Henri de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon

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Henri de La Tour d'Auvergne
Duc de Bouillon
Henri de La Tour d'Auvergne, Maréchal de Francepeinture de style troubadour (XIXe siècle)
Henri de La Tour d'Auvergne, Maréchal de France
peinture de style troubadour (XIXe siècle)

Naissance 28 septembre 1555
à Joze
Décès 25 mars 1623 (à 68 ans)
à Sedan
Origine Français
Allégeance Pavillon royal de la France.svg Royaume de France
Grade Maréchal de France
Années de service 1573
Conflits Guerres de religion
Famille Maison de La Tour d'Auvergne

Henri de La Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne, duc de Bouillon, né le 28 septembre 1555 à Joze et mort le 25 mars 1623 à Sedan, est un militaire français issu de la haute noblesse.

Il combat pendant les guerres de religion au côté duc d'Alençon puis, converti au protestantisme à l'âge de vingt-et-un ans, au côté du roi de Navarre, futur Henri IV de France.

Il devient par mariage duc de Bouillon en 1591, hérite de la principauté de Sedan et reçoit le titre de maréchal de France en 1592. Il a été, à de nombreuses reprises, impliqué dans des complots fomentés contre le roi et la monarchie. Cet incorrigible conspirateur se montra pourtant un bon administrateur de la principauté de Sedan.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et jeunesse[modifier | modifier le code]

Henri de la Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne, est né au château de Joze, en Auvergne, le 28 septembre 1555. Il est le fils de François III de La Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne et d’Éléonore, fille aînée du connétable Anne de Montmorency. Sa famille descendrait des anciens ducs d’Aquitaine.

Sa mère meurt en 1556 et son père est tué l’année suivante lors de la bataille de Saint-Quentin (1557) ; son grand-père est également fait prisonnier lors de cette bataille.

Henri devient orphelin à l’âge de deux ans, aussi son parrain le roi Henri II fait nommer un curateur pour s’occuper de ses biens. Il est envoyé à la Cour à l'âge de dix ans et est attaché à François d'Alençon.

La cour des Valois marque profondément le jeune garçon. C'est une assemblée de princes, ducs, comtes, marquis, artistes, musiciens, savants et ecclésiastiques, aimant la culture, les idées mais aussi les intrigues. Il y côtoie Henri de Navarre, futur roi de France, et gagne son amitié[1].

Militaire et Prince de Sedan[modifier | modifier le code]

Il est au siège de La Rochelle en 1573. Il participe au complot des Malcontents (1574). Plus tard, lors de la cinquième guerre de religion (1575), La Noue l’envoie à l’aide des huguenots de la région de Montauban. C'est son premier commandement d’une armée et il chasse les troupes royales qui empêchaient les récoltes et les vendanges[2]. Il se convertit au calvinisme vers 1576 et devient lieutenant général du Haut-Languedoc.

En 1581, après avoir accompagné François d'Alençon, duc d'Anjou aux Pays-Bas, il devient premier gentilhomme d'Henri de Navarre et se distingue en cherchant des renforts contre la Ligue en 1590. Avec l'appui d'Henri, devenu le roi de France Henri IV, il épouse Charlotte de La Marck en 1591, unique héritière du duché de Bouillon et de la principauté de Sedan[2].

Il a été choisi parmi les amis et compagnons d'armes du roi, pour ce titre envié de prince de Sedan, ayant rang de prince souverain. Les deux époux s'entendent bien, mais leur gouvernement conjoint dure peu de temps, Charlotte décédant quelques années plus tard en donnant naissance à un garçon qui n'a pas survécu non plus.

Fait maréchal de France en 1592, il est consulté par Henri IV au moment où celui-ci abjure la foi protestante et soutient cette démarche jugée nécessaire à la réconciliation au sein du royaume[3]. Lors du décès de son épouse Charlotte de La Marck, en 1594, le roi le confirme en tant qu'héritier de la principauté[4].

Il sert dans les campagnes militaires jusqu'à la pacification de 1597-1598. Allié des Grands, mécontents, il est mêlé à la conspiration de Charles de Gontaut-Biron et ses terres lui sont confisquées. Il implore son pardon en 1606 et retrouve ses biens. Henri IV dit dès lors de lui : « Méfions-nous des brouillons et des Bouillons[1]. »

Après la mort d'Henri IV, il intrigue contre Sully puis s'allie aux princes révoltés contre la régente mais refuse le poste de généralissime des calvinistes lors de l'assemblée de La Rochelle de 1621.

Il se montre bon administrateur de la ville et de la principauté de Sedan. Près de deux cents ordonnances portent sa signature dont la moitié sur la police et l'ordre public, les autres se répartissant sur les thèmes de l'hygiène, des questions militaires, du bon fonctionnement de la justice, de la morale et des finances[5]. Il fonde notamment l'académie de Sedan, université protestante qui devient célèbre[1]. Il crée aussi l'académie militaire des exercices, développe l'imprimerie dans la Principauté[1], fait construire le château-bas, appelé encore Palais des Princes, et étend les fortifications de Sedan, principale cité de la région désormais[6].

Il meurt à Sedan le 25 mars 1623 en laissant l'image d'un prince turbulent et infidèle envers Henri IV à qui il devait pourtant carrière et fortune. Il a laissé des Mémoires, Paris, 1666.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Il épouse en secondes noces Élisabeth de Nassau, la fille de Guillaume Ier d'Orange-Nassau dont il eut huit enfants :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Alain Sartelet, La Principauté de Sedan, Éditions Terres Ardennaises,‎ 1991, 180 p. (ISBN 2-905339-17-9), p. 13
  2. a et b Pierre Miquel, Les Guerres de religion, Paris, Club France Loisirs, 1980 (ISBN 2-7242-0785-8), p 309
  3. Pierre Congar, Jean Lecaillon et Jacques Rousseau, Sedan et le pays sedanais, vingt siècles d’histoire, Éditions F.E.R.N.,‎ 1969, 577 p., p. 266
  4. Pierre Congar, Jean Lecaillon et Jacques Rousseau, Sedan et le pays sedanais, vingt siècles d’histoire, Éditions F.E.R.N.,‎ 1969, 577 p., p. 270
  5. Pierre Congar, Jean Lecaillon et Jacques Rousseau, Sedan et le pays sedanais, vingt siècles d’histoire, Éditions F.E.R.N.,‎ 1969, 577 p., p. 281
  6. Pierre Congar, Jean Lecaillon et Jacques Rousseau, Sedan et le pays sedanais, vingt siècles d’histoire, Éditions F.E.R.N.,‎ 1969, 577 p., p. 291