples de l’intérieur de l’Angola ont été déclenchées. La résistance ne s’est pas fait attendre, ce qui a enclenché une vaste campagne militaire, appelée Campagne de Pacification de l’Angola (Campanha de Pacificação de Angola), entre 1889 et 1891 [5], dans laquelle Paiva Couceiro s’est impliqué énergiquement.

Dans cette campagne, la première mission qui a été confiée à Paiva Couceiro fut d’obtenir serment d’allégeance du « Soba » (chef africain) Levanica (Levanika) du Barotze, dans la région qui est aujourd’hui la Zambie, ce qui impliquait une marche de presque un millier de kilomètres à travers la savane. Cependant, après une longue attente à Bié, près de l’actuelle ville de Kuito, et pendant qu’il attend des renforts et les cadeaux qu’il devait offrir au « Soba », Paiva Couceiro reçoit la nouvelle de l’annulation de l’expédition. Seulement quelques mois plus tard il apprend que la mission avait été jugée inutile, le Portugal avait cédé à l’ultimatum britannique de 1890. Les territoires que Paiva Couceiro devait visiter étaient passés sous influence britannique.

En conséquence de cet affront, Paiva Couceiro (Henrique Mitchell de Paiva Couceiro de son nom complet) cesse de porter le nom « Mitchell »[1], qui était le nom de jeune fille de sa mère.

Paiva Couceiro était au courant de la profonde connaissance que le vieux commerçant António Francisco da Silva Porto avait de la brousse, raison pour laquelle, pendant sa permanence à Bié, il campe à proximité du petit village (embala) [6] de Belmonte, village fondé par Silva Porto dans les rives de la rivière Kuito et où il résidait. Ce village était le départ de ce qui est devenu la ville de António Francisco da Silva Porto pendant la période coloniale du Portugal et est aujourd’hui appelé KUITO.

La présence de la force militaire commandée par Paiva Couceiro, avec 40 mozambicains, armés de fusils à répétition Snider-Enfield, génère une grande tension avec les tribus de Baloch, inquiettes face à la présence de troupes portugaises sur son territoire, ce qui a amené le soba Dunduma (Orage) à exiger le départ immédiat des troupes. Compte tenu de la violation de la promesse que les troupes étaient juste de passage, promesse qui avait été faite plus tôt par António Francisco da Silva Porto, le Soba mit un terme aux relations pacifiques qui existaient depuis longtemps entre les peuples locaux et António Francisco da Silva Porto, qu’il injurie en lui tirant la barbe et en lui disant qu'il ne la méritait pas. Il exige le retrait immédiat de Paiva Couceiro, qui refuse catégoriquement.

Dans un climat de pessimisme résultant de l'ultimatum britannique, Silva Porto, blessé dans son honneur et dans sa dignité après l'échec de la tentative de médiation avec Dunduma, s’enveloppe dans le drapeau portugais et se fait exploser avec quelques barils de poudre qu’il détenait[7].

Après la mort de Silva Porto (António Francisco da Silva Porto), Paiva Couceiro s'installe brièvement dans le village de Belmonte, mais, attaqué par les forces du Soba de Bié, il est contraint de se replier vers le royaume voisin de Bailundo, où après être resté isolé pendant quelques jours, il reçoit l’ordre du gouverneur-général d’Angola, Guilherme de Brito Capelo, de descendre le fleuve Cubango jusqu’à Mucusso, un voyage de 2.600 kilomètres dans une région inconnue.

L’objectif était d’obtenir serment d’allégeance des dirigeants de la région, avant que les britanniques l’aient fait, et d’étudier la navigabilité du fleuve. Partant de Bailundo le 30 avril 1890, le voyage fut épique; Paiva Couceiro, en plus de l’obtention de serment d’allégeance de « Sobas » (16 en tout), objet de sa mission, fournit un rapport richissime en détails ethnographiques et géographiques, dans certains cas marquant le premier contact européen avec les peuples autochtones et les terres visitées. La mission se termine le 30 juillet, jour où il est finalement arrivé au village du Soba de Mucusso. Il décide alors de descendre la rivière Cubango en canoë vers les îles de Gomar, distantes de 65 kilomètres, et de remonter le long de la rivière jusqu’au Forte Princesa Amélia, à Bié, où il arrive le 14 octobre, après cinq mois et demi dans la brousse, risquant constamment de perdre la vie et dans des conditions insupportables pour un européen. Pour cette performance exceptionnelle Paiva Couceiro est décoré, le 18 décembre 1890, avec le grade de chevalier de la « Ordem da Torre e Espada » (Ordre de la Tour et de l'Épée).

