Henri Peña-Ruiz

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Henri Peña-Ruiz

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Henri Peña-Ruiz en 2012.

Naissance 22 avril 1947 (67 ans)
Le Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis)
Nationalité Drapeau de France Français
Profession Maître de conférences à l'IEP de Paris
Formation

Henri Peña-Ruiz, né le 22 avril 1947 au Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis), est un philosophe et écrivain français. Agrégé de l'université et docteur en philosophie, il est réputé pour ses travaux au sujet de la laïcité en France. Il est aussi maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris. Par ailleurs, il milite au Parti de gauche.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il a été élève à l'École Normale Supérieure de Saint-Cloud (ENS Lyon)[1] où il a préparé l'agrégation de philosophie qu'il a obtenue. Au lycée de Sèvres, où il débute sa carrière d'enseignant dans les années 1970, il a comme élève Manu Chao[2]. Professeur en CPGE littéraire, il accède au statut de professeur de chaire supérieure au lycée Fénelon.

Reconnu internationalement comme spécialiste du rapport entre religion et politique, et plus précisément de la laïcité, il a eu l'occasion d'intervenir comme expert dans diverses instances. Le 15 janvier 2002, il est nommé par arrêté du ministre de l'Éducation nationale comme membre du Comité national de réflexion et de propositions sur la laïcité à l'école[3]. Il a également fait partie en 2003 des vingt « sages » de la commission sur la laïcité présidée par Bernard Stasi.

Il collabore à la revue maçonnique Franc-Maçonnerie Magazine[4].

Pensée de l'auteur[modifier | modifier le code]

Défendant les valeurs de solidarité et de justice sociale, il est devenu un spécialiste, entre autres, des questions de laïcité et de politique sociale. S'intéressant à l'expression sensible des idées et des concepts, il a écrit plusieurs livres sur les légendes de la pensée.et conçu des émissions culturelles pour commenter les mythes fondateurs, comme ceux de Prométhée, d'Icare, etc. (cf. Le Roman du Monde, Histoires de toujours, parus chez Flammarion). Son but est celui d'un éclairage laïque de l'ensemble de la culture, et de ce qu'on appelait si bien les « humanités », et ce en conjuguant l'approche ludique que permet la narration et l'approche réflexive que permet le commentaire explicatif. En ce qui concerne sa philosophie de la laïcité, il souligne que dans un monde où les nations reposent sur des populations marquées par une diversité croissante des origines culturelles, seul un cadre politique et juridique fondé sur des principes universels garantit l'intégration de tous. Cette universalité implique que les lois communes à tous soient affranchies des conceptions religieuses propres à certains. La séparation laïque de l'État et des Églises, de l'École et des églises, n'est nullement tournée contre les religions, mais contre leurs privilèges publics, incompatibles avec l'égalité de droit des citoyens. Son livre majeur sur ce sujet, axe de sa thèse de doctorat, s'intitule Dieu et Marianne ; philosophie de la laïcité (Presses universitaires de France).

Henri Peña-Ruiz classe la croyance religieuse au rang des « options spirituelles », au même titre que l'agnosticisme et l'athéisme. Militant pour une égalité de traitement des convictions personnelles, il refuse tout privilège public accordé à la religion, de même que tout privilège public qui pourrait être accordé à l'athéisme. Le respect de la sphère privée des personnes implique que l'État s'abstienne de valoriser toute croyance particulière. Il s'oppose à l'instrumentalisation de la politique par la religion, ou de la religion par la politique. Il souligne que les valeurs républicaines sont largement battues en brèche par ce genre d'instrumentalisation et que l'histoire de l'Europe en a montré les dangers (massacre de la Saint-Barthélemy, censure multiforme de la culture, meurtre de Giordano Bruno, de Michel Servet, de Jean Calas ou du Chevalier de la Barre). Il souligne la portée émancipatrice de la laïcité, notamment pour les femmes, mais aussi pour tous ceux qui entendent disposer d'eux-mêmes librement. C'est dans cet esprit qu'il met en évidence la dimension universaliste de l'idéal laïque. Dans Dieu et Marianne[5], il développe une philosophie de la laïcité. Marianne, allégorie de la république, n'a pas à s'affirmer athée ou croyante, mais à s'interdire de privilégier une option spirituelle, sauf à discriminer certains citoyens par rapport à d'autres qui offre le plus de liberté aux croyances religieuses comme aux humanistes athées et agnostiques, les traitant à égalité.

