Henry Lerolle

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Henry Lerolle

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Portrait d'Henry Lerolle par Pierre-Auguste Renoir

Nom de naissance Henri Lerolle
Naissance 4 octobre 1848
Paris
Décès 22 avril 1929 (à 80 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Activités Peintre
Récompenses Légion d'honneur

Henri Lerolle, dit Henry Lerolle, né à Paris le 4 octobre 1848, mort dans la même ville le 22 avril 1929, est un peintre et collectionneur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Timothée Lerolle (1816-1882) et d'Adèle Edmée Delaroche. Son frère aîné est l'homme politique Paul Lerolle (1846-1912).

Il suit une formation à l'Académie de Charles Suisse, puis entre à l'école des beaux-arts de Paris dans l'atelier de Louis Lamothe. Il débute au Salon de 1868[1].

Henry Lerolle s'entoure d'artistes dont il collectionne les œuvres, de musiciens et d'écrivains comme Degas, Monet, Renoir, Maurice Denis, Gustave Moreau ou Albert Besnard[2] auquel il commande une série de vitraux pour son hôtel particulier du 20 avenue Duquesne à Paris[3].

Violoniste et compositeur amateur, c'est par sa femme Madeleine Escudier, dont la sœur avait épousé Ernest Chausson, qu'il peut s'initier à la musique contemporaine : il devient l'ami de Debussy et noue également des relations avec Duparc, Prokofiev, Ravel, Satie ou Stravinski.

Ses deux filles[4] épousent les fils de son ami l'industriel et collectionneur Henri Rouart (dont Eugène Rouart, mari d'Yvonne Lerolle, qui seront le sujet de la trilogie gidienne : L'École des femmes, Robert et Geneviève parue de 1929 à 1936[5]). Henry, son épouse et ses deux filles ont posé pour plusieurs peintres, dont Edgar Degas [6], Pierre Auguste Renoir[7], Maurice Denis[8], ou encore Albert Besnard[9].

Il était l'un des plus anciens amis d'Albert Besnard. « Le vieil ami Henry Lerolle, n'y tenant plus de curiosité, demanda à voir les tableaux de l'Inde en cours d’exécution et passa plusieurs jours avec mes parents, regardant les toiles sans rien dire. Ce mutisme, intentionnel ou non, impatientait mon père qui ne put s'empêcher de d'observer : "Tu ne dis rien, Henry, pas même une critique, explique-moi au moins pourquoi ?" Alors, Lerolle fit cette réponse sybilline (sic !) : "Ben ... je n'aurais jamais cru que c'était comme ça". Tout Lerolle était dans cette phrase qui nous amusa beaucoup[10] ».

« Lerolle ... avait de l'aisance, recevait bien, s'exprimait lentement, mais avec esprit; il possédait une rosserie calme d'apparence candide, qui à bien considérer, était intentionnelle.[...] Il ajouta plusieurs des œuvres maîtresses de son ami Degas à sa collection de Renoir, de Corot et d'impressionnistes[11] ».

Il s'éteint le 22 avril 1929 et est inhumé au cimetière Montparnasse.

Son fils Guillaume (1884-1954) a été directeur du Carnegie Museum of Art de Pittsburgh.[réf. nécessaire]

Son œuvre[modifier | modifier le code]

La Répétition à l'orgue, Metropolitan Museum of Art

Lerolle exécute de nombreuses décorations murales, souvent d'inspiration religieuse, d'abord sur grand chevalet, puis sur toile marouflée[12].

Une de ses premières œuvres est, en 1874, le Baptême des martyrs de Créteil (Saint Agoar et Saint Aglibert) qui décore la chapelle des fonts baptismaux de l'église Saint-Christophe de Créteil.

Il présente au Salon de 1878 un tableau de chevalet monumental, Communion des Apôtres, commandé par la ville de Paris pour l'église parisienne Saint-François-Xavier.

En 1888, autre peinture monumentale, Communion, toujours pour Saint-François-Xavier (aujourd'hui conservée à la sacristie).

Il franchit le pas du passage à la peinture murale en 1896 lorsqu'il peint un Calvaire sur les murs de la chapelle des Dames-du-Calvaire, dans la maison médicale Jeanne Garnier, dans le 15e arrondissement de Paris[13].

Il réalise dans la fin des années 1890 un décor (huile sur toile marouflée) pour l'église Saint-Martin-des-Champs, Jésus-Christ lui apparaît, disant aux anges : « Martin, catéchumène, m'a revêtu de ce manteau. »

Il participe également à la décoration de la Schola Cantorum de Paris, de l'hôtel de ville de Paris (Couronnement de la Science et Enseignement de la Science) et de l'école de la Sorbonne (Fuite en Égypte).

En province, on lui doit le décor du couvent des Dominicains Saints dominicains autour du Christ en Croix (huile sur toile marouflée de 1898), à Dijon.

Honneurs et distinctions[modifier | modifier le code]

Henry Lerolle a été élevé au grade de chevalier de la Légion d'honneur le 29 octobre 1889[14].

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Sources et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Notice du musée d'Orsay sur l'artiste
  2. Souvenances, Mémoires de Philippe Besnard, Editions de l'Université d'Ottawa, 1975
  3. Un vitrail, Cygnes sur le lac d'Annecy, est exposé au musée d'Orsay
  4. Deux sœurs : Yvonne et Christine Rouart, muses de l'impressionnisme, de Dominique Bona, chez Grasset, 2012
  5. L'École des femmes, tome II des « Romans et récits - André Gide », bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, (ISBN 978-2-07-011780-2), p. 1259-1267.
  6. Louis Rouart et sa femme Christine (1904)
  7. Portrait d'Henry Lerolle (vers 1895) ; Yvonne et Christine Lerolle au piano (1897), musée de l'Orangerie ; Christine Lerolle brodant, (1895-1898)
  8. Portrait en trois aspects d'Yvonne Lerolle (1897) ; Portrait de Christine Lerolle
  9. Madeleine Lerolle et sa fille Yvonne (vers 1879-1880)
  10. Souvenances, Mémoires de Philippe Besnard, Éditions de l'Université d'Ottawa, 1975, p. 197. La scène se passe en 1911 à Talloires dans l'atelier de Besnard après le retour du peintre et de sa famille d'un voyage de 9 mois aux Indes. La faute d'orthographe figure dans le texte de l'auteur.
  11. Souvenances, Mémoires de Philippe Besnard, Éditions de l'Université d'Ottawa, 1975.
  12. Emmanuelle Amiot-Saulnier, Du grand décor au décoratif : chemin de traverse Henry Lerolle, de la peinture religieuse au décor, in L'Atelier, bulletin n°8 2013 de l'Association Le Temps d'Albert Besnard, (ISSN 1956-2462)
  13. Aujourd'hui déposé et roulé en trois parties dans le dépôt de la Ville de Paris à Ivry
  14. La distinction lui a été remise par le sculpteur Alfred-Charles Lenoir. « Dossier de l'ordre de la Légion d'honneur d'Henry Lerolle », base Léonore, ministère français de la Culture