Henri d'Arbois de Jubainville

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Henri d'Arbois de Jubainville (1827-1910)

Marie-Henri d'Arbois de Jubainville, né à Nancy le et mort à Paris le , est un archiviste et celtologue français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un avocat, Henri d'Arbois de Jubainville naît le 5 décembre 1827 à Nancy, où il est élevé au séminaire. Il se destine d'abord à l'état ecclésiastique, mais abandonne rapidement cette voie et entreprend, à l'image de son père, des études de droit. Il entre enfin en 1847 à l'École des chartes, dont il sort premier de sa promotion en 1850 avec une thèse intitulée Recherches sur la minorité et ses effets dans la France coutumière au Moyen Âge[1].

Devenu archiviste paléographe, il est directeur des archives de l'Aube de 1852 jusqu'à sa retraite en 1880. En 1882, il devient le premier titulaire de la chaire de langue et littérature celtiques au Collège de France[2], où lui succèdera Joseph Loth.

Henri d'Arbois de Jubainville est en particulier à l'origine de l'explication, aujourd'hui bien connue, des toponymes gallo-romains en -(i)acum, théorie qu'il expose dans ses Recherches sur l'origine de la propriété foncière et des noms de lieux habités en France (voir Publications ci-dessous). Notons cependant que, s'il y voyait exclusivement dans ces toponymes des appellations formées sur des noms de propriétaires fonciers, explication reprise entre autres par Auguste Longnon puis Albert Dauzat et Marie-Thérèse Morlet, on tend aujourd'hui à admettre que les noms de lieux en -(i)acum puissent également être formés sur des noms communs (comme c'était le cas en gaulois, où le suffixe -acon n'avait qu'une valeur adjectivale)[3]. Ce changement relatif d'optique fut initié par Marc Bloch, et surtout développé par Michel Roblin dans sa thèse de doctorat sur le terroir de Paris aux époques gallo-romaine et franque[4].

Henri d'Arbois de Jubainville devient membre résidant de la Société nationale des antiquaires de France en 1882, ainsi que de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1884, ayant pour parrains Alexandre Bertrand et Gaston Paris. Cette dernière institution le désigna en 1896 pour faire partie du Conseil de perfectionnement de l'École des chartes[1].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Histoire des ducs et comtes de Champagne depuis le VIe siècle jusqu'à la fin du XIe, 8 vols. (1859-69)
  • Répertoire archéologique du département (1861)
  • Étude sur la déclinaison des noms propres dans la langue franque à l'époque mérovingienne (1870)
  • Les Premiers Habitants d'Europe (1877),
    • avec une reprise et une seconde édition en 2 volumes (1889 ; 1894)
  • Les Intendants de Champagne (1880)
  • Introduction à l'étude de la littérature celtique (1883)
  • Les Noms gaulois chez César et Hirtius De bello gallico (1891, sur Wikisource)
  • Recherches sur l'origine de la propriété foncière et des noms de lieux habités en France (période celtique et période romaine), avec la collaboration de Georges Dottin, éd. Ernest Thorin, Paris, 1890; in-8°, XXXI-703 p.
  • L'Épopée celtique en Irlande (1892). Traduit en anglais sous le titre Irish Mythological Cycle par R. I. Best.
  • Études de droit celtique (1895)
  • Les Principaux Auteurs de l'Antiquité à consulter sur l'histoire des Celtes (1902)
  • Cours de littérature celtique (collectif, 12 volumes, 1908)

Hommages[modifier | modifier le code]

Odonymie[modifier | modifier le code]

Une rue d'Arbois de Jubainville existe à Bar-sur-Aube (Aube).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Edmond Pottier, Émile Levasseur, René Cagnat, Paul Durrieu, « Nécrologie — Henri d'Arbois de Jubainville », in Bibliothèque de l'école des chartes, 1910, tome 71, p. 204-215.
  • Gérard Taverdet, « Les théories de d’Arbois de Jubainville en France au début du XXIe siècle » in Actes du Congrès ICOS (Pise 2005), p. 801 et suiv.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Edmond Pottier, Émile Levasseur, René Cagnat, Paul Durrieu, « Nécrologie — Henri d'Arbois de Jubainville », in Bibliothèque de l'école des chartes, 1910, tome 71, p. 204-215.
  2. http://www.college-de-france.fr/media/lis_prf/UPL32147_LISTE_DES_PROFESSEURS.pdf
  3. Voir en particulier Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Errance, Paris, 2001, passim.
  4. Michel Roblin, Le terroir de Paris aux époques gallo-romaine et franque : peuplement et défrichement dans la Civitas des Parisii (Seine, Seine-et-Oise), préface de M. Albert Grenier, membre de l’Institut, éd. A. et J. Picard, Paris, 1951, 387 p.; rééd. A. et J. Picard, Paris, 1971, 491 p. — Thèse soutenue à l’Université de Paris.