Henri Ier d'Angleterre

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Henri Ier
Image illustrative de l'article Henri Ier d'Angleterre
Titre
Roi des Anglais
2 août 11001er décembre 1135
(35 ans, 3 mois et 29 jours)
Couronnement 5 août 1100 en l'Abbaye de Westminster
Prédécesseur Guillaume II
Successeur Étienne
Duc des Normands
15 octobre 11061er décembre 1135
(29 ans, 1 mois et 16 jours)
Prédécesseur Robert II
Successeur Étienne
Biographie
Dynastie Normands
Date de naissance 1068
Date de décès 1er décembre 1135
Père Guillaume Ier
Mère Mathilde de Flandre
Conjoint Mathilde d'Écosse
(1100-1118)
Adélaïde de Louvain
(1121-1135)
Enfant(s) Mathilde Red crown.png
Guillaume Adelin
Héritier Guillaume Adelin
(1103-1120)
Mathilde
(1120-1135)

Henri Ier d'Angleterre
Monarques d'Angleterre

Henri Ier Beauclerc (1068, peut-être Selby, dans le Yorkshire, ou Winchester, dans le Hampshire1er décembre 1135, Lyons-la-Forêt), est le plus jeune fils de Guillaume le Conquérant. Il succède à son frère Guillaume II le Roux sur le trône d'Angleterre en 1100, et s'empare du duché de Normandie aux dépens de son frère Robert en 1106.

Il est surnommé « Lion de Justice » pour son amélioration des rouages rudimentaires de l'administration et de l'appareil législatif du pays.

Jeunesse (1068-1087)[modifier | modifier le code]

Né après la conquête de l'Angleterre en 1066, Henri est le plus jeune des fils de Guillaume le Conquérant. Il avait d'ailleurs entre quinze et vingt ans de différence avec son frère aîné Robert Courteheuse. Nous ne savons presque rien de sa jeunesse, mais il se peut qu'il ait vécu temporairement au sein de la maison de l'évêque Osmond de Salisbury[1]. À l'évidence, il reçut une éducation littéraire, puisqu'il savait lire le latin (d'où son surnom de clerc à la fin du XIIIe siècle, puis de Beauclerc au début du XIVe siècle), ce qui laisse à penser certains que ses parents le destinaient peut-être à une carrière ecclésiastique.

En 1086, cette destination n'était plus à l'ordre du jour, puisque son père l'arma chevalier[2].

L'année suivante, Guillaume le Conquérant agonisait. Sur son lit de mort, il annonça ses dispositions à propos de son héritage. Son fils aîné Robert Courteheuse reçut le duché de Normandie, le puîné Guillaume le Roux le royaume d'Angleterre, tandis qu'Henri n'obtint aucune terre. Son père lui donna une forte somme d'argent (entre 2 000 et 5 000 livres d'argent selon les sources).

Une situation précaire (1087-1100)[modifier | modifier le code]

La mort de Guillaume le Conquérant le 9 septembre 1087 mit Henri dans une position difficile, car il dut s'adapter à la rivalité entre ses deux frères aînés, Guillaume le Roux et Robert Courteheuse. Difficile de suivre l'un sans mécontenter l'autre.

Après plusieurs mois, Henri offrit son héritage numéraire à Robert Courteheuse en échange de la concession des droits sur le Cotentin et l'Avranchin[3]. Le duc de Normandie accepta. Henri se trouvait ainsi maître de l'extrémité ouest du duché, dont faisaient partie l'abbaye du Mont-Saint-Michel et les terres de grands seigneurs tels qu'Hugues d'Avranches, Richard de Reviers et Néel de Saint-Sauveur. Cette situation géographique tenait Henri habilement éloigné des principaux centres du pouvoir ducal. Il fit hommage à Robert.

Mais, en 1088, Henri traversa la Manche pour réclamer à Guillaume le Roux les terres de sa mère. Guillaume le Roux acquiesça. Robert eut alors des suspicions sur la loyauté d'Henri, et l'arrêta à son retour en Normandie. Le prétendu traître resta environ six mois en prison avant d'être libéré par le duc.

