Henriette Valium

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Henriette Valium

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Nom de naissance Patrick Henley
Naissance 4 mai 1959
Nationalité Canadienne
Activités Bande dessinée
Mouvement artistique Montreal Comix Scene

Henriette Valium, (de son vrai nom Patrick Henley[1], né le 4 mai 1959 à Montréal au Canada) est un auteur canadien de bande dessinée. C'est le premier grand auteur underground québécois. Son style provocateur et hallucinogène l'a gardé à l'écart de l'industrie de la bande dessinée conventionnelle, tout en faisant l'objet d'une reconnaissance substantielle sur la scène de la bande dessinée underground en Europe et en Amérique du Nord depuis ses débuts dans les années 1980.

Biographie[modifier | modifier le code]

S'étendant sur plus de trois décennies, les œuvres de Valium sont dispersées entre de nombreuses anthologies, fanzines, publications à compte d'auteur et collaborations diverses, ce qui rend difficile toute chronologie exhaustive de son œuvre.

Les années 1980[modifier | modifier le code]

À l’exception de "Vagorbine 14" (1981), son premier titre autopublié, les premières incursions de Valium dans le monde de la bande dessinée peuvent être retracées dans différentes compilations et fanzines comme "Motel", "Tchiize" et "Rectangle". Dans une contribution notable de cette période, "Iceberg" (1984), il se présente pour la première fois sous le pseudonyme "Henriette Valium". Plusieurs des histoires écrites durant les années 1980 ont été compilées dans "1000 rectum, c’t'un album" (1987), une anthologie autopubliée. Le livre introduit plusieurs thèmes et personnages qui deviendront les marques de commerce de l’auteur à travers les années. En particulier, Valium y introduit ses protagonistes les plus connus, comme son alter-ego Pattou, l’énigmatique Monsieur Iceberg et le scientifique diabolique Doc Lekron. Les histoires, souvent d’une page, tournent autour des thèmes habituels de Valium, principalement la maladie, les dépendances, la déviance sexuelle et le déclin social en général. Alors que les dessins sont fortement marqués par un penchant pour l’esthétique punk, "1000 rectums" n’affiche pas encore l’excès graphique complexe et violent qui caractérisera des publications ultérieures comme "Primitive crétin!".

Les années 1990[modifier | modifier le code]

Parallèlement à une brève expérience de chanteur punk rock pour "Valium et les Dépressifs" et le lancement subséquent de "C’est un monstre" (1992), le début des années 1990 fut une période prolifique qui a mené à la création de "Primitive crétin!" (1993), une anthologie autopubliée de 11.5 par 17.5 pouces. Le livre, qui constitue probablement le travail le plus reconnu de Valium à ce jour, est une collection d’histoires démentes et absurdes qui reprend les thèmes et les personnages de 1000 rectums, en plus de quelques nouveaux personnages mémorables comme la famille Gant de boxe ou Tiplouplou. L’aspect le plus remarquable du livre, par contre, réside dans ses surprenants dessins surréalistes. Chaque page de "Primitive crétin!" est un monde en soi, dans lesquels d’étranges organismes, des objets quotidiens déformés et une densité urbaine extrême s’entremêlent pour créer une impression générale de désordre. La complexité des dessins combinée à leur ampleur considérable génèrent un environnement chaotique immersif qui est quasiment impossible à décoder du premier coup d’œil. Pour arriver à cet effet dans "Primitive crétin!" et ses autres bandes dessinées en général, Valium doit travailler plusieurs mois sur chacune des pages. La conception d’un livre complet de bande dessinée représente ainsi un processus long et ardu qui peut prendre jusqu’à six ans.

En plus de fréquentes collaborations avec de nombreux fanzines indépendants à travers l’Europe et l’Amérique du Nord, comme Zero Zero (qui a mené à la réimpression américaine de "Primitive crétin!" en 1996), Valium débute également, au milieu des années 1990, des expérimentations plus formelles avec le collage, qui amèneront son art vers des formes plus abstraites et horrifiantes. Parmi les collages les plus intéressants de cette période, on retrouve les séries de La Prison Anale des Frères Rouges (1996) et des Curés Malades. Ces derniers collages, à travers la représentation de parties de machines et de pornographie mixés à des portraits de prêtres, constitue une critique graphique lugubre de l’influence historique de l’Église catholique romaine au Québec. Le travail de collage de Valium, avec son incorporation d’imagerie sexuelle explicite (allant jusqu’à la bestialité) et des photos de presse horrifiantes, l’a empêché de gagner toute reconnaissance publique, incluant les bourses gouvernementales. Depuis les années 1980, Valium a principalement gagné sa vie avec la conception et la sérigraphie de posters pour différents bars et groupes rock de Montréal, comme le Café Campus et les Foufounes Électriques.

Travaux récents[modifier | modifier le code]

L’année 2000 a été marquée par la publication de "Cœur de Maman", une bande dessinée sérigraphiée autopubliée de 11.5 par 17.5 pouces. "Cœur de Maman", une histoire bizarre à propos d’un cœur de mère monstrueux et surdimensionné, reprend là où "Primitive Crétin!" se terminait, avec des pages si lourdement illustrées qu’elles en deviennent presque indéchiffrables. La même année, Valium complète aussi "Le survivant", une peinture monumentale s’intéressant à une photo de famille de Joseph Goebbels, qui a été exposée à la Galerie Clark (Montréal) avec "Les Curés Malades" et plusieurs autres de ses travaux. Finalement, il a aussi participé, au printemps 2000, à une exposition à la galerie La Luz de Jesus à Los Angeles.

Plus récemment, Valium continue à expérimenter avec le collage, intégrant Photoshop dans ses créations, ce qui l’a amené entre autres à une série de sérigraphies intitulée "Les Héritiers du rêve" (2002) et les petits livres "Mutants I" (2002) et "Mutants II" (2003). Sa dernière bande dessinée, "Princesse Brune", a été complétée en 2006. Son plus récent collage, "Djoker", a été exposé à la galerie Voltigeur à Toulouse à l’été de cette même année. Valium travaille également sur "Mutants III", un hommage à Hans Bellmer, et qui constituera en des collages pornographiques réalisés par ordinateur.

Au printemps 2007, l’éditeur français L'Association a publié une anthologie complète de ses bandes dessinées. Un autre collectif français, Le Dernier Cri, travaille sur un coffret qui inclura le livre de L'Association, un c.d. audio et une anthologie de tous ses dessins et peintures. Le site internet de Valium a été mis en ligne en février 2007.

En mars 2013, une partie des œuvres d'art de Valium a été exposée à l'Espace Robert Poulin à Montréal [2] .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Influences[modifier | modifier le code]

Artistes apparentés[modifier | modifier le code]

Valium fait partie du mouvement informel Montreal Comix Scene. Parmi les artistes les plus connus y étant associés, on retrouve :

Références[modifier | modifier le code]

  1. Guy Leshinski, « Henriette Valium Parody's Pope »,‎ mars 2002 (consulté le 16 avril 2007)
  2. Fabien Deglise, « Les cris d’angoisse d’un pape de la bédé underground »,‎ mars 2013 (consulté le 3 août 2013)

Lien externe[modifier | modifier le code]