Henri de Sponde

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Henri de Sponde (Henricus Spondanus)
Image illustrative de l'article Henri de Sponde
Gravure de Michel Lasne (1641) - B.N.F Estampes
Biographie
Naissance 6 janvier 1568
Mauléon-Licharre (France)
Ordination sacerdotale 7 mars 1606
Décès 18 mai 1643
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 16 août 1626
Dernier titre ou fonction Ancien Évêque de Pamiers
Évêque de Pamiers
Précédent Joseph d’Esparbès de Lussan Jean de Sponde Suivant

Blason

Henri de Sponde (ou Henri Spondanus) est un ecclésiastique, juriste et historien français, continuateur de Caesar Baronius, né le 6 janvier 1568 à Mauléon dans l'actuel département des Pyrénées-Atlantiques, et mort à Toulouse le 18 mai 1643. Évêque de Pamiers, il est le frère du poète Jean de Sponde.

Biographie[modifier | modifier le code]

Éducation[modifier | modifier le code]

Henri de Sponde naquit au milieu des troubles qui opposent catholiques et protestants. Sa famille, proche de la royauté - son père Inigo de Sponde est le secrétaire et le conseiller de Jeanne d'Albret - est passée à la réforme. Il est le filleul du futur roi de France, Henri IV, ce qui lui permettra plus tard d'être recommandé auprès des plus grands. Durant ses études au collège calviniste d'Orthez, il apprend le grec, l'hébreu et la théologie. Il termine ses études à Genève, et il accompagne en 1587 l'ambassadeur royal (Guillaume du Bartas) en Écosse et en Angleterre. Ce dernier est en effet envoyé en mission par le roi de Navarre auprès de Jacques VI Stuart à Édimbourg et de la reine Élisabeth à Londres. Henri de Sponde n'a pas 20 ans, et pourtant il se fait remarquer par sa faculté à apprendre la langue du pays et sa maîtrise du latin. À son retour, il aborde l'étude de la jurisprudence à Tours. En 1589, il est juriste au parlement de Tours, puis maître des requêtes et conseiller du roi de Navarre (son parrain).

La conversion au catholicisme[modifier | modifier le code]

Jacques du Perron

En 1593, Henri IV, roi de France, se convertit au catholicisme. Jean de Sponde, frère d'Henri et conseiller du roi, fait de même. Henri de Sponde se laisse convaincre par les écrits du futur cardinal Robert Bellarmin, et surtout par les instructions de Jacques Du Perron, calviniste converti alors évêque d'Évreux. Il finit par abjurer le 21 septembre 1595, six mois après le décès de son frère Jean. Il se destine alors à l'état ecclésiastique.

Le successeur de Baronius[modifier | modifier le code]

César Baronius

En 1600, grâce à l'appui de Du Perron, il accompagne l'archevêque de Bordeaux François de Sourdis à Rome, où ce dernier doit recevoir le chapeau de cardinal. Henri de Sponde demeure à Rome, où il est ordonné prêtre le 7 mars 1606. En 1615, le pape Paul V le nomme réviseur des mémoires de la Pœnitentiaria.

La reprise d'un évêché aux abois[modifier | modifier le code]

En 1626, malgré ses réticences, il est fait évêque de Pamiers. Il ne peut s'installer à son évêché que l'année suivante. Et encore, il ne peut dire la messe que dans un bâtiment de fortune. La ville épiscopale est en effet ravagée par soixante années de guerres intestines, où se sont affrontés protestants et catholiques. L'administration de la ville est d'ailleurs dévolue aux protestants.

Travaillant alors à la préservation du catholicisme dans cette contrée, Henri de Sponde se met à visiter son diocèse à cheval ou à pied, parcourant les montagnes où les habitants n'avaient jamais aperçu leur évêque. Il réorganise la vie religieuse dans le haut pays et convertit de nombreux protestants. Il stimule l'entretien des édifices religieux isolés et encourage les décorations intérieures tout en veillant à rester en conformité avec les décrets du Concile de Trente qui interdisaient les représentations impures ou provocantes. Entre 1625 et 1630, il tente d'implanter un couvent de Minimes à Tarascon-sur-Ariège, mais échoue faute de moyens.

