Henri II de Bourbon-Condé

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Henri II de Bourbon-Condé
portrait par un peintre anonyme, Musée Condé, Château de Chantilly
portrait par un peintre anonyme, Musée Condé, Château de Chantilly

Titre Prince de Condé
(1588 - 1646)
Commandement Vice-roi de Nouvelle-France
Gouverneur du Berry
Conflits Guerres de religion
Distinctions Chevalier du Saint-Esprit
Autres fonctions Grand maître de France
Grand veneur de France
Grand louvetier de France
Biographie
Dynastie Maison de Condé
Naissance 1er septembre 1588
Saint-Jean-d'Angély
Décès 26 décembre 1646 (à 58 ans)
Paris
Père Henri Ier de Bourbon-Condé
Mère Charlotte de La Trémoille
Conjoint Charlotte de Montmorency
Enfants

Blason Henri II de Bourbon (1588-1646).svg

Henri II de Bourbon, né à Saint-Jean-d'Angély en 1588 et mort à Paris en 1646, IIIe prince de Condé, gouverneur de Bourgogne, gouverneur du Berry (1612-1615), duc de Montmorency, duc d'Albret, duc d'Enghien, et de Bellegarde, premier prince du sang, comte de Sancerre (1640-1646), pair de France, grand veneur et grand louvetier de France.

Sommaire

[modifier] Présentation

Fils posthume du prince Henri Ier de Condé, Henri II est né dans des circonstances particulières. Sa mère Charlotte de La Trémoille a été accusée d'avoir fait empoisonner son mari et a été emprisonnée. On la soupçonne d'avoir voulu cacher une relation adultérine avec un page. Le prince naît donc en prison, le 1er septembre 1588, avec de forts soupçons d'illégitimité. Lorsque son cousin Henri IV monte sur le trône de France quelques mois plus tard, son statut n'est toujours pas défini. Il est en principe le premier prince du sang et l'héritier de la couronne, mais sa légitimité n'est pas reconnue par ses oncles. Mis en nourrice à Mazeray non loin de la prison de sa mère à Saint-Jean-d'Angély, son sort reste précaire pendant quelques années.

En 1595, le roi le prend officiellement sous sa tutelle. Le pape exigeait que Condé soit élevé dans la religion catholique. Le petit prince est donc enlevé à son entourage protestant et emmené au château de Saint-Germain-en-Laye. Jusqu'à la naissance du dauphin Louis (futur Louis XIII) en 1601, il est officiellement l'héritier du trône de France.

Il grandit ensuite dans l'indifférence. Le roi Henri IV n'a jamais apprécié ses cousins Condé et ne portait que peu d'affections pour le jeune Henri. Escomptant sa complaisance (Henri était réputé homosexuel), il le marie à celle qu'il convoitait, Charlotte de Montmorency déjà promise au marquis de Bassompierre. Le roi, déjà âgé, poursuivit Charlotte avec tant d'assiduité qu'Henri s'enfuit avec son épouse à Bruxelles, provoquant le début des tensions entre la France et l'Espagne.

Henri revient en France sous la régence de Marie de Médicis. Comme d'autres grands aristocrates, il jalouse la présence au pouvoir de la régente et l'influence de ses favoris, dont l'Italien Concini, au détriment de celle des princes de sang. Il fomente des coalitions princières contre le gouvernement à partir de 1613, lorsque les largesses de la couronne se tarissent par manque d'argent. Les premières prises d'armes des grands se concluent avec le traité négocié par Condé avec la régente à Sainte-Menehould, le 15 mai 1614, par lequel de nouvelles pensions sont accordées par la couronne, l'alliance matrimoniale avec l'Espagne est suspendue et la convocation des États généraux est prévue.

Les États généraux ne donnent aucune satisfaction à la noblesse, donnant libre champ à Marie de Médicis. Les "mariages espagnols" sont célébrés en 1615 dont celui de Louis XIII avec l'infante Anne d'Autriche. La colère des grands reprend flamme. Condé obtient un nouveau traité avec la régente qui accepte, par le traité de Loudun du 3 mai 1616, son entrée dans le conseil royal mais, le 1er septembre, il est arrêté. Il séjournera à la Bastille et au château de Vincennes jusqu'en 1619, année où il recouvre sa liberté.

Une fois libéré par Louis XIII, il se conduit comme un fidèle serviteur du roi, participant aux nombreuses campagnes menées par celui-ci. En 1622, il mène campagne dans le sud, prend Nègrepelisse, met le siège devant Montpellier mais doit le lever au bout de six semaines, une épidémie s’étant déclarée dans son camp.

En 1638, il commande une des armées luttant contre l’Espagne sur la frontière pyrénéenne, mais échoue au siège de Fontarabie.

[modifier] "Hélène de Troie"

À la suite d'une nouvelle altercation avec Henri IV à propos de sa bâtardise et probablement des assiduités d'Henri IV pour sa femme, il fuit avec sa femme et la conduisit de château en château pour finalement se réfugier en Belgique. Mais craignant une invasion française, le gouvernement des Pays-Bas espagnols n'autorisa le séjour que de Charlotte. Il dut donc poursuivre sa fuite jusqu'à Cologne. La situation dégénéra à tel point qu'Henri IV entreprit de mener la guerre à l'Espagne comparant même la situation à celle d'Hélène de Troie. Mais c'est sans compter l'assassinat du Roi par Ravaillac en 1610 qui sans s'en douter avait derrière lui tout le parti espagnol qui ne voulait pas de cette guerre. Henri reviendra en France à la mort du roi. Il fut un temps pressenti par le parti espagnol pour monter sur le trône mais ce projet était absurde car la régente Marie de Médicis, seconde femme d'Henri IV, était elle-même à la tête de ce parti.