Revenu à Bié, Paiva Couceiro participe, avec les forces de Arthur de Paiva, à l'expédition punitive qui se termine par l'arrestation et l’abdication du soba Dunduma (ou N ' Dunduma) qui l’avait menacé six mois auparavant ; il participe également à la soumission complète du royaume de Bié. Il venge ainsi à la fois l'insulte qui lui avait été faite et la mort de Silva Porto (António Francisco da Silva Porto).

Cette opération terminée, il est chargé d’obtenir serment d’allégeance des peuples de la région de Garanganja et d'explorer les gisements de sel qui existent sur la rive gauche du fleuve Kwanza. Avec sa rigueur habituelle, Paiva Couceiro décrit, dans son rapport, les 453 kilomètres qu’il a parcouru à pied en 12 jours, les deux chemins qu’il a découverts pour atteindre Garanganja, et les quatre « Sobas » dont il a obtenu serment d’allégeance, ainsi que les mines de sel qu’il a attentivement visitées.

Par après, Paiva Couceiro retourne à Belmont, dans la région de Kuito, où il tombe malade. Le 17 février 1891, le Ministère de la Marine et d'Outre-mer met fin à sa mission et ordonne son retour au Portugal.

Couvert de gloire et de reconnaissance nationale, par l'action militaire remarquable réalisée à Humpata et par son extraordinaire voyage d'exploration, Paiva Couceiro, déjà décoré du grade de chevalier de l'ordre de la « Ordem da Torre e Espada » (Ordre de la Tour et de l'Épée), est reçu à Lisbonne avec d’énormes éloges et compliments pour sa performance dans les campagnes d'Angola. Par décret du 29 mai 1891, il est élevé au grade de Grand officier de la « Ordem da Torre e Espada » (Ordre de la Tour et de l'Épée). En hommage à ses services exceptionnels et avant de regagner Lisbonne après avoir passé un mois à l'hôpital, Paiva Couceiro reçoit du peuple de la région de Belmonte-Kuito-Benguela, une réplique du collier de chevalier de la «Ordem da Torre e Espada» (Ordre de la Tour et de l'Épée) en or, sertie de diamants. Cette magnifique décoration, ainsi que toutes les autres, a été volée quand sa maison à Lisbonne a été saccagée pendant la révolte du 14 mai 1915 (Coup d'État du 14 mai 1915 au Portugal) [8]

La Guerre du Rif[modifier | modifier le code]

Malgré ses attentes, déçu de ne pas avoir été promu au grade de Major après sa courte mission auprès de l' État-Major Général de l'Armée, à Lisbonne, Paiva Couceiro entre au Régiment d'Artillerie no 3, à Santarém, où il reste d’août 1891 à août 1892. En août 1892 il est transféré au Régiment d'Artillerie no 1, à Lisbonne. Las de la vie de caserne, il demande en 1893 la permission de servir dans la Légion Etrangère de l'Armée Espagnole; il s’y engage et participe aux combats dans les derniers mois de la campagne de Melilla, de la guerre du Rif (1893-1894), qui avait lieu alors au Protectorat espagnol au Maroc. Il s’y est à tel point distingué qu’il est décoré par le Gouvernement Espagnol avec la médaille du Mérite Militaire Espagnol. Une fois la campagne du Rif terminée, Paiva Couceiro retourne à Lisbonne et reprend sa place au Régiment d'Artillerie no 1.

