Henri II d'Angleterre

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Henri II
Henri II Plantagenêt
Henri II Plantagenêt
Titre
Roi d'Angleterre et seigneur d'Irlande
25 octobre 11546 juillet 1189
(34 ans, 8 mois et 11 jours)
En tandem avec Henri le Jeune (1170-1183)
Couronnement 19 décembre 1154
en l'Abbaye de Westminster
Prédécesseur Étienne
Successeur Richard Ier
Duc des Normands
7 septembre 11516 juillet 1189
Prédécesseur Geoffroy Plantagenêt
Successeur Richard Ier
Biographie
Dynastie Plantagenêt
Date de naissance 5 mars 1133
Lieu de naissance Le Mans (Maine, France)
Date de décès 6 juillet 1189 (à 56 ans)
Lieu de décès Château de Chinon (Anjou, France)
Père Geoffroy V d'Anjou
Mère Mathilde l'Emperesse
Conjoint Aliénor d'Aquitaine
Enfant(s) Guillaume d'Angleterre
Henri le Jeune Red crown.png
Mathilde d'Angleterre
Richard Ier Red crown.png
Geoffroy d'Angleterre
Aliénor d'Angleterre
Jeanne d'Angleterre
Jean Red crown.png

Henri II d'Angleterre
Monarques d'Angleterre

Henri II d'Angleterre (5 mars 1133, Le Mans6 juillet 1189, château de Chinon), comte d'Anjou, du Maine et de Touraine, duc de Normandie, roi d'Angleterre (1154-1189). Il est le premier roi de la dynastie des Plantagenêts et de leur empire.

D'une force peu commune, perpétuellement en mouvement et très cultivé, Henri II passa sa vie à rétablir les droits acquis du temps de son grand-père maternel Henri Ier d'Angleterre et à maintenir son héritage territorial.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Il naît au Mans, dans le comté du Maine, le 5 mars 1133[1]. Son père est Geoffroy V d'Anjou dit le Bel ou Plantagenêt[1], et sa mère est Mathilde dite l'« Emperesse », fille du roi Henri Ier d'Angleterre et son héritière désignée[2]. Une guerre civile éclate en Angleterre entre Mathilde et son cousin, Étienne de Blois, comte de Boulogne, qui s'empare du trône d'Angleterre à la mort du roi Henri Ier d'Angleterre en 1135, alors qu’il avait juré fidélité à Mathilde[2].

L’éducation d’Henri est confiée à Pierre de Saintes[3], ou à Guillaume de Conches[4], alors que ses parents sont en guerre. En 1142, à neuf ans, il part chez Robert de Gloucester, son oncle, a priori pour s’approprier les traditions de son futur pays, et développer des relations avec les soutiens de sa mère Mathilde. Il y apprend le latin, est formé aux armes, et à sa future fonction de roi[3]. De 1144 à 1146, il est de retour en Normandie sur demande de son père Geoffroy[3]. Au début de l’année 1147, Henri revient en Angleterre à la tête d’une armée de faible envergure pour soutenir sa mère, mais cette tentative se révèle un échec, et il fait retraite en Normandie[3]. Toutefois, il commence à s’affirmer en tant que futur roi, en négociant l’élection de l’évêque de Hereford[3].

Au printemps 1149, Henri part à nouveau pour l’Angleterre, pour se rapprocher de David, roi d’Écosse[5]. À Devizes le 13 avril, il rate les sièges de Cricklade et de Burton, puis se bat contre les partisans du roi Étienne à Carlisle. David le fait chevalier, et Henri lui jure de jamais lui contester la suzeraineté sur le Northumberland, le Cumberland, le Westmorland et le Lancashire, des comtés du nord de l’Angleterre[5]. Le fait d’être chevalier confère à Henri sa majorité, et il peut désormais prétendre de lui-même au trône d’Angleterre. Étienne répond en faisant de même pour son fils Eustache[5].

