Henri Oswald de La Tour d'Auvergne

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Henri Oswald de La Tour d'Auvergne
Image illustrative de l'article Henri Oswald de La Tour d'Auvergne
Portrait du Cardinal de La Tour d'Auvergne[1]
Anonyme, d'après Hyacinthe Rigaud, XVIIIe siècle, Musée des Beaux-Arts de Dijon
Biographie
Naissance
à Barcy
Ordination sacerdotale 1722
Décès
à Paris
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal

par Clément XII
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de Saint-Calixte
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale
Archevêque de Vienne
17211745
Précédent François de Bertons de Crillon Christophe de Beaumont Suivant
Archevêque de Tours
17191721
Précédent Armand Pierre de La Croix de Castries François Blouet de Camilly Suivant

Ornements extérieurs Cardinaux.svg
Armoiries de la Tour d'Auvergne-Turenne.svg
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Henri-Oswald de La Tour d'Auvergne dit l'« abbé d'Auvergne » puis le « cardinal d'Auvergne », né à Barcy (diocèse d'Anvers) le et mort le à Paris, est un homme d'Église français des XVIIe et XVIIIe siècles. Il est successivement archevêque de Tours (1719-1721) puis archevêque de Vienne (1721-1745). Il est élevé au cardinalat en 1740.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'un des treize enfants de Frédéric-Maurice de la Tour d’Auvergne, comte d’Auvergne et d’Oliergues, marquis de Lanquais, lieutenant-général et de sa première épouse, la princesse Henriette-Françoise von Hohenzollern-Hechingen (1642-1698), marquise de Bergen-op-Zoom, Henri-Oswald fait ses études à la Sorbonne où il obtient son doctorat de théologie en mai 1695.

Dès lors, il poursuit une carrière ecclésiastique de haut-vol : vicaire général de l’archidiocèse de Vienne, chanoine de la cathédrale de Strasbourg (1684) puis de Liège, abbé commendataire de Redon de 1692 à 1740 puis de Conches (1694), vicaire général de son oncle (le futur cardinal de Bouillon, alors abbé de Cluny, Tournus et Saint-Martin), coadjuteur de Cluny (1697), abbé lui-même (1715) et enfin chanoine et Grand-Prévôt de la cathédrale de Strasbourg (1697).

Il fréquenta les salons littéraires et les fêtes des Grandes Nuits de Sceaux, de la duchesse du Maine, parmi les chevaliers de l'Ordre de la Mouche à Miel, dans le cadre du Château de Sceaux. Archevêque de Tours (de 1719 à 1721)[2], puis de Vienne (1721), il assiste à l’assemblée du clergé de 1723 et est le premier aumônier du roi de 1732 à 1742. Louis XV le fait commandeur de l’ordre du Saint-Esprit le [3].

Cardinal-prêtre du Consistoire le [4], il part également pour Rome afin d'assister au conclave du . Si Saint-Simon nous rapporte que le cardinal de Bouillon avait intrigué dès 1698 pour que son neveu devienne cardinal « au scandale public le plus éclatant et le plus éclaté »[5], il finit par recevoir les insignes du cardinalat, le .

À dire le vrai, Saint-Simon le détestait, principalement par ce qu’il eut partie liée avec l'affaire de l’Histoire généalogique de la maison de Bouillon quelques dizaines d’années plutôt et surtout, parce que « l’abbé d’Auvergne » comme il se faisait nommer, avait un goût prononcé pour les frais valets :

« Lorsque l’abbé de Castries, sacré archevêque de Tours, passa peu après à l’archevêché d’Albi, l’abbé d’Auvergne eut celui de Tours. L’abbé de Thesut, secrétaire des commandements de M. le duc d’Orléans, qui avait alors la feuille, travaillant avec ce prince, fit un cri épouvantable quand il entendit cette nomination, dont il dit son avis par l’horreur qu’elle lui fit. Le régent convint de tout, y ajouta même le récit d’aventures de laquais fort étranges et assez nouvelles, et comme cet énorme genre de débauche n’était pas la sienne, il avoua à Thesut qu’il avait eu toutes les peines du monde à faire l’abbé d’Auvergne évêque, mais qu’il en était depuis longtemps si persécuté par les Bouillon, qu’il fallait à la fin se rédimer de vexation. Thesut insista encore, puis écrivit la nomination sur la feuille en haussant les épaules ; c’est lui-même qui me raconta ce fait deux jours après. Cela n’a pas empêché peu après la translation de l’abbé d’Auvergne, sacré archevêque de Tours à l’archevêché de Vienne, qu’il aima mieux. Tel fut le digne choix du cardinal Fleury pour la pourpre à la nomination du roi, dont le scandale fut si éclatant et si universel, que le cardinal Fleury n’en put cacher sa honte. On se contentera ici de ce mot pour achever de présenter la fortune de l’un et montrer le digne goût de l’autre, parce que cette promotion dépasse les bornes de ces Mémoires[6]. »

Dans son diocèse, Henry-Oswald de La Tour d'Auvergne commande à Michel-Ange Slodtz un tombeau monumental pour le chœur de la cathédrale de Vienne où il est inhumé avec son prédécesseur, l'archevêque Armand de Montmorin de Saint-Hérem.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no 01370005615 », base Joconde, ministère français de la Culture
  2. Mais « ne s'installa pas » selon les notes de Boislisle aux Mémoires de Saint-Simon.
  3. Table ou abrégé des trente-cinq volumes de la Gazette de France, Depuis son commencement en 1631 jusqu'à la fin de l'année 1767, n°88, p. 349.
  4. Gazette de France, op. cit.
  5. Saint-Simon, Mémoires, 1706, Tome 5, XVII.
  6. Saint-Simon, Mémoires, 1720, XVII, 18.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]