La Campagne du Mozambique[modifier | modifier le code]

Lorsqu'en octobre 1894 le peuple Tsonga, du sud du Mozambique, se révolte et attaque Lourenço Marques, le gouvernement dirigé par Ernesto Hintze Ribeiro, du Parti régénérateur, nomme l'ancien ministre António José Enes, du Parti progressiste (Portugal), au poste de Commissaire Royal du Mozambique, il lui est confié, à ce dernier, la mission d'écraser la révolte des peuples autochtones et de réaffirmer la souveraineté portugaise sur la région, alors menacée par les Britanniques, menés par Cecil Rhodes, qui considérait que les Portugais étaient incapables de conserver la possession du Mozambique . Probablement en raison de sa renommée en tant qu’africaniste, suite à ses missions en Angola, Paiva Couceiro est invité en tant qu’Aide-de-Camp du Commissaire Royal du Mozambique, poste qu’il accepte. L'expédition armée part de Lisbonne le 8 décembre de 1894 et arrive à Lourenço Marques le 18 janvier de 1895. Paiva Couceiro constate, dès son arrivée, que la situation est très grave car la grande majorité des chefs autochtones de la région était contre la présence des Portugais; ceux-ci étaient piégés à Lourenço Marques et incapables de contrôler la périphérie de la ville, où même l'île Xefina avait été occupée par les insurgés.

António Enes, fin stratège, déclenche une série de campagnes militaires et choisit comme principal adversaire Gungunhana, le Roi des “Vátuas” et Empereur de Gaza, en fait le Seigneur de la plupart des tribus du sud du Mozambique. Paiva Couceiro eut une action remarquable dans ces campagnes, en particulier dans les combats de Marracuene (Bataille de Marracuene) et Magul (Combat de Magul), qui ont eu lieu respectivement le 2 février et le 8 septembre 1895 contre les forces angunes de Gungunhana; il est blessé dans le combat de Magul. Dans le combat de Marracuene, qui a eu lieu le 2 février 1895, Paiva Couceiro s’est illustré, notamment en se mettant à la tête des troupes qui ont repoussé les forces ennemies qui avaient pénétré le carré des troupes portugaises, une manœuvre considérée comme extrêmement difficile et nécessitant un grand courage. En août 1895 Paiva Couceiro devient Chevalier de l'Ordre de Saint Benoît d'Avis, en récompense pour sa performance dans le combat de Marracuene.

De retour à Lourenço Marques, en mars de cette année, Paiva Couceiro démontre à nouveau son courage et son désir de garder intact l'honneur de son pays : habillé en civil, il part à la recherche de 3 correspondants de journaux anglais, deux Britanniques et un Américain, qui harcèlent le Portugal dans la presse londonienne. Il tabasse le premier, un vrai géant, dans son établissement; la lutte se prolonge jusqu'en rue où Paiva Couceiro laisse son ennemi “knock-out”. Le deuxième était à l'hôtel et a pris une raclée sans résister. Le troisième prenait l'apéritif avec des amis; Paiva Couceiro le prie de se lever et lui demande si c’est bien lui qui écrit pour le journal qu'il tenait en main. Le journaliste répond «oui»; Paiva Couceiro ne fait ni une ni deux et le frappe avec son poing et le journal en même temps. La chevalière qu'il porte à sa main gauche se casse dans la bagarre. Elle a plus tard été offerte au Musée de la Fortaleza (Museu da Fortaleza à Lourenço Marques) par son fils D. Miguel António do Carmo de Noronha de Paiva Couceiro. Encore une fois, Henrique Paiva Couceiro s’est servi de ses poings; quant aux armes, il se servait principalement de son épée, comme dans le combat de Marracuene, quand il a aidé à refermer le carré de ses troupes, qui avait été envahi par l'ennemi. Pour cet incident avec les journalistes, Paiva Couceiro a été réprimandé par António Ennes, son Commissaire en Chef, qui a écrit plus tard: “oui, je l’ai grondé, mais avec envie de l’embrasser!"

Au cours d’opérations militaires ultérieures, Paiva Couceiro se distingue dans le combat de Magul, qui a lieu le 8 septembre 1895, où il se comporte avec beaucoup d'audace, dans une victoire dont le Commissaire Royal Antonio Ennes reconnu l’énorme importance en affirmant "il est certain que la victoire de Magul a anéanti le Gungunhana; notre défaite nous aurait probablement fait perdre le district de Lourenço Marques. Si Paiva Couceiro n’avait pas été là, on regretterait probablement encore aujourd'hui un tel malheur" - In "Portugal em África" , mars 1944, p. 76. En faisant preuve d’un courage physique extraordinaire, Paiva Couceiro devint célèbre, notamment dans la lutte contre les forces armées de Gungunhana. Pour ses exploits militaires, Paiva Couceiro a reçu plusieurs prix et distinctions, en particulier après l'emprisonnement de Gungunhana et de son extradition vers le Portugal.