En 1090, Rouen se révolta contre Robert. Henri accourut au secours de son frère pour mater la rébellion. Ensemble, ils entrèrent dans la ville. Aidé de Gilbert de l'Aigle, Henri captura les principaux meneurs de la révolte, dont Conan, qu'il jeta lui-même du haut d'une tour[4].

En 1091, Henri est victime de la réconciliation entre Robert Courteheuse et Guillaume le Roux. Le second accepta d'aider le premier à reprendre en main les terres perdues depuis la mort de Guillaume le Conquérant. Était notamment visé Henri, qui possédait le Cotentin et l'Avranchin, à l'ouest du duché. Le duc et le roi menèrent campagne ensemble. Assiégé au Mont-Saint-Michel, Henri capitula et quitta le duché pour les terres du roi de France Philippe Ier[5].

Puis les relations entre le duc de Normandie et le roi d'Angleterre se dégradèrent à nouveau. Ce qui permit à Henri de reprendre pied en Normandie, moins de deux ans après son départ forcé. Il s'établit à Domfront, et, entre 1093 et 1096, soutint Guillaume le Roux dans ses efforts pour accroître son pouvoir dans le duché[6].

En 1096, le pape Urbain II, par l'entremise de l'abbé de Saint-Bénigne de Dijon, parvint à établir un accord entre les frères ennemis. Robert Courteheuse remit la garde du duché à Guillaume contre 10 000 marcs d'argent, argent qui devait financer sa participation à la Première croisade. Le départ de Robert éclaircissait la position d'Henri, puisqu'il n'était plus pris entre deux feux. Il se soumit au nouveau maître de la Normandie, Guillaume le Roux. En contrepartie, le roi reconnut l'autorité d'Henri sur le Cotentin mais aussi, semble-t-il, sur le Bessin, à l'exclusion de Caen et de Bayeux[7].

En 1097, Henri participa aux côtés de Guillaume le Roux à la campagne du Vexin, dirigée contre le roi de France. Ils reprirent Gisors, que Robert avait dû céder quelques années auparavant.

En 1099, les Croisés entraient dans Jérusalem. La Croisade était terminée. Robert Courteheuse pouvait retourner dans son duché. Sur le chemin du retour, il s'arrêta en Italie du Sud, où il trouva à se marier. Ce mariage n'était pas une bonne nouvelle pour Guillaume et Henri, car il ouvrait la possibilité que Robert ait un héritier. Du coup, le duché de Normandie avait peu de chance de se retrouver entre leurs mains si Robert venait à mourir.

Un événement inattendu changea les perspectives. Guillaume II trouva la mort le 2 août 1100 lors d'un accident de chasse, tué par Gautier II Tirel.

Article détaillé : Gautier II Tirel.

Certains historiens mettent en question le caractère accidentel de cette mort. Les circonstances peuvent laisser croire qu'Henri aurait bien pu commanditer l'éventuel meurtre, mais cette hypothèse n'est pas la plus probable[8].

Le nouveau roi des Anglais (1101-1106)[modifier | modifier le code]

Henri Ier

Les premiers actes du roi[modifier | modifier le code]

Dès qu'Henri apprit la mort de Guillaume le Roux, il se précipita à Winchester, un des principaux centres du pouvoir royal, pour s'emparer du trésor. Malgré la réticence de quelques barons, comme Guillaume de Breteuil, qui rappelaient les droits de Robert Courteheuse à la couronne, l'argent fut remis au frère du roi[9]. Henri fut couronné par l'évêque de Londres le 5 août 1100 à l'abbaye de Westminster. Il se précipita tellement que l'archevêque d'York ne put arriver à temps pour le couronnement[10].

Aussitôt, le roi assura son trône en promulguant la Charte des Libertés, qui est considérée comme une ébauche de la Magna Carta. Dans ce document, Henri expliquait comment il comptait diriger le royaume et remédier à certains abus, comme l'exploitation fiscale des biens d'Église pendant les périodes de vacance ou l'existence de certaines taxes[11]. Quelques points reprenaient des aspects du Code de Cnut, la plus importante codification de la loi anglaise avant la conquête normande[12].