En 1150, de retour en Normandie, il est probablement investi par son père du duché de Normandie, acte renouvelé en automne[5]. Au même moment, il adresse un ultimatum à Étienne, et lui revendique toutes les terres usurpées[5]. Henri possède dès lors un fief, et doit donc rendre hommage au roi de France, Louis VII[6]. Mais cet acte officiel traîne, et dans le contexte de l’affaire de Montreuil-Bellay, Henri prête finalement serment en août 1151[7].

La succession à Geoffroy[modifier | modifier le code]

Geoffroy meurt le 7 septembre 1151[7]. Toutefois, il pressentait un déchirement entre ses fils, et surtout les fortes ambitions de son fils aîné, Henri. Il exige alors de ce dernier qu’il prête serment de céder à son frère Geoffroy Anjou et Maine dès que l’Angleterre sera conquise (en attendant, Geoffroy reçoit les châteaux de Chinon, Loudun et Mirebeau)[8]. Pour le contraindre à accepter, les nobles et les évêques ont pour ordre de ne pas lui élever de sépulture tant qu’Henri n’aura pas prêté ce serment[9]. Henri accepte, à contre-cœur, convaincu par le clergé et les fidèles de son défunt père, et aussi par dignité, l’état de conservation du corps de son père se dégradant rapidement[9]. Puis Henri part à Angers, et y devient comte d'Anjou et du Maine[9].

Le 21 mars 1152, Louis VII et Aliénor d’Aquitaine divorcent, après le constat de nullité du mariage au concile de Beaugency[9]. Henri, comme d’autres prétendants (dont son propre frère Geoffroy[9]) la demande en mariage[10]. Henri est alors l’un des hommes les plus puissants de l’Occident. Le mariage a lieu à Poitiers[10],[11], le 18 mai 1152[réf. nécessaire], alors qu’elle a trente ans, et lui dix-neuf. C’est le début d’une guerre entre Henri et Louis VII, sous prétexte que le roi de France veut garder l’Aquitaine, alors qu’Henri en est devenu le duc au moment de son mariage. Louis VII est soutenu par Geoffroy, frère d’Henri, et Robert, comte de Dreux[10]. La guerre prend fin à la fin de l’année 1152, après qu’Henri et Geoffroy se sont réconciliés, et que Louis VII a proposé la paix[12].

Quelques jours après son mariage, il fait escale au sanctuaire de Rocamadour. Séduit par la beauté du lieu, il fera construire une chapelle portant le nom de Notre-Dame de Rocamadour lorsqu'il rentrera sur ses terres. Cette chapelle est aujourd'hui située dans le port de Camaret-sur-Mer, en Bretagne.[réf. nécessaire]

La conquête de l'Angleterre[modifier | modifier le code]

Au début de l’année 1153, la conquête de l’Angleterre devient l’objectif principal d’Henri[12]. Le roi Étienne connaît une situation politique précaire : sa succession s’annonce difficile, car ses fils sont des incapables ; lui-même se fait vieillissant ; la lassitude de la guerre gagne du terrain (après près de vingt ans de combats) et l’autorité royale s’amoindrit, au point que certains barons sont devenus quasiment indépendants vis-à-vis du roi[12].

Henri arrive en Angleterre le 6 janvier 1153 avec son armée[12]. Il prend Malmesbury, puis part pour Wallingford, assiégé par les troupes d’Étienne[12]. Ce dernier accourt avec une armée, mais ni lui, ni Henri n’osent s’engager dans une bataille incertaine[13]. Étienne rentre sur Londres, ce qui laisse le champ libre à Henri pour délivrer Wallingford, et assiéger le château de Crowmarsh[13]. À nouveau, Étienne le rejoint, mais évite la bataille, d’autant plus que ses conseillers (son frère, Henri, évêque de Winchester, et Thibaut du Bec, archevêque de Canterbury) veulent traiter avec Henri. Une trêve est alors conclue, sous condition que le château de Crowmarsh soit détruit[13]. Eustache, fils aîné d’Étienne, se révolte alors contre Thibaut du Bec et écume ses terres, mais meurt de maladie à peine quelques jours plus tard[14]. Or le second fils d’Étienne, Guillaume, ne peut succéder à son père, ayant trop peu de capacités et étant bâtard. À terme, Henri est maintenant assuré de devenir roi d’Angleterre[14].

