Henriette Dessaulles

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Journal d'Henriette Dessaulles

Henriette Dessaulles, connue sous le pseudonyme de Fadette, nait le 6 février 1860. Elle vit dans la ville de St-Hyacinthe, près de Montréal. Fille du grand notable Georges-Casimir Dessaulles et d'Émilie Mondelet, elle a comme parrain Louis-Joseph Papineau. Elle est éduquée au couvent de Lorette et au couvent de la Présentation des soeurs de Marie. De 1874 à 1881, elle rédige son journal, connu du public à ce jour. Elle épouse Maurice St-Jacques, avec qui elle a sept enfants. Celui-ci meurt en 1897, laissant Henriette veuve. Après avoir élevé ses enfants, elle devient journaliste pour de nombreux journaux. Elle rédige pendant une quarantaine d'années ce qu'elle nomme Lettres de Fadette dans le journal Le Devoir. Elle est morte en 1946, à 86 ans.

Henriette Dessaulles a fait l'objet d'une émission radiophonique de la série De remarquables oubliés à la radio de Radio-Canada, animé par Serge Bouchard: http://ici.radio-canada.ca/radio/profondeur/RemarquablesOublies/HDessaulles.html

Le Journal (1874-1881)[modifier | modifier le code]

Celui-ci a été publié pour la première fois en 1971 aux éditions Hurtubise HMM, dans une édition partielle contenant toutefois de nombreuses photographies. La réception fortement positive de l’œuvre, spécialement auprès de la critique littéraire, a encouragé sa réédition dans la prestigieuse collection "Bibliothèque du Nouveau Monde" (sorte d'équivalent de la Pléiade pour les écrits du Canada français) en 1989. C'est Jean-Louis Major qui fut responsable de l'édition critique du texte et celui-ci est précédé d'une substantielle introduction permettant de retracer, entre autres, la genèse du texte. Il est établi, par exemple, que celui-ci est bien de la main d'Henriette Dessaulles mais pas pour la période 1874-1881. Henriette Dessaulles a probablement retranscrit et en partie réécrit son Journal après la mort de son mari et l'a légué à ses enfants[1].

Le Journal d'Henriette Dessaules a été l'objet de nombreux articles critiques, compte rendu et mémoires (voir la bibliographie sur le journal)

Toponymie[modifier | modifier le code]

La rue Henriette-Dessaulles, située dans la municipalité de Lévis, rend honneur à cette écrivaine. Ce toponyme est officialisé depuis le 1er aout 2007 (http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ct/ToposWeb/fiche.aspx?no_seq=400527). Le nom de cette rue était initialement officialisé en « rue Henriette-Dessaules », avec un seul l, coquille rectifiée en 2014. Le linguiste Gabriel Martin, qui a soulevé l'erreur, s'exprime alors en ces termes : « N’est-il pas ironique de trouver une faute d’orthographe dans le nom d’une femme de lettres? Rendons justice à la mémoire dessaullienne en rectifiant cette gênante coquille qui risque de se répandre comme une traînée de poudre » (Deschênes, Érick. « Une erreur qui a pignon sur rue », Le Journal de Lévis, 19 février 2014, vol. 13, no 21, p. 6).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Exposition virtuelle
Œuvres d'Henriette Dessaulles

Fadette - Journal d'Henriette Dessaulles, avant-propos de Pierre Dansereau, Hurtubise/HMH, Montréal, 1971.

Le fonds d'archives de Fadette est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[2].

Bibliographies[modifier | modifier le code]

Sur Henriette Dessaulles[modifier | modifier le code]

Sur le Journal d'Henriette Dessaulles[modifier | modifier le code]

AUGER, Manon (2004), « Mademoiselle Dessaulles » : adaptation scénaristique du Journal (1874-1881) d’Henriette Dessaulles suivi de Le statut sémiologique du personnage dans le journal intime : l’exemple du Journal (1874-1881) d’Henriette Dessaulles, mémoire de maîtrise en études littéraires, Université Laval.

________ (2007), « Forme et formation d’une identité narrative : la mise en scène de soi dans le Journal (1874-1881) d’Henriette Dessaulles », Voix et Images, vol. XXXIII, no 1, automne, p. 115-129.