Les officiers et les seigneurs anglais vinrent à la cour faire hommage au nouveau roi et ce dernier, en recherche d'appui, se garda de remettre en cause leurs charges ou leurs propriétés. À l'exception notable de Rainulf Flambard, l'évêque honni de Durham et le symbole de l'oppression fiscale sous le précédent règne, qui fut arrêté et enfermé à la Tour de Londres. Henri rappela en Angleterre l'archevêque Anselme de Cantorbéry, alors en exil. Il assura la promotion de ses proches : Roger d'Avranches s'occupa de la chancellerie, Guillaume d'Aubigny, un autre Normand de l'ouest, accéda à la charge de bouteiller et Guillaume de Courcy fut nommé sénéchal royal.

Un mois après le couronnement d'Henri, Robert Courteheuse revint en Normandie avec son épouse italienne. Bien accueilli par la plupart des barons normands, il ne pouvait s'empêcher de penser que s'il était revenu plus tôt, il serait devenu le roi d'Angleterre à la place de son frère.

Le 11 novembre 1100, Henri épousa Édith, fille aînée de Malcolm III, roi d'Écosse. Comme Édith était aussi la nièce d'Edgar Atheling, le mariage consacrait l'union entre la lignée normande et l'ancienne lignée des rois anglo-saxons. Il créa toutefois une polémique, car Édith était soupçonnée d'avoir été nonne. D'où les réticences d'Anselme à célébrer le mariage[13], qui eut finalement lieu avec la bénédiction de l'archevêque. En devenant reine, Édith renonça à son prénom anglais pour celui de Mathilde[14].

L'affermissement de son pouvoir[modifier | modifier le code]

En 1101, le règne traversa sa première crise. Robert Courteheuse essaya de reprendre la couronne en envahissant l'Angleterre. Le 20 juin, les deux cents navires de la flotte ducale débarquèrent à Portsmouth une importante armée de cavaliers, d'archers et de fantassins[15]. Henri rassembla ses forces. Les deux armées se rencontrèrent entre Winchester et Londres. Finalement, la négociation permit d'éviter la bataille : par le traité d'Alton, Robert acceptait de reconnaître Henri comme roi d'Angleterre. Il recevait en contrepartie une rente annuelle et la cession des terres normandes d'Henri (sauf Domfront). Si l'un des frères venait à mourir sans héritier mâle, l'autre hériterait de tout. Henri Beauclerc s'en sortait bien. Si le duc de Normandie n'a pas été au bout de ses revendications, il faut croire que les soutiens au roi d'Angleterre étaient importants. Il bénéficiait notamment de l'appui de puissants barons comme Robert de Meulan, Henri de Beaumont ou Robert FitzHamon, mais aussi de l'archevêque Anselme. Pourtant, à cette époque, les relations entre le roi et le prélat étaient difficiles, car ce dernier refusait l'hommage au roi et son droit d'investir les évêques ou abbés.

Mieux assuré sur son trône, le roi d'Angleterre s'attaqua aux barons anglo-normands dont la loyauté était douteuse. Il soupçonnait certains de préférer son frère Robert. Ils avaient appuyé l'expédition du duc en Angleterre en 1101. La réaction du roi se porta principalement contre Guillaume II de Warenne, dont les terres furent confisquées, Robert II de Bellême et Arnoul de Montgommery, qui furent convoqués à la cour royale pour répondre de quarante-six charges. Robert de Bellême se rendit à la cour puis, conscient qu'il ne pourrait pas être innocenté, se défila pour mettre en défense ses châteaux et rassembler ses forces. Henri mena une véritable campagne contre lui. Les châteaux d'Arundel, de Tickhill, de Bridgnorth et enfin de Shrewsbury se rendirent au roi. Robert n'eut d'autre choix que de quitter le royaume pour le duché de Normandie, tandis qu'Henri confisquait ses terres et celles de ses frères. Le roi avait pris un grand risque de s'en prendre à cette famille bien implantée dans l'ouest et le pays de Galles, mais il s'en sortit bien.