La trêve terminée, Henri repart au combat et conquiert Stamford, Nottingham, Reading, Bornwell et Warwick, et entre en négociations avec le comte de Leicester, qui possède plus de trente places-fortes[14]. En réponse, Louis VII attaque la Normandie, trop faiblement, et en manque de soutiens, Étienne finit par signer la paix le 6 novembre 1153, à Wallingford[14]. Henri devient l’héritier d’Étienne, et dirige le royaume, à titre de justicier. L’assemblée des barons à Winchester ratifie le traité[14]. Henri rentre dans Londres, accompagné d’Étienne, sous les acclamations de la foule[15], en décembre[16].

À la tête de l'Empire Plantagenet[modifier | modifier le code]

Le début du règne[modifier | modifier le code]

Sculpture d'Henri II d'Angleterre sur la cathédrale de Cantorbéry, en Angleterre

Dès le traité de Winchester, Henri cherche à asseoir son autorité sur tous les territoires qu’il contrôle. Si personne ne conteste sa souveraineté sur la Normandie, le Maine et l’Anjou, il n’est toutefois duc d’Aquitaine que par le titre, pas dans les faits[17]. En Angleterre, Henri doit s’associer à Étienne, encore roi, et il ne peut rien tenter contre la Maison de Blois. De plus, il doit ménager ses alliés pendant la conquête du trône, qu’ils soient barons anglais ou membres de l’Église[18]. Il doit aussi faire face à David Ier d'Écosse, à qui il a juré de ne pas revendiquer le nord de l’Angleterre, et à Louis VII, qui veut toujours s’approprier le duché d’Aquitaine, et qui va chercher à diminuer la puissance de son vassal[18].

Henri cherche à réunir toute la société anglaise autour de lui. Il commence par expulser les flamands, pour profiter de la mésentente passée. Puis il proclame une amnistie pour tous les délits qui ont eu lieu pendant la guerre civile[19]. Plusieurs villes obtiennent des avantages : Wallingford, Lincoln et Wilton[19]. L’acte le plus important du début du règne est la destruction des châteaux, pour empêcher l’organisation de révoltes et autres banditismes[19]. Selon Raoul de Diceto, il y en avait 1115[20].

Étienne mène à bien cette lourde tâche. Cela permet à Henri de repartir pour la Normandie en mars 1154[21]. De mars à novembre 1154, Henri parcourt l’Aquitaine, le Vexin et d’autres régions pour mater les révoltes naissantes[21]. Il signe au mois d’août un nécessaire traité avec Louis VII de France, pour apaiser le climat diplomatique. Louis VII lui abandonne les forteresses de Vernon et de Neuf-Marché, et Henri lui verse 2000 marcs d’argent en échange[21].

Le 25 octobre 1154[réf. nécessaire], Étienne meurt. La question de la succession ne provoque pas les débordements escomptés, et Henri, revenu en Angleterre en décembre, est acclamé comme roi légitime[22]. Le dimanche 19 décembre[22], il devient roi à l'abbaye de Westminster[23]. À cette occasion, Henri II proclame une charte, qui est défavorable aux barons anglais, en faisant un trait sur les actes passés du règne d’Étienne[23]. Cette charte est toutefois acceptée, car l’archevêque Thibaut, très influent, promeut la soumission au souverain[23]. De plus, beaucoup de barons ralliés à Henri pendant la guerre possèdent des fiefs en Normandie, dont Henri II est le maître incontesté. Si Henri II ne devenait pas roi d’Angleterre, ils risqueraient de perdre ces terres[24].

Plusieurs personnes vont entourer Henri II dès son couronnement. Thomas Becket est nommé chancelier, sur conseil de Thibaut du Bec[24]. Richard de Lucy, chevalier médiocre mais loyal, et Robert de Leicester, exercent la fonction de justicier d’Angleterre[25].