Une fois les opérations de pacification terminées, avec l’arrestation et l’expulsion de l'empereur Gungunhana, Paiva Couceiro quitte Lourenço Marques le 18 décembre 1895, vers Lisbonne. Dès son arrivée à Lisbonne en février 1896, Paiva Couceiro est déclaré Bienfaiteur de la Patrie (avec une pension annuelle de 500$000 réis, qu’il n’a d'ailleurs jamais reçue après l’implantation de la république), par décision unanime de la Cour Royale, en reconnaissance de l’arrestation de Gungunhana; il est également nommé Commandant de l’Ordre Militaire de la Tour et de l’Epée. Paiva Couceiro fut le premier et est probablement encore aujourd’hui le seul officier portugais à avoir été décoré de trois degrés de l’Ordre de la Tour et de l'Épée, la plus haute décoration portugaise. Mais les honneurs ne s’arrêtent pas là; il est aussi nommé Aide-de-Camp Honoraire du roi D. Carlos Ier du Portugal, “Officier aux Ordres du Roi” et intègre la Maison Militaire du Roi. Au mois de mars il est décoré de la Médaille d'Or de Valeur Militaire (D. Luiz I) -1896, et de la Médaille d'Argent Reine Amélie, octroyée à ceux qui ont combattu dans la Campagne du Mozambique. Il est donc officiellement un héros et un bienfaiteur du pays.

Le mariage et l'entrée en politique[modifier | modifier le code]

Júlia Maria do Carmo de Noronha

Député à la Cour (1906-1907)[modifier | modifier le code]

Gouverneur-Général de l'Angola (1907-1909)[modifier | modifier le code]

Le Prince Royal D. Luís Filipe en visite en Angola, avec le Gouverneur Général Henrique Paiva Couceiro (Luanda 1907)




Henrique Paiva Couceiro, buste par Delfim Maia, appartenant au Musée d'Angola

La résistance à la Première République[modifier | modifier le code]

Proclamation de la République portugaise

Titres de journaux lors du décès de Henrique Paiva Couceiro[modifier | modifier le code]

La Famille[modifier | modifier le code]

Le 21 Novembre 1896, Paiva Couceiro épouse D. Júlia Maria do Carmo de Noronha (1873 — 1941) [9], première-née et héritière de D. Miguel Aleixo António do Carmo de Noronha, 3ème Comte de Paraty, et sa femme D. Isabel de Sousa Botelho, fille de D. Fernando de Sousa Botelho Mourão e Vasconcelos (1849 — 1936), 2ème Comte de Vila Real. Le Roi D. Carlos I fut le témoin de mariage de Paiva Couceiro. Cinq enfants naquirent de ce mariage:

  • D. Isabel Maria do Carmo de Noronha de Paiva Couceiro (1900-1976);
  • D. José António do Carmo de Noronha de Paiva Couceiro (1903-1921);
  • D. Helena Francisca Maria do Carmo de Noronha de Paiva Couceiro, religieuse de la Congrégation de Sainte Dorothée (1905- ).
  • D. Maria do Carmo de Noronha de Paiva Couceiro (1907- );
  • D. Miguel António do Carmo de Noronha de Paiva Couceiro, 4ème Comte de Paraty (1910-1979); le titre a été octroyé à sa mère par grâce royale.