La fin de vie[modifier | modifier le code]

Henri de Sponde, gravure par Jacques Lubin (XVIIIe siècle)

Fatigué, Henri de Sponde réclame la venue de son neveu, alors clerc du diocèse de Saintes. Le 20 février 1634, afin de permettre à ce neveu (prénommé Jean) de devenir coadjuteur de l'évêque de Pamiers, ce dernier est fait évêque in partibus de Mégare. Grâce à cette aide, Henri de Sponde peut consacrer plus de temps à ses travaux d'érudit. Il réside alors à Montgauzy, près de Foix. Puis, à cause de sa santé toujours plus vacillante, l'évêque de Pamiers quitte les Pyrénées en septembre 1637 et s'installe à Paris, chez Pierre Frizon, son ami de longue date qu'il avait rencontré à Rome. Pierre Frizon l'aide à finaliser ses travaux et à les publier. Ainsi, il réalise la publication complète de ses annales qui résument celles de Tornelli et de Baronius. De plus, il les complète en englobant dans un même ouvrage toute l'histoire sacrée et ecclésiastique depuis les origines jusqu'à son temps.

Afin de renforcer l'autorité de son neveu à Pamiers, il demande sa démission qui est agréée par le pape le 25 février 1641. Ainsi, il abandonne son titre à son neveu. Dès lors, Henri de Sponde songe à retourner à Rome pour y finir ses jours. Mais il change d'avis lorsque le cardinal de Richelieu lui fait comprendre qu'il compte l'employer auprès du pape Urbain VIII. Désireux de terminer ses jours en paix, il part à Toulouse où il loge à partir de juillet 1642, chez Durand de Besga, banquier et expéditionnaire en cour de Rome.

Plaque funéraire de Mgr Henri de Sponde
Enfeu de Mgr Henri de Sponde à la cathédrale de Toulouse

Hélas, il n'eut pas le loisir de profiter de sa retraite puisque le 31 mars 1643 son neveu décède. Le roi l'oblige alors à suivre les affaires de son ancien évêché. Moins de deux mois plus tard, le 18 mai 1643 à neuf heures du soir, il décède à Toulouse, où il est enterré dans la cathédrale. On peut y voir son enfeu, à environ deux mètres du sol et environ deux mètres de hauteur, dans le déambulatoire derrière le retable principal du chœur gothique.

Il laisse une bibliothèque de plus de 3 000 volumes qu'il lègue au couvent des Pères Minimes à Toulouse.

Les écrits de Henri de Sponde[modifier | modifier le code]

  • Les cimetières sacrés, Bordeaux, 1596.
  • De la déclaration du Feu sieur de Sponde, par Henri de Sponde, son frère, Bordeaux, 1597
  • Annales ecclesiastici Cæsaris Baronii in Epitomen redacti, Paris, 1612.
  • Annales sacri a mundi creatione ad ejusdem redemptionem, Paris, 1637.
  • Annalium Baronii continuatio ab a. 1197 quo is desinit ad a. 1622, Paris, 1639.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vidal, Jean-Marie, Henri de Sponde, recteur de Saint-Louis des Français, évêque de Pamiers : 1568-1643, Picard, Paris, 1929
  • Blanc-Rouquette, Marie-Thérèse, Trois prélats face aux options majeures de leur temps, Société historique et archéologique de Pamiers et de la Basse-Ariège (Actes du Colloque des 8 et 9 septembre 1995), Saverdun, 1997
  • [PDF] Costa, Georges, Le monument d’Henri de Sponde, évêque de Pamiers, à la cathédrale de Toulouse, Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, Tome LXV

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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