Henriette Marie de France
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Henriette Marie de France
Henriette Marie de France
Titre
Reine consort d'Angleterre,
d'Écosse et d'Irlande
13 juin 1625 — 30 janvier 1649
(23 ans, 7 mois et 17 jours)
| Prédécesseur | Anne de Danemark |
|---|---|
| Successeur | Catherine de Bragance |
| Dynastie | Maison de Bourbon |
|---|---|
| Naissance | 26 novembre 1609 Palais du Louvre, Paris (France) |
| Décès | 10 septembre 1669 (à 59 ans) Château de Colombes (France) |
| Père | Henri IV de France |
| Mère | Marie de Médicis |
| Conjoint | Charles Ier d'Angleterre |
| Enfants | Charles Stuart, duc de Cornouailles Charles II Marie Henriette Stuart, princesse royale Jacques II Henriette Stuart |
Henriette Marie de France (26 novembre 1609 - 10 septembre 1669) fut une reine consort d'Angleterre. Fille du roi de France Henri IV et de la reine Marie de Médicis, elle épousa le roi d'Angleterre Charles Ier (1625). Elle est la mère de deux rois d'Angleterre Charles II et Jacques II. La révolution anglaise l'amena à se réfugier en France.
L'État du Maryland, au Nord-Est des États-Unis, fut baptisé ainsi en son honneur.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Enfance [modifier]
Née au palais du Louvre à Paris le (26 novembre 1609, Henriette Marie est la troisième et dernière fille légitime du roi de France Henri IV et de la reine Marie de Médicis. Elle n'a quasiment pas connu son père, assassiné au mois de mai suivant sa naissance et est élevée avec son frère Gaston, duc d'Orléans, d'un an son aîné, par leur mère. Elle est baptisée le 15 juin 1614 en la Chapelle de la Reine au palais du Louvre en même temps que son frère Gaston, duc d'Orléans : son parrain est le Cardinal de la Rochefoucauld et sa marraine est Madame Élisabeth, sa sœur aînée[1].
Mariage et descendance [modifier]
Henriette Marie est séparée de sa mère entre 1617 et 1620 (période où la reine-mère est exilée loin de Paris). Elle épouse le prince Charles Stuart, futur roi Charles Ier d'Angleterre et d'Écosse le 13 juin 1625 (soit à seize ans)[2]. C'est George Villiers de Buckingham, favori de son époux qui vient en France négocier son mariage, c'est à cette occasion qu'il courtise la reine Anne d'Autriche, ce qui provoque l'ire de son époux le roi Louis XIII (frère d'Henriette).
Le roi Charles et la reine Henriette Marie ont neuf enfants :
- Charles Jacques, duc de Cornouailles (*/† 13 mars 1629),
- Charles II (1630-1685), épouse en 1662 Catherine de Portugal (1638-1705) sans postérité
- Marie Henriette (1631-1660) épouse en 1641 Guillaume II, prince d'Orange (1626-1650)
- Jacques II (1633-1701), duc d'York puis roi d'Angleterre épouse en 1661 Anne Hyde (1637-1671) puis en 1673 Marie-Béatrice de Modène (1658-1718) d'où postérité
- Elisabeth (1635-1650)
- Anne (1637-1640)
- Catherine(*/† 29 juin 1639),
- Henri (1640-1660), duc de Gloucester
- Henriette-Anne (1644-1670), épouse en 1661 Philippe de France, duc d'Orléans (1640-1701)
Reine d'Angleterre [modifier]
Jusqu'en 1628, George Villiers de Buckingham fait barrage entre la reine et le roi, mais après l'assassinat de celui-ci, Henriette Marie peut se rapprocher de Charles Ier. La naissance de leurs enfants, à partir de 1629, rapproche les deux époux, et Henriette Marie acquiert beaucoup d'influence sur son mari. Française, elle le pousse dans le sens d'une politique autoritaire et centralisatrice, ainsi que vers une plus grande tolérance envers les catholiques. En effet, Henriette, fort pieuse et opiniâtre comme sa mère, pratique ostensiblement le catholicisme, ce qui irrite les puritains anglais, et était venue de France avec un aumônier, Jean Paumart. Elle devient de plus en plus impopulaire. Lors de la guerre civile, elle profite de son voyage en 1642 dans les Provinces-Unies où elle accompagne sa fille Marie qui épouse Guillaume II d'Orange-Nassau pour réunir des fonds et une petite armée gagnée à la cause royale. Elle revient à Newcastle en février 1643, mais une nouvelle grossesse l'éloigne des conflits en juillet 1643. Elle doit se réfugier dans son pays d'origine à Paris (1644) peu après avoir donné le jour à une fille. Elle ne revit plus jamais son mari.
Exil en France [modifier]
En 1646, sa plus jeune fille, Henriette-Anne, lui est amenée. La mère élève la fillette dans le catholicisme le plus strict au couvent de Chaillot. Elle a la joie de revoir ses fils Charles et Jacques, qui sont parvenus à s'enfuir d'Angleterre. Mais elle perd sa fille Elisabeth, prisonnière des puritains (septembre 1650). En 1649, Charles Ier, vaincu par l'armée de Cromwell, est décapité.
La reine veuve reste en France avec sa fille, tandis que le cardinal Mazarin, premier ministre du jeune Louis XIV, neveu d'Henriette, oblige Charles et Jacques à quitter le royaume (car Mazarin voulait l'alliance de la république anglaise contre l'Espagne). Henriette Marie vit près de Paris à Colombes dans une certaine précarité, restant des journées entières au lit faute de pouvoir acheter du bois pour chauffer son palais.
En 1660, elle accompagne son fils Charles II à Londres lors de sa restauration et assiste à son mariage avec la princesse catholique et richissime, Catherine de Portugal.
En 1661, de retour en France, elle marie sa fille Henriette à son propre neveu, Philippe, duc d'Orléans, dit « Monsieur, frère unique du roi ». Sa fille devenant « Madame ». Même si les relations du couple d'Orléans ne furent jamais bonnes, Philippe respectait sa belle-mère.
Henriette Marie vit une idylle avec lord Jermyn. Elle entretient de bonnes relations avec sa belle-sœur Anne d'Autriche, mère de Louis XIV. Elle meurt à Colombes le 10 septembre 1669.
Le château de Colombes est aujourd'hui détruit mais une rue et une école de la ville sont dédiées à la "reine Henriette".
Titulature [modifier]
Née princesse de France, Henriette Marie porta durant sa vie différents titres liés à sa situation matrimoniale.
Elle porta successivement les titres de:
- Son altesse la princesse Henriette Marie de France (1609–1625)
- Madame royale (1619–1625)
- Sa majesté la reine (1625–1649)
- Sa majesté la reine mère (1649–1669)
Notes et références [modifier]
- L'acte de baptême a disparu dans l'incendie des archives de Paris en 1871 mais l'information se trouve dans Henri IV, roi de cœur, Société des amis du château de Pau, 1971, p.92
- (en) Frank Kitson, Prince Rupert : Admiral and General-at-Sea, Constable, 1999, p. 21