Henri Saint Jean de Bolingbroke

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Henry St Jean vicomte de Bolingbroke
Henry St John, viscount Bolingbroke

Henry St John, vicomte de Bolingbroke[1], né le 16 septembre 1678 à Battersea (Surrey) et mort le 12 décembre 1751, est un homme politique et philosophe britannique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir mené une jeunesse dissipée, il entra aux affaires, et y montra bientôt une supériorité qu'on n'avait pas soupçonnée. Nommé en 1700, membre de la Chambre des communes, il se déclara pour les tories, quoique toute sa famille fût whig. Il attira l'attention du roi Guillaume III d'Angleterre puis de la reine Anne Stuart, et fut nommé secrétaire d'État en 1704. Renversé en 1708, il revint au pouvoir deux ans après, fut chargé du ministère des affaires étrangères et conclut le Traité d'Utrecht signé le 31 mars 1713.

Il fut en 1710 l'un des premiers rédacteurs du journal Examiner, lancé par les Tories pour contrer la presse du parti whig, qui comptait aussi parmi ses journalistes Francis Atterbury, chapelain du roi Guillaume III d'Orange-Nassau et le poète et diplomate Matthew Prior (1664 – 1721)[2].

Bien que fait pair avec le titre de comte de Bolingbroke, il perdit tout son crédit à la mort de la reine Anne (1714) et fut même proscrit par le parlement et dépouillé de tous ses biens. Il se réfugia en France, et offrit ses services au prétendant Jacques François Édouard Stuart ; mais bientôt mécontent de ce prince, il s'en détacha et sollicita auprès du nouveau roi George Ier son retour en Angleterre ; il ne put l'obtenir qu'en 1723. Il vécut d'abord à la campagne, étranger aux affaires ; mais en 1725, il reparut sur la scène, et pendant dix ans, il fut par ses écrits le plus redoutable antagoniste du Premier Ministre Robert Walpole.

Désespérant enfin du succès de ses efforts, il se retira de nouveau en France (1735), pour y passer le reste de ses jours ; mais incapable de se fixer, il retourna dès 1738 en Angleterre où il mourut sans avoir pu ressaisir le pouvoir. Il avait épousé en deuxième noces une Française, la marquise de Villette, nièce de Madame de Maintenon.

Œuvres[modifier | modifier le code]

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Il a écrit pendant sa retraite un grand nombre d'ouvrages :

  • les uns politiques, tels que :
    • Lettre au chevalier Wyndham sur le patriotisme ;
    • Idée d'un roi patriote ;
    • Des Partis  ;
  • les autres littéraires ou philosophiques, tels que :
    • Réflexions sur l'exil ;
    • Lettres sur l'étude de l'histoire ;
    • Lettres à M. de Pouilly (en français).

Dans ces derniers écrits, il se montre déiste et attaque ouvertement la révélation ; il fut en cela le précurseur de Voltaire, qui plus d'une fois emprunta son nom. Dans une lettre à Sophie de Monnier, le comte de Mirabeau rapporte ce mot de Lord Bolingbroke: «Quatre choses ne doivent point nous flatter: la familiarité des princes, les caresses des femmes, le ris de nos ennemis, la chaleur de l'hiver; car ces quatre choses n'ont pas une longue durée!» [3].

Les écrits de Bolingbroke ont été réunis à Londres, par Mallet, 1754, 5 volumes in-4, et réimprimés en 1809, 8 volumes in-8.

Plusieurs ont été traduits en français, notamment les Lettres sur l'histoire par Jacques Barbeu-Dubourg, 1752.

Bolingbroke fut lié avec les plus grands écrivains de son temps : Matthew Prior, Jonathan Swift et Alexander Pope : C'est lui qui donna à ce dernier le sujet et le fond de l' Essai sur l'homme, qui est son chef-d'œuvre. Il fut également en correspondance avec la célèbre Claudine de Tencin, son amie intime.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En anglais le patronyme "St John" (Saint-Jean) se prononce Sinj'n et "Bolingbroke" se prononce Bullingbrook ou Bullenbrook ([siŋdzn 'buliŋbruk] ou ['bulənbruk]).
  2. Lucien Anatole Prévost-Paradol Jonathan Swift: sa vie et ses œuvres- A. Durand - Paris, 1856 - page 36 [1]
  3. Lord Bolingbroke - Pensées sur différents sujets d'histoire, de philosophie, de morale, etc... - Prault - Amsterdam, 1771 - Cité par Mirabeau dans une lettre à Sophie de Monnier (août 1776) (d'après Paul Cottin, Sophie de Monnier et Mirabeau, d'après leur correspondance secrète inédite (1775-1789) - Paris, Plon-Nourrit, 1903 - page 32)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Henri Saint Jean de Bolingbroke » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)
  • Bernard Cottret, Bolingbroke, Exil et écriture au siècle des Lumières. Angleterre-France (vers 1715-vers 1750), Klincksieck, Paris, 1992.
  • (en) Bernard Cottret, Bolingbroke’s Political Writings. The Conservative Enlightenment, Basingstoke, Macmillan 1997, 436 p.; id., New York, St Martin’s Press, 1997, 436 p.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Cottret, Bolingbroke : exil et écriture au siècle des Lumières. Angleterre-France (vers 1715-vers 1750), Klincksieck, Paris, 1992.