La naissance de son premier fils, Guillaume, en 1103, renforça la position d'Henri sur le trône. Ce n'était pas son premier enfant, puisque, en février 1102, la reine avait mis au monde une fille nommée Mathilde, connue plus tard sous le surnom de l'Emperesse.

Lorsque, en 1104, Robert Courteheuse se rendit en Angleterre pour rencontrer Henri, la différence de situation entre les deux frères était frappante. Henri dominait son royaume tandis que le duc de Normandie avait perdu le contrôle du Sud du duché. Lors de l'entrevue, Henri reprocha à Courteheuse d'avoir accueilli Robert de Bellême et de l'avoir récompensé avec des terres ducales. Si le duc de Normandie obtint que son fidèle baron Guillaume II de Warenne récupérât ses biens anglais, il dut renoncer à sa rente annuelle, que le roi devait lui payer selon les clauses du traité d'Alton en 1101. Henri Beauclerc se montrait en position de force[16].

Le nouveau duc de Normandie[modifier | modifier le code]

Salle de l'Échiquier du château de Caen.

En 1105, pour éliminer la menace constante de Robert Courteheuse, Henri mène un corps expéditionnaire en traversant la Manche. En 1106, il obtient une victoire décisive sur l'armée normande de son frère à la bataille de Tinchebray. Il capture Robert et réunit le duché de Normandie à la couronne d'Angleterre. Robert restera emprisonné à Bristol, et à Cardiff, jusqu'à sa mort en ce dernier lieu en 1134.

Henri est à l'origine de la construction de nombreux donjons-palais carrés traditionnels. On en trouve des exemples au château de Falaise (Normandie), à Norwich et Castle-Rising (Norfolk), etc. Il fait également aménager le château de Caen par la construction du donjon (détruit à la Révolution) et de la salle d'apparat connue aujourd'hui sous le nom de salle de l'Échiquier.

Une succession difficile[modifier | modifier le code]

Avant la mort de sa première épouse Mathilde d'Écosse en 1118, Henri a quatre enfants : Mathilde (1102-1167), Guillaume Adelin (1103-1120), Richard de Lincoln († 1120) et Robert, ces deux derniers étant illégitimes.

Son seul fils légitime, Guillaume Adelin, ne lui survit pas, il périt dans le naufrage de la « Blanche-Nef », le 25 novembre 1120, près des côtes de Normandie.

Le 29 janvier 1121, il épouse Adélaïde, fille du duc Godefroid Ier de Louvain, mais aucun enfant ne naît de ce mariage. Cependant, Henri détient le record du plus grand nombre de bâtards reconnus nés d'un roi anglais, avec un total de trente-cinq.

Se voyant sans héritier mâle légitime, le 1er janvier 1127, Henri fait prêter serment par ses barons d'accepter sa fille Mathilde l'Emperesse, veuve de l'empereur germanique Henri V, comme son héritière.

Henri meurt d'une intoxication alimentaire après avoir mangé des lamproies avariées en décembre 1135 à Lyons-la-Forêt (Saint-Denis-en-Lyons) en Normandie. Il est enterré à l'abbaye de Reading.

Bien que les barons d'Henri aient juré allégeance à sa fille, la reconnaissant comme future reine, ses prétendues frasques sexuelles et son remariage avec un Angevin, Geoffroy le Bel, comte d'Anjou, un ennemi des Normands, permettent à un neveu d'Henri, Étienne de Blois, de venir en Angleterre et de prétendre au trône avec leur soutien.

La lutte entre Mathilde et Étienne provoque une longue guerre civile connue comme l'Anarchie. La dispute est finalement réglée en 1153 avec le traité de Wallingford : Étienne désigne le fils de l'Emperesse et du comte d'Anjou, le futur Henri II, comme héritier.