BAUDOUIN, Daphni (1987), « Autoportrait et journal intime. Le Journal d’Henriette Dessaulles », Arcade, no 14, octobre, p. 73-76.

________ (1991), « Le journal intime féminin au XIXe siècle », dans François Dumont et Frances Fortier (dir.), Littérature québécoise. La recherche en émergence, Québec, Nuit Blanche, p. 229-240.

________ (1993a), « Stratégies énonciatives dans le journal intime féminin du XIXe siècle », dans Manon Brunet et Serge Gagnon (dir.), Discours et pratique de l’intime, Québec, Institut Québécois de recherche sur la culture, p. 167-179.

BOLDUC, Julie (2003), Une diariste ironique : lecture stylistique du Journal d’Henriette Dessaulles, mémoire de maîtrise en études littéraires, Université Laval.

BOUCHER-MARCHAND, Monique (1999), « Entre passion et raison : le récit symbolique dans le Journal d’Henriette Dessaulles », dans Manon Brunet (dir.), Érudition et passion dans les écritures intimes, Québec, Nota Bene, p. 141-150.

CANTIN, Annie (1996a), Henriette Dessaulles, Journal (1874-1881), lecture sociostylistique d’une trajectoire littéraire, mémoire de maîtrise en littérature québécoise, Université Laval.

________ (1996b), « Le Journal d’Henriette Dessaulles : la contre-aventure », Voix et Images, vol. XXI, no 2, hiver, p. 312-323.

GAUTHIER CANO, Mona (1987), La métamorphose du sujet dans le Journal d’Henriette Dessaulles, Ottawa, Université d’Ottawa, [microforme].

HÉBERT, Pierre (1985), « Pour une évolution de la littérature personnelle au Québec : l’exemple du journal intime », Revue d’histoire littéraire du Québec et du Canada français, no 9, p. 13-37.

________ (1988), avec la collaboration de Marilyn Baszczynski, Le journal intime au Québec : structure, évolution, réception, Montréal, Fides.

________ (1989-1990), « Angéline ou Henriette ? », Lettres Québécoises, no 56, hiver, p. 50-51.

________ (1992), « Le journal intime, révisionniste de la narratologie », dans Madeleine Frédéric (dir.), Entre l’Histoire et le roman : la littérature personnelle, Ottawa / Bruxelles, Centre d’Études Canadiennes / Université de Bruxelles, p. 7-15.

IMBERT, Patrick (1981-1982), « Fadette, journal d’Henriette Dessaulles (1874-1880) [sic] ou l’ambivalence vécue », Lettres Québécoises, no 24, hiver, p. 70-72.

MAJOR, Jean-Louis (1989), « Introduction », dans Henriette Dessaulles, Journal (1874-1881), édition critique, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, Coll. « Bibliothèque du Nouveau Monde »,  p. 7-102.

MAJOR, Jean-Louis et Claude Fournier (1985), « Le Journal (1874-1881) d’Henriette Dessaulles », Revue d’histoire littéraire du Québec et du Canada français, Ottawa, hiver-printemps, no 9, p. 53-61.

MITCHELL, Constantina (1990-1991), « Henriette Dessaulles, Journal, édition critique par Jean-Louis Major », Quebec Studies, vol. XI, automne-hiver, p. 141-142.

OUELLET, Lise (1988), « Le Journal d’Henriette Dessaulles ou le roman du “je” spéculaire au “je” social », Francofonia, vol.VIII, no 14, printemps, p. 53-61.

PROULX, Marie-Hélène (2000), La fictionnalisation dans le Journal d’Henriette Dessaulles suivi de À demain, mémoire de maîtrise en création littéraire, Montréal, Université McGill.

RAOUL, Valérie (1986), « Moi (Henriette Dessaulles), ici (au Québec), maintenant (1874-80) : articulation du journal intime féminin », The French Review, vol. LIX, no 6, May, p. 841-848.

________ (1993), « Femininity and self-denial: the diary of Henriette Dessaulles », Distinctly Narcissistic; Diary Fiction in Québec, Toronto, University of Toronto press, p. 45-57.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Louis Major, "Introduction", dans Henriette Dessaulles, Journal, édition critique, Montréal, Les Presses de l'Université de Montréal, coll. "Bibliothèque du Nouveau Monde", 1989, p. 21-22.
  2. Fonds Fadette (MSS252) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).