Les Décorations[modifier | modifier le code]

Au long de sa carrière, Paiva Couceiro reçut de nombreuses louanges et décorations. Les louanges publiées dans les "Ordres de Service de l'Armée" étant trop longues pour être détaillées ici, voici les décorations:

  • Médaille d'Argent du Mérite, de la Philantropie et de la Générosité (1892)
  • Médaille du Mérite Militaire Espagnol (1893)
  • Médaille d'Or de Valeur Militaire (1896)
  • Médaille d'Argent Reine D. Amélia - Expédition au Mozambique (1896)
  • Grand-Croix de l'Ordre de l'Empire Colonial (3 de Agosto de 1932)

Les œuvres publiées par Henrique de Paiva Couceiro[modifier | modifier le code]

  • Relatório de viagem entre Bailundo e as terras do Mucusso, Imprensa Nacional, 1892
  • Angola: Estudo administrativo, Tipografia da Cooperativa Militar, 1898
  • Artur de Paiva, A. Liberal, 1900
  • A Democracia Nacional, Imprensa Portuguesa, Lisbonne, dépositaires França & Arménio, Coimbra, 1917
  • O Soldado Prático", Tipografia Silvas, Ltd, Lisbonne, pour les Edições Gama, Lisbonne, 1936
  • Angola: dois anos de governo, Junho 1907 — Junho 1909, Edições Gama, Lisbonne, 1948 [accompagné de l’oeuvre de Norton de Matos, Angola: ensaio sobre a vida e acção de Paiva Couceiro em Angola que se publica ao reeditar-se o seu relatório de Governo Edições Gama, Lisbonne, 1948].
  • Angola, história e comentários, Tipografia Portuguesa, 1948
  • Angola: Projecto de Fomento, Edition de la Revue "Portugal Colonial", Lisbonne, 1931
  • Subsídios para a Obra do Ressurgimento Nacional, Fascículo I - O Estado Nacional, Tipografia "Hesperia", Madrid, 1929
  • Subsídios para a Obra do Ressurgimento Nacional, Fascículo II - A Nação Organizada, Tipografia da Gazeta dos Caminhos de Ferro, Lisbonne, 1929
  • Profissão de Fé (Lusitânia Transformada), son dernier livre, véritable testament politique, avec préface de Luís de Almeida Braga, Tipografia Leitão, Porto, pour les Edições Gama, Lisbonne, 1944
  • Experiência de Tracção Mecânica na Província de Angola, Imprensa de la Livraria Ferin, Lisbonne, 1902
  • Carta Aberta aos Meus Amigos e Companheiros, édition de l’Acção Realista Portuguesa, Biblioteca de Estudos Nacionalistas, 1924
  • Projecto de Orçamento do ano Económico de 1917/18 do District d’Angola, Luanda, 1900.

Les œuvres publiées sur Henrique de Paiva Couceiro[modifier | modifier le code]

Citations de et sur Henrique de Paiva Couceiro[modifier | modifier le code]

Avenues, Places et Rues - Toponymes[modifier | modifier le code]

Portugal[modifier | modifier le code]

  • Avenue Paiva Couceiro - Porto
  • Place Paiva Couceiro - Lisboa
  • Place Paiva Couceiro - Oeiras
  • Rue Henrique Paiva Couceiro - Oeiras
  • Avenue Command Paiva Couceiro - Queluz
  • Rue Henrique Paiva Couceiro - Venda Nova
  • Rue Paiva Couceiro - Odivelas
  • Rue Paiva Couceiro - Guarda
  • Rue Paiva Couceiro - Bairro Gouveia - Alhos Vedros
  • Rue Paiva Couceiro - Bela Vista - Montijo

Moçambique[modifier | modifier le code]

  • Rue Paiva Couceiro - Beira, Moçambique
  • Rue Paiva Couceiro - Maputo (ex-Lourenço Marques), Quartier de Alto Maé, Moçambique

Angola[modifier | modifier le code]

  • Luanda: avant l'indépendance il existait une avenue Paiva Couceiro, actuellement appelée Avenue Cónego Manuel das Neves. Júlio de Castro Lopo, in “Paiva Couceiro – uma grande figura de Angola” - mentionne une Rue de Paiva Couceiro à Luanda.
  • Benguela: Square Gouverneur Paiva Couceiro (entre l'Hôpital et l'Avenue Gouverneur Sousa Coutinho)
  • Lubango (ex Sá da Bandeira): Rue de Paiva Couceiro