Jugements sur le personnage[modifier | modifier le code]

Le moine Orderic Vital, qui habitait un monastère, l'abbaye de Saint-Evroult, situé dans une zone turbulente du duché, que le duc-roi réduisit à néant en éliminant le principal fauteur de troubles, Robert II de Bellême, lui est assez favorable. En témoigne ce passage de l'Historia ecclesiastica :

« [Henri] gouverna, dans la prospérité comme dans l'infortune, le royaume que Dieu lui avait confié, avec autant de prudence que de succès. Parmi les princes les plus remarquables de la chrétienté, il brilla d'un grand éclat par le maintien de la paix et de la justice. De son temps, l'Église de Dieu fut joyeusement comblée de richesses et d'honneur et tous les ordres s'accrurent considérablement »[17].

Il souligne cependant sa cruauté en rappelant les événements de 1122-1124 : en 1122, plusieurs seigneurs normands se révoltèrent contre Henri Ier. Le roi battit et fit prisonniers nombre de rebelles, dont Geoffroy de Tourville, Odoard du Pin et Luc de la Barre[18], qui, outre le délit de rébellion, était accusé d'avoir tourné en ridicule le monarque dans plusieurs sirventes[19]. Henri résolut de faire comparaître devant lui, à Rouen, ces trois prisonniers, quelques jours après la Pâque de l'an 1124, et il les condamna à perdre les yeux. Quand Charles, marquis de Flandre, osa avancer au roi qu’il n’était pas d’usage de châtier les chevaliers vaincus d’une façon aussi monstrueuse, Henri lui répondit : « je vais vous prouver qu’en ceci je ne fais que justice. Godefroy et Odoard étaient mes hommes[20]. Ils ont rompu leur foi, violé leur serment de fidélité : et voila pourquoi ils méritent ou la mort ou au moins d’être punis par la perte d’un membre »[21]. Quant à Luc de la Barre[22] […], il a fait plus […] et a chanté publiquement d’injurieux sirventes[…]. Mais, quand les bourreaux saisirent Luc de la Barre pour l'aveugler, il aima mieux se fendre la tête contre les murs que d'être la victime de la cruauté du roi.»[23].

De son côté, Henri de Huntingdon lui attribue trois vertus (la sagesse, les succès militaires et la richesse) mais aussi trois vices (la cruauté, la débauche, l'avidité)[24]. Chez Guillaume de Malmesbury, le portrait royal s'approche du stéréotype : prince cultivé et raisonné, Henri fonda plusieurs monastères (notamment l'abbaye de Reading), fut sévère contre les méchants et généreux à l'égard de ses amis[25].

Les historiens modernes ont aussi des évaluations divergentes sur le personnage et son règne. François Neveux le considère comme « un grand roi et un grand duc de Normandie », qui avait hérité des qualités de son père[26]. C. Warren Hollister reconnaît sa cruauté mais rappelle que ses contemporains n'étaient pas mieux[27]. La récente biographie de Judith Green[28] tempère certaines thèses favorables au gouvernement d'Henri comme son rôle dans le progrès de l'administration et ses rapports avec l'aristocratie.

Familles et descendance[modifier | modifier le code]

Premières noces[modifier | modifier le code]

En premières noces, il épouse Édith d'Écosse (1080-1118), fille de Malcolm III, roi d'Écosse, et de Marguerite à l'abbaye de Westminster le 11 novembre 1100. Édith adopte le prénom chrétien de Mathilde lors de son mariage. Ils eurent pour enfants :

Une source à confirmer cite aussi :

  • Euphemia (née en 1101), morte jeune.

Avant ce mariage, Henri a déjà plusieurs enfants illégitimes (voir plus bas).

Secondes noces[modifier | modifier le code]

Le 29 janvier 1121, il épouse Adélaïde de Louvain (1103-1151) à la chapelle royale du château de Windsor. Elle est la fille de Godefroid Ier, duc de Basse-Lotharingie. Aucun enfant ne naîtra de ce mariage. À la mort de son mari, elle obtient le château et les honneurs d'Arundel. Elle épouse Guillaume d'Aubigny, qui deviendra comte d'Arundel.