[modifier] Conseil de Régence

En 1611, il est nommé vice-roi de la Nouvelle-France par la régente. Entré au conseil de régence il y exige tous les honneurs. Mais lorsque Louis XIII dut épouser Anne d'Autriche, il se posa en protecteur des protestants. Il s'oppose avec les Princes révoltés à Concini et à la clique italienne qui à la faveur de la Régente étaient couverts d'honneurs. En 1612, il reçoit de Louis XIII l'Hôtel de Gondy qui depuis lors s'appelle Hôtel de Condé. Celui-ci se trouvait adossé à l'ancienne enceinte à la rue des Fossés. C'est aujourd'hui le Théâtre de l'Odéon. Ce sera d'ailleurs son arrière-petit-fils qui rasera l'Hôtel pour en faire un lieu d'art et de culture.

[modifier] Les États-Généraux

En 1613, il franchit le pas et lance un violent manifeste contre le pouvoir et provoque la convocation des États-Généraux. Le pouvoir n'ayant pas le courage de prendre les mesures qui s'imposaient céda aux Princes qui avaient rejoint l'opposition. Privé du soutien des autres princes, Condé ne sut pas s'allier au Tiers pour se faire confier le pouvoir. Afin de le contrer, la Régente limogea les ministres trop faibles et appela le cardinal de Richelieu; tout en gardant Concini. Ayant reçu de la régente le gouvernement du Berry, il se réfugie dans ses terres. Il voulut se faire oublier pour que les horreurs du gouvernement Concini le détruisent de l'intérieur. Mais la manœuvre est découverte, la Régente le rappelle à la cour en lui promettant tant et plus. Il fit bonne figure au conseil mais ne cessa pas ses manœuvres contre la légitimité du roi, ni ses débauches, ce qui lui valut la syphilis. En 1614, il fait reconstruire l'église de Vallery qui verra l'inhumation de tous les membres de la famille dans un caveau sous le maître autel.

[modifier] La prison

Suite à la paix de Loudun entre Marie de Médicis et les nobles rebelles (3 mai 1616), Condé devient chef du Conseil. Opposant farouche à la politique mais surtout à la personne de Concini, il se heurte aux autres membres du conseil de régence. Richelieu se méfie de lui et le fait arrêter en plein Conseil en 1616. Il restera 3 ans en prison à La Bastille puis à Vincennes. Il demande à y être rejoint par son épouse Charlotte. Peu de temps après, celle-ci accoucha par deux fois d'enfants morts-nés. Ce n'est que deux mois après un nouvel accouchement, qui donna la vie cette fois à une fille, Anne-Geneviève, que les Condé furent remis en liberté par le roi grâce à l'intervention de Luynes.

[modifier] Chantilly

Tombe de Henri II de Bourbon-Condé dans l'église de Vallery

La mort du roi Louis XIII le touche et il en pleure beaucoup, il en avait reçu le château de Chantilly (qui restera propriété des Condé jusqu'à leur extinction en 1830.) Le Château ne lui fut pas donné à lui personnellement, ni en remerciement des actions de son fils, le Grand Condé, mais en raison de l'amitié retrouvée entre la régente, Anne d'Autriche, et sa propre femme, Charlotte de Montmorency. Le château avait en effet toujours été la propriété des Montmorency et leur avait été confisqué lors de l'exécution de son frère, Henri Ier de Montmorency.

[modifier] Armoiries

Le prince portait D'azur, à trois fleurs de lys d'or, au bâton de gueules péri en bande[1]

[modifier] Ascendance et postérité

Henri II était l'unique fils de Henri Ier de Bourbon, prince de Condé (1552-1588) et de Charlotte (1568-1629), fille d'honneur de Catherine de Médicis (1581 à 1585), fille de Louis III de La Trémoille (1521-1577), duc de Thouars.

[modifier] Résidences

[modifier] Notes et références

  1. Popoff 1996, p. 25.
  2. a et b Notice explicative apposée sur le monument, consulté le 24 septembre 2011.

[modifier] Annexes

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

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[modifier] Bibliographie

  • Caroline Bitsch, Vie et carrière d'Henri II de Bourbon, prince de Condé (1588-1646), Paris, Éditions Honoré Champion, collection « Bibliothèque d'histoire moderne et contemporaine », 2008.
  • Henri d'Orléans duc d'Aumale, Histoire des princes de Condé pendant les XVIe et XVIIe siècles, Paris, Calmann Levy frères, 1896.

[modifier] Chronologie

Henri II de Bourbon, prince de Condé
Titre honorifique
Précédé par
Louis de Bourbon, comte de Soissons
Grand maître de France
Grand maître de France
(1643-1646)
Suivi par
Louis II de Bourbon-Condé
Précédé par
Hercule de Rohan
Grand veneur de France
Grand veneur de France
(1643-1646)
Suivi par
Hercule de Rohan
Précédé par
Claude de Rouvroy
Grand louvetier de France
(1643-1646)
Suivi par
Charles de Bailleul
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