Il existe aussi, en Angola, une ville appelée VILA Paiva Couceiro, siège de la commune du Alto Cunene, du district de Huíla, ancienne ville de Quipungo.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Estado Novo (État nouveau) est un terme employé par le gouvernement portugais durant la deuxième république de 1933 à 1974. La figure centrale de ce gouvernement fut le Docteur António de Oliveira Salazar.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (pt) Vasco Pulido Valente, « Henrique Paiva Couceiro — um colonialista e um conservador », Análise Social, vol. XXXVI,‎ 2001, p. 767-802 (lire en ligne)
  2. A l'exception du Teatro Nacional de São Carlos, où il allait pour la musique.
  3. a et b Arquivo Histórico Militar, ref AHM/div/3/7/1183
  4. L’«asservissement» était un acte symbolique par lequel les puissances coloniales européennes cherchaient à imposer leur souveraineté aux peuples africains. Pour cela, ils envoyaient des émissaires aux "régulos" (Roi Africain) avec des cadeaux et un drapeau national: l'acceptation des cadeaux par le "régulo" signifiait, selon l'interprétation du droit international alors en vigueur, que les Européens avaient occupé le territoire appartenant au "régulo". Dans le cas contraire, c’est-à-dire si les cadeaux n’étaient pas acceptés par le “régulo”, on avait postérieurement recours à la force, en éliminant les récalcitrants. Toutefois, pendant des années, il n'y a pas eu d'occupation réelle de ces territoires et les autorités autochtones ne se sont jamais considérées soumises à l'asservissement européen puisqu'elles ne comprenaient même pas le sens de la cérémonie; elles croyaient d'ailleurs que c'était les européens qui s'asservissaient et se leur soumettaient car, si ce n'était pas le cas, ils ne leur apporteraient pas des cadeaux.
  5. Cette Campagne était insérée dans un contexte plus large, celui des Campagnes de Conquête et de Pacification menées par les forces armées portugaises dans les colonies africaines pendant les dernières décades du XIXe siècle et dans les premières décades du XXe siècle, approximativement entre 1880 et la fin de la Première Guerre Mondiale. Ces campagnes étaient la conséquence des pressions relatives à l’occupation effective du territoire, pressions qui résultaient de la Conférence de Berlin.
  6. “Embala” désignait les villages protégés par des palissades de bois, construites par la population locale. La protection de ces villages a été adaptée plus tard aux besoins de défense des européens, militaires et civiles, qui s’installaient dans la région.
  7. Ces événements, déclenchés par le séjour Paiva Couceiro à Bié, ont servi de prétexte au gouverneur général de l'Angola de l'époque, Guilherme de Brito Capelo, pour ordonner au capitaine Artur de Paiva d'organiser une expédition punitive ayant comme objectif la vengeance de la mort de Silva Porto et la restauration du prestige des Portugais. Le 1er Novembre 1890, le long de la rivière Cuquema, se déroule le premier combat et le 22 du même mois la capitale insurrectionnel de Bié, l'"embala" de Ecovongo, est prise par l'armée portugaise. Le 4 décembre le roi Dunduma est arrêté et immédiatement déporté vers le Mozambique et remplacé par le "soba" Kapoco, fidèle aux Portugais.
  8. Jusqu'à aujourd'hui, le 14 mai est la plus violente émeute qui a eu lieu au Portugal. Cependant, ce n’est pas le bombardement naval du 14 qui a provoqué la plupart des victimes, mais bien la persécution et les ajustements de comptes de la “Carbonaria" (la Carbonaria Portugaise était une organisation secrète, sans liens organiques avec la franc-maçonnerie portugaise) et de la “Formiga Branca” (“Formiga Branca” était le nom sous lequel était connue une organisation semi-clandestine, en fait une véritable police politique irrégulière, qui existait dans l'orbite du Parti Républicain Portugais). Entre le 14 et le 17 mai, Lisbonne était une ville hors la loi, ce qui a permis aux membres de la “Carbonária” et de la “Formiga Branca” de mener des raids, pillages et meurtres de leurs ennemis (+ 20 policiers et cadets de l’École Militaire ont été sommairement exécutés ). Cette violence a amené la France, l'Espagne et l’Angleterre a envoyer à Lisbonne une force navale. C’est la présence de cette force navale qui a calmé les révolutionnaires et permis au nouveau gouvernement de rétablir l'ordre..
  9. D. Júlia n’a jamais porté le titre de Comtesse de Paraty.