Maîtresses et enfants illégitimes[modifier | modifier le code]

Henri Ier est resté célèbre car il est celui qui, parmi les rois d'Angleterre, a reconnu le plus grand nombre d'enfants illégitimes. On lui connaît 9 fils et entre 12 et 15 filles[29]. Il a eu tellement de maîtresses qu'il est difficile de dire quelle était la mère de chacun des enfants. Elles n'appartenaient pas à la haute noblesse, à l'exception d'Isabelle, fille de Robert de Meulan. Sa première maîtresse connue fut une veuve nommée Ansfride. La liaison remonte au règne de Guillaume le Roux (1087-1100).

Enfants de mère inconnue[modifier | modifier le code]

  1. Robert de Gloucester († 1147), Ier comte de Gloucester. Sa mère était probablement la fille d'un bourgeois de Caen. Il est très certainement le premier fils qu'Henri ait eu ;
  2. Maud FitzRoy, épouse vers 1112 Conan III, duc de Bretagne ;
  3. Alix ou Aline FitzRoy (avant 1141), première épouse de Mathieu Ier de Montmorency, d'où descendance, dont notamment Agnès de Montmorency qui épouse Philippe d’Aunay (vers 1290/93-1314), impliqué dans l'affaire de la tour de Nesle, et postérité ;
  4. Constance FitzRoy, épouse de Roscelin, vicomte de Beaumont ;
  5. Mathilde ou Maud FitzRoy, abbesse de Montvilliers ;
  6. Guillaume de Tracy, mort peu de temps après son père ;
  7. Gilbert FitzRoy († après 1142). Sa mère était peut-être une sœur de Gauthier de Gand ;
  8. une fille non nommée (Mabel ?) (née vers 1084), épouse de Guillaume III Gouët, seigneur de Montmirail.

D'autres dont la filiation n'est pas prouvée :

  1. Amabilis, épouse de Gauthier de Ridelisford ;
  2. Élisabeth, épouse de Fergus, seigneur de Galloway ;
  3. Emma de Laval, épouse de Guy III, seigneur de Laval.

Avec Edith[modifier | modifier le code]

  1. Mathilde du Perche († 1120), épouse vers 1103 Rotrou III, comte du Perche. Elle périt dans le naufrage de la Blanche-Nef.

Avec Ansfride[modifier | modifier le code]

Ansfride est née vers 1070. Elle épouse sir Anskill, chevalier de l'abbaye d'Abingdon.

  1. Richard de Lincoln (avant 1101-1120), périt dans le naufrage de la Blanche-Nef ;
  2. Juliane de Fontevrault, qui épouse Eustache de Pacy. Quand son mari se rebelle contre le roi en 1119, il l'assiège dans son château de Breteuil.
  3. Foulques, probablement moine à l'abbaye d'Abingdon.

Avec Sibyl Corbet[modifier | modifier le code]

Dame Sybille Corbet d'Alcester (1077-1157), Warwickshire. Elle épouse Herbert FitzHerbert.

  1. Sybille d'Angleterre (v. 1092-1122), qui épouse Alexandre Ier, roi d'Écosse ;
  2. Guillaume (av. 1105 - ap. 1187), peut-être constable d'Écosse jusqu'en 1122. Épousa une certaine Alice ;
  3. Réginald de Dunstanville (v. 1110-1175), premier comte de Cornouailles ;
  4. Rohaise (1114-1176), épouse Henri, seigneur de la Pomeray, Devon.

La filiation à Henri de Gundred est très discutée :

  1. Gundred d'Angleterre, nommée comme sœur de Réginald. Peut-être confondue avec Rohaise.

Avec Edith FitzForne[modifier | modifier le code]

Edith FitzForne de Greystoke, épouse Robert de Oilly, constable du château d'Oxford.

  1. Robert FitzEdith ou FitzRoy (1093-1172), seigneur d'Okehampton, propriétaire dans le Devon en 1130. Il épouse Maud d'Avranches en 1142. Il fut un partisan de sa demi-sœur dans la guerre civile qu'elle menait.

Avec la princesse Nest[modifier | modifier le code]

Nest (née vers 1073), fille de Rhys ap Tewdwr, prince de Galles du Sud. Elle est l'épouse de Gérald de Windsor, et eut plusieurs liaisons et enfants illégitimes.