Le 29 décembre, entouré de ses vassaux, Henri II déclare vouloir poursuivre la destruction des châteaux et l’expulsion des flamands. Il rattache aussi au domaine royal des villes et châteaux[précision nécessaire], et déchoit les comtes qui ont reçu leurs titres d’Étienne[25]. Enfin, Hugues Bigot, comte de Norfolk, est nommé sénéchal[26]. À la suite de ces actes, seuls trois rébellions surviennent : Guillaume d’Aumale, Roger de Hereford et Hugues (II) de Mortemer, qui se soumettent tour à tour, soit diplomatiquement, soit par la force[26].

Le 29 septembre 1155, au cours d’une réunion à Winchester, il dit vouloir conquérir l’Irlande[26]. Mais l’état financier du royaume n’est guère reluisant, et un impôt est levé pour l’année 1155-1156[27].

En définitive, le début du règne est réussi, car les barons anglais ont accepté l’autorité d’Henri II, et le climat est redevenu apaisé sur le continent[28]. Cela est dû en partie à ses déplacements incessants, dans tous ses territoires, qui perdureront tout au long de son règne.

Réorganiser l'empire Plantagenêt[modifier | modifier le code]

Henri II représenté en donateur dans le vitrail de la Crucifixion de la Cathédrale Saint-Pierre de Poitiers, vers 1170

Cependant, son frère Geoffroy entend bien récupérer le comté d’Anjou selon la promesse faite par Henri à son père, maintenant qu’il est roi d’Angleterre[28]. Henri II n’a aucune raison d’accepter, car ce faisant, la Normandie serait séparée de l’Aquitaine[28]. De plus, le pape l’a libéré de ce serment[28]. Louis VII réunit lors de pourparlers Henri II et Geoffroy du 3 au 9 février 1156[28]. Le roi de France se range du côté d’Henri II, dès que celui-ci lui propose un hommage pour l’ensemble des domaines continentaux (mais rien du tout dans le cas contraire)[28]. Geoffroy refuse cette décision et rentre en guerre contre son frère[29], guerre vite perdue en juillet 1156[29].

C’est à ce moment que les barons d’Aquitaine rendent hommage à Henri II[29], soit un an après que Louis VII a abandonné le titre de duc d’Aquitaine[29]. Désormais, Henri II n’est plus contesté, et Louis VII se satisfait de l’hommage rendu[29].

Le voyage en Angleterre, au printemps 1157, commence par le règlement des questions en suspens : le roi d’Écosse est sommé de donner à Henri II des châteaux du Northumberland, contre le comté de Huntingdon[30], Guillaume de Mortain livre Pevensey, Norwich et autres forteresses[31], et Hugues Bigot doit faire de même[31]. Malcolm IV d'Écosse rend hommage à Henri II à Chester, peu de temps après, pour tous les territoires anglais, mais pas pour le titre de roi d’Écosse[31]. Au mois de juin 1157, il lance un assaut contre le peuple gallois, assaut bien plus victorieux qu’en 1155, car mieux préparé. Ainsi, au bout de trois ans, aucun baron anglais ne lui résiste, son frère Geoffroy ne revendique plus rien, et son influence s’étend sur l’Écosse, les Galles, et la Bretagne[32].

En effet, en 1156, Nantes s’est révoltée contre le comte Hoël[33], et Geoffroy est appelé par les Bretons (et non pas Conan IV de Bretagne[34]) pour devenir comte de Nantes[33]. À sa mort, le 26 juillet 1158[35], Henri II repasse en France et fait d’une pierre deux coups. Il scelle avec Louis VII un projet de mariage entre son fils Henri et Marguerite, fille du roi de France, avec le Vexin comme dot[35]. Puis Louis VII lui donne son accord, en tant que sénéchal de France, pour régler la question dynastique en Bretagne[35] : Conan de Bretagne cède devant Henri II, et livre Nantes et le pays de la Mée[35]. Louis VII n’avait pas vraiment le choix, étant séparé géographiquement de la Bretagne[36]. Peu après, Henri II s’empare de la forteresse de Thouars[36]. Henri II maîtrise ainsi les communications entre le nord-ouest et le sud-ouest de la France.