Il dénonce la notion de « laïcité ouverte » ou « plurielle », proposée par certains penseurs, comme étant une contestation dissimulée des principes de la laïcité qui, par définition, est l'ouverture même aux différents registres de la liberté humaine mais aussi de l'égalité. En 2007, cette conception s'est développée contre le Discours du Latran dans lequel le président Nicolas Sarkozy développe le concept de « laïcité positive »[6] qui lui semble de même nature que la laïcité « plurielle ». Quant au repli communautaire, il peut résulter quelquefois de la stigmatisation sociale, voire raciste ou xénophobe dont sont victimes les populations d'origine maghrébine. Pour lui, la justice sociale et les « dispositifs juridiques » (lois) sont des moyens complémentaires de défendre la laïcité. D'où son effort pour penser aussi les mécanismes de l 'exploitation capitaliste et de l'exclusion sociale. Dans cette perspective, il a consacré deux livres importants à l'œuvre de Marx, dont il montre qu'il n'est nullement responsable du stalinisme et des réalisations historiques qui ont caricaturé le message émancipateur de l'auteur du Capital. Dans un interview imaginaire de Karl Marx (Entretien avec Karl Marx, Plon, Paris 2012) il met en évidence l'actualité d'une telle pensée à l'âge d'un capitalisme mondialisé destructeur des droits sociaux. Son ouvrage de synthèse approfondie intitulé Marx quand-même éclaire plus largement cette pensée en en montrant la dimension démystificatrice et émancipatrice par rapport aux préjugés de notre époque et aux nouvelles figures de l'exploitation capitaliste.

Henri Peña-Ruiz, dans Qu'est-ce que l'école ? (folio actuel no 116, Gallimard, 2005) définit l'essence de cette dernière dans une perspective à la fois humaniste et républicaine, qui se veut fidèle aux Lumières. Selon le mot de Bachelard, l'École n'est pas pour la société, mais la société pour l'École. Dans cette œuvre, Henri Peña-Ruiz s'en prend aux slogans mystificateurs et dévastateurs du pédagogisme, qu'il distingue de la pédagogie, comme placer l'élève au centre du système éducatif, ou encore l'impératif de transdisciplinarité. Le pédagogisme se présente comme progressiste, mais ignore la signification de l'Institution scolaire, comme des Savoirs, qui sont émancipateurs. Il est significatif que le pédagogisme ait fait de l'encyclopédisme une tare, oubliant l'œuvre de d'Alembert et Diderot. Le pédagogisme s'en prend à la conception transmissive des savoirs, mais il se représente lui-même le savoir, non comme une méthode, mais comme une chose, que l'on peut transmettre par une technique extérieure à la méthode propre d'un domaine donné, par exemple l'histoire. Il confond savoir et information, valeur interne du savoir et conditions psychologiques de l'apprentissage. Au fond, le pédagogisme est un transfert sur l'École du désir légitime de transformer la société. En décourageant les enseignants, le pédagogisme a beaucoup fait pour ruiner l'école et sa mission égalitaire et émancipatrice. Il contribue ainsi à enfermer chaque élève dans son milieu immédiat, au lieu de l'en libérer.

Dans Le Roman du monde, il montre, à travers les légendes et les mythes fondateurs de la philosophie, quelles sont les grandes questions qui interpellent encore l'homme du XXIe siècle (angoisse face à la mort, désir de progrès techniques, etc.).

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Engagé en politique, Henri Peña-Ruiz est membre du Parti de gauche (PG) et fait campagne pour le Front de gauche pour changer d'Europe à l'occasion des élections européennes de 2009. Il soutient de nouveau le Front de gauche aux élections régionales françaises de 2010[7].

Il est également membre du conseil scientifique[8] de la fondation Res Publica, think tank créé en 2005 par Jean-Pierre Chevènement.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Coauteur

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]