  1. Henri FitzRoy ou Henri fitz Henri († 1157). Il fut tué lors de l'invasion d'Anglesey par Henri II.

Avec Isabelle de Beaumont[modifier | modifier le code]

Isabelle (ap. 1102 - ap. 1172), est la fille de Robert de Beaumont, comte de Meulan et de Leicester, et d'Élisabeth de Vermandois. Elle est la sœur des jumeaux Galéran et Robert, élevés à la cour du roi et devenus ses proches conseillers. Elle épouse Gilbert de Clare, premier comte de Pembroke, en 1130.

  1. Isabelle (née vers 1120), vécut avec sa mère.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Green 2006, p. 22
  2. Green 2006, p. 23
  3. Orderic Vital, Histoire de Normandie, éd. Guizot, tome 3, livre VIII, 1825, p. 227-228 (traduction française de Historia ecclesiastica terminée vers 1142).
  4. Orderic Vital, ibid, p. 311-312.
  5. Neveux 1998, p. 454
  6. Christopher Tyerman, « Henry I », dans Who's Who in Early Medieval England, 1066-1272, Éd. Shepheard-Walwyn, 1996, p. 69-84. (ISBN 0856831328).
  7. Green 2006, p. 36
  8. Green 2006, p. 40
  9. Orderic Vital, ibid, tome 4, livre X, p. 71-73.
  10. Green 2006, p. 44. Par contre, Orderic Vital explique l'absence de l'archevêque par le fait que le siège était alors vacant.
  11. Green 2006, p. 45-49
  12. « The Laws of Cnut and the history of the Anglo-Saxon promises », Anglo-Saxon England (10), 1980, p. 173-190.
  13. Green 2006, p. 54-56
  14. Green 2006, p. 55
  15. C. Warren Hollister, « The Anglo-Norman Civil War : 1101 », The English Historical Review, vol. 88, no 347, avril 1973, p. 326.
  16. Green 2006, p. 75-77
  17. Orderic Vital, ibid, tome 4, livre X, p. 74.
  18. « Rex atrem, post Pascha (Paques tombait, cette année-là, le 6 avril), judicium de reis, qui capti fuerant, Rotomagi tenuit, ibique Goisfredum de Torvilla, et Odoardum de Pino, pro perjurii reatu oculis privavit. Lucam quoque de Barra (Luc de la Barre, fils de Simon, était seigneur de la Barre, dans la vicomté d'Évreux) pro derisoriis cantionibus et temerariis nisibus orbari luminibus imperavit. » Orderici Vitalis, Historiæ ecclesiasticæ libri tredecem, p. 459 et 460.
  19. Genre poétique qui traitait de l'actualité, spécialement politique, sur le mode polémique et satirique.
  20. homines meos"Orderic Vital.
  21. «Et iccirco nece seu privatione membrorum puniri meruerunt», Orderic Vital.
  22. Quin etiam indécentes de me cantinelas, facetus coraula composuit, ad injuriam mei palam cantavit..., Orderic Vital.
  23. Porro Lucas, ut æternis in hac vita tenebris condemnatum se cognivit, miser mori quam fustacus vivere maluit, Orderic Vital.
  24. Cette description binaire se trouve dans la première version de son Histoire des Anglais. Dans la seconde, Huntingdon supprima la débauche et la cruauté.
  25. Green 2006, p. 3-5
  26. Neveux 1998, p. 472
  27. Hollister et Frost 2001
  28. Green 2006
  29. Geoffrey H. White, « "Associates" and Illegitimate Children of King Henry (I) Beauclerc of England », Appendix D de The Complete Peerage, vol. XI, 1949.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Judith Green, Henry I. King of England and Duke of Normandy, Cambridge University Press,‎ 2006
  • (en) C. Warren Hollister et Amanda Clark Frost, Henry I,‎ 2001
  • François Neveux, La Normandie des ducs aux rois (Xe ‑ XIIe siècle), Rennes, Ouest-France,‎ 1998
  • (en) Arthur Lyon Cross, A History of England and Greater Britain, New York, Macmillan,‎ 1917

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]