Henrietta Lacks

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Plaque commémorative en hommage à Henrietta Lacks

Henrietta Lacks (1er août 19204 octobre 1951), parfois appelée à tord Henrietta Lakes, Helen Lane ou Helen Larson, est une femme morte d'une tumeur cancéreuse à développement très rapide. Ses cellules sont les premières à avoir pu être cultivées in vitro et ont pour cette raison été utilisées dans le monde entier sous le nom de « HeLa ». Elles ont permis en particulier la mise au point du vaccin contre la poliomyélite et à une meilleure connaissance des tumeurs et des virus, ainsi qu'à des avancées comme le clonage ou la thérapie génique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Henrietta Lacks est née Loretta Pleasant le 1er août 1920 à Roanoke (Virginie). Sa mère est morte en donnant naissance à son dixième enfant en 1924[1]. Son père s'est retrouvé incapable d'élever tous ses enfants, et s'est fait aider par sa famille. La petite Henrietta a été élevée par son grand-père Tommy Lacks. Elle partageait sa chambre avec son cousin David "Day" Lacks (1915–2002). Le 10 avril 1941 elle se marie avec lui, ils ont eu cinq enfants: Lawrence Lacks, Elsie Lacks, David "Sonny" Lacks (né en 1947), Jr., Deborah Lacks Pullum (1949–2009), et Zakariyya Bari Abdul Rahman (né Joseph Lacks en septembre 1950). Elle travaillait dans les champs de tabac.

Le 29 janvier 1951, suite à une boule dans le ventre et des saignements, elle se rend à l'Hôpital Johns-Hopkins pour se faire examiner dans ce seul grand hôpital de la région qui accueille les patients noirs. Elle n'avait aucune anomalie du col de l'utérus lors de la visite de contrôle après son accouchement, ce qui indique un développement très rapide de la tumeur. Après avoir donné naissance à son cinquième enfant, Joseph, elle avait saigné abondamment. Les médecins avaient suspecté la syphilis, mais le test était négatif. Le médecin préleva un échantillon de la tumeur localisé sur son col de l'utérus, qui se révéla être une tumeur maligne très invasive. Elle a été traitée avec des tubes de radium. Pendant son traitement, deux échantillons ont été prélevés, sans son consentement. Elle retourne à l'hôpital le 8 août pour un nouveau traitement, et y meurt le 4 octobre 1951 à l'âge de 31 ans. Une autopsie a montré qu'elle avait des métastases dans tout le corps[2]. Son mari a refusé l'autorisation de prélèvement.

Usage des cellules[modifier | modifier le code]

Dans les années qui suivirent l'expédition de cellules HeLa à différents laboratoires du monde, beaucoup de ceux-ci arrivèrent à établir in vitro des lignées de cellules d'autres cancers (poumon, gorge, foie…), alors que cette opération échouait jusque-là. Il s'est avéré par la suite que certaines de ces lignées cellulaires, nouvellement établies, étaient contaminées par des cellules HeLa (suite à des erreurs de manipulations). Celles-ci avaient réussi à prendre le dessus en proliférant mieux et plus vite que les cellules originelles. Il s'agit là d'une erreur fréquente en culture cellulaire due à un manque de rigueur[3].

Ses enfants n'ont appris que tardivement ce prélèvement, et ont exprimé publiquement leur désapprobation que le service rendu post-mortem à la science par leur mère ne lui ait même pas valu, en retour, une sépulture décente. Plus globalement, ce cas soulève de nombreuses questions éthiques dont le consentement, absent ici, n'est pas la moindre.

Fondation Henrietta Lacks[modifier | modifier le code]

La journaliste américaine Rebecca Skloot, après avoir consacré plusieurs années à la rédaction d'un livre racontant la vie d'Henrietta Lacks, a créé la fondation Henrietta Lacks. Cette fondation a pour objet d'aider financièrement ses descendants, qui vivent pauvrement et n'ont pas de protection sociale alors que les cellules d'Henrietta ont fait la fortune de certains professionnels de santé[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) http://www.oprah.com/world/Excerpt-From-The-Immortal-Life-of-Henrietta-Lacks_1
  2. (en) http://hamptonroads.com/2010/05/cancer-cells-killed-her-then-they-made-her-immortal
  3. http://www.pnas.org/content/98/14/7656.full
  4. « Pourquoi les cellules d'Henrietta Lacks sont immortelles »,‎ 13 août 2013

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rebecca Skloot, La Vie immortelle d'Henrietta Lacks [« The Immortal Life of Henrietta Lacks »], Paris, Éditions Calmann-Lévy, coll. « Documents, Actualités, Société »,‎ 2011, 440 p. (ISBN 978-2-7021-4174-8)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]