En décembre 1158, Louis VII parvient à un accord entre Henri II et la maison de Blois[38]. Thibaut de Blois rend Amboise et Fréteval, et Rotrou IV du Perche restitue Moulins-la-Marche et Bonsmoulins, contre le château de Bellême[38]. Les frontières stabilisées, Henri se tourne dès lors vers un projet d’envergure : la conquête du comté de Toulouse, qui ouvre la voie du Languedoc et de la mer Méditerranée[38], et revendiqué de longue date par les précédents ducs d’Aquitaine[38].

Henri II prépare alors la guerre : il lève un écuage élevé[39], il négocie la neutralité du roi de France[39] (mais n’y parvient pas, car Constance, sa sœur, est mariée au Raymond V de Toulouse, comte de Toulouse[40]), il rencontre Raimond-Bérenger IV, comte de Barcelone et prince d'Aragon pour s’allier ensemble[39].

Le 22 mars 1159[40], tous les osts disponibles sont appelés à Poitiers, ainsi que de nombreux mercenaires[40]. Malgré les premiers succès, à partir de la fin du mois de juin[40], Henri II se retrouve bloqué devant Toulouse, à négocier avec Louis VII[41]. Il doit finalement se retirer, à cause de problèmes d’approvisionnements, et d’une épidémie qui se déclare dans son armée[41]. En partant, il annexe une partie du Quercy[37] et Cahors. À ce moment, Louis VII entre en Normandie, mais le jeu des alliances fait intervenir Thibaut de Blois contre le roi de France[41]. À la fin du mois de septembre 1159[41], Henri II est remonté au nord, solidifie Étrépagny, et part détruire la forteresse de Gerberoy[41]. Puis il reçoit l’hommage du comte d’Évreux[41], qui lui donne les châteaux de Rochefort, Montfort et Épernon[41].

Toutefois, la situation financière d’Henri II devenant compliquée, et la situation militaire de Louis VII étant affaiblie, une trêve est conclue en décembre 1159 jusqu’au 22 mai 1160[42]. Au final, cette guerre est un échec cuisant pour Henri II[42]. La paix est signée en avril 1160, à la Pentecôte[43], avec retour avant la situation en 1159[43]. Pour retrouver un peu plus de calme, Henri le Jeune rend hommage à Louis VII[44].

Toutefois, Louis VII se remarie à Adèle de Champagne, pour avoir un fils héritier[44], ce qui pousse Henri II à célébrer le mariage de son fils Henri avec Marguerite[44], le 2 novembre 1160[45]. Dans son droit, le roi d’Angleterre réclame la dot, le Vexin[46]. Une nouvelle guerre se déclenche, jusqu’en juin 1161[46], où la paix est signée : Henri II peut conserver ce nouveau territoire[46].

Bilan du règne[modifier | modifier le code]

Les gisants d'Aliénor d'Aquitaine et Henri II dans l'abbaye de Fontevraud

Deux affaires vont considérablement ternir son règne :

Son prestige devient considérable en Europe. Le nouveau roi de France, Philippe Auguste, est en revanche bien décidé à combattre Henri II dont l'immense territoire menace le royaume capétien. Le roi de France obtient dans son combat l'appui des deux fils de Henri II, Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre. Par le traité d'Azay-le-Rideau du 4 juillet 1189, Henri II doit reconnaître son fils Richard comme seul héritier. Il meurt seul quelques jours plus tard dans son château de Chinon. Il est inhumé à l'abbaye de Fontevraud.

Personnalité[modifier | modifier le code]

L'enfance d'Henri II se déroule dans une atmosphère de guerre civile en raison de la lutte de ses parents pour récupérer leur héritage usurpé par Étienne de Blois. D'une force physique considérable, ses colères sont redoutables, et il adore la chasse. Très impulsif, il ne se soumet à aucun emploi du temps. Il s'habille simplement, souvent en chasseur avec un faucon au poignet. Étonnamment, Henri II est un homme très cultivé. Il parle plusieurs langues, aime se retirer pour lire, prend plaisir à des discussions intellectuelles. Il n'en reste pas moins très abordable.

Héritage[modifier | modifier le code]

Henri II perfectionne l’administration de son royaume. Il s’entoure de conseillers flamands, normands, poitevins, anglais. Son pouvoir est renforcé par l’onction de l’Église. Au sommet de l’État, se distinguent la Cour (Curia Regis), composée des grands vassaux laïques et ecclésiastiques, et les grands offices aux fonctions précises (Chancellerie, Échiquier et Trésorerie). La Chancellerie a la responsabilité de la rédaction de tous les diplômes royaux (Act). L’Échiquier, devant lequel les shérifs viennent déposer leurs comptes, se scinde sous Henri II en un Bas-Echiquier, ou Trésorerie, chargé de l’administration courante, et un Haut-Echiquier, faisant office de chambre des Comptes. Enfin, le Banc du Roi, bientôt secondé de la Cour des Plaids Communs, rend la justice au nom du souverain. À sa tête, le Grand Justicier remplace le roi pendant ses absences. Un droit anglais, unique et centralisé, s’affirme sur les coutumes locales (common law).

Descendance[modifier | modifier le code]

Avec Aliénor d'Aquitaine[modifier | modifier le code]

Le 18 mai 1152 à Poitiers, il épouse Aliénor d'Aquitaine qui lui donne huit enfants :

Enfants illégitimes[modifier | modifier le code]

Henri eut aussi des enfants illégitimes. Il eut une liaison notoire avec Rosemonde Clifford, la belle Rosemonde, qui débuta probablement vers 1165, durant une de ses campagnes galloises, et continua jusqu'à la mort de celle-ci en 1176. Henri ne la reconnut pas comme maîtresse avant 1174, c'est-à-dire au moment où il emprisonna sa femme. C'est à cette époque qu'il négocia pour faire annuler son mariage afin d'épouser Adèle, fille de Louis VII, qui était déjà promise à son fils Richard. Adèle aurait donné naissance à un fils illégitime d'Henri[réf. nécessaire][49], au contraire de Rosemonde

Il eut aussi quelques enfants illégitimes de diverses maîtresses, et sa femme éleva plusieurs de ces enfants dans la nurserie royale, en compagnie de ses propres enfants. Certains restèrent dans la proximité de la famille royale à l'âge adulte. Parmi eux :

Ascendance[modifier | modifier le code]

Henri II au cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Boussard 1956, p. 1
  2. a et b Boussard 1956, p. 2
  3. a, b, c, d et e Boussard 1956, p. 4
  4. Favier 2004, p. 204
  5. a, b, c, d et e Boussard 1956, p. 5
  6. Boussard 1956, p. 6
  7. a et b Boussard 1956, p. 7
  8. Boussard 1956, p. 8
  9. a, b, c, d et e Boussard 1956, p. 9
  10. a, b et c Boussard 1956, p. 10
  11. Jane Martindale, « Eleanor, suo jure duchess of Aquitaine (c.1122–1204) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, Sept 2004; online edn, May 2006.
  12. a, b, c, d et e Boussard 1956, p. 11
  13. a, b et c Boussard 1956, p. 12
  14. a, b, c, d et e Boussard 1956, p. 13
  15. Boussard 1956, p. 14
  16. Favier 2004, p. 223
  17. Boussard 1956, p. 397
  18. a et b Boussard 1956, p. 398
  19. a, b et c Boussard 1956, p. 399
  20. Raoul de Diceto, The historical works, volume 1, Rolls Series, Londres, p.297
  21. a, b et c Boussard 1956, p. 400
  22. a et b Boussard 1956, p. 401
  23. a, b et c Boussard 1956, p. 402
  24. a et b Boussard 1956, p. 403
  25. a et b Boussard 1956, p. 404
  26. a, b et c Boussard 1956, p. 405
  27. Boussard 1956, p. 407
  28. a, b, c, d, e et f Boussard 1956, p. 408
  29. a, b, c, d et e Boussard 1956, p. 409
  30. Boussard 1956, p. 411
  31. a, b et c Boussard 1956, p. 412
  32. Boussard 1956, p. 413
  33. a et b Boussard 1956, p. 410
  34. Favier 2004, p. 235
  35. a, b, c et d Boussard 1956, p. 415
  36. a et b Boussard 1956, p. 416
  37. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Aurell 2004, p. 351
  38. a, b, c et d Boussard 1956, p. 417
  39. a, b et c Boussard 1956, p. 418
  40. a, b, c et d Boussard 1956, p. 419
  41. a, b, c, d, e, f et g Boussard 1956, p. 420
  42. a et b Boussard 1956, p. 421
  43. a et b Boussard 1956, p. 422
  44. a, b et c Boussard 1956, p. 423
  45. Favier 2004, p. 238
  46. a, b et c Boussard 1956, p. 424
  47. a, b et c Aurell 2004, p. 352
  48. Elizabeth Hallam, « Henry (1155–1183) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, édition en ligne, mai 2006.
  49. « elle allait lui donné un fils et une fille qui ne survécurent pas » page 288 du livre « Aliénor d’Aquitaine reine de cœur et de colère » d’Alison Weir, traduit de l’anglais par Aline Weill.
  50. a et b Paul C. Reed, « Countess Ida, Mother of William Longespée, Illegitimate Son of Henry II », dans The American Genealogist, n°77 (2002), p. 137.
  51. Douglas Richardson, Plantagenet ancestry: a study in colonial and medieval families, Genealogical Pub. Co., Baltimore, 2004, 945 p., p. 8.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources imprimées[modifier | modifier le code]

  • Recueil des actes de Henri II, roi d'Angleterre et duc de Normandie, concernant les provinces françaises et les affaires de France, publié sous la direction d'Henri d'Arbois de Jubainville par Léopold Delisle, Introduction, œuvre posthume de Léopold Delisle, revue et corrigée par Élie Berger, tome I, tome II, tome III, Paris, Imprimerie nationale, Librairie C. Klincksieck, collection « Chartes et diplômes relatifs à l'histoire de France publiés par les soins de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres », 1909-1927. Compte rendu in Bibliothèque de l'école des chartes, no 77, 1916, p. 338-343.

Études historiques[modifier | modifier le code]

  • Raymonde Foreville, L'Église et la Royauté en Angleterre sous Henri II Plantagenêt (1154-1189), Bloud et Gay,‎ 1943, [compte rendu en ligne].
  • Jacques Boussard, Le gouvernement d'Henri II Plantagenêt, Paris, Librairie d'Argences, coll. « Bibliothèque elzévirienne »,‎ 1956.
  • Jacques Boussard, « Les mercenaires au XIIe siècle. Henri II Plantegenet et les origines de l'armée de métier », in Bibliothèque de l'école des chartes, no 106-2, 1946, p. 189-224, [lire en ligne].
  • Jacques Boussard, « Trois actes d'Henri Plantegenêt relatifs à ses possessions françaises », in Bibliothèque de l'école des chartes, no 118, 1960, p. 51-57, [lire en ligne].
  • (en) Wilfred Lewis Warren, Henry II, Berkeley - Los Angeles : University of California Press, 1973. Rééd. : Yale University Press, 2000.
  • Egbert Türk, Le règne d'Henri II Plantagenêt (1145-1189) et l'éthique politique, Genève, Librairie Droz, coll. « Hautes études médiévales et modernes »,‎ 1977.
  • Jean Favier, Les Plantagenêts : origines et destin d'un empire, Paris, Fayard,‎ 2004 (ISBN 2-213-62136-5).
  • Martin Aurell, L'Empire des Plantagenêt, Paris, Éditions Perrin,‎ 2004 (ISBN 2-262-02282-8).
  • Robert Favreau, « L'épithaphe d'Henri II Plantagenêt à Fontevraud », in Cahiers de civilisation médiévale, no 197, janvier-mars 2007, p. 3-10, [lire